‹ L'âme devant la Sainte EucharistieChapitre 22 sur 53 · DIX-HUITIÈME CONSIDERATION · texte numérisé non relu

DIX-HUITIÈME CONSIDERATION

Sur l'exemple de saint zèle que nous donne Jésus-Christ dans la sainte Eucharistie.

I. Imaginez- vous, âme pieuse, de voir Jésus-Christ dans le divin Sacrement, sous la figure du bon pasteur, qui rapporte sur son sein une brebis égarée, qui en prend soin et la ranime en l'approchant de son cœur. Après cette image, considérez l'exemple du saint zèle qu'il nous donne dans le divin Sacrement. Quel est donc le motif qui le retient continuellement dans ce mystère d'amour? La gloire de son divin Père et le

bien des âmes. Le motif qui le porta à revêtir la forme humaine et qui lui fit accepter une vie laborieuse sur cette terre, qu'il termina sur un infâme gibet, au milieu de toutes sortes d'outrages et de tortures, est le même qui le retient sur nos autels. C'est de ces silencieux tabernacles que Jésus-Christ gouverne et conduit son Eglise: A cette Table divine, en qualité de pasteur, il nourrit et vivifie ses brebis, qui sont les saintes âmes, et il s'y fait leur maître, leur médecin, leur défenseur. Il est d'autant plus puissant, qu'il invite avec plus de tendresse les âmes à son amour, et, en employant tour à tour de paternelles menaces et de suaves promesses, il les excite, les guérit, les régénère. En un mot, tout le bien que nous recevons vient de là, et son cœur est un immense océan de lumière, d'affection, de sainteté, de richesse spirituelle qui se répand sur tout le corps mystique de l'Eglise. Maintenant, âme pieuse, si vous voulez appartenir à ce cœur tendre et adorable, vous devez vous revêtir de sa pensée, vous appliquer aux œuvres qu'il a entreprises et prendre part à ses intérêts. Si vous aimez vraiment Jésus Christ, il est impossible que votre cœur ne s'engage point aux intérêts du sien. N'êtes-vous pas une esclave qu'il a rachetée à un prix infini? Vous êtes donc obligée de vous charger de toute la portion qui vous revient du poids qu'il porte. Vous êtes pour lui une fille bien-aimée; vous devez donc, autant que possible , avoir à cœur les intérêts de votre céleste Père. Vous êtes son épouse chérie : quelle infamie donc pour vous si, vous contentant de jouir du paisible repos que

son amour vous a fait, vous ne faisiez pas tous vos efforts pour concourir à sa gloire! Rien donc ne peut vous dispenser de travailler de toutes vos forces à la gloire de Dieu et au bien des âmes. Récapitulez maintenant les pensées, les paroles, les actions de votre vie, et remarquez si au moins vous n'en n'avez pas dirigé quelques-unes vers votre fin suprême, qui est que votre Maître , votre Père , votre Epoux soit glorifié dans le monde, et que les âmes si chères à son cœur soient sauvées. Ah! voyez s'il est possible d'aimer vraiment Jésus-Christ sans faire quelque chose pour sa gloire et pour le bien des âmes.

IL Considérez , âme pieuse , la manière dont Jésus- Christ procure dans le divin Sacrement la gloire de son céleste Père et le bien des âmes. Il accomplit une si haute entreprise, sans l'éclat du ministère qu'il exerça pendant sa vie mortelle, pour servir de modèle aux hommes apostoliques. Il n'emploie, à cet effet, que les paisibles grâces intérieures , en insinuant des pensées et des avis; en inspirant, avec une patiente suavité, de salutaires émotions dans les cœurs, et en donnant silencieusement les secours les plus opportuns à ceux qui s'approchent de lui. Telle est la partie de l'apostolat qui vous est réservée. Un saint discours, un sage conseil, une prière charitable, quelquefois une parole d'amour, un regard doux et compatissant, peuvent beaucoup faire pour votre Dieu. Ah! combien d'hommes usent de moyens éloignés et inaperçus pour s'insinuer dans la confiance des autres, et souvent même pour une fin criminelle! Pourquoi donc l'amour

