PREMIÈRE CONSIDÉRATION
Sur l'amour de Jésus-Christ pour nous en instituant la sainte Eucharistie.
I. Jamais un bon père ne se montre plus tendre et plus généreux pour ses chers enfants qu'aux derniers moments de sa vie, qu'à cette heure suprême où, les voyant tristes et fondant en larmes autour de son lit, il pense que dans peu il doit les quitter, sans espérance de ne plus jamais les revoir sur cette terre. Concentrant alors dans son cœur toutes ses forces défaillantes et retenant sur ses lèvres la vie qui lui échappe , il étend vers eux ses bras affaiblis, et les regardant avec amour : Chers enfants , leur dit-il , venez pour la dernière fois sur mon sein, venez sur mon cœur. Et il les presse un ù un sur sa poitrine, les couvre de ses plus tendres baisers, môle ses larmes aux leuis, les bénit cl leur donne
ses derniers conseils « Pais, se faisant apporter tout ce qu'il a de plus précieux et de plus cher : Prenez , mes enfants, leur dit-il, moi je meurs... Nous ne pouvons plus rester ensemble... Prenez donc, prenez ce gage de ma tendresse, et souvenez-vous de moi quand je serai mort, souvenez-vous de l'amour que j'ai eu pour vous. v
C'est ainsi, âme pieuse, que veut en user envers nous Jésus-Christ, notre véritable Père, ce Père si tendre que jamais la terre n'en eut , ni n'en offrira de pareil dans le cours des siècles. Après nous avoir si ardemment aimés pendant sa vie mortelle, et nous avoir donné les preuves les plus éclatantes de l'immensité de son amour pour nous, il voulut, sur le point de mourir, nous en laisser une plus lumineuse encore. Dans cette nuit mémorable, la dernière de sa vie, il réunit autour de lui ses disciples; puis, dans l'élan de son cœur et le feu de son amour, il leur dit : Voici, ô mes bien-aimés, que je vais vous quitter... L'heure est venue de retourner vers mon Père. Mais soyez sans crainte et n'ayez point votre cœur troublé ; car, outre que je vous enverrai du ciel l'Esprit même de vérité, qui sera toujours avec vous et vous enseignera des choses que vous n'avez pas encore pu comprendre, moi-même je ne vous laisserai pas orphelins; mais je serai avec vous, et avec tous ceux qui après vous croiront en moi, jusqu'à la consommation des siècles. N'oubliez pas ce que je vous ai dit tant de fois en prêchant au peuple et à vous : que j'aurai à vous donner à manger un pain descendu du ciel, lequel, bien diffé-
rent de la manne qu'ont mangée vos pères et qui sont morts, vous préservera de la mort éternelle, chaque fois que vous en mangerez. Le temps est arrivé où je dois accomplir ma promesse et vous donner un gage précieux de mon amour : prenez donc, prenez : ceci est mon corps; prenez : ceci est mon sang; prenez; mangez, buvez et faites ceci en mémoire de moi. Mais mon cœur ne souflre pas qu'un don si grand ne soit fait qu'à vous seuls; je veux qu'il soit le partage de tous ceux qui croiront en moi dans les âges futurs. C'est pourquoi je vous fais prêtres , et vous donne le pouvoir d'en faire d'autres, afin que ce que je fais en ce moment soit, en mémoire de moi, perpétué jusqu'à la fin des siècles. C'est ainsi que je contenterai mon cœur, qui trouve ses délices de rester avec les enfants des hommes.
Ah! quel prodige d'amour! Quoi! un Dieu en vient jusqu'à ce point! Un Dieu!... Ce Dieu si puissant, qui 1 pour trône, la terre pour escabeau, les légions des anges pour ministres et les étoiles du ciel pour couronne! Ce Dieu si sage, qui, assis sur un trône tout étincelant de lumière, pénètre ce qu'il y a de plus secret et sonde ce qu'il y a de plus sublime et de plus bas! Ce Dieu dont l'immensité ne peut être contenue dans l'espace sans limites -des cieux! Quoi! ce Dieu si grand, si sublime, si majestueux, se faire la nourriture, le breuvage de l'homme pour ne point se séparer de l'homme! Quem mundus capere non potest, captivus noster est (S. Bonav., de préparât. Missae)? Ah! mon Dieu, mon Dieu, quel est ce mystère?
