‹ L'âme devant la Sainte EucharistieChapitre 13 sur 53 · DIXIÈME CONSIDERATION · texte numérisé non relu

DIXIÈME CONSIDERATION

Sur le pouvoir qu'a la sainte Eucharistie de conserver et d'accroître en nous la vie de l'âme.

I. Le concile de Trente dit que le divin Rédempteur a voulu que nous le recevions dans la sainte Eucharistie, comme une nourriture qui alimente nos âmes et les aide à vivre de sa propre vie (Sess. 13, c. 2). Cet effet est produit par deux causes : la première, c'est que la sainte Eucharistie préserve l'âme du péché mortel, qui est pour elle une véritable mort. On raconte que Mithridate, roi de Pont, ayant inventé un contre-poison qui porte son nom, fortifia tellement son corps par son usage, qu'ayant plus tard essayé plusieurs fois de s'empoisonner, il ne put jamais y réussir. Le Sauveur a institué le Sacrement auguste de l'Eucharistie, qui contient réellement sa chair et son sang, afin que celui qui s'en nourrit participe à la vie éternelle. C'est pourquoi, quiconque en use avec dévotion, fortifie tellement la santé et la vie de son âme, qu'il lui devient impossible de ressentir le poison des affections mauvaises. Qui se nourrit de cette chair de vie ne peut vivre des affections de mort. Ainsi, de même que les hommes, en demeurant dans le paradis terrestre, pouvaient éviter la mort du corps, en vertu du fruit de vie que Dieu y avait placé, de même aussi on peut

échapper à la mort de l'âme, par la vertu de ce Sacrement de vie. Que si le fruit le plus tendre et le plus facile à se corrompre se conserve confit avec du miel et du sucre, il n'est pas étonnant que nos cœurs, si fragiles et si faibles, soient préservés de la corruption du péché, quand ils sont protégés et fortifiés par la chair et le sang incorruptibles du Fils de Dieu. Ils resteront sans défense, âme pieuse, les chrétiens qui seront condamnés, alors que le souverain juge leur fera voir combien ils étaient inexcusables d'être morts spirituellement, tandis qu'ils avaient un moyen si facile de conserver la vie et la santé de l'âme, en se nourrissant de son corps, qu'il leur avait laissé pour cette fin. Malheureux! leur dirait-il, pourquoi êtes- vous morts, lorsque vous aviez en votre pouvoir le fruit et l'aliment de vie?

L'autre cause en vertu de laquelle la sainte Eucharistie guide et maintient la vie de l'âme pour qu'elle ne périsse pas , c'est qu'elle éloigne de nous le péché véniel, qui est la disposition prochaine à cette déplorable mort de l'âme , selon la doctrine du concile de Trente, qui appelle la sainte Eucharistie l'antidote qui nous préserve du péché mortel, et le remède qui nous délivre du péché véniel. C'est pour cela, dit saint Cyrille d'Alexandrie, que la sainte Communion chasse non-seulement la mort de l'àme, mais encore toutes ses infirmités, parce qu'en réalité le péché véniel n'est point la mort de l'âme, mais bien une maladie qui la rend faible , languissante , et la dispose à mourir : Quœ (nempe communie), mihi crede, non mortem solum, verum etiam morbos omnes depellit (Lib. 4, in Joan.,

c. 47). Ici déplorez, âme pieuse, l'aveuglement de tant de chrétiens, qui, ne s'inquiétant que peu ou point du tout de cette nourriture spirituelle, ne songent qu'aux aliments de la terre pour conserver la vie misérable et caduque du corps; infortunés! un jour viendra où ils s'apercevront d'un si grand aveuglement; et veuille le ciel que ce ne soit pas trop tard, lorsqu'il ne sera plus possible d'y remédier.

