SEIZIÈME CONSIDÉRATION
Sur l'exemple de véritable amour que nous donne Jésus- Christ dans la sainte Eucharistie.
I. Considérez, âme pieuse, l'exemple de véritable amour que nous donne Jésus-Christ dans la sainte Eucharistie. Selon le décret divin, il fut nécessaire qu'il mourût pour nous sauver, et que par le sacrifice de la croix il satisfît à la divine justice pour nos péchés; mais quelle nécessité y eut-il qu'il se donnât pour nourriture de nos âmes? L'intérêt de la gloire divine et de la Rédemption humaine n'était-il pas pleinement satisfait par le sacrifice de la Croix? Pourquoi donc ce long sacrifice incessamment renouvelé sur l'autel? Ah! c'est que ce qui a suffi pour apaiser la justice indignée du Père, n'a pas suffi pour contenter l'amour infini du Fils. Cet amour, dit saint Bernard, ne se contenta pas du sacrifice de la vie, il poussa encore le Sauveur, avant de mourir, à se donner tout à nous en nourriture In Mo fervoris excessu, quando paratus erat pro nobis mori; ab excessu amoris majus opus agere coactus
est, quod nunquam operatus fuerat, dare nobis corpus ^ in cibum. Et saint Laurent Justinien dit que le divin Rédempteur n'institua la sainte Eucharistie que pour nous faire comprendre combien est grand l'amour qu'il nous porte. C'est précisément ce qu'écrivait saint Jean : Sciens Jésus quia venit hora, ut transeat ex hoc mundo ad patrem, cum dilexisset suos, in finem dilexit eos. Jésus , sachant que le temps de quitter ce monde et de retourner à son Père était arrivé, voulut nous laisser le signe le plus frappant de son amour, et ce fut le don qu'il nous fit du saint Sacrement. Ah! quel prodige d'amour. Avant qu'il instituât le divin Sacrement. Jésus-Christ s'était déjà bien donné à nous de plusieurs manières; il s'était donné comme compagnon, comme maître, comme père, comme lumière et exemple; mais il lui restait un dernier degré d'amour : celui de se donner à nous en nourriture pour s'unir à nos cœurs comme les aliments s'unissent à celui qui les prend : Ultimus gradus amoris est, cum se dédit nobis in cibum , quia dédit nobis ad omni~ modam unionem, sicut cibus et cibans invicem uniuntur (S. Bern.). Méditez, âme pieuse, sur les divers dons que Dieu nous fait, tant dans l'ordre de la nature que dans celui de la grâce; comparez -les à celui de se donner à nous dans la sainte Eucharistie, et vous verrez que nulle part ailleurs il ne montre autant de grandeur d'amour pour nous. Par la création , il nous donna la vie, et il nous la redonne en la conservant. Il nous donna sa grâce dans le Baptême , et il nous la réitère chaque jour dans la Pénitence. Mais, dans la *
sainte Eucharistie, le Seigneur se donne lui-même au chrétien quel qu'il soit, et il nous y donne non-seulement les fruits de son très-précieux sang, mais le sang même qui les a produits. Oh ! qu'il est donc grand , qu'il est incomparable l'amour de Jésus -Christ pour nous dans la sainte Eucharistie! Le sacrifice de l'autel a son principe dans le seul amour de Jésus-Christ , et c'est l'invention et l'œuvre de la seule tendresse de son cœur. Comprends- tu maintenant, âme froide, aveugle, ingrate, le rôle de l'amour de Jésus-Christ dans son perpétuel sacrifice pour nous dans le divin Sacrement? Ah! reconnaissons avec le concile de Trente que Jésus-Christ, dans la sainte Eucharistie, épuisa, pour ainsi dire, toutes les richesses de son amour pour les hommes : Divitias sui ergo homines amoris veluti effudit (Sess. 13, c. 2).
