‹ L'ame de l'adolescentChapitre 96 sur 234 · Memory, an indue tive study · texte numérisé non relu

Memory, an indue tive study

2. Experimenlelle Untersuchungen iiber die Gedachtnissentwickelung bei Schulkindern.

3. Voir sur le développement de la Mémoire V Année psychologique, VIII, pp. 16, 31 et passim ; surtout St. Hall, II, 488 sqq.

neuve comme celles que suscitent d'habitude un premier rendezvous, le premier succès littéraire, etc..

La loi d'intérêt qui, d'après W. James, régirait la plupart des associations mentales, ne s'applique à aucun autre moment de la vie d'une manière aussi exclusive. Si l'adolescent est porté à voir dans les personnes et les choses ce qu'il désire, craint, aime ou déteste, à plus forte raison sélectionne-t-il dans ses souvenirs les images qui l'intéressent, travail d'autant plus facile que l'exérience acquise avant la puberté semble pour le moment reléguée hors de la conscience claire que les états nouveaux ont accaparée. Quelques émotions types, le désir sexuel, l'amour, l'étonnement, l'enthousiasme, la tristesse forment comme le noyau des « constellations» les plus variables, parce qu'innombrables sont les images qui impliquent ou peuvent impliquer un élément affectif commun : les lois ordinaires de contiguïté et de ressemblance combinant leurs effets avec ceux de la précédente, il en résulte, parfois des cas inattendus d'association par « transfert » qui ne contribuent pas peu à rendre les jeunes esprits incompréhensibles aux adultes qui ne s'efforcent pas d'ensuivre l'évolution affective avec une sympathique curiosité. La difficulté se complique encore par suite du caractère à demi inconscient, propre aux tendances en jeu, et de la fermentation trouble qui faisant monter à la surface des désirs successifs et imprévus, crée pour un temps variable des centres nouveaux, autour desquels viennent graviter des images ayant appartenu jusquelà à des systèmes différents. Les associations par contraste ne sont pas rares, en raison de la loi d'opposition qui domine toute la vie affective. En voici un spécimen : Des élèves de philosophie sont priés d'écrire immédiatement les idées que leur suggère chacun des mots suivants : Loi, solidarité, canon, éducation. L'un d'eux, brave cœur mais caractère un peu pénible, écrit ceci :

Loi. — Les lois ne sont pas toujours très justes et sont souvent incomplètes. Exemple : On n'est pas plus indulgent pour un malheureux qui a volé un pain, qu'un {sic) voleur de profession qui a soustrait un porte-monnaie.

Solidarité. — Pas beaucoup de solidarité au lycée entre élèves : plutôt de Tégoïsme.

Canon. — Prise de 500 canons aux Russes à Moukden.

Éducation. — Pas très bonne au lycée où on ne donne que l'instruction.

En second lieu, s'il est vrai que toutes les formes de l'imagination créatrice impliquent des éléments affectifs et que, d'autre part, toute disposition affective soit créatrice, le self-feeling plus qu'aucune autre, il semble que la pensée adolescente devrait être féconde en productions de tout genre. Or, sauf en mathématiques ou en philosophie1 et dans ceux des beaux-arts où l'observation ne joue qu'un rôle secondaire, aucune des créations de l'intelligence humaine n'a été l'œuvre de très jeunes inventeurs. Gela se comprend : En plus des combinaisons subjectives dues au désir, cette vis a ter go si puissante chez l'adolescent, il faut dans toute invention scientifique, industrielle, commerciale, etc., une vis a fronte, un but nettement défini et dûment contrôlé par une expérience réfléchie, dans ses rapports avec les nécessités objectives et avec les moyens dont dispose le sujet. Or ce n'est pas un but que poursuit le jeune rêveur, mais une pluralité de buts incohérents, justifiés dans sa r^nsée par des considérations personnelles qui n'ont de v^eur réelle que rarement et par hasard. Ce défaut est moins sensible en art, parce que le facteur émotionnel joue dans la création esthétique un double rôle, étant à la fois besoin et objet, principe et fin. Mais ici même l'œuvre aura d'autant plus de valeur que le sentiment aéra universalisable, ce qui implique l'avènement de la raison, au moins sous la forme d'une logique concrète, la forme discursive étant réservée aux constructions métaphysiques, où les apprentis philosophes se complaisent d'autant plus que la vérification expérimentale y est impossible2. En général, et sauf chez quelques sujets exceptionnellement doués, les combinaisons imaginatives apparaissentd'abord comme desimitations parfoisassezplates des modèles préférés ou traduisent un état individuel n'ayant aucune valeur objective. Même les créations où se manifeste avec le plus

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