‹ L'âme devant la Sainte EucharistieChapitre 24 sur 53 · VINGTIÈME CONSIDÉRATION · texte numérisé non relu

VINGTIÈME CONSIDÉRATION

Sur l'exemple de vie heureuse que nous donne Jésus-Christ dans la sainte Eucharistie.

I. Considérez, âme pieuse, la béatitude dont jouit Jésus-Christ dans le divin Sacrement, sans rien goûter de ce que le monde estime et que votre amour-propre croit si nécessaire pour vous rendre heureuse. Le silence et la solitude l'environnent à la place des divertissements de la terre. Au lieu des pierres précieuses et de l'or, c'est la pauvreté et souvent la misère qui lui prêtent asile. Dans les courts instants où on ne le laisse point seul , il a devant lui des gens rustiques et qu'on méprise. Que de fois il se trouve au milieu de ses ennemis et de ceux qui l'offensent! que de fois on vient l'insulter, le tourner en dérision, le profaner! que sa situation est triste aux yeux de votre amourpropre! Si vous deviez, comme lui, demeurer dans ce tabernacle , même une seule semaine , vous mourriez de mélancolie. Et cependant, lui, dans un tel isolement, dans une telle société, au milieu de tels mépris, ne perd rien de sa béatitude, qui est toujours infinie.

De là apprenez à vous faire une idée juste de la

vanité des biens temporels. Souvenez- vous que votre cœur est de la même nature que celui de Jésus-Christ. Gomment pouvez-vous donc espérer d'être heureuse par la possession des biens temporels, qui ne peuvent contribuer en rien à la félicité de Jésus-Christ? Jusques à quand attendrez-vous donc pour vous convaincre pleinement que les biens terrestres, au lieu de nous être un appui auprès de lui, nous sont plutôt un préjudice? Quand donc serez- vous persuadée que votre cœur, comme celui de Jésus-Christ, n'est pas fait pour ces biens qui nous fascinent et nous attirent par les charmes de la séduction?

Où est l'âme qui peut se flatter d'avoir été vraiment satisfaite des délices de cette terre? Hélas! c'est que le monde n'est arrivé, dans tous les siècles, qu'à faire un grand nombre de malheureux, sans avoir jamais fait un heureux. Interrogez les monarques les plus puissants de la terre, les conquérants les plus glorieux, les savants les plus célèbres , et vous les entendrez vous répondre que le cumul de toutes les délices de la terre n'est que vanité et affliction d'esprit. Salomon était, à la fleur de son âge, le roi d'une nation chérie de Dieu, célèbre par les grands prodiges opérés pour sa gloire, et renommé par d'éclatantes victoires sur ses ennemis. 11 était en outre doué d'une si rare sagesse, qu'il était devenu l'oracle de toute la terre et l'admiration des plus sages monarques de l'Orient, au point que les reines de la terre les plus délicates et les plus éloignées venaient à lui pour lui offrir leurs hommages. Il jouissait des richesses, des plaisirs, des honneurs en telle

abondance, qu'il dit lui même qu'il avait épuisé tous les désirs de son cœur : Quidquid desideraverunt oculi met non negavi eis, nec prohibai cor meam quin omni voluptate frueretur. Qui, mieux que lui, aurait pu se proclamer heureux, si les biens de la terre pouvaient faire entrer la félicité dans le cœur de l'homme? Cependant il affirma le contraire et confessa qu'au milieu de si grandes richesses, au sein de tant d'honneurs, dans la jouissance de tant de plaisirs, il n'avait trouvé que le vide du cœur et le tourment de l'esprit. Vidi in omnibus vanitatem et afflictionem spiritûs. Ce qui était aux autres l'objet d'une grande envie, faisait la cause de sa tristesse , au point de lui rendre ennuyeuse la vie et douce la mort : Tœdet me vitœ meœ videntem mala universa esse sab sole et euncta vanitatem et affliclionem spiritûs.