II. Une autre preuve de l'immense amour de Jésus- Christ pour nous, dans le divin Sacrement, c'est l'abaissement absolu auquel il s'est réduit en s'anéantissant totalement sous les espèces eucharistiques. La foi nous apprend que sous l'hostie sainte que nous adorons sur les autels, réside réellement le divin Rédempteur tel que maintenant il siège et règne glorieux au plus haut des cieux, à la droite de Dieu le Père tout-puissant. Mais pourquoi veut-il cacher sa majesté sous ce voile? Pourquoi ne pourvoit-il pas à sa grandeur et s'abaisset-il jusqu'à s'exposer aux outrages et aux profanations? Hélas! les difficultés que sa grandeur et notre indignité y opposent sont infinies, et il n'y a que l'excessif amour d'un cœur insatiable d'aimer qui puisse les
vaincre. C'est ici, âme pieuse, que vous devez admirer un des traits les plus fins de l'amour excessif de Jésus pour nous. Il aime, cet aimant Sauveur, que le3 pécheurs eux-mêmes s'approchent de lui pour implorer sa clémence, tandis qu'il est assis sur ce trône de grâce, devant, s'ils ne le font pas, se montrer le Dieu des vengeances au grand jugement. Mais comment les malheureux, sachant qu'ils l'ont offensé, oseraient-ils paraître en sa présence, si son visage, au lieu d'être voilé par les espèces du Sacrement, se montrait dans sa terrible majesté? Ce tendre Sauveur se plaît à voir ses fidèles serviteurs se prosterner fréquemment devant son autel, et former une couronne autour de lui. Mais si, à l'éblouissante apparition d'un ange restèrent évanouis un Daniel, un Josué, un Gédéon, comment pourraient-ils soutenir l'éclat de sa foudroyante lumière? Qui n'aurait pas son esprit et ses sens suffoqués et oppressés sous le poids de tant de gloire? Jésus-Christ a donc voulu s'abaisser et se cacher dans le divin Sacrement sous le voile d'un peu de pain et d'un peu de vin, afin que tous s'approchassent de lui avec confiance et sans crainte.
Oh ! qu'il est donc doux notre bonheur d'avoir sans cesse avec nous un Dieu si bon et si aimable. Les pèlerins s'estiment heureux lorsqu'ils parviennent à visiter la sainte maison de Lorette, ou les lieux de la Terre sainte, l'étable de Bethléem, le Calvaire, le saint sépulcre, où Jésus-Christ naquit, habita, mourut, fut enseveli. Mais combien plus grande est notre félicité de nous trouver dans une église où habite réellement
Jésus dans le Sacrement, et, ce qui est plus encore, de le recevoir dans la sainte communion. Le vénérable P. Jean Avilla disait qu'il ne connaissait pas de sanctuaire plus digne de dévotion et plus consolant qu'une église où habite le divin Sacrement.
Ah! chers chrétiens, comment est-il possible que vous demeuriez insensibles à l'amour d'un Dieu si grand? Il s'est donné tout à nous, et avec lui il nous a donné toutes ses richesses et au prix des plus grands sacrifices ; et nous refuserions de l'aimer, nous refuserions de lui plaire! Nous serions froids et insensibles envers Jésus, nous qui montrons tant d'empressement envers ceux qui nous font du bien! Ah! sortons enfin une fois de notre léthargie et aimons celui qui nous aime, aimons notre ami, notre père, notre tendre époux. En signe de cet amour, faisons à Jésus le sacrifice de nous-mêmes. Ah! quel besoin Jésus avait-il de se donner tout à nous? Mais est-i! possible que nous soyons heureux sans être tout à Jésus? Examinons sérieusement quelle est la chose qui nous manque principalement et que Jésus veut de nous. Hélas! d'ordinaire c'est une seule chose qui rend notre sacrifice imparfait et que notre amour-propre se réserve toujours. Appliquons donc à cela les lumières et les affections que le Seigneur nous donne.
