‹ L'âme devant la Sainte EucharistieChapitre 36 sur 53 · VINGT-NEUVIÈME CONSIDÉRATION · texte numérisé non relu

VINGT-NEUVIÈME CONSIDÉRATION

Sur la foi vive avec laquelle nous devons nous approcher pour recevoir Jésus-Christ dans la sainte Eucharistie.

I. Considérez, âme pieuse, combien il est nécessaire d'avoir une foi vive pour recevoir Jésus-Christ dans la sainte Eucharistie. Comme la foi est le premier mouvement de 1 'âme vers Dieu, elle est souverainement nécessaire dans tous les mystères divins, mais surtout dans celui qui, par son excellence même, est appelé mystère de foi : Mysterium fidei; parce que c'est dans celui où Dieu se cache le plus. Dans l'univers il se cache aux sens, qui ne voient que la superficie des choses, mais il se manifeste aux yeux de la raison, qui aperçoit Dieu dans les créatures comme l'on contemple le soleil dans un miroir. On ne peut pas dire la même chose de l'Eucharistie ; car dans ce mystère Jésus se cache non-seulement aux sens, mais encore à la raison naturelle, qui ne saurait percer ce voile sous lequel la divinité demeure cachée sous l'humanité du Sauveur, et l'humanité sous les apparences du pain qui s'est annihilé. 0 âme pieuse, excitez donc votre loi avant de vous approcher de la Table sacrée,

afin que vous puissiez vous nourrir avec fruit de cette divine substance. Efforcez- vous de concevoir une haute idée de la majesté du Dieu auquel vous allez donner asile dans votre sein, afin que vous puissiez le recevoir avec un profond respect et une grande vénération.

Croyez que vous recevez ce Dieu si grand , qu'en regardant la terre il la fait trembler, qu'en touchant les montagnes il les réduit en poussière , et que , s'il appelle les étoiles, elles accourent lumineuses au même instant pour exécuter ses ordres... Croyez que vous recevez ce Dieu si puissant, qu'il commande aux flots de la mer, apaise la fureur des vents et domine toute la nature... Croyez que vous recevez ce Dieu si sublime, qu'il habite dans les splendeurs inaccessibles, au-dessus des anges inclinés dans une terreur respectueuse devant son infinie majesté... Croyez que vous recevez ce Dieu que ne sauraient contenir ni les immenses espaces de la terre, ni les profonds abîmes de la mer, ni les augustes tabernacles du ciel... Croyez que vous recevez ce Dieu qui est le trésor des âmes , la consolation des affligés, la lumière des aveugles, le guide des cœurs égarés, le médecin des infirmes, la paix des intelligences agitées, le soutien des faibles, la joie des élus, la jouissance du paradis. Enfin, croyez que vous recevez dans votre sein tout ce qu'il y a de plus beau et de plus sublime dans le ciel; de manière que si on avait à alimenter la vie d'un Dieu mortel, on ne pourrait lui préparer une plus précieuse nourriture que celle qu« vous allez recevoir dans le saint Sacrement. C'est

ainsi que vous vous disposerez admirablement à jouir des fruits de la sainte Communion, qui, selon l'expression de saint Thomas , est un secret divin qui ne se manifeste qu'à la foi : Secreturn sacratissimum soli fidei manifestum (Opusc. 59). Outre cela, vous rendrez au Seigneur le plus grand hommage qu'il puisse recevoir d'une âme , en lui sacrifiant votre intelligence et en lui préparant un trône digne de lui par la soumission de votre esprit à sa parole.

IL Considérez, âme pieuse, que cette foi qui doit nous accompagner pour recevoir Jésus-Christ dans la sainte Eucharistie , ne doit pas élre seulement théorique et spéculative, mais active et pratique. Dans cette pensée , figurez- vous , à l'exemple de saint Jean Chrysostôme, que vous voyez une multitude d'anges autour du prêtre qui célèbre et autour de l'autel où réside Jésus dans le Sacrement. Figurez-vous que vous les voyez par troupes nombreuses descendre du ciel et céléhrer, par leurs doux cantiques et leur profonde adoration, la venue de leur roi sur la terre : Per id tempus et angeli sacerdoti assident, et cœlestium potestatum universus ordo clamores excitât; et locus altaris vicinus in illius honorera, qui immolatur, angelorum choris plenus est (Lib. de sacer.). Ou bien, figurezvous que , dans le moment même du sacrifice , vous voyez les^cieux s'entr' ouvrir dans leur magnificence sublime , et que Jésus-Christ en descend accompagné des chœurs angéliques, dans toute la pompe de sa gloire et avec tout l'appareil dû à sa divine majesté, comme se l'imaginait saint Grégoire ; Quis fidelium