II. Considérez, âme pieuse, que la sainte Eucharistie a été quelquefois le soutien de la vie même temporelle du corps. Surius rapporte (29 avril) que sainte Catherine de Sienne passait le carême entier sans prendre d'autre nourriture que celle de la Table sainte. Une vierge romaine, nommée Félicie, passa cinq carêmes entiers, nourrie du seul pain des anges (Apud Cacciaguena). Dans l'Helvétie, un saint moine, nommé Nicolas, ne prit pendant quinze ans d'autre repas que celui que lui fournissait le corps de Jésus-Christ dans le Sacrement. Saint Libéralis, évêque d'Athènes, avait coutume de prendre, chaque dimanche matin, à l'autel, le corps et le sang précieux du Rédempteur, et de jeûner toute la semaine , soutenu et fortifié par ce oeul aliment. Les histoires ecclésiastiques nous fournissent un grand nombre d'exemples semblables, par lesquels le divin Sauveur a voulu nous faire entendre que si ce Sacrement peut entretenir la vie du corps, pour laquelle il n'est pas fait, à plus forte raison il doit conserver et entretenir la vie de l'âme, pour laquelle il a été spécialemant institué. Saint Jérôme dit que rien n'est plus propre à donner de la vigueur à l'âme que

le corps et le sang de Jésus-Christ : Nihil ita vescentis animwnroborat, quomodopanis Christi. Et saint Thomas affirme que la sainte Eucharistie guérit toutes les faiblesses de Tâme, quelle qu'en soit la cause : Valet contra omnes spirituales defectus.

Voilà, âme pieuse, la nourriture dont vous devez vous nourrir, si vous avez à cœur la vie et le salut de votre âme. Soyez donc résolue à le recevoir souvent et avec dévotion, quelque sacrifice qu'il vous en coûte. Ne vous laissez point arrêter par les vains propos, les médisances que le monde lance contre ceux qui fréquentent ce divin mystère. Si le monde parle contre vous, que votre esprit ne s'en trouble point, mais plutôt imposez-lui silence par l'éclat de vos vertus. Et s'il continue à murmurer, suivez alors la maxime de saint François de Sales , qui dit de faire le bien et de laisser crier le mal. Malheur à vous, si vous vous intimidez et si vous faites la moindre concession ! il criera plus haut et se raillera de vous. Les mondains, disait le P. Rodriguez, font en cela comme les petits chiens des rues, qui sont insolents quand on les craint, et qui cessent d'aboyer quand on n'en fait pas cas ; ou bien comme les jeunes enfants, dit saint Jean Chrysostôme, lorsqu'ils trouvent un compagnon simple et crédule, et qui se prête entièrement à leurs caprices par faiblesse d'esprit; ils feignent de vouloir l'élire pour leur chef et de lui faire honneur. Mais , tandis que l'un d'eux le pare des puérils insignes de sa dignité et fait semblant de lui rendre un sérieux hommage, les autres, qui se tiennent derrière, en font leur jouet par leurs

gestes moqueurs, se raillent de lui et se divertissent de sa sotte complaisance (Hom. 17, in ep. ad Rom.) : Quemadmodum pueri ludentes ex feno coronas imponunt; coronatum autem sœpenumero ejus rei ignarum post (erga irrident. C'est ainsi que se conduit le monde envers les malheureux assez faibles, assez méprisables pour craindre la moindre de ses railleries; ils deviennent le sujet le plus recherché de ses ironies et de ses mépris.