de Jésus-Christ serait-il moins ingénieux pour réconcilier deux esprits divisés, pour empêcher un désordre, pour arracher au péril une personne imprudente ou aveuglée? L'enfer aurait donc de merveilleux moyens pour ruiner les âmes séduites, et Jésus-Christ ne trouverait personne qui s'appliquât à les sauver et à les ramener dans son sein! Les enfants de ténèbres seront donc plus actifs et plus industrieux à porter le ravage dans le troupeau du Christ, que nous , enfants de la lumière, pour les sauver! Oh! ce serait pour nous une trop honteuse infamie. Pour ne pas l'encourir, obéissons à la voix de l'Esprit-Saint, qui nous ordonne de procurer à notre prochain tout le bien spirituel que nous pouvons : Récupéra proximum tuum secundùm virtutem tuum. Que si quelqu'un allait croire que le devoir de travailler au bien des âmes, quand on en a la facilité, n'est réservé qu'aux prêtres, il se tromperait de beaucoup, car il est de foi que le Seigneur nous a fait à tous un précepte général de nous aider les uns les autres, non-seulement en ce qui regarde le corps, mais encore en ce qui touche au salut de l'âme t Unicuique mandavit de proximo suo.

Le second moyen par lequel Jésus-Christ travaille à la gloire divine et au salut des âmes dans le divin Sacrement, c'est l'exemple qu'il donne de toutes les vertus. La vie mystérieuse que Jésus-Christ y mène est l'abrégé de lous les divins exemples de sa vie mortelle, et ces exemples portent une infinité d'âmes à la plus sublime perfection. Où trouverait-on une patience plus parfaite que celle que pratique Jésus-Christ dans le

divin Sacrement, où il souffre tant d'injures, d'insultes et de profanations dont l'abreuvent tant d'indignes chrétiens si hautement comblés de son amour et de ses bienfaits? Où trouver une humilité plus profonde que la sienne, de s'abaisser au point de se cacher sous les faibles espèces du pain et du vin, sans qu'il laisse jamais percer un seul rayon de cette foudroyante lumière qui l'environne au ciel? Où trouver un amour plus sincère que le sien, qui, pour s'unir à nous et nous enrichir de ses grâces, se réduit à devenir notre nourriture et notre breuvage? Y eut-il une obéissance plus prompte que la sienne, qui, à la voix de son ministre, quitte le ciel, descend pour venir entre ses mains et devient notre hôte? Cependant, âme pieuse, vos bons exemples sont en quelque sorte plus heureux que ceux de Jésus- Christ dans le Sacrement, car les siens n'agissent pas sur tous, parce que tous ne savent pas les voir, tandis que les vôtres donnent plus à l'œil, frappent plus facilement l'esprit, et par cela même peuvent produire de bons effets. Hâtez- vous donc de régler vos actions de manière qu'elles soient un sujet d'édification pour votre prochain, et une excitation au bien pour tous ceux qui nous observent : Sic luceat lux vestra cor an hominibus, ut videant opéra vestra bona, et glorificent Patrem vestrum qui in cœlis est» Rappelez- vous toujours cette grande maxime : Il est plus facile de conduire une âme au bien par l'exemple que par la seule doctrine.

Enfin, la prière est l'autre moyen par lequel Jésus- Christ exerce son zèle dans le divin Sacrement. Il est

là notre avocat et notre victime, toujours prêt à offrir sa médiation et à s'offrir lui-même à son Père. Cet art, qui est le plus doux et le plus efficace, ne peut jamais vous manquer pour glorifier Dieu. La prière doit toujours accompagner tous les autres moyens de l'apostolat, et elle les remplace même quand ils nous manquent. Ah ! si vous saviez quelles immenses légions d'âmes les prières des pieux fidèles ont conquises au ciel! Unissez donc votre cœur au cœur de Jésus, et devenez comme lui une victime secrète pour le salut des âmes. Que tout le bien que vous faites, que tout le mal que vous souffrez, aboutissent entre autres à cette fin.

