ONZIÈME CONSIDÉRATION
Sur la force que nous donne la sainte Eucharistie pour combattre nos ennemis.
I. Considérez, âme pieuse, que la sainte Eucharistie est une arme très- puissante pour combattre et assujétir nos passions avec leurs affections et leurs mouvements désordonnés. Saint Cyrille d'Alexandrie dit que Jésus-Christ, en demeurant au milieu de nous, éteint, le feu de notre concupiscence, calme les inclinations déréglées de notre chair et fortifie notre piété : Sedat, cum in nobis manet Christus, sœvientem membrorum nostrorum legem, pietatem corroborât, perturbationem animœ extinguit. Examinant ce point, saint Thomas, le docteur angélique, affirme, avec la rigueur logique de l'école , que , bien que la sainte Eucharistie ne soit pas directement appliquée à diminuer, à éteindre le foyer de la concupiscence, néanmoins elle l'affaiblit, la diminue, la refroidit pour allumer la ferveur, réveiller la dévotion et accroître l'ardeur de la charité (5e part., quest. 20, aliàs 76, art. 6, ad 5). Figurezvous un voyageur qui, dévoré d'une soif brûlante, trouve une limpide fontaine. Il ne l'a pas plutôt aperçue qu'il se hâte d'y courir; il y plonge ses lèvres desséchées, et dans cette onde pure il se rafraîchit, se ranime et calme le feu intérieur qui le dévore. Telle
est l'image de ceux qui s'approchent souvent et dignement de la sainte Eucharistie. En s'approchant fréquemment de cette source de vie qui réside dans le Sacrement, en se désaltérant aux eaux pures de la grâce, le feu de leurs passions se calme peu à peu ; l'ardeur des mauvais désirs s'apaise, et les affections déréglées se réduisent à une juste mesure. C'est pourquoi saint Bernard, parlant à ses religieux, leur disait : Si nul de vous n'éprouve plus de violents mouvements de colère, d'envie, de luxure et des autres appétits déréglés, qu'il en rende grâces au corps et au sang de Jésus-Christ, qu'il reçoit dans la sainte Eucharistie, car c'est l'âme de ce divin Sacrement : Si quis vestrum non tam acerbos sentit iracmdiœ motus, invidiœj luxuriœ, aut cœterorum hujusmodi, gratias agat corpori et sanguini Domini; quoniam virtus sacramenti operatur in eo (Serm. de Bat. in Cœn. Dom.).
Rentrez en vous-même, âme pieuse, et faites un sérieux examen des passions de votre cœur. Si elles sont fortes et tyranniques, dites que jusqu'ici vous n'avez pas bien profité de la sainte Eucharistie et que vous avez besoin d'en mieux profiter à l'avenir et de vous en approcher plus dignement. Malheur à vous, si vous vous tenez éloignée de ce Sacrement! Vos passions, sans ce frein, domineront votre esprit, et vous entraîneront dans un éternel précipice.