III. Considérez, âme pieuse, l'aveuglement et la folie de ces chrétiens qui ne se soucient pas de vivre d'une vie d'amour pour leur si bon Rédempteur. Hélas! s'écrie dans son clonnement et sa douleur saint François de Sales, nous n'avons pas autant d'amour
que nous en aurions besoin ; je veux dire qu'il besognerait que nous l'eussions infini pour en avoir assez, afin d'aimer, comme nous le devons, notre Dieu; et malgré tout cela, misérable que nous sommes, nous en usons avec prodigalité envers des choses viles et vaines, comme si nous en avions de reste. Ce bon saint ne pouvait souffrir dans son cœur aucune affection étrangère à Dieu. C'est pourquoi il disait un jour : Si je savais qu'il y eût une seule fibre d'affection dans mon âme qui ne fût pas de Dieu ou pour Dieu, je l'en arracherais à l'instant, car j'aimerais mieux être dans le néant que de ne pas être tout à mon Dieu. Saint Philippe de Néri , tout embrasé de cette ardeur pour Dieu , s'écriait souvent : Comment est-il possible que celui qui croit en Dieu puisse aimer autre chose que Dieu? Et, comme s'il se fût plaint à Dieu même, il s'écriait : Seigneur, puisque vous êtes si aimable et puisque vous voulez que je vous aime, pourquoi ne m'avez- vous donné qu'un cœur, et un cœur si petit? Ici rentrez en vous-même, ô âme pieuse, et examinez attentivement quel est le trésor de votre cœur : si c'est Jésus ou quelque créature ; si c'est Jésus ou quelque passion. Ah! cet attachement à votre propre estime, cette haine de la mortification, ce désir de paraître, cette recherche des commodités superflues de la vie, ce goût excessif pour des choses viles et indifférentes, montrent clairement que si vous aimez Jésus , vous l'aimez bien peu. Sainte Thérèse dit que celui qui est parvenu à fixer son cœur en Dieu, ne se sent plus d'affection pour toute autre chose , et il ne trouve de
consolation qu'en Dieu, pour qui il oublie son honneur et son propre intérêt. Ainsi parlait saint Jean Ghrysostôme : Lorsque quelqu'un, dit-il, est arrivé à un parfait amour de Dieu , il est comme s'il vivait seul sur la terre ; il ne s'inquiète plus ni de la gloire ni de l'ignominie; il méprise les tentations et les souffrances ; il perd le goût et l'appétit de toutes choses , et ne trouvant ni appui , ni consolation , ni repos en aucune chose d'ici-bas, il tend sans cesse vers Dieu sans jamais se lasser; de manière que quand il travaille ou qu'il mange, quand il veille ou qu'il dort, dans ses actes et ses discours , toute sa pensée , toute son étude est de tendre vers le bien-aimé, parce qu'en lui seul est son cœur et son trésor. Saint Bernard disait : Quand il est quelque chose de créé qui me donne de la consolation et du plaisir, je n'ose pas dire que je sens en moi un ardent et parfait amour de Dieu. Et la vertueuse reine Esther s'écriait au milieu des splendeurs et du faste royal : Seigneur, vous savez bien que je n'ai trouvé du plaisir ni dans la majesté, ni dans le luxe du trône, ni dans les festins du roi, et que je n'ai mis en rien ma consolation jusqu'à ce jour, si ce n'est en vous, mon Seigneur et mon Dieu. Sainte Catherine de Gênes allait s'écriant : Non, plus de monde, plus de plaisirs. Et si alors elle eût possédé mille mondes, si elle avait eu en sa main toutes les délices de la terre, elle en eût promptement fait le sacrifice pour consacrer tout son cœur à Dieu. Enfin, saint Ignace de Loyola s'était si abîmé dans le divin amour, qu'il avait perdu le sentiment de toutes les
choses qui n'étaient pas de Dieu ; et il ne songeait qu'à lui plaire et à faire en tout sa volonté. Comparez, âme pieuse, votre conduite à celle de ces saints, et prenez la résolution de les imiter en cette vie et de les suivre ensuite au ciel, pour y aimer à jamais avec eux Jésus, principe de tendresse et d'amour.