habere dubium possit in ipsa immolationis hora ad sacéfdotis vocem cœlos aperiri, in Mo Jesu Chrisli ministerio angelorum choros adesse (Dial., lib. 4, cap. 50)? Puis, réfléchissant à votre propre misère, comparez-la à toute cette grandeur et à cette immense gloire; et, dans cette comparaison, anéantissez-vous dans de profonds sentiments d'humilité, de respect, de vénération et d'une crainte religieuse : Domine, non sum dignus ut intres sub tectum meum. Seigneur, que suis-je, pour que vous daigniez venir me visiter ce matin? Hélas! je ne mérite point une telle grâce. C'était là le conseil que, dans les premiers siècles, Origène donnait aux fidèles. Quand vous recevez, disait-il, cette nourriture sacrée, cette substance incorruptible, ce pain de vie immortelle, sachez que Dieu entre dans votre demeure. Humiliez- vous donc alors profondément et imitez le centurion en disant : Seigneur, je ne suis pas digne que vous entriez dans ma pauvre demeure (Hora, 5).

Saint Jérôme, l'un des plus grands docteurs de l'Eglise, étant sur le point de mourir, demanda le saint Viatique. Aussitôt qu'il vit la sainte Eucharistie approcher de sa demeure, il se fit déposer sur la terre nue; et recueillant le peu de force qui lui restait dans ce moment suprême, il se mit à genoux sur les dalles; et s'inclinant profondément en frappant sa poitrine, il reçut le corps sacré du divin Rédempteur (Mar. Marcel., lib. 4, c. 42). Saint Guilhem, archevêque de l'ordre de Ciieaux, étant sur le point de mourir, demanda avec une grande instance la sainte Eucharistie ;

et quoiqu'il se trouvât exténué ou point de ne pouvoir se retourner dans son lit, ni même d'avaler une goutte d'eau, en voyant arriver Jésus sous la forme du Sacrement, il sauta tout-à-coup hors de son lit, au grand étonnement des spectateurs; et, semblable à une flamme mourante qui se ranime et jette un dernier éclat avant d'expirer, il alla au-devant de son Seigneur, s'agenouilla plusieurs fois et s'inclina profondément pour l'adorer, et le reçut au milieu de ces actes d'une foi si vive et d'une si humble vénération (In vita, apud Sur., iOjoan.). De tels traits pratiqués au bord de la tombe, par ces grands serviteurs de Dieu, nous indiquent de quelle foi profonde nous devons nous pénétrer pour Jésus dans le Sacrement, quand nous nous approchons pour le recevoir avec fruit ; ils nous apprennent aussi le zèle avec lequel nous devons nous écouler en actes pratiques de respect et de vénération pour un hôte si auguste.

III. Considérez en troisième lieu, âme pieuse, que la foi pour recevoir Jésus-Christ dans la sainte Eucharistie doit être , non-seulement pratique , mais encore ferme et profonde, de manière qu'elle exclut toute hésitation sur un si grand mystère. L'apôtre saint Jacques, parlant de la foi qui doit accompagner la prière, dit qu'elle doit exclure toute espèce de doute et d'hésitation au sujet de la chose demandée; et il compare celui qui prie avec doute et hésitation aux ondes mobiles de la mer que les vents agitent et meuvent à leur gré : il en conclut qu'une prière ainsi faite n'obtiendra aucun effet el ne touchera jamais le cœur de