IL Considérez que la sainte Eucharistie est une arme très-puissante pour triompher du monde et de ses vanités. Et d'où croyez- vous que venait aux premiers chrétiens cette force héroïque de braver la féro-
cité des tyrans, la cruauté des bourreaux, l'inhumanité du monde acharné à leur perte, et de fouler aux pieds les menaces, les insultes et les vains égards? De la fréquente réception de la sainte Eucharistie : Etant persévérantes in communicatione fractionis panis. C'est là que prenait sa source cette tendre charité qui ne faisait d'eux qu'un cœur et qu'une âme ; cette modestie qui ornait leur costume ; cette société qui étonnait jusqu'aux infidèles eux-mêmes. Telle était l'estime de ces chrétiens pour la sainte Eucharistie, aux temps des persécutions, que, selon saint Cyprien, nul n'était jugé propre à endurer le martyre s'il ne s'était fait armer par l'Eglise de ce pain des forts : Idoneus non potest esse ad martyrium qui ab ecclesia non armatur ad prœlium. Le plus grand soutien que recevaient les confesseurs de la foi pour supporter avec intrépidité la fureur des tyrans , c'était de s'armer de la nourriture eucharistique : Quos tutos esse contra adversarios volumus> munimento dominicœ saturitatis armamus. Et comme, dans ces temps, l'occasion du martyre pouvait se présenter à toute heure, on prit l'habitude de laisser aux fidèles la sainte Eucharistie dans leurs maisons, afin que, dans un besoin imprévu, ils pussent la recevoir et se fortifier ainsi contre les tourments qui les menaçaient. Mais elle est bien plus admirable encore la force que cette nourriture donne à l'esprit, pour triompher du respect humain. Et d'où provenait dans les saints cette force héroïque de fouler aux pieds toute considération humaine, sinon de ce qu'ils s'ap-' prochaient souvent de la table eucharistique, d'où ils
partaient en défiant le monde entier de pouvoir, par ses railleries, les détourner du bien? Et cela n'arrive pas seulement aux personnes simples et rustiques, mais aux personnes nobles et savantes, et jusqu'aux princes et aux empereurs. Saint Casimir, roi de Pologne, faisait si peu de cas des considérations humaines, qu'il allait nu-pieds adorer le saint Sacrement, et restait de longues heures à s'entretenir avec lui sur le seuil de l'église. Saint François de Borgia, étant encore duc de Candie, interrompait jusqu'au plaisir de la chasse pour venir jusqu'à un mille de distance accompagner le saint Viatique. Ferdinand II d'Autriche, Sébastien, roi de Portugal, Théodose II, duc de Bragance, étaient tellement supérieurs au respect humain, qu'ayant à peine aperçu le saint Viatique, ils accouraient sur-lechamp pour le suivre , en s'arrachant quelquefois aux plus ingénieux amusements et à leur repos ordinaire. Enfin, le célèbre Léopold, archiduc d'Autriche, faisait si peu attention aux considérations humaines, que, rencontrant en route le saint Sacrement, il descendait aussitôt de son cheval ou sortait de son carrosse , et se prosternait humblement pour l'adorer; puis, acceptant un cierge allumé de l'un des assistants, il le suivait avec un souverain respect tout le long du chemin.
III. Considérez que la sainte Eucharistie est une arme très-puissante pour combattre les tentations du démon, pour repousser ses assauts et triompher de l'enfer. Saint Thomas dit que les démons, nous voyant, par la sainte Eucharistie, unis et incorporés à Jésus, notre guide et notre chef invisible, tremblent, fuient et
cessent de nous importuner de leurs suggestions4, ou, s'ils nous assaillent, leurs tentations sont sans force, ou en ont peu pour nous attaquer : Repellit omnen dœmonum impugnationem. L'ennemi infernal agit avec nous comme un général d'armée avec ses ennemis ; s'il les voit faibles, il songe à les attaquer; mais s'il les voit alliés à une armée plus nombreuse que la sienne, il craint et se retire , et s'il ne peut se retirer, il en vient aux mains, mais avec moins de hardiesse. Hic mysticus sanguis, dit saint Jean Chrysostôme, dœmones repellit, angelos et angelorum dominum ad nos allicit. Dœmones enim cum dominicum sanguinem in nobis vident in fugam vertuntur; angeli autem currunt (Hom. 49 in Joan.). Le sang de Jésus-Christ éloigne de nous les démons, appelle les anges et le Seigneur des anges à rester avec nous ; car nos ennemis, en voyant dans notre sein le sang du divin Rédempteur, prennent la fuite et les anges accourent à notre défense. C'est pour cela que le saint veut que nous partions de la Table sainte comme des lions, embrasés d'une sainte ardeur, afin que, loin de trembler en présence des démons, nous leur devenions terribles et formidables. Tanquam leones igitur ignem spirantes ab illâ mensâ surgamus diabolo formidabiles.