Soyez donc humiliée, âme pieuse, d'avoir jusqu'ici cherché votre félicité dans les biens de la terre, et de l'avoir fait dépendre d'une chose si vaine, si frivole, si indigne de votre amour. Soyez confuse de votre illusion du passé, et priant le Seigneur de vous faire concevoir une juste idée de ses biens trompeurs et mensongers, dites-lui : Faites-moi connaître, ô cœur infiniment heureux de mon Jésus, la fausseté des satisfactions que mon amour-propre demande et me suggère. Donnez-moi un mépris infini pour tout ce que le monde estime et chérit. Puis, examinez que. est celui des goûts où votre amour-propre vous attire le plus, et réunissez vos efforts contre lui et priez.

IL Considérez, âme pieuse, quel est le fondement de

la félicité dont jouit le cœur de Jésus-Christ dans le divin Sacrement. L'amour et la possession de Dieu complètent la béatitude de ce divin cœur. Comme il est uni personnellement à la divinité, sa béatitude est infinie, parce que son amour est infini, de même que son union avec la divinité. Voilà la cause pour laquelle sa félicité n'est pas un instant troublée par la délectuosité de ces biens sensibles qui vous paraissent si grands. Pour sa béatitude, un pauvre ciboire lui est égal au trône de sa gloire dans le ciel. Après avoir un instant fixé vos yeux sur le soleil, vous ne voyez plus les objets, et cependant vous pouvez encore voir le soleil, parce que la puissante impression de cette grande lumière rend votre œil insensible à toute lumière moindre que la sienne. 0 heureuse insensibilité à tous les biens de ce monde! combien elle vous serait nécessaire pour rendre votre cœur heureux dès cette vie! Dites-vous une bonne fois : Mon cœur est de la même nature que celui de Jésus-Christ ; ce qui le rend heureux doit aussi faire mon bonheur. Sou venez- vous de ces jours, ou du moins de ces heures de vie dans lesquelles votre cœur fut le plus embrasé d'amour pour votre Dieu. 0 doux et amers souvenirs! qu'est-ce qui manquait alors à votre contentement? Comparez le calme qu'avait alors votre cœur avec ce qu'il est maintenant. Plaignez- vous contre vous-même, portez envie au passé et détestez le présent. Ah! cœur pleinement satisfait et heureux de mon Dieu! quand donc aurez • vous pitié de moi? Ame insensée, pourquoi n'avez- vous pas d'abord pitié de vous-même? Ainsi vous répond

Jésus-Christ dans son tabernacle. Vous, que lui répliquerez-vous? Oh! demandez-lui aussitôt pardon d'avoir laissé éteindre, par voire dissipation, ce saint amour dont il vous a fait goûter les suaves prémices. Prenez des résolutions fermes, mais pratiques et spéciales, de vous détacher de ce qui empêche principalement en vous les progrès du divin amour.

Heureux, si vous faites ainsi, parce que vous aurez même en ce monde un avant-goût de l'éternelle félicité des deux. Voyez un Paul mis en prison et dans les fers, lapidé par le peuple, flagellé par Tordre des tyrans, et poursuivi en tous lieux pour être mis à mort par ses persécuteurs; écoutez cependant comme il parle de ses peines : Repletus sum consolatiom, superabundo gaudio in omni tribulatione (2 Cor., 6). Dans toutes mes tribulations, je me sens rempli de consolation et de joie. Voyez l'apôtre André, à la vue de cette croix où il doit être attaché. Ecoutez comme il s'exprime : 0 heureuse croix que j'ai tant recherchée et incessamment désirée, me voici, prêt à t'embrasser avec allégresse et avec des transports de joie. Voyez Marc et Marcellin, pendant qu'on les attache sur un morceau de bois, avec des clous aigus; entendez comme ils parlent à ceux qui sont touchés de leurs peines : Ah! taisez-vous, jamais nous n'avons goûté des plaisirs aussi doux qu'à cette heure, où nous souffrons de si atroces tourments pour l'amour de Jésus-Christ (Brev. rom., 18 juin). Voyez une Seconda, qui, en voyant sa sœur Ruffine tourmentée par un tyran, s'indigne de ce que le barbare la rend specta-

trice et non compagne de son martyre. Ecoutez comme elle s'adresse au tyran : Cruel, pourquoi réserves-tu l'honneur à ma sœur, et me réduis-tu à l'ignominie? Commande qu'on nous déchire toutes deux.