Dieu : Postulet autem in fide nihil hœsitans; qui enim hœsital similis est fluctui maris, qui a vento movetur et circumfertur. Non ergo existimet homo Me, quod accipial aliquid a Domino (G., 1, 6). Ce que disait l'Apôtre aux fidèles, touchant la prière, je vous le dis aujourd'hui, âme pieuse, touchant la sainte Communion. Si vous voulez vous nourrir avec fruit de la substance divine de Jésus-Christ, approchez- vous de la Table sacrée avec une foi si vive en sa majesté et en sa bonté, qu'elle exclue tout doute et toute hésitation. Si vous hésitez, vous ressemblerez aux ondes mouvantes d'une mer agitée par les vents, et votre communion sera sans fruit. Grand sans doute et sublime est le mystère renfermé sous les espèces eucharistiques; mais qui oserait assigner des limites à la toute-puissance divine? Il nous suffit de savoir que Jésus-Christ a dit que son corps et son sang se cachent sous ce voile. Dieu peut tout ce qu'il veut; il ne peut être sujet à l'erreur, celui dont la majesté resplendit plus brillante que le soleil, dans ce caractère de sublimité divine qu'il imprima à cette religion sainte qu'il a plu à son amour d'établir sur la terre. La profondeur et l'obscurité ellemême du mystère, au lieu de diminuer la foi, devrait au contraire l'augmenter ; car est-il étonnant que les œuvres de Dieu soient infinies et incompréhensibles , puisque son esprit est infini et incompréhensible? C'est ainsi que sainte Thérèse se l'expliquait à elle-même : frappée d'admiration en contemplant la grandeur de Dieu, elle avait coutume de dire que, plus les mystères de notre sainte foi étaient sublimes, profonds et diffi-

ciies à comprendre pour notre intelligence, plus elle les croyait avec fermeté et dévotion, sachant bien que le Dieu tout-puissant peut faire encore de plus grands prodiges.

Si donc vous désirez, âme pieuse, que votre communion vous devienne fructueuse, ayez soin de porter au pied des saints autels la foi la plus ferme en celui que vous allez recevoir. Croyez en lui plus fermement que si vous voyiez de vos propres yeux et touchiez de vos mains son corps glorieux. Telle était la foi qu'avait saint Louis, roi de France, envers ce divin Sacrement. Comme on célébrait un jour la Messe dans la Sainte- Chapelle, les assistants virent apparaître Jésus-Christ sous la forme d'un enfant tout éblouissant de beauté, au moment de l'élévation de l'hostie consacrée. A cette merveilleuse apparition , on pria le prêtre de ne pas retirer ses mains avant que le roi, averti soudain de ce prodige, arrivât pour le contempler. Et aussitôt les courtisans coururent l'avertir; mais il répondit : Que celui qui ne croit pas trouver Jésus- Christ présent dans la sainte hostie, aille admirer un tel prodige; pour moi, j'y crois plus fermement que si je l'eusse vu de mes yeux ; et il ne voulut point quitter son cabinet. Ayez aussi vous-même une semblable foi, et soyez persuadée que vous retirerez de la sainte Communion des fruits de sainteté.

Préparation à la Communion.

Scntite de Domino in bonitate (Sap., 2). Pourquoi, ô mon âme, es -tu si timide et si pusillanime à la vue

de la bonté et de l'amour infini de ton Dieu? Pourquoi ce manque de confiance, maintenant que tu t'es rendue digne de recevoir en ton cœur Jésus-Christ, que tes sentiments correspondent à son amour, en se fondant sur cette bonté immense par laquelle il s'est donné tout à toi? Il est vrai que ses jugements sont terribles, mais c'est pour les superbes et les obstinés ; pour les humbles et les pénitents, pour ceux qui désirent l'aimer et lui plaire, ils sont pleins de miséricorde et d'amour ; ils sont tels que David, en les considérant, surabondait d'espérance et se sentait tout rempli d'allégresse et de consolation : In judiciis tuis supersperavi... Judicia tua fucunda.

Ah \ ce Dieu infini est plein de tendresse et de bonté pour ceux qui le cherchent avec amour : Bonus est Dominus animœ quœrenti illumœ (Jer., Thren., 4). Oh ! »ui, que Dieu est bon pour celui qui cherche à se conformer à sa volonté ! Quant bonus Israël Deus his qui recto sunt corde ! Venez donc en mon âme, ô Jésus ; venez ranimer mes espérances et m'enivrer de votre saint amour. Ah ! quelles douceurs je sens dans mon esprit de penser que je vais recevoir dans mon cœur le même Dieu qui, pour me sauver, voulut être sacrifié sur un infâme instrument de supplice. Ah! Jésus, tendre objet de mon amour! faites-moi tout à vous, afin que je puisse vous recevoir dignement. Faites-moi oublier tout ce qui m'éloigne de votre tendresse. Augmentez sans cesse en moi le désir de vous plaire, Faites que je fasse et souffre quelque chose pour vous, lui avez tant fait et tant souffert pour moi. O Dieu de

mon âme, faites que je vous donne des preuves de l'amour que je vous porte, non-seulement par des paroles, mais encore par les œuvres et par les actions qui vous plaisent le plus.

