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L'HABITUDE

Quand on pénètre, le matin, dans une chambrée de caserne, on se sent pris à la gorge par une atmosphère irrespirable qui vous suffoque. Mais ceux qui dorment dans la chambrée ne s'en aperçoivent pas. Ils sommeillent tranquilles, et sans doute grogneraient, si le visiteur importun ouvrait les fenêtres afin de laisser pénétrer un peu d'air pur. — Nous vivons ainsi, très souvent, dans une atmosphère morale viciée, sans nous en douter, prêts même à nous écrier, quand un souffle moins impur vient

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à toucher nos têtes : Vite, qu'on ferme, il y a des courants d'air ! On s'habitue à tout, même aux miasmes. Une fois bien habitué, on ne demande qu'à y rester. Je désire, en un exemple topique, représenter la tranquillité d'esprit qui naît des longues routines et où s'endorment les hommes bercés par le statu quo.

S'il est un chien de métier, c'est celui d'huissier. 11 semble qu'il doive tenir son homme en haleine perpétuellement. L'exécuter au jour le jour, suppose une inépuisable provision d'impudence, de dureté de cœur, une âme de bourreau enfin. Aussi l'huissier est-il, en général, un monsieur redouté. On évite son approche, et son nom n'a rien de sympathique. On se le représente sans entrailles, misanthrope, heureux du mal qu'il fait. — Il se peut que la figure de certains huissiers réponde à ce triste modèle. Mais ceux-là sont l'exception. Lesautressont commetoutlemonde.

Ils font leur métier comme le moissonneur

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