IL Que pensez-vous, âme pieuse, de cet amour extrême de Jésus-Christ pour nous? Auriez-vous pu croire qu'il l'eût porté à un tel excès? Si, dans les temps de servitude et de crainte, lorsque retentissait la voix du Dieu des armées et des vengeances, lorsque ce Dieu ne parlait à son peuple qu'à la lueur des éclairs, qu'au bruit du tonnerre et du fracas de la foudre; lorsque, à la suite des murmures et des révoltes, survenait soudain la peste pour donner la mort aux coupables, qu'il s'ouvrait des gouffres pour les engloutir, qu'il descendait du ciel un feu qui les consumait, et qu'il sortait de la terre des serpents à venin de feu pour les dévorer; qui, dans ces temps, eût osé dire à ce peuple : Apprends que ce Dieu maintenant si terrible, se montrera, dans la plénitude des temps, si doux, si aimant, si passionné pour les hommes, que, prenant leur chair passible et mortelle, non-seulement il mourra pour eux, mais, ce qui est plus admirable, il se fera leur nourriture, s'incorporera en eux, les nourrira de son corps, les abreuvera de son sang et les divinisera en quelque sorte de sa divinité; oui, dans ces temps de sévérité et de justice, qui eût osé prêter foi à un tel langage?
Et pourtant, ce qui aurait paru impossible à ce peuple, nous le voyons tous les jours. Jésus-Christ, vrai Dieu et vrai homme, est au milieu de nous. Nuit et jour il réside sur nos autels. Il s'y fait notre aliment et y devieut notre breuvage. 0 bonté inouïe! 0 amour incompréhensible! Ah! mon Dieu! mon Dieu! Et qu'est-ce donc que l'homme, pour l'aimer si éper- \lûment, jusqu'à vous donner à lui, lui donner votre
cœur, comme si sans lui vous ne pouviez pas ctre heureux? Quid est homo quia magnificas eum, aut quid apponis ergà eum cor taum?
Heureux au moins si nous étions quelque chose de bon devant vous! Mais que sommes-nous, sinon cendre et poussière, ver et pourriture? Si au moins notre âme était fidèle à votre amour et sensible aux bontés de votre cœur; otais, hélas! trop souvent infidèle, elle s'abîma dans l'ingratitude, et n'offre qu'un horrible contraste de froideur et de haine à tant d'amour.
Ah! aimez, âme pieuse, celui qui vous a tant aimé. Appliquez-vous , vous dirai-je avec un ami de Dieu , appliquez-vous à faire jaillir dans votre cœur les sources d'un amour de jour en jour plus puissant envers le bien-aimé, d'un amour qui résiste jusqu'à la mort, d'un amour si brûlant qu'il vous sépare de toutes les créatures, de toutes les convoitises humaines , de tout ce que le monde admire , de vos appétits et de vousmêmes; de telle sorte qu'il n'y ait rien en vous qui vous empêche de vivre des pensées, des désirs, des affections de Jésus-Christ. Que vers lui montent les soupirs de votre cœur, tende votre volonté et s'élève la pensée de votre esprit; que tout enfin soit en lui et pour lui , la fatigue de vos pieds comme le travail de vos mains. Pour conquérir cet amour, renoncez à l'affection la plus intime de vous-même, aux honneurs, aux jouissances, aux consolations de cette terre, protestant de ne vouloir d'autres honneurs que les ignominies de Jésus-Christ, d'autres richesses que sa charité, d'autre plaisir que sa croix, d'autre trésor que son amour. En
contemplant les créatures, invitez-les avec un cœur plein de charmes à aimer votre unique époux. Fuyez toute conversation qui ne respire pas la bonne odeur de Jésus-Christ; quittez l'œuvre qu'il rejette, et omettez l'entreprise qui ne tourne pas à sa gloire. Plus vous vous souviendrez du tendre amant des âmes, plus il se souviendra de vous , et plus il vous comblera de ses grâces, comme il le dit lui-même un jour à sainte Catherine de Sienne : Ma fille, pense à moi, et moi je penserai à toi. C'est ainsi que chantait l'épouse sacrée : Ego dilecto meo , et ad me conversio ejas.