III. Considérez, âme pieuse, tous les avantages que vous pouvez obtenir en imitant l'exemple que nous donne Jésus-Christ dans le divin Sacrement , par son zèle pour la gloire de Dieu et le salut des âmes. Saint Denis l'Aréopagite dit que la plus sublime d'entre les choses divines est de coopérer au salut des âmes. Saint Grégoire écrit qu'il n'est point sur la terre de sacrifice plus grand ni de plus agréable à Dieu que le zèle qu'on montre pour le salut des âmes. Ohî qu'elle est donc grande la récompense que doit attendre de Dieu l'âme qui arrive à lui faire un sacrifice si cher! Saint Augustin va jusqu'à dire qu'elle peut se tenir assurée de son salut éternel : Animam salvasti, animant luam prœdestinasli. Oh! ne vous sentez-vous pas intérieurement tout émue à ces paroles du saint Docteur? Et n'est-ce pas pour vous une grande angoisse que l'incer titude de votre salut? Combien de fois, au milieu des

gémissements de componction, au milieu des soupirs de l'amour divin, prosternée aux pieds des autels ou retirée dans le silence de votre demeure, au sein des plus amères tribulations de votre état, de vos fatigues, de vos infirmités, n'avez- vous pas élevé vers Dieu cette demande : Serai-je sauvée, ô mon Dieu? Que ne feriez-vous pas, si le Seigneur, dans sa miséricorde, vous répondait par la voix de l'un de ses serviteurs : Calme-toi , ma fille , sèche tes larmes , tu seras avec moi dans le paradis? De quelle joie serait inondé votre cœur! De quelle consolation serait enivrée votre âme tout entière! Eh bien! saint Augustin vous fait cette réponse : Si vous sauvez une âme, vous pouvez espérer d'avoir assuré votre élection à la gloire éternelle. Et n'est-ce pas assez pour vous embraser d'un saint zèle pour le salut des âmes?

N'allez pas me dire que vous êtes impuissante à réussir dans une si grande entreprise. Car si vous parvenez à empêcher un seul péché et à faire accomplir un seul acte de vertu, ce sera une action magnanime, et vous devrez vous en trouver remplie de consolation. Oui, si avec toutes les sollicitudes de votre vie, Dieu vous accordait la grâce d'empêcher même un seul péché, d'éloigner même un seul scandale, de ramener efficacement au bien même une seule personne , vous devriez déjà vous attendre à une grande consolation au moment de votre mort. Or, qui est celui qui, dans toute sa vie, ne donne point de scandale à son prochain? Combien de fois vous-même, par quelque parole trop libre, par quelque discours peu mesuré, par

quelques murmures qui vous auront échappé, par un oubli quelconque de vos devoirs, par la trop grande liberté de vos actes, par une curiosité importune, par quelque dissipation inconvenante, n'avez- vous pas causé la ruine spirituelle de votre prochain? Or, dans ces choses, Dieu est souverainement jaloux. Il exige une réparation, non de paroles, mais de faits; et cette réparation ne peut être que celle que David promit à Dieu après sa vie scandaleuse. Seigneur, dit-il, j'enseignerai vos sentiers aux hommes iniques, et les impies se convertiront à vous ; Docebo iniquos vias tuas, et impii ad te convertentur. Cette réparation, vous pourrez même dans la suite la présenter à Dieu; vous pourrez vous prosterner humblement devant lui au moment de votre mort, et lui dire : Seigneur, pardonnez miséricordieusement à votre pauvre créature. Je me suis faite bien des fois votre ennemie en vous faisant une guerre ouverte par les scandales de ma vie, et en éloignant de vous les âmes que vous chérissez; néanmoins, avec le secours de votre grâce, j'ai cherché à en ramener quelques-unes vers vous; j'ai empêché ces injures contre vous; j'ai éloigné ce scandale; j'ai excité au bien cette personne. Daignez, ô mon Dieu , accueillir cette petite compensation que je puis vous offrir par votre bonté.

Préparation à la Communion.