Dilectus meus candidus, et rubicundus, electm ex millibus (Cant., S). Voici, ô mon âme, que ton Jésus, dans toute la candeur de sa pureté et dans toute l'ardeur des flammes de son divin amour, descend de son trône pour venir s'unir à toi dans la sainte Communion. Prépare-lui donc ton cœur, et fais qu'il s'exhale en doux sentiments d'amour. 0 Jésus! agneau sans tache, plein de tendresse pour moi, quand sera-ce que vous me rendrez semblable à vous, pur comme vous êtes, et aussi embrasé d'amour pour vous que vous l'êtes pour moi? Ah! je renonce à toutes les autres amours, et je ne choisis que le vôtre dont le prix m'est si précieux, ô mon Dieu et mon tout. Créatures, fuyez loin de moi; que me voulez-vous? Non, vous n'êtes point faites pour mon cœur. Allez vous faire aimer de ceux qui vous cherchent. Pour moi , c'est mon Jésus seul qui a en partage mes sentiments et mes affections. Il m'a tellement gagné le cœur par son infinie bonté , que j'ai perdu le goût de tous les objets créés. Je ne veux que mon Dieu, et c'est à lui seul que je garde tout mon cœur.

O Roi de mon cœur, venez et régnez seul sur mon âme ; possédez-la tout entière, afin qu'elle ne serve et qu'elle n'obéisse qu'à votre saint amour. Hélas! que ne puis-je, ô Jésus, me consumer pour vous qui avez sacrifié votre vie pour moi! Agneau de Dieu, immolé

sur la croix pour mon amour, souvenez-vous que je suis une de ces âmes que vous avez rachetées au prix de tant de souffrances et de tant de douleurs. Faites que jamais je ne revienne à vous perdre. Faites que, vous donnant tout à moi, je me donne aussi tout à vous, que je sois vôtre, et que je n'aie d'autre désir que celui de vous plaire. Je vous aime, ô bien immense, dans la seule vue de faire votre joie; je vous aime, parce que vous êtes digne d'amour, et la seule douleur que j'éprouve, c'est d'avoir vécu si longtemps sans vous aimer.

Mon tendre Rédempteur, laites-moi part de cette douleur que vous eûtes de mes péchés au jardin de Getnsémané. Que je voudrais ne vous avoir jamais offensé, ô mon Jésus, qui êtes mon amour et mon espérance I Je préfère désormais perdre plutôt la vie que votre grâce. Ohl liez-moi entièrement à voire amour et soyez le régulateur de mes sentiments, afin que je ne puisse aimer que vous. Faites que je sois tout à vous avant que je m'approche de la Table sainte.

Action de grâces.

Inverti quem diligit anima mea; tenui eum, nec dimiitam. Me voici possesseur de mon doux trésor; je le presse sur mon sein, et je le sens intimement uni à mon âme. Et qui aimerais-je sur la terre, maintenant que je possède mon Jésus? Ahl fuyez» espérances menteuses, affections terrestres, allez contenter ceux qui vous désirent ; pour moi, je ne vous veux plus. Partez de mon âme, qui cesse de vous rechercher, et allez où

le plaisir vous appelle. Sortez de mon cœur, ô créatures! je ne suis plus à vous. Il fut un temps où je vous aimais, car l'aveuglement s'était emparé de mon âme ; maintenant je ne vous aime plus et je ne puis plus vous aimer. J'ai trouvé un autre bien infiniment plus aimable ; j'ai trouvé mon Jésus, qui m'a rendu tout passionné pour sa beauté ; et à ce trésor de ma tendresse, j'ai donné mon cœur et mon amour . Adieu donc, créatures, satisfactions de cette terre, adieu ! Je ne suis ni jamais ne serai plus à vous ; je suis libre de tout, et je suis pour toujours à mon bien-aimé Jésus. Je viens de le presser sur mon cœur par la sainte Communion ; mon amour saura se l'attacher dans l'avenir, et jamais il ne me quittera.