Àh! si l'amour divin eut assez de force pour alléger, dans ces âmes saintes, le poids des tourments, pour adoucir l'amertume de leurs peines, jusqu'à changer leur martyre en une céleste joie, que n'opérera-t-il pas en vous toutes les fois que vous l'allumerez véritablement dans votre cœur? Quelles félicités ineffables ne pourrez-vous pas attendre de lui ?

III. Considérez, âme pieuse, combien sont aveugles ces chrétiens qui se flattent de trouver leur félicité dans le contentement de leurs passions. Hélas! s'il nous était donné de pénétrer dans les replis secrets de leur cœur, quel spectacle lugubre et lamentable frapperait nos regards! Que de victimes du chagrin, de l'amertume, de la douleur, et même quelquefois de la rage et de la fureur nous verrions! Et de quelle paix peut jouir un cœur inique qui se trouve en rupture avec son Dieu? Job le compare à une mer orageuse battue par une affreuse tempête, et hurlant dans ses profondeurs. Cor impii quasi mare fervensj quod quiescere non potest. La paix et le péché, dit Isaïe, ne se sont jamais unis. Non est pax impiis. Les passions , dit saint Grégoire de Nysse, sont comme autant de bêtes cruelles, insatiables, écumantes de rage, qui changent bientôt en un gîte de monstres les cœurs où elles se logent. Feras dico cupiditates pravas. Le pécheur peut bien, dit saint Àmbroise, montrer au dehors une apparence de

joie et de contentement ; il peut feindre sur son front sillonné la sérénité et le calme, mais il ne peut s'empêcher d'éprouver au-dedans de sombres mélancolies et d'amers regrets. Peccator quamvis foris abundet, deliciis diffluat, odoribus fraget, in amaritudine animœ vitam exigit. Vous voyez, continue le même saint, des signes d'allégresse dans le pécheur; vous voyez le rire sur ses lèvres, de l'aisance dans sa démarche, du faste dans ses habits, du luxe sur sa table : voulez- vous savoir si sa joie est sincère ou apparente? Demandez-le à sa conscience; elle vous dira que de tout ce bonheur qui paraît au dehors, il n'en coule rien au-dedans. Vides convivium peccatoris? Interroga conscientiam ejus. Les Gentils eux-mêmes ont connu cette vérité. Gicéron disait que les péchés de l'impie sont pour lui comme autant de furies domestiques qui tourmentent incessamment son cœur et forme son supplice. Plaute a dit qu'il n'y a rien de plus misérable en cette vie qu'une âme livrée à la conscience de son crime. Voyez l'infortuné Adam après son péché. Couvert de honte et déchiré de cruels remords, il essaie de se cacher à l'œil de Dieu, et craint jusqu'au souffle du vent. Sonitus terroris semper in aure ejus. Voyez le barbare Gain après son exécrable crime. Dévoré d'aifreux remords, il erre comme une bête féroce dans les forêts, et au moindre mouvement des feuilles il lui semble qu'une main glacée pèse sur sa poitrine, et il croit entendre une voix formidable qui lui crie à l'oreille : Aux abîmes, barbare, aux abîmes! Impius fugit nemine persequente. Voyez David après son horrible

péché. Pâle et brisé de douleur, il pleure nuit et jour, sans que rien ne puisse le consoler, ni la splendeur de sa gloire, ni la magnificence de son règne, ni la grandeur de ses triomphes. Un cri lamentable s'échappe par moments de son cœur et lui reproche amèrement la perte de son Dieu. Fuerunt mihi lacrymœ meœ panes, die ac nocte, dum dicitur mihi quotidie : Ubi est Deus tuus? Ah! je n'en finirais pas, âme pieuse , si je voulais rapporter ici tous les faits qui prouvent jusqu'à l'évidence que le résultat ordinaire du péché, c'est le brisement du cœur, la misère et la désolation.

