‹ L'âme devant la Sainte EucharistieChapitre 39 sur 53 · SUR LA CONFESSION · texte numérisé non relu

SUR LA CONFESSION

§ Ier. — ■ Avis succincts sur la Confession.

La Confession n'est pas le supplice des consciences, comme le blasphémait l'impie Luther, mais bien un sacrement d'amour où se manifeste merveilleusement la miséricorde divine; il faut donc s'en approcher avec un esprit rempli d'une joie pieuse et d'une placide confiance. Les jugements de Dieu sont terribles pour ceux qui s'obstinent dans la volonté du péché; mais ils sont doux et consolants pour ceux qui désirent se convertir sincèrement à lui, et qui veulent le servir dans la vérité du cœur. Nous devons donc nous appro-

cher de ce sacrement en nous représentant Dieu, non comme un juge sévère, mais comme un tendre père qui brûle du désir de nous presser sur son sein et de nous purifier de toutes nos souillures. Les plaies d'un Dieu crucifié et son sang répandu pour nous doivent nous inspirer de la confiance et non de la terreur. Dès que nous avons un vif désir de purifier notre âme et de l'aimer sincèrement, nous n'avons rien à craindre; car celui qui voit le fond de nos cœurs saura bien se charger du poids de nos péchés, les jeter dans l'oubli et nous accueillir dans ses bras pour nous étreindre tendrement sur son sein.

Le confesseur est le médecin spirituel des âmes ; il faut donc choisir le meilleur possible. Ce serait, en effet, un grand aveuglement de négliger de choisir un bon médecin spirituel, tandis qu'on apporte tant de soin au choix d'un médecin temporel. Ce conseil n'est point l'effet d'une imagination exaltée, mais bien un document basé sur la doctrine des saints. N'était-ce pas une âme douce, bénigne et réfléchie que saint François de Sales? Et cependant, écoutez comme il parle à ce sujet : Voulez-vous tout de bon cheminer dans la dévotion? Cherchez un homme de bien qui vous

guide et vous soutienne Choisissez -en un entre

mille, dit Avila, et moi je dis entre dix mille; car on en trouve moins qu'on croit. Ce saint avait assurément bien raison d'insister sur ce point ; car si quelqu'un, par sa faute, se choisissait un guide aveugle, il tomberait sans doute dans un profond abîme, selon la parole du divin Sauveur : Si un aveugle conduit un

autre aveugle , ils tomberont tous deux dans le précipice. Après avoir fait choix d'un confesseur, regardezle comme un ange du paradis , et recevez ce qu'il dit comme des oracles du ciel. Ne craignez point qu'il se trompe, qu'il vous méconnaisse, ou que vous ne lui ayez pas suffisamment découvert l'état de votre conscience; car alors vous seriez dans l'illusion, et l'obéissance ne serait point en vous. S'il vous dit de ne pas vous troubler, de ne pas vous inquiéter de certaines anxiétés, de vous abstenir de l'accusation de certaines choses, vous devez lui obéir promptement, pour ne point mettre obstacle à votre perfection, vous souvenant que son devoir est de vous diriger, et le vôtre d'être dirigé. Ne pas se confier à ce que dit le confesseur, c'est orgueil et manque de foi (S. Jean de la Croix).

Pour profiter en vue de l'esprit , il faut s'approcher souvent du tribunal de la pénitence ; car notre âme ne peut se conserver sainte et pure si on ne la purifie souvent de ses taches. Saint François de Sales conseille à ceux qui désirent mener une vie pieuse et parcourir la voie du divin amour, de se confesser au moins une fois par semaine. Il ne faut pas être troublé par la crainte de négliger quelque chose dans l'examen de sa' conscience; car il est bien difficile qu'une âme adonnée à la piété, et fréquentant les sacrements, oublie une faute notable. Un quart d'heure d'examen, et moins encore, suffit pour ceux qui ont la sainte coutume de se confesser souvent (S. François de Sales).

L'acte de contrition se fait sous deux points de vue :

sa

Page 1