Enfin, la sainte Eucharistie est vraiment la nourriture des grands et ce pain merveilleux qui fortifie admirablement le cœur de l'homme contre tous les assauts de ses ennemis. Partis cor hominis confirmans. Rappelez-vous l'Agneau pascal dont, par ordre de Dieu, eut à se nourrir le peuple hébreu pour se préparer à son
pèlerinage vers la terre promise, où l'attendaient de terribles ennemis pour le combattre. Or, c'était une figure de l'Agneau divin qui, pour nous, se sacrifie sans cesse à son Père éternel. Celui qui se nourrit de sa chair immaculée et s'abreuve de son sang précieux, acquiert une force et une vigueur puissantes pour continuer son pèlerinage vers la terre promise du ciel, en combattant vigoureusement et en assujétissant tous les ennemis qui traversent la vie qui y conduit. Dès qu'Elie se fut nourri du merveilleux pain que l'ange lui avait préparé , il se sentit tellement ranimé qu'il échappa aux fureurs de la perfide Jézabel, et marcha, soutenu par la force de cette nourriture, jusqu'à la montagne du Seigneur : Ambulavit in fortitudine cibi illius usque ad montent Dei; de même celui qui se nourrit du pain eucharistique, qui fut figuré par celui d'Elie, se sent tellement fortifié, que, malgré ses ennemis, il monte avec une grande vitesse à la montagne sainte du Seigneur. Qui donc sera assez aveugle pour devenir victime de ses ennemis, plutôt que de s'approcher de la sainte Eucharistie ? Que celui qui se trouve languissant dans le bien, faible dans la pratique de la vertu et dans le combat contre ses ennemis, s'en attribue à lui-même toute la faute, et dise : Aruit cor meum, quia oblitus sum comedere panem meum; mon cœur est devenu froid, aride, glacé, parce que Je me suis tenu éloigné de la réception de la sainte Eucharistie qui enflamme, réchauffe, fortifie.
Préparation à la Communion.
0 Agneau immaculé, qui paissez au milieu des lis éblouissants, et qui trouvez vos délices à habiter dans les âmes pures et candides, pourquoi voulez- vous venir loger dans mon cœur, où il ne germe que des chardons et des épines? Hélas! quelle différence entre vous et moi! Vous êtes la plus resplendissante lumière, et je suis le centre des plus obscures ténèbres. Quelle union peut-il y avoir entre vous et moi? Aurai-je donc la témérité de m'approcher de votre autel pour vous recevoir dans mon âme? Ah! divin Rédempteur, à la vue de mon indignité, j'ai honte de venir au céleste banquet. Mais la connaissance que j'ai de votre bonté et de votre miséricorde m'attire et mencourage à vous recevoir. Oui, mon Dieu, votre bonté est si grande, que, bien que je sois comblé de misères et assailli de véhémentes tentations, je m'avance vers vous afin que vous daigniez me tendre votre puissant secours. Ma confiance est si grande en votre bonté, que je croirais vous faire injure si je m'éloignais de vous. Plus je suis indigne, plus vous serez glorifié en m'admettant à participer à cette Table divine, où j'espère trouver le remède à mes infirmités.
Me voilà donc, ô Jésus, sur le point de vous recevoir. Hélas! céleste médecin, je viens à vous comme un infirme pour être guéri, comme un pécheur pour être purifié ; je me prosterne devant vous, ô Dieu de bonté; comme un fils ingrat, je me jette à vos pieds, ô Père plein de tendresse, pour recevoir vos embrassements ; comme un pauvre, je cours vers vous pour êtw
enrichi, ô fontaine de tout bien. Souvenez-vous, ô Jésus, de la bonté dont vous usâtes envers Madeleine. Vous ne la repoussâtes pas loin de vous, bien qu'elle fût une grande pécheresse; mais plutôt vous l'accueillîtes avec douceur, vous prîtes sa défense et l'admîtes à baiser vos pieds sacrés. Voici, ô miséricordieux Jésus, une nouvelle occasion de gloire pour vous, puisqu'un haïssable pécheur comme je suis s'avance pour vous recevoir dans son sein. S'il ne coule pas de mes yeux une abondance de pleurs capable de laver vos pieds, le sang que vous avez répandu fut assez abondant pour laver non-seulement mes péchés, mais encore ceux du monde entier. Hélas! ô mon Jésus, si vous ne m'avez pas encore pardonné mes péchés, pardonnezles-moi maintenant avant que je vous reçoive, afin qu'aujourd'hui votre miséricorde remporte sur moi un nouveau triomphe.