Préparation à la Communion.
Ah! quel bien trouvez-vous en moi, ô Jésus, pour tant désirer ma compagnie? Hélas! pour moi, quelque disposé que je sois à me faire illusion, je ne trouve rien qui soit digne de vous! Bien au contraire, plus je rentre en moi-même pour considérer \t fond de mon êtra, plus je demeure confus, car mes yeux ne me découvrent que des actes et des fautes qui devraient armer contre moi votre courroux et m'éloigner à jamais de votre présence. Ah! non, je ne suis pas digne, ô mon Dieu, de vous recevoir, à cause de tant d'offenses que je vous ai faites. Mais , puisque vous désirez de venir dans mon sein , purifiez-le avant d'y entrer, et allumez-y votre saint amour.
Oh! quel prodige d'amour inouï! Jésus -Christ désire qu'on le traite avec familiarité, et il veut être ma nourriture et mon breuvage. O Dieu! ignores-tu, ô mon âme , que c'est Jésus lui-même qui veut te faire une si haute faveur? C'est un Dieu d'une beauté telle, que l'éclat réuni de mille soleils n'égalerait pas celui
de sa face Une Thérèse, qui ne vit de lui que ses
mains, passa plusieurs jours dans un ravissement extatique. Ceux qui entendirent sa voix nous affirment
que d'un seul mot il enchaînait tous les cœurs. Ceux qui virent sa face nous assurent qu'il lui suffisait d'un sourire pour porter la paix et le bonheur dans les âmes, Un Dieu qui habite un palais plus majestueux que ceux que nous pouvons voir ou imaginer.,,... Un Dieu qui a un père si grand, que d'un signe il fait trembler
les abîmes Un Dieu qui a une mère si sublime,
que, pour la voir une seule fois , il n'est personne qui
ne consentît à être dès-lors privé de la lumière Un
Dieu qui a près de lui une cour innombrable de ministres, mais dont chacun d'eux est plus grand que tout ce qui est au monde..... Un Dieu, enfin, si parfait, que les Catherine de Sienne, les Madeleine de Pazzi, les Gertrude et d'autres vierges saintes qui, l'avaient choisi pour époux, s'affligeaient de prolonger leur vie sur la terre, parce qu'elles savaient qu'elles seraient unies à lui, et qu'elles n'étaient que trop bien informées de sa rare beauté..... Tel est, ô mon âme, ce Jésus qui désire venir dans ton sein. Ne serait-ce déjà pas beaucoup qu'il te permît seulement de l'aimer? Mais non, le cœur de Jésus ne se contente pas de cela; il t'aime au point qu'il veut se communiquer tout à toi, afin de ne faire qu'un avec toi.
O amour auguste, amour infini de mon Dieu! Et comment ne puis-je pas vous aimer, ô doux Jésus, en sachant tout ce que vous avez fait pour captiver mon amour? Mon Dieu, éclairez-moi et embrasez-moi d'une ardeur divine, afin que je ne vive plus dans l'ingratitude à l'égard de tant d'amour. Faites que je ne mette plus d'obstacle à l'abondance des grâces que vous dis-
pensez à ceux qui vous reçoivent dans la sainte Communion. Je vous aime, ô mon Jésus, mort pour moi et devenu ma nourriture. Tout mon bonheur est de vous plaire, ô mon bien, mon amour, mon tout. Détruisez en moi toute l'affection aux créatures, qui retient mon cœur prêt à s'élancer vers vous. Allumez-y un vif désir de vous recevoir fréquemment et d'être sans cesse auprès de vous. Aidez-moi de votre grâce, et faites que, de malheureux esclave de l'enfer que j'étais, je devienne à jamais un heureux disciple de votre amour. Père éternel, par les mérites de Jésus- Christ que je vais recevoir, donnez-moi les grâces dont j'ai besoin pour être tout à vous. Et vous, ô Marie, ma divine mère, priez Jésus pour moi.