III. Considérez, âme pieuse, que la sainte Eucharistie conserve non-seulement la vie de l'âme, mais encore l'accroît et l'augmente considérablement. Ainsi, de même qu'on voit notre corps , par la fatigue et les occupations extérieures, ajoutées à celles de l'esprit, s'affaiblir, et les esprils vitaux s'éteindre , la chaleur naturelle s'attiédir, de manière que, par les pertes continuelles de l'organisme, la vie se terminerait bientôt si on ne la réparait par la nourriture ; de même aussi, dans notre âme, au milieu des distractions et des occupations nombreuses qui se rencontrent dans la journée, le feu de la charité se refroidit, les pieux sentiments s'effacent, l'esprit se dissipe, en sorte que nous arriverions à une perdition certaine, si nous n'apportions pas un remède à de telles pertes. Mais, heureusement, Dieu nous a pourvus de cette nourriture du paradis, qui recueille l'esprit dissipé, réchauffe les sentiments refroidis, rallume la ferveur de la charité, et rend la vie de l'âme plus forte et plus robuste pour courir l'arène de la perfection chrétienne. Qu'elle est donc grande la bonté de ce Dieu d'amour, de nous pré-

parer une nourriture si salutaire à nos âmes! Mais voyez encore. La vie spirituelle de l'âme consiste, comme chacun le sait, dans la grâce sanctifiante, par laquelle nous nous unissons à Dieu et commençons à vivre d'une vie divine dans l'ordre surnaturel. Or, cette grâce, selon les doctrines de notre sainte croyance, se confère pour la première fois dans les sacrements du Baptême et de la Pénitence à celui qui l'a perdue. Les autres sacrements, où l'àme doit être déjà en possession de ce précieux trésor, ne font que l'accroître. Mais aucun d'eux ne l'augmente autant que celui de la sainte Eucharistie, parce que Jésus-Christ y vient en personne nous la donner. C'est pour cela qu'il la confère en plus grande abondance; comme un monarque, en accordant une aumône de sa propre main, il convient qu'il la donne plus riche et plus splendide que lorsqu'il la fait distribuer par ses ministres. De là ce que dit saint Thomas, que la vie spirituelle de l'âme commence au Baptême et s'achève dans la sainte Eucharistie : Perceptio baptismi est necessaria ad in~ choandum spiritualem vitam; perceptio vero Eucharisties est necessaria ad consummandam ipsam (3 part., qusest. 44, alias 73, art. 3, in corp.). Oh! quel précieux trésor est donc l'Eucharistie, puisqu'elle procure à l'âme un si grand bien ! Malheur donc à qui le dédaigne ; parce qu'il mourra spirituellement d'une mort telle, qu'elle sera un funeste présage de la mort éternelle où sont ensevelis les malheureux damnés.

Préparation à la Communion.

Oses-tu bien, ô mon âme, recevoir dans ton sein le Dieu dont la pureté , la sainteté et la majesté sont infinies, toi qui es un abîme de vices, d'ingratitude et de péché? Ne te souvient-il pas des offenses que tu lui as faites? Ah! combien de fois n'as-tu pas été pour Jésus une cause de douleur plus cruelle que le Calvaire! Tu l'as crucifié aussi souvent que tu es tombée dans le péché mortel !

O Jésus, je vous ai, par mes péchés, couronné d'épines , cloué à la croix, abreuvé de fiel ; je vous ai ouvert le côté et vous ai donné la mort. Non, non, je ne suis pas digne de vivre; bien loin de vous recevoir, je mérite que la terre m'engloutisse, que le ciel me brise , que toutes les créatures se lèvent contre moi. Mais, ô mon Dieu! combien vous êtes bon! Quoique j'aie tant de fois foulé aux pieds votre sang, renié votre nom, déshonoré votre loi, vous daignez non-seulement me pardonner, mais vous venez encore le premier me demander la paix ; et pourvu que je fasse un acte de repentir, que je verse une larme du cœur, vous me pardonnez mes péchés , vous me remettez dans votre grâce, et me faites de nouveau votre fils et votre ami. Oh! cette générosité est vraiment divine! Je voudrais mourir de douleur d'avoir offensé un Dieu si bon ! Je me repens, ô mon bien suprême, de vous avoir déplu. Pardonnez-moi, Seigneur; je ne vous implore pas dans mon intérêt ; je veux seulement, grand Dieu! que vous soyez honoré et glorifié en moi, de manière que vous n'en éprouviez plus d'oiïenses. Mon Jésus, lavez mon

âme avec votre sang, rendez-la digne d'être la demeure de votre Majesté. Et vous, ô Marie, obtenez-moi la grâce d'une parfaite contrition.