Mon âme, que fais-tu? que penses-tu? Ah! rentre en toi-même et aime ton Dieu, que l'amour guide vers toi. Oui, mon Jésus, je vous aime et je ne veux aimer que vous. Devenez, ô mon bien-aimé, l'objet de toutes mes amours, rendez-moi maître de toute ma volonté, possédez mon cœur tout entier. Par l'amour que je vous porte, je vous consacre mon esprit, afin qu'il pense toujours à votre bonté ; je vous consacre mon corps, afin qu'il m'aide à vous plaire ; je vous consacre mon àme, afin qu'elle soit tout à vous. Je voudrais, ô le bien-aimé de mon cœur, que tous les hommes connussent la tendresse de l'amour que vous avez pour eux, afin qu'ils ne vécussent tous que pour vous aimer, vous
honorer et vous plaire comme vous le désirez et le méritez. Que du moins je vive toujours en extase devant l'idéal de votre beauté infinie. Je me propose de quitter pour vous tout ce qui tend à vous déplaire, quelque pénible qu'en soit le sacrifice, dût-il me coûter la vie. Heureux si je puis, au prix de tout ce que je possède, vous acquérir, vous, ô mon Dieu, mon trésor, mon amour, mon tout!
O très-digne Mère de mon Jésus et Vierge toujours pure, Marie, je vous salue dans une profonde humilité, et je vous prie de me donner la grâce de recevoir saintement, dans mon âme, Jésus votre Fils unique. Hélas! que votre pureté, votre humilité, votre charité suppléent à mes nombreux défauts ; que votre fécondité glorieuse m'obtienne une abondance de mérites. O mon aimable patronne, unissez-moi à Jésus par les liens les plus étroits de l'amour, et faites que, de même qu'il daigna, par votre coopération, participer lui-même à mes misères, à mes infirmités, de même aussi, par votre intercession, il me fasse aujourd'hui participant de son corps et de son sang, de ses mérites et de ses vertus, de sa passion et de sa mort, et enfin de sa gloire éternelle.
Dans cette intention, offrez-lui, ô* très-pieuse Mère, vos mérites, votre amour, et toute la sainte ferveur qui vous animait quand il se fit homme dans votre sein virginal, et lorsque vous le reçûtes dans le saint Sacrement de l'autel. Pour communier avec de plus vifs sentiments d'humilité, de confiance et d'amour, je me figurerai , ô Marie , de recevoir de vos mains Jésus, votre Fils, devenu mon partage par le Sacre-
ment. Inspirez-moi, ô ma Mère, le plus profond respect et la plus grande dévotion, pendant que je m'approche de la communion , afin que j'en remporte le plus grand fruit.
Ange saint, et mon gardien fidèle, vous qui me verrez recevoir le pain des anges, accompagnez-moi à l'autel et obtenez-moi la grâce de recevoir la nourriture de l'éternelle vie avec la pureté, l'humilité, la ferveur et l'amour que je lui dois.
Action de grâces.
O Jésus, ô mon Dieu et ma miséricorde, il est donc vrai que vous, le roi du ciel, avez daigné vous abaisser jusqu'à visiter ma pauvre âme, et entrer dans mon cœur flétri pour y faire alliance avec moi et m'identifier à vous? O complaisance uniquement digne de votre bonté! O libéralité sans égale! Ce ne fut donc, ô mon Dieu, pas assez pour votre amour que de souffrir tant de tourments et la mort même pour mon amour? Et qui suis-je, pour que vous vouliez vous donner encore tout à moi en nourriture, afin que, par cette communion, je participe à tous les trésors, à tous les mérites que vous avez acquis en subissant les horribles douleurs de la Passion et de la Croix! Oh! trésor précieux que j'ai si peu considéré jusqu'ici, et qui est pourtant digne d'une souveraine estime et d'être gardé avec le plus grand soin!