Je me présente à votre autel sacré, ô mon Jésus, pour m'unir à vous dans le sacrement de l'Eucharistie, et pour vous avoir pour mon égide et ma défense

dans les combats que l'ennemi infernal ne cessera de me livrer. Je crois, avec toute l'adhésion de mon intelligence et de mon cœur, que vous vous trouvez réellement présent sous les espèces consacrées que je vais recevoir ; je crois qu'elles ne sont qu'un voile qui cache à mes yeux votre majesté; je crois qu'en les recevant dans mon sein, ce sera vous-même que je recevrai, vous, le Créateur tout-puissant du ciel et de la terre; vous, le Conservateur suprême de toute chose ; vous, le souverain et unique Maître de tout ce qui existe; vous, la bonté, la sagesse, la justice infinies; vous, le Dieu un et trinaire à la fois.

Je pleure, ô Jésus, et je déteste ma monstrueuse ingratitude de vous avoir tant de fois offensé ; je proteste que jamais je ne cesserai de la déplorer. Et comment pourrai-je m'empêcher de pleurer amèrement d'avoir offensé un Dieu si bon et si miséricordieux , qui , non content de m'avoir pardonné, m'admet en sa présence, m'approche de son cœur, m'offre le baiser de paix et se donne tout à moi en aliment spirituel? Ah! pourquoi ne suis-je pas mort avant d'offenser un Dieu si bon et si miséricordieux? Pourquoi n'ai-je pas perdu mes sens avant d'en abuser par le péché? Oh! qu'elle serait grande ma joie, si, dans la privation de tous les biens et au comble de tous les maux, je pouvais m 'assurer de ne vous avoir jamais offensé! Ah! Seigneur, si dans le passé j'ai été si perfide envers votre amour, je veux en être à jamais l'esclave dans l'avenir. Non, je ne vous offenserai plus désormais, ô mon bien suprême! Je fortifierai ma faiblesse par des exercices de

piété ; je me mortifierai dans mes sens et surtout dans mes yeux; je fuirai les occasions du péché; je mépriserai tout respect humain, et, sans me mettre en peine des moqueries du monde, je serai en tout fidèle à votre sainte volonté.

In loco pascuœj ibi me collocavit, nihil mihi deerit (Ps. 22). Ah! Jésus, doux amant de mon cœur! puisque vous m'invitez à cette Table d'amour pour me nourrir de votre chair divine, que peut-il me manquer? Dominus illuminatio mea> et salus mea, quem timebo (Ps. 26)? Qui craindrai-je, mon Dieu, si vous êtes ma lumière et mon salut? Je me donne tout à vous. Acceptez-moi et traitez-moi ensuite selon votre gré ; châtiez-moi, mortifiez-moi, faites- moi mourir, détruisez-moi , je veux toujours vous dire avec Job : Etiam si occideris me, in te sperabo (Job, 13). Pourvu que je sois tout à vous et que j'aie la grâce ineffable de vous aimer de tout mon cœur, je me soumets avec joie aux traitements les plus rigoureux , même à être anéanti , si tel est votre bon plaisir. Fuis loin de moi, vent pernicieux et glacé des affections de la terre; et toi, ô brise douce et suave de l'amour divin, qui sors du cœur de mon Jésus, viens à moi. Oh! que toi seule soupire dans mon âme, que Jésus a déjà choisie pour son jardin délicieux. O souffle, brise d'amour, tu feras exhaler à mon cœur de nouveaux et suaves parfums de saintes vertus.

Excitez toujours de plus en plus en moi , Seigneur, ces ardentes affections dont je dois être animé en ce moment. Accordez-moi de pouvoir, par cette corn-

munion, réparer la froideur et la dissipation de toutes les autres, et faites que je puisse mériter en même temps de m'approcher de la sainte Table, de manière que j'en remporte toujours des fruits abondants. Sainte Marie, ma très-douce Mère, vous qui aimez tant à être appelée Mère de grâce, obtenez-moi de votre Fils les grâces dont j'ai besoin pour le recevoir dignement ce matin , et mener une vie sainte le reste de mes jours, afin de pouvoir venir le glorifier avec vous dans le ciel.

Action de grâces.

