‹ L'âme des saisonsChapitre 34 sur 68 · CHANSON DANS L'AURORE · texte numérisé non relu

CHANSON DANS L'AURORE

Mon âme chante doucement comme un oiseau Qui, blotti le matin dans une île boisée, S'éveille aux craquements de la jeune rosée.

Que la rivière est blanche parmi les roseaux ! Le pont la verse doucement comme une haleine. Toute d'argent avec un peu de brouillard bleu.

De blancs bouleaux frileux frissonnent sur la plaine.

Mais sur la colline il y a des mélèzes,

Tout un bouquet, avec une chapelle à croix de feu,

Une chapelle de briques roses et d-'ardoises bleues,

Et j'y cours de ce pas, en vérité bien aise

De dire un peu combien je suis heureux à Dieu...

Puis nous irons avec des lèvres de douceur

Raconter la bonté des choses à nos sœurs ;

Et nous irons avec des mains de charité

Au front des fièvres et des remords convulsés,

Proclamant hautement par les villes moroses

Comment l'Aurore nous advint parmi les roses

Et qu'il ne faut plus maintenant de ces yeux durs

Ni de ces poings crispés contre l'azur

Ni de tous ces hoquets sauvages et impurs,

Et que voici le temps d'être sage et d'avoir

Le front étincelant de divines pensées

Et le cœur parfumé comme un encensoir...

Ah ! mon âme î... elle est joyeuse, elle est légère. Elle est vraiment comme un oiseau dans la rosée Et comme une flûte dans la lumière ! . . .

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