Mon Jésus, mon espérance, appuyée sur vos promesses , en vous conjurant par le sang que vous avez répandu pour moi, j'espère qu'en vous recevant vous sanctifierez mon âme, que vous l'embraserez de désirs célestes, afin que je vive et meure en n'aimant que vous, ô mon bien infini! Dieu chéri, Dieu de nos espérances, sanctificateur des âmes, sanctifiez-moi.

Voici l'heure, ô Jésus, où vous serez livré à un grand pécheur; prenez patience, et souffrez-moi par les entrailles de votre miséricorde. Seigneur, si je ne mérite pas de vous recevoir et de vous aimer, méritez du moins d'être reçu et aimé de moi. Disposez-moi en vue de votre honneur, rendez-moi digne d'une grâce si sublime ; donnez-moi tout ce qui me manque; faites que je sois tout à vous.

Voici, ô mon âme, le fortuné moment, l'heure heureuse où tu vas recevoir Jésus, l'objet de ton amour. Voici le Roi des rois, le Seigneur des seigneurs; voici l'ami, le père, l'époux; voici le bonheur du paradis, la joie du ciel; voici Dieu lui-même; voici toute la trèssainte Trinité dans ce divin Sacrement : Ecce sponsus unit, exite obviam ei (Matth., 24). Mais pourquoi, ô mon âme, être si froide, pourquoi ne brûles- tu pas d'un ardent désir de te nourrir de sa chair sacrée? Quoi! tu restes froide dans le moment où l'abondance des miséricordes devrait tout t'embraser d'amour! Si tu ne devais communier qu'une seule fois dans ta vie,

avec quelle ferveur ne communierais-tu pas? Et maintenant que l'infinie bonté de Dieu est toujours prête à satisfaire tes désirs , tu vas tiède et dissipée recevoir un Dieu si grand ? Ah ! les âmes aimantes se sentent saisies d'un ardent désir de le recevoir, et courent comme le cerf s'asseoir à cette source divine. Courage donc, ô mon âme, réveille-toi, allume en toi un ardent désir de recevoir Jésus-Christ. Soupire après ce souverain bien, désire-le, appelle-le par des larmes et des soupirs, avec un cœur brûlant du saint amour.

Venez, ô nourriture divine, venez rassasier mon âme qui vous désire ; venez, fournaise de charité, venez m'embraser; incendie d'amour, venez m'enflammer ; pasteur céleste, venez me guider ; venez, mon père, mon époux, mon trésor, ma vie, ma paix; venez, l'unique fin de tous les battements de mon cœur; venez, lumière des âmes, soutien des cœurs, consolateur des affligés; venez, l'attente de toutes les nations, le désiré des saints Pères, l'objet des vœux des collines éternelles, la joie des anges, l'allégresse du ciel , la béatitude des saints. Venez , mon paradis, venez, je vous désire, je soupire après vous; venez, vous m'avez blessé d'amour ; venez, ne tardez plus, je m'évanouis. Je ne puis plus vivre sans vous; oui, par pitié, mon Jésus, venez!

Vierge sainte, je m'approche pour recevoir votre Jésus et le mien. Je veux le recevoir de vos mains ; présentez -le -moi comme vous le présentâtes aux pasteurs, aux mages et à saint Siméon ; disposez-moi à le recevoir avec amour j et, en me le donnant,

priez-le de me remplir de ses plus précieuses bénédictions, et joignez-y les vôtres.

Action de grâces.

