BALLADE DU VENT
Hei hopsa ! les sorcières, Au-dessus des bruyères, Dans les nuages fous Qui sifflent en lanières, Hi hou ! les hiboux.
Hei hopsa ! les sorcières, Près de la sapinière Hurlant comme les loups, Une grêle chaumière, Hi hou î les hiboux.
l60 L'AME DES SAISONS
Hei hopsa ! les sorcières, Par le châssis sans verre Tremble le rayon roux D'une lampe de terre, Hi hou ! les hiboux.
Hei hopsa ! les sorcières.
Dites-nous donc, grand'mère, Qui habite en ce trou ?
C'est la mère Misère, Hi hou! les hiboux.
Hei hopsa ! les sorcières.
C'est la dolente mère
Qui n'a que des cailloux
Et dont l'homme est sous terre,
Hi hou! les hiboux.
Hei hopsa ! les sorcières.
Des deux mains elle serre Sur sa gorge aux seins mous Un enfant de calvaire, Hi hou I les hiboux.
Hei hopsa I les sorcières, Hurlez, la sapinière !
Le vent noir tout à coup A soufflé la lumière, Hi hou! les hiboux.
Hei hopsa I les sorcières.
C'est la nuit plénière.
Une petite toux Glousse dans la chaumière, Hi hou! les hiboux.
Hei hopsa ! les sorcières, Et le matin éclaire D'un rayon pâle et doux Une froide et légère (Hi hou ! les hiboux)
Poupée en cire claire (Hei hopsa! les sorcières) Qui gît sur les genoux Farouches de la mère, Hi hou ! les hiboux.