Action de grâces.
Un Dieu en moi! un Dieu en moi! Ah! si du moins je ne vous avais jamais offensé, ô mon Dieu! Si je pouvais revenir à cet âge heureux où je n'avais pas encore commis le premier péché; si je pouvais racheter de mon sang le temps que j'ai passé sans vous aimer! Mais, puisqu'il ne m'est pas donné d'obtenir cette grâce , faites au moins , ô Jésus , que désormais je ne me sépare plus jamais de vous. Ne m'abandonnez pas à mon instabilité et à ma faiblesse, si vous ne voulez pas que je vous bannisse de nouveau de mon cœur et que je retombe dans le péché. Ne me laissez pas au pouvoir de mes inclinations vicieuses, afin que je sois préservé de toute nouvelle révolte contre vous, et de toute nouvelle infidélité à votre céleste amour. Enfin,
ne permettez pas que, pour une ombre de bien, je perde votre grâce et votre précieuse amitié. Faites de moi ce qu'il vous plaira, j'y consens de bon gré; mais donnez-moi la grâce de toujours vous aimer, et de ne jamais vous déplaire pour rien au monde. Accomplissez les pieux desseins qui vous ont porté à venir visiter mon âme; extirpez-en les mauvaises inclinations, fortifiez-la dans le bien, douez-la de cette force qui lui est nécessaire pour résister aux assauts de ses ennemis et les terrasser victorieusement. Eclairez-la sur la vanité des choses de la terre et Fexcellence des choses célestes; enrichissez-la enfin de grâces, afin qu'elle parvienne à fouler aux pieds les fausses délices de cette triste terre, et qu'elle ne soupire qu'après les éternelles délices des cieux.
Comment pourrai-je dignement vous remercier, 6 Dieu d'amour, pour la sublime faveur que vous m'avez faite ce matin en venant habiter mon âme? Si j'avais au moins un cœur pur et embrasé d'amour pour vous, que je pusse vous offrir avec l'espérance de vous faire une offrande agréable; mais, hélas! il est trop froid, trop dur, trop insensible, mon cœur. Tel qu'il est, néanmoins, je vous l'offre en vous priant de ne pas le rejeter. N'ayez pas égard à ce qu'il fait, mais bien à la disposition qu'il a de se laisser diriger dans ses affections par votre sainte grâce. Je suis résolu, ô mon Dieu, de ne plus vivre pour le monde, ni pour les créatures, ni pour moi-même, mais uniquement en vous et pour vous.
Il est cependant ici une pensée qui m'agite, ô mon
Jésus, et qui trouble le bonheur que j'éprouve dans mon union avec vous : je crains qu'en m'éloignant de l'autel , je m'éloigne aussi peu à peu de vous , jusqu'à me rendre coupable d'abandon et d'oubli. Ah! Seigneur, faites que mes résolutions soient stables , et que je vous conserve la fidélité que je vous ai promise. Faites qu'à l'avenir je reste ferme et constant dans les sentiments d'amour et de reconnaissance qui m'animent en ce jour, et que, loin de diminuer, ils deviennent avec le temps de plus en plus vifs et plus ardents.
Ame de Jésus, sanctifiez-moi, etc., page 23.
Aspirations.
4. Faites, ô mon Jésus, que je vous voie doux, bienveillant, la première fois que je vous verrai.
2. Quand sera-ce, ô mon Jésus, que je pourrai m'écrier : Je te possède, ô mon bien, et je ne pourrai plus jamais te perdre ?
3. Quand verrai-je, ô mon Dieu, la divine beauté de votre face?
Maximes.