• III. Un grand serviteur de Dieu disait : Si vous me demandez comment le pain devient le corps de Jésus- Christ, et comment il se trouve en plusieurs lieux à la fois, je réponds que Dieu peut tout; et avec cette réponse, mon esprit se trouve satisfait. Mais si vous me demandez comment Dieu peut aimer l'homme jusqu'à devenir 3a nourriture pour s'unir à lui, je nepuis que répondre que c'est l'excès d'un amour inouï que je ne sais ni ne puis comprendre. C'est pour cela que les saints, en parlant de la sainte Eucharistie , l'appellent le Sacrement d'amour par excellence. Saint Bernard nomme Jésus dans le Sacrement, amor amorum, l'amour des amours. Saint Philippe de Néri, devant recevoir chez lui le saint Viatique, s'écria, en le voyant arriver : Voici mon amour, voici mon amour! Sainte Marie- Madeleine de Pazzi appelait le jeudi-saint, jour auquel fut institué le saint Sacrement, le jour d'amour. Une fois que cette sainte demandait à une de ses novices à quoi elle avait pensé après la communion : A l'amour
de Jésus-Christ, lui répondit la novice. En effet, reprit alors la sainte, quand on pense à l'amour, il faut s'y arrêter; on ne peut aller au-delà. Enfin, saint Thomas dit que le Sacrement de l'autel est l'expression du plus grand amour que pût nous donner un Dieu. Sacramentum carUatls Christi pignus est (Opusc. 18, cap. 25).
Cet amour de Jésus pour vous, âme pieuse, est une invitation pressante de correspondre à une si vive tendresse. Ad nihil amat Deus, dit saint Bernard, nisi ut ametur.
L'amour de Jésus-Christ l'a porté à se sacrifier pour vous; sacrifiez- vous aussi tout entière à lui, et vous l'aimerez comme il le désire. Mais, hélas! combien cette grande répugnance que vous éprouvez à faire pour iui de légers sacrifices, est une marque que vous l'aimez peu! Pourquoi la pratique de la solitude, de la pauvreté et de l'obéissance vous est-elle si à charge? Pourquoi cette difficulté à vaincre une animosité,- un ressentiment, une affection déréglée? Pourquoi trouvezvous si dur l'exercice de la mortification, de l'humilité et de la prière? Dans les nombreuses années que vous avez déjà eues de vie, peut-être n'avez-vous jamais senti un rayon de cette joie céleste qui soutient dans les épreuves les âmes qui sont les amies de Jésus. Ame infortunée! qu'attendez- vous pour venir à Jésus et vous sacrifier tout entière à son amour? Comparez les sacrifices que Jésus vous lait tous les jours de lui-même, avec ceux que vous iui faites à cette occasion. Si les vôtres sont si petits, n'avez-vous pas honte de les lui refuser? S'ils sont grands, que vous êtes heureuse!
Voici le jour où Jésus veut commencer votre sanctification; voici donc l'aurore de votre félicité. Fixez les yeux sur ce tabernacle : c'est là qu'est votre bien, votre époux, votre Dieu mort pour vous; parlez-lui avec cette confiance et celte familiarité avec laquelle un ami parle à un autre ami.
Préparation à la Communion.
Mon Dieu, mon Dieu! 0 le vrai, l'unique ami de mon âme, que pouviez-vous faire de plus pour me contraindre à vous aimer? Oh! amour immense, amour incompréhensible, amour infini! Un Dieu se donner tout à moi! Un Dieu!... Ah! mon Dieu! Oui, je vous aime par-dessus toute chose; je vous aime plus que moi-même, plus que ma vie, et je vous aime pour votre plaisir, puisque vous demandez si hautement mon amour. Sortez de mon âme, affections de cette terre, et faites place à l'amour de mon Dieu. 0 Jésus, puisque vous voulez, ce matin, vous donner tout à moi, il est juste que je me donne aussi tout à vous. Je m'offre donc à vous sans réserve; je vous offre mes sens, mes facultés, mes désirs, mes affections, tout mon être. Je déclare solennellement, à la face du ciel et de la terre, que je ne veux plus vivre que pour vous, ne plus agir, ne plus parler, ne plus respirer que pour vous, en vous et avec vous. Je voudrais que mon coeur fût toute tendresse et s'écoulât tout en amour pour vous. Je voudrais qu'il brûlât de ces feux ardents dont était consumé le cœur de votre tendre mère, lorsqu'elle vous pressait sur son sein. Oh! puissé-je vous voir aimé de
l'univers entier! Puissé-je vous faire aimer de toutes les créatures, et d'un amour aussi parfait que vous le méritez! Oh! faites donc, ô mon Jésus, que je sois à jamais une victime parfaite de votre saint amour.