Gardez-vous donc de vous laisser fasciner par vos perfides passions, qui mettront sous vos yeux de séduisants tableaux, mais qui, après votre chute, ne vous laisseront dans le cœur qu'une flèche mortelle. Ne perdez jamais de vue cette maxime : Dieu seul peut contenter notre cœur, car nous sommes faits à son image. Tout autre bien peut tromper ses désirs, mais non le satisfaire. Ad imaginent Dei facta anima rationalis cœteris omnibus occupari potest, satiari, non potest (S. Bern.).

Préparation à la Communion.

Est-il donc vrai, ô Jésus, que vous voulez ce matin vous donner à moi en nourriture? Ah! c'est là une grâce que je suis loin d'avoir méritée! Gomment mon cœur pourrait -il être converti en tabernacle et en sanctuaire de mon Dieu, après avoir été le centre des plus coupables passions? Gomment oserai-je recevoir

le corps et le sang de Jésus-Christ, déposer et renfermer le Dieu de sainteté, là où a tant régné et triomphé le péché! Ah! Seigneur! mes fautes ne me permettent pas de m'avancer vers la Table sainte ; mais je m'y sens attiré par vos invitations. Que ferai-je?... Vous m'appelez!... Je viens donc, je viens vous recevoir; je dépose mes craintes; la voix de votre miséricorde étouffe dans mon cœur celle de votre justice.

Oh! que j'ai été inique, perfide, ingrat d'avoir offensé mon Dieu! Et qui ai-je outragé? J'ai outragé l'époux chéri de mon âme, le plus tendre des pères, le plus fie :1e et le plus généreux des amis; j'ai outragé mon do^T Jésus, le Fils unique du Père céleste, qui s'est fait homme pour moi, qui, pour moi, a vécu dans l'obscurité d'un humble atelier, qui fut pour moi cruellement flagellé, couronné des épines les plus aiguës, attaché à un infâme bois de croix, submergé dans un océan de douleurs, et livré au plus horrible

supplice et à la mort la plus cruelle J'ai outragé

mon doux Jésus , le Dieu de bonté et de miséricorde infinie, un Dieu si embrasé, si enflammé d'amour pour moi, un Dieu qui, la veille de son dernier soupir, institua le divin Sacrement , où il me donne plus que s'il m'eût fait part des royaumes, des empires, du monde entier et du ciel même ; ce Sacrement où il se donne lui-même à moi et avec un tel excès d'amour, qu'il se délare offensé si je ne m'approche pour le recevoir... Voilà celui que j'ai outragé par mes péchés. Oh! qu'il est aimable ce Dieu que j'ai tant méprisé! Hélas! ne devais-je pas tout sacrifier plutôt que de

Poffenser? Et je l'ai offensé pour jouir d'un moment de plaisir, pour satisfaire un caprice, pour assouvir une vile passion!... Ah! je suis un monstre d'iniquité et d'ingratitude. Mon Dieu! que ne suis-je brisé de regrets, consumé de douleur en présence de mes fautes! Ah! que mes yeux ne versent-ils des torrents de larmes! que mon cœur ne se brise-t-il dans la profondeur de ma contrition! 0 mon Dieu! je sens toute la honte et la douleur de vous avoir offensé. Que je serais heureux si je pouvais verser un torrent de larmes sur mes nombreux péchés! Que je serais heureux si je pouvais mourir du regret de vous avoir offensé!

Non, jamais, Seigneur, je ne retournerai vous offenser. Mon cœur est prêt à laisser tout ce qui peut vous déplaire et à embrasser tout ce qui vous sera agréable. Il est prêt à ne plus satisfaire ses passions et spécialement... Il est prêt à mortifier ses sentiments et à fuir les attraits coupables des occasions, spécialement... Il est prêt à pratiquer tout ce qui peut le raffermir dans ses résolutions... Il est prêt à se proclamer votre serviteur à la face des impies, et à s'écrier avec la franchise de l'Apôtre, qu'il veut tout souffrir et tout perdre plutôt que de renoncer à votre grâce. Mon cœur est prêt à tout cela, et toujours il le sera par votre miséricorde. J'espère, Seigneur, que cette bonté, qui vous a fait me servir d'aliment spirituel, fortifiera ma faiblesse et me rendra inflexible dans toutes mes résolutions. Telle est la grâce que je vous demande en ce moment : celle de ne plus vous offenser et de vous aimer toujours. Hâtez, Seigneur, le moment de votre arrivée,

afin que je puisse vous presser tendrement sur mon

cœur.