Très-clément Rédempteur de mon âme, de quels dons plus grands pouviez-vous m'enrichir que ceux de la sainte communion? En naissant, vous vous êtes
fait mon frère; en mourant, ma rédemption et ma gloire assurée ; mais en instituant ce Sacrement, vous vous êtes donné en nourriture à mon âme. Dans ce mystère de grâce, vous vous trouvez, vrai Dieu et vrai homme, avec toutes vos perfections. 0 don qui surpasse tous les dons !
En venant au monde, ô miséricordieux Jésus, vous m'apportâtes la vie de la grâce ; mais en venant dans mon âme, vous y avez apporté l'auteur même de la grâce. Oh! nourriture divine, par qui les enfants des hommes deviennent enfants de Dieu! O pain céleste, qui fortifie le cœur et réjouit l'esprit, qui éteint la sensualité, mortifie l'amour-propre , dompte la volonté égoïste et l'attire doucement à obéir à celle de Dieu !
Quelles grâces pourtant vous rendrai-je maintenant, ô Jésus, pour ce si auguste et si incomparable bienfait? Si la reconnaissance doit être proportionnée à la faveur reçue, quelles actions de grâces pourront jamais égaler les témoignages de gratitude que je vous dois? Et quel retour de reconnaissance pouvez- vous attendre de moi, qui suis la plus misérable des créatures?
Si je disposais de toutes les langues des hommes, et que toutes m'aidassent à vous remercier, je ne croirais pas pour cela vous remercier d'un si grand bienfait. Gomment donc pourrai-je moi seul vous témoigner la reconnaissance que je vous dois pour la faveur inouïe que vous venez de me faire en venant me visiter et vous donner tout à moi, chétive créature que je suis?
Lorsque la bienheureuse Vierge entra dans la demeure d'Elisabeth, celle-ci, remplie tout-à-coup de la
grâce du Saint-Esprit, et saisie d'un enthousiasme sublime, s'écria : Et unde hoc mihi, ut veniat Mater Domini mei ad me ? Que ne dois-je donc pas m'écrier, moi, vile créature, remplie de fautes, en sachant que mon Dieu est naguère entré dans mon âme! Avec quel enthousiasme, bien autre que celui d'Elisabeth, n'ai-je pas maintenant à m'écrier : Quel est donc mon mérite pour avoir été honoré d'un don si grand, celui de n'avoir pas eu seulement la visite de la Mère de Dieu, mais celle de Dieu même, dans la triste demeure de mon âme? 0 mon Jésus! ô mon Dieu ! que d'âmes dans le monde plus pieuses que moi vous auraient accueilli avec plus d'amour! Néanmoins, vous ne leur avez point fait une telle faveur; ô particularité de l'amour de mon Jésus pour moi!
Vous avez donc, ô Dieu suprême, ô Roi des rois, ô Maître de tout ce qui est créé et Dieu de majesté, vous avez daigné vous abaisser, non-seulement jusqu'à venir dans cette âme si abjecte et si vile, mais encore jusqu'à établir en elle votre séjour, et de plus jusqu'à la transformer en vous, vous l'identifier au moyen d'une union si merveilleuse qu'elle mérite bien d'être comparée à cette union divine que vous avez avec l'Eternel!
Ah! Jésus, par charité, ne vous séparez point de moi; demeurez avec moi, afin que je puisse recevoir votre bénédiction, et une bénédiction qui sanctifie mon âme et ses puissances, mon cœur et ses affections, mon corps et ses sentiments; et qu'ainsi je puisse commencer un genre de vie tout nouveau. Faites, en outre, ô Jésus, qu'après avoir banni de nouveau toute
affection du monde, il n'y règne que votre amour; en sorte que je vous aime seul, vous désire seul, que je ne pense qu'à vous, que je ne repose qu'en vous mes espérances et mes affections, que je vive en vous et pour vous seul, et qu'enfin je ne sois uniquement qu'à vous, et qu'en tout je puisse mériter de vous posséder pendant toute l'éternité, vous, bien immense qui vivez et régnez dans tous les siècles.
Ame de Jésus, sanctifiez-moi, etc., page 23.
Aspirations.