E-\ FACE DU PAGAMSME ET DE L EMPIRE RO>L\LN
des autres, dans une joyeuse concorde. Ainsi, il y aurait dans le monde beaucoup de nations, comme il y a dans une ville beaucoup de maisons et de familles. )> C'est un mauvais désir que de souhaiter un méchant voisin qu'on puisse heur et combattre afin de le vaincre et de grandir à ses dépens \i).
Ce n'est pas sans émotion, ni sans fierté que l'évêque africain a suivi le grand duel entre Rome et Cartilage. 11 n"a pas assez déloges pour Régulus, ce héros qui deviendra la personnification de la fidélité au serment et du dévouement à la patrie. (( Si les dieux, écrit-il, n'ont pas rougi devant cet homme, c'est que véritablement ils sont d'airain, c'est qu'ils n'ont pas de sang. »
Cartilage finit pai^ succomber, mais ce fut pour le malheur de Rome. La crainte de cette puissance rivale eût été pour les pupilles de la Répubhque une précieuse sauvegarde. Les Romains savaient faire l'union sacrée contre l'ennemi du dehors ; n'ayant plus personne à redouter, ils se tournaient les uns contre les autres (2). Comme Ambroise, Jérôme, Paulin de \ole et d'autres chrétiens illustres de l'Empire, Augustin esti-
(i) De Civ. Dei, V, 17 et lY, i5. En réclamant aussitôt pour les peuples soumis le droit de citoyens romains, saint Augustin s'abandonne peut-être un peu trop à sa générosité naturelle. La chose était-elle toujours possible, toujours désirable ?
(2) Ibid., I, 1.5, 24, 3o.
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mait et aimait la Res Romana. Adouci et purifié par les vertus de l'Evangile, ce grand peuple lui paraissait marqué pour accomplir dans le monde l'œuvre de Jésus-Christ.