Action de grâces.

Oh ! que mon Dieu est bon, qu'il est miséricordieux pour moi! Quàm bonus Israël Dominus, quàm bonus! Moi qui méritais être avec les démons et les damnés, je me trouve maintenant entouré des anges, et identifié à Dieu même. Moi qui me suis détaché du sein de Jésus pour me jeter dans les bras du péché, je le possède maintenant près de mon cœur, et je puis

le presser à mon gré sur mon sein Moi! Ah!

que mon Dieu est bon pour moi, qu'il est miséricordieux !

Ah! cœur ingrat, cœur insensible, cœur de pierre!... Quand donc concevras-tu quelque affection pour ton Dieu ? Qui jamais pourra te réveiller, si l'immense don qu'il vient de te faire ne peut t'émouvoir? Ton Jésus, ton Dieu, pour guérir tes plaies, pour pourvoir à tes besoins, pour demeurer près de toi, descend du ciel et voile sa grandeur et sa majesté sous de pauvres espèces, et malgré cela , tu serais insensible à un tel excès d'amour l 0 cœur ingrat, cœur glacé, cœur de pierre !

Quand donc, Seigneur, pourrai-je me dire tout à vous comme vous êtes maintenant tout à moi? Ah! Seigneur, tout mon désir est que mon cœur n'ait de mouvement et de vie que pour vous aimer. Vous avez vaincu, Seigneur, vous avez vaincu : mon cœur est à vous. Dites : que voulez- vous de moi pour gage de mon amour? Je suis prêt à tout. Désirez- vous la mor-

tification des sentiments auxquels je me suis trop abandonné? Voulez-vous que je souffre avec résignation les incommodités de la vie ? Voulez- vous que j'accomplisse avec fidélité mes devoirs? Voulez- vous que je m'exerce avec ferveur à la pratique de la piété? Voulez-vous que je rejette promptement les tentations? Oui, mon cœur, ton Dieu veut toutes ces choses en preuve de ton amour. 11 te les demande par le sang précieux qu'il offrit à son Père pour l'expiation de tes péchés ; il te les demande par cette miséricorde qui t'épargne tant de fois l'enfer qu'avaient mérité tes fautes; il te les demande par cet amour immense qui le fit descendre du ciel sur la terre, et le fit mourir sur une croix au milieu des plus cruels tourments ; il te les demande par cette ineffable bonté qui l'a conduit à se donner tout à toi dans le divin Sacrement; il te les demande, enfin... Ah ! c'est ton Dieu qui les demande, et cela doit te suffire; pourquoi chercher d'autres motifs?

Donnez-moi la grâce, Seigneur, de ne plus vous

offenser à l'avenir, et principalement Je ne vous

demande ni des grâces temporelles, ni des applaudissements, ni des trésors, ni des consolations, ni les délices de la terre ; je vous demande la grâce de ne plus vous offenser, et je ne cesserai de vous la demander. Sans elle, rien ne peut me satisfaire. Hélas!

Seigneur! pardonnez Ce n'est pas par défiance

que j'insiste et vous prie, mais c'est par le grand désir de me maintenir et de vous aimer toujours.

Prenez-moi, ô Marie, sous votre patronage, et recevez-moi au nombre de vos enfanls chéris. Au nom des

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mérites de Jésus , avec qui je me trouve maintenant uni, au nom de son amour pour vous, au nom des grâces extraordinaires dont il vous a comblée, je vous demande de faire descendre sur moi votre protection.

Ame de Jésus, sanctifiez-moi» etc., page 23.

Aspirations.

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