‹ L'âme des saisonsChapitre 33 sur 68 · SOIR · texte numérisé non relu

SOIR

Le soir est doux. Le vent à peine pleure. J'entends, je crois, carillonner six heures. Allons flâner et le long des vieux murs Humer Farome des fruits mûrs...

Des nuages d'ardoise en larges bandes Drapent l'église en un ciel de légende, Drapent la lune aussi dont le croissant Glisse, d'éblouissant argent.

Douceur! la ville est très tranquille, écoute! Rien qu'une frêle cloche goutte à goutte... O mais le cri des oiseaux migrateurs Qui me lancine jusqu'au cœur!

La ville est en vieilles teintes d'estampes, Le clair de lune et les rougeurs de lampes Transfigurant façades et pignons Et tourelles et clochetons.

Un bruit de forge en quelque rue obscure, Le gargouillis d'une rivière impure Sur qui frissonne un réverbère roux, Lampe des spectres et des fous,

T'attirent!... mais détourne l'œil, prends garde, Et t'éloignant des ruelles blafardes.

Laisse ton cœur émigrer vers la paix Des grands vitraux illuminés...

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