Que j'ai de regret, ô mon aimable Rédempteur, de vous avoir outragé par le passé! Vous avez donne votre vie pour moi, et moi, ingrate et méconnaissante créature, j'ai méprisé votre grâce et votre amour. Je m'en repens, ô mon Dieu, et mon cœur se brise de douleur à ce souvenir. J'ai l'espérance que vous m'avez déjà pardonné; mais, si vous ne l'avez pas encore fait, pardonnez-moi maintenant que je me prépare à vous recevoir dans votre divin Sacrement. Recevez-moi par miséricorde dans votre grâce, puisque vous allez bien» tôt venir habiter dans mon cœur.
Voici, ô mon Jésus, que je m'approche pour me nourrir de votre chair sacrée. 0 Dieu! que suis-je, et qui êtes-vous? Vous êtes le Dieu d'une bonté infinie, et je ne suis qn'un vil vermisseau, souillé d'énormes péchés qui vous ont tant de fois chassé de mon âme, et j'oserais m'approcher pour vous recevoir dans la sainte communion ! Eh quoi! les Séraphins ne sont pas assez purs en votre présence, et moi, cendre et
poussière, moi. misère et péché, moi je pourrai
vous recevoir sur ma langue, vous posséder dans mon âme, vous presser sur mon cœur! moi qui, par mes péchés, suis devenu indigne de rester en votre divine présence et digne uniquement d'être enchaîné dans les enfers, éloigné à jamais de votre face. Ah! mon Dieu! mon indignité est trop grande. Mais puisque votre
bonté me convie à vous recevoir, me voici humilié et confus pour tant de déplaisirs que je vous ai donnés, mais aussi pleins de cette confiance que m'inspirent votre miséricorde et l'arnour que vous me portez.
Venez donc, ô Jésus, ô mon Dieu! Venez dans mon âme toute haletante du désir de vous recevoir.
Brûlez, ô feu consommateur, tout ce que mon être
a d'indigne de votre présence et ce qui en lui s'oppose
à votre grâce et à votre amour. Donnez-moi cette
pureté, cette ravissante candeur requise au convive
de votre sainte table. Faites-moi oublier tout sentiment
étranger à votre saint amour. O bienheureuse vierge
Marie, ma mère, donnez-moi votre Fils; c'est de vos
mains que je veux le recevoir. Dites-lui que je suis
votre serviteur, afin qu'il me presse avec plus d'amour
sur son sein et me communique plus étroitement ses
grâces.
Action de grâces.
Il n'est pas une prière plus agréable à Dieu et plus utile à l'âme que. celle qui se fait après la communion. Sainte Thérèse dit qu'en ce moment Jésus se place dans l'âme comme sur un trône de grâces et lui dit : Que veux-tu que je fasse pour toi? Comme s'il disait : Ame bien-aimée, je suis venu ici pour te faire des grâces. Demande-moi celles que tu veux et combien tu en veux , et tu seras exaucée.
Oh! quel trésor de grâces vous recevrez de Jésus, âme pieuse, si, après la communion, vous vous entretenez avec lui le plus que vous pourrez. Il ne faut pas d'abord vous mettre à lire, comme quelques-uns le
font. Il est mieux d'employer quelques instants à concevoir de saints désirs, à parler à Jésus au-dedans de vous-même , à vous exciter à son amour, en répétant une tendre aspiration, une touchante prière, la même plusieurs fois, à l'exemple de Jésus-Christ, qui, dans le jardin des Olives, répéta jusqu'à trois fois la même prière.
Jésus-Christ est donc venu dans mon cœur; il est à moi, il s'est fait tout à moi. Oh! quels tendres et affectueux remercîments ne vous dois-je pas, ô mon Dieu, pour tant de bonté et de miséricorde! Ah! Seigneur... je vous adore, je me jette à vos pieds, je les couvre de baisers et vous remercie d'avoir voulu visiter une pauvre créature. Acceptez l'humble offrande que je vous fais de ma volonté, de ma liberté et de toute ma vie. Désormais je ne veux plus m'appartenir, mais être à vous et tout à vous.