Les voilà satisfaits, mes désirs, les voilà rassasiés : mon Dieu est venu me visiter ; mon Jésus est en moi; je suis tout à lui, et il est tout à moi. Oh ! bonté infinie ! Un Dieu sur la langue, dans le sein, dans le cœur d'une créature si vile, si indigne comme je suis! Mon âme, à quoi penses-tu? Te voilà en possession de l'objet de tous tes soupirs ; te voilà toute sanctifiée , toute transformée en Jésus! Tu ne fais qu'un avec lui. Oh! quelle union admirable ! Mon âme , tu es unie le plus étroitement à Jésus, et ne lui dis-tu rien, ne parles-tu pas à ton Dieu qui se tient dans tes bras, dans tes entrailles, dans ton cœur? Allons donc, recueille-toi tout en toi-même, réunis toutes les affections de ton esprit, presse délicieusement ton Jésus sur ton cœur, adore-le, et dis-lui : Mon Jésus, soyez le bienvenu dans la demeure de mon âme. Hélas! qu'il y a longtemps que je désirais cette heure fortunée! Mais combien je vous plains, en vous voyant dans ce cœur plus dur, plus froid que l'étable où vous prîtes naissance, et plus douloureux que le Calvaire ; car je n'ai pas une fois, mais cent, mais mille fois peut-être renouvelé votre passion et votre mort par mes péchés. Seigneur, que trouvez-vous en moi , sinon dureté pour vous et affection pour les créatures? Mon Dieu, comment donc êtes- vous venu y habiter ? Je voudrais vous dire avec saint Pierre : Exi à me, quia homo peccator sum, Do-

mine (Luc, 3). Eloignez-vous de moi, Majesté divine, éloignez -vous de cette âme pécheresse, indigne de loger un Dieu. Allez reposer dans ces âmes pures et ferventes qui vous accueilleront avec amour. Mais non, mon bien le plus cher, non, vous ne partirez point de moi, car si vous m'abandonnez, je suis perdue! Oh! Dieu, mon espérance, je ne vous laisse pas! Mon bienaimé, après lequel j'ai tant soupiré, je vous presse sur mon cœur, et je veux vivre et mourir dans vos bras. Marie, ma tendre Mère, anges saints, âmes qui aimez Dieu, donnez-moi les ardeurs de votre amour, afin que je tienne dignement compagnie à mon Jésus.

Trinité auguste, je vous remercie de toutes les forces de mon cœur de m'avoir donné Jésus. Oh ! Dieu ! que puis-je vous rendre pour un tel bienfait ? Comment pourrai-je vous remercier assez? Très-sainte Trinité, je vous remercie par l'entremise de Jésus, et Jésus vous remercie pour moi. Oui, maintenant mon cœur est rassasié, et votre Majesté est pleinement satisfaite de ces remercîments infinis. Qu'à vous seul, ô mon bien le plus cher, soient dus louanges, gloire et honneur, par toutes nations, dans tous les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

O Jésus, la reconnaissance et la justice me font un devoir de me donner tout à vous qui vous êtes donné tout à moi. En venant dans moq cœur, vous vous êtes donné tout à moi, je veux aussi être tout à vous. Vous avez sanctifié mes yeux, mes oreilles, mon goût, tous mes sens ; qu'ils soient à vous et renoncent à tout plaisir contraire à votre loi. Vous avez sanctifié ma mé-

moire, qu'elle vous appartienne et n'ait jamais de souvenir que pour vous. Vous avez sanctifié mon intelligence, qu'elle ne soit et ne pense qu'à vous. Vous avez sanctifié ma volonté, qu'elle soit vôtre et n'aime que vous. C'est à vous donc que, dans l'intime sincérité de mon cœur, j'offre en perpétuel holocauste mon âme, mon corps, mes sens, mes facultés, tout ce que j'ai, tout ce que je suis. Brûle, ô feu divin, consume, amour tout-puissant, tout ce que mon être a d'indigne de toi.

Ame de Jésus, sanctifiez-moi, etc., page 23.

Aspirations.

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