PRÉLUDE
Les bonnes voix de l'octobre si triste Et si pâle en sa robe d'améthyste, Les bonnes voix de l'octobre si pur En ses frileux voiles d'azur...
Les bonnes voix, oh ! certes les meilleures, Celle qui prie avec celle qui pleure Et celle qui, câline, obtient de Dieu Toute la paix de son ciel bleu...
Mon Dieu, mon Dieu, les voici qui reviennent, Les bonnes voix ! et leurs grêles antiennes Très doucement, sur un mode berceur, S'infiltrent dans mon cœur.
Les blonds tilleuls d'un geste lent m'invitent, Les yeux mourants des pâles marguerites. Ma lampe aussi et la rafale, quand La vitre vibre aux coups de vent.
Le matin bleu qui frissonne et qui fume. Les oiselets pépiant dans la brume, La haie humide avec les liserons Et la rosée et le gazon.
Et toutes ces choses certes m'invitent A devenir enfin, oh ! dites, dites, A devenir enfin un peu meilleur
Et un peu plus simple de cœur. . .