‹ L'âme des saisonsChapitre 35 sur 68 · BALLADE DU VENT · texte numérisé non relu

BALLADE DU VENT

Hei hopsa ! les sorcières, Au-dessus des bruyères, Dans les nuages fous Qui sifflent en lanières, Hi hou ! les hiboux.

Hei hopsa ! les sorcières, Près de la sapinière Hurlant comme les loups, Une grêle chaumière, Hi hou î les hiboux.

l60 L'AME DES SAISONS

Hei hopsa ! les sorcières, Par le châssis sans verre Tremble le rayon roux D'une lampe de terre, Hi hou ! les hiboux.

Hei hopsa ! les sorcières.

Dites-nous donc, grand'mère, Qui habite en ce trou ?

C'est la mère Misère, Hi hou! les hiboux.

Hei hopsa ! les sorcières.

C'est la dolente mère

Qui n'a que des cailloux

Et dont l'homme est sous terre,

Hi hou! les hiboux.

Hei hopsa ! les sorcières.

Des deux mains elle serre Sur sa gorge aux seins mous Un enfant de calvaire, Hi hou I les hiboux.

Hei hopsa I les sorcières, Hurlez, la sapinière !

Le vent noir tout à coup A soufflé la lumière, Hi hou! les hiboux.

Hei hopsa I les sorcières.

C'est la nuit plénière.

Une petite toux Glousse dans la chaumière, Hi hou! les hiboux.

Hei hopsa ! les sorcières, Et le matin éclaire D'un rayon pâle et doux Une froide et légère (Hi hou ! les hiboux)

Poupée en cire claire (Hei hopsa! les sorcières) Qui gît sur les genoux Farouches de la mère, Hi hou ! les hiboux.

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