Je vous aime, ô Jésus, et, parce que je vous aime, je veux conserver dans mon cœur votre sainte loi; parce que je vous aime, je suis inconsolable de la douleur de vous avoir offensé, et je brûle de la réparer le mieux possible à l'avenir. Viennent donc les adversités, les périls, les chagrins, la faim, le fer, les persécutions : je les provoque et les défie. Et quelle est donc celle des créatures qui pourra me séparer de mon bieo et m'empêcher de l'aimer? Vous seul soyez, ô Jésus 5 mon bouclier, ma défense, et je ne crains rien. Je ne crains point une vie de tribulations, pourvu que je les souffre pour vous; je ne crains pas non plus la mort, pourvu que je meure en vous et pour vous. Vivre et
mourir m'est un bien, pourvu que je meure dans votre gloire et persévère dans votre grâce.
0 Jésus, puisque vous êtes venu dans mon âme pour la guérir de ses infirmités, délivrez-moi, je vous en prie, de la tyrannie de ces habitudes que vous connaissez. Bannissez-les de mon cœur, arrachez-les de mon àme, et substituez-y la semence féconde des vertus. Je ne vous demande ni les biens de la terre , ni les honneurs , ni les plaisirs , ni les richesses ; mais je vous demande, par les mérites de votre Passion, une grande douleur de mes péchés. Donnez-moi votre lumière pour connaître la vanité de ce monde et les titres imprescriptibles que vous avez d'être aimé de tout notre cœur et de toutes nos forces. Eloignez de moi les affections de la terre, livrez-moi tout entier à votre saint amour, et faites que désormais je n'aie d'autre volonté que la vôtre. Donnez-moi la patience et la résignation dans les maladies , la pauvreté et tout ce qui contrarie mon amour-propre. Donnez-moi la mansuétude envers ceux qui m'offensent et me méprisent. Ne permettez pas qu'aucun objet terrestre me fasse chanceler dans mes résolutions et me rende infidèle à votre amour. Accomplissez l'œuvre que vous avez commencée en moi, en me sanctifiant tous les jours âe plus en plus. Mettez une garde sur cette bouche qui vous a reçu, afin qu'il n'en sorte jamais une seule parole qui sente la médisance , l'indécence , la colère , l'orgueil ou le mensonge. Préservez des regards trop libres et trop curieux ces yeux qui ont eu le bonheur île vous contempler anéanti sous les espèces du pain et
du vin, et faites que désormais il i pleurent amèrement tant d'offenses faites à votre suprême majesté. Bénissez mon cœur, où vous habitez, et possédez-le toujours par votre grâce. Ne permettez pas, Seigneur, que jamais je me sépare de vous ■ Dulcissime Jesu, ne permittas me separari à te. Donnez-moi la grâce de toujours me ressouvenir de vos bienfaits, de toujours apprécier vos maximes, de toujours imiter vos exemples, de vivre en vous, de mourir pour vous et de régner éternellement avec vous, dans votre saint amour.
Arrêtez-vous ici pour demander quelque grâce particulière pour vous ou pour vos proches, vivants ou morts.
0 Marie, ma très-sainte mère et mon espérance, demandez pour moi la grâce que je désire, et obtenezmoi vous-même que je vous aime tendrement et que je me recommande toujours à vous dans tous mes besoins.
Il sera bon de répéter plusieurs fois la prière suivante, à laquelle sont attachées de nombreuses indulgences.
« Ame de Jésus, sanctifiez-moi; corps de Jésus, » sauvez-moi ; sang de Jésus , enivrez-moi ; eau sortie » du côté de Jésus, lavez-moi; passion de Jésus, » fortifiez-moi; ô bon Jésus, exaucez-moi; cachez- )> moi dans vos plaies et ne permettez pas que je sois » séparé de vous; défendez-moi de l'esprit de malice; » appelez-moi à l'heure de la mort, et faîtes que » j'arrive auprès de vous, afin qu'avec les anges et les » saints je vous loue dans tous les siècles des siècles, » Ainsi soit- il. »
— cïh —
J. Doux cœur de mon Jésus, faites que je vous aime toujours davantage.
2. Qui suis-je, moi, Seigneur, pour que vous m'aimiez si ardemment? Et pourquoi cherchez-vous à être tant aimé de moi?
3. Régnez dans mon cœur, ô roi du ciel, et gouvernez-le selon votre plaisir.
Maximes.