O mon aimable Seigneur! accomplissez la sainte résolution qui vous a fait venir dans mon âme. Prenez possession de tout mon cœur par votre saint amour. Feu divin, qui enivrez les âmes que vous enflammez, venez en mon cœur, afin qu'il puisse se consumer d'amour par les effets de vos ardeurs. Que d'autres captivent les créatures ; pour moi, je ne veux aimer que mon Dieu qui m'aime d'un amour si pur. Et quelle plus grande beauté pourrait séduire mon cœur ? Ah ! il est si beau, qu'un seul rayon de sa face ravit en extase d'amour toutes les âmes bienheureuses qui l'entourent au ciel. Ames infortunées, qui courez follement après les beautés éphémères de cette terre, ne savez-vous donc pas que , loin de Jésus , vous ne pouvez trouver ni paix ni bonheur dans vos amours? Aimez votre Dieu, votre bien, votre Jésus, et vous

aurez le calme dans vos cœurs et le contentement dans vos désirs. Quel malheur pour moi d'avoir jadis vécu sans cet amour! Mais du moins, dans la vie qui me reste, mon seul désir est de n'aimer que mon Jésus.

Oh! oui, mon doux Jésus, je ne veux vivre dans l'avenir que pour vous aimer, et m'écouler en vous dans d'ineffables sentiments d'amour. Je sens déjà mon cœur tellement pressé dans les liens de vos bontés, que je ne saurais vivre sans vous. Depuis que mon âme s'est unie à vous, elle ne peut s'en détacher. Elle a été tellement touchée de votre divine tendresse, qu'elle reste et restera pour toujours votre heureuse esclave et votre victime. Oui, je veux toujours vous aimer, ô mon souverain bien, et puisse mon dernier souffle de vie être un soupir d'amour pour vous !

Permettez, ô mon Sauveur, que je vous presse étroitement sur mon sein, afin que je n'aie plus à me séparer de vous. Voici donc que je sens vos embrassements avec mon âme. O Jésus! ô mon bien! je vous aime et je voudrais vous aimer autant que vous le méritez. Que mon unique contentement, que mon unique repos soit de vous aimer et de vous plaire. Ordonnez aux créatures qu'elles me laissent à mon amour et qu'elles ne viennent point me troubler : Adjuro vos... ne suscitelis, neque evigilare faciatis dilectam. Ah! si je ne le veux pas, les créatures ne pourront jamais entrer dans mon cœur pour me troubler et me séparer de vous. Fortifiez donc ma volonté ; unissez mon pauvre cœur à votre divin cœur, afin qu'il n'ait jamais d'autre volonté que la vôtre.

Mon Dieu , je ne désire employer mes yeux qu'à la contemplation de vos grandeurs , ma langue qu'à vos louanges, mon cœur qu'à vous aimer, mon corps qu'a vous le consacrer, ma vie qu'à vous la sacrifier. 0 puissance infinie, venez au secours de ma faiblesse; sagesse éternelle, éclairez mes ténèbres; bonté immense, pardonnez à ma malice. Dès lors, ô Dieu d'amour, disposez de moi selon votre plaisir; je ne veux que ce qui est dans vos désirs. Par l'amour que vous me témoignez, faites que je vous aime durant le peu de vie qui me reste sur la terre, afin que je puisse vous aimer à jamais dans le ciel. Et quand donc serai-je tout à vous, ô mon Dieu, comme vous êtes tout à moi? Quand mourrai-je entièrement à moi-même, pour ne vivre que de votre amour ? Donnez-moi, Seigneur, la persévérance dans cet amour et le salut éternel. O Marie, tendre objet de mon cœur, obtenez-moi cette grâce de votre divin Fils,

Ame de Jésus, sanctifiez-moi, etc., page 23.

Aspirations.

1. Seigneur, faites-moi connaître le prix de votre saint amour.

2. Mon Jésus, outragé par amour pour moi, faites que je souffre volontiers par amour pour vous.

3. Chère agonie de Jésus, j'espère obtenir de vous une pacifique agonie pour ma mort.

Maximes.

1. Il y a un œil qui voit tout, une oreille qui entend tout, une main qui écrit tout.

2. Il ne sert de rien d'être loué des hommes, si Dieu nous blâme : et les blâmes des hommes sont impuissants à nous nuire, si Dieu nous approuve.

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