Ah! qui ai-je reçu dans mon cœur? J'ai reçu celui

qui m'a créé, qui m'a racheté, qui m'a conservé

celui pour qui je vis, je me meus et j'existe; j'ai reçu Dieu... Oui, Dieu se trouve vraiment à cette heure dans mon cœur. . . Il sera en moi et avec moi tant que ne seront point consommées les espèces sacramentelles. Que votre bonté est grande, ô mon Dieu, envers une si vile créature! Quelle grâce incomparable c'est pour moi de vous presser sur mon cœur! Quel immense trésor c'est pour moi de posséder votre corps, votre sang et votre divinité! Je vous en rends grâces, Seigneur, et je voudrais avoir un cœur plus sensible et une langue plus éloquente pour vous remercier avec une plus grande effusion de tendresse et une expression plus vive de sentiments. Le voici, ô mon Jésus, ce cœur que vous me demandez , et pour lequel vous êtes descendu des hauteurs de votre trône, afin de visiter ma pauvre âme. Je me consacre entièrement à vous, et je déclare qu'en tout ce que je ferai, je n'aurai

en vue que votre gloire et le salut de mon âme, but vers lequel je dirigerai toutes mes actions. Jamais il ne m'arrivera de prêter l'oreille aux flatteries des passions, ni de céder à leurs penchants désordonnés. Vous régnerez seul dans mon cœur, et mon obéissance ne sera qu'à vous. Vous seul , ô Jésus, serez mon souverain et mon unique amour.

In manibus meis fascripsi te (Isaia, 49). Tel est le tendre soin que Dieu prend d'une âme qu'il aime. Il la porte écrite dans ses mains pour ne jamais l'oublier, disant qu'une mère oublierait plutôt son propre fils que lui une âme qu'il chérit : Et si Ma oblita fuerit, ego tamen non obliviscar tui (Isaia, 49). Il veille continuellement à sa défense et tient fixé sur elle son regard amoureux, afin que ses ennemis ne lui fassent aucun mal. Ah! mon Dieu, bonté infinie, qui m'aimez avec tant d'amour et qui ne désirez que mon bonheur, je m'abandonne tout à vous. Que toute espérance me délaisse, mais que votre secours me reste : Domine, quid me vis facere? Me voici, ô mon doux Seigneur, disposé à faire tout ce qui peut vous plaire. Je ne puis que vous dire : Fiat voluntas tua. Je ne désire que d'accomplir votre sainte volonté. Ah! soyez mon aide, ô Jésus, car seul je ne puis faire aucun bien. Apprenezmoi , non-seulement à connaître , mais encore à faire tout ce qui vous plaît : Doce me facere voluntatem tuam.

Faites, ô Père éternel, que je puisse dire avec vérité ce que Jésus disait sur cette terre : Ego quœ placita sunt ei fado semper. Et, pour que je puisse parvenir à unir ma volonté à la vôtre, faites, Seigneur, que je triomphe

de mes passions. Au nom de cette miséricorde immense qui vous porta à me donner votre divin Fils dans le sacrement de l'Eucharistie, je vous prie d'étouffer dans mon cœur les inclinations perverses qui le tyrannisent, et de me donner la grâce de vous aimer, de vous honorer et de vous servir pendant tout le cours de ma vie, afin que je puisse parvenir à vous aimer, à vous honorer et à vous servir durant toute l'éternité dans le paradis. Je vous demande tout cela, Seigneur, avec la plus ferme espérance de l'obtenir. Je suis , il est vrai, indigne d'être exaucé; mais votre divin Fils, qui s'unit lui-même à ma prière, mérite bien de l'être pour moi.

Je vous recommande, ô mon Dieu, mon père et ma mère, mes parents et mes amis; donnez-leur un esprit de piété et de sainteté. Je vous recommande votre épouse la sainte Eglise; délivrez-la de ses ennemis. Je vous recommande l'Etat et tous ceux qui contribuent à son gouvernement. Je vous recommande mes supérieurs et mes égaux. Je vous recommande les âmes du purgatoire, et surtout celles qui me sont unies par les liens de la parenté et de l'amitié.

Ame de Jésus, sanctifiez-moi, etc., page 25.

Aspirations.

4. Faites, Seigneur, qu'un de vos grands ennemis devienne votre grand ami.

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