GUÉRISON
Tension artérielle •
11 cm.
18 cm.
„ j .^ . (Main droite..
Force dynamoinélrique | ^^.^ ^^^^^^
Nombre des globules rouges
Activité de réduction du sang rouge en saniT noir.
Seuil de la sensibilité.
12 cm.
2 cm.
Urée émise en 24 heures (nutrition).. .
13 gr.
24 gr.
1. Tous les chiffres bas de cette colonne ne sont vrais que dans les moments de dûpression mélancolique, d'inertie physique et mentale. Une malade qui se lamente et qui pleure beaucoup est, en réalité, dans une phase d'énervement, d'excitation relative, et, à ce moment-là, sa tension artérielle est plus haute, le seuil de sa sensibilité plus étroit, l'activité de réduction del'oxyhémoglobiao plus vive. Presque toujours, après, la malade retombe à un aATuisscment plus profond.
contraire l'âme noire, inquiète et doutant de soi.
Et c'est partout le même mécanisme : une tristesse
primitive, une désolation foncière, reflet mental de
Tafiaissement corporel, et qui, pour ne pas paraître
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démente, se cherche une raison Ibgiofne, se crée une paternité, s*mvente une cause. Ainsi voit-on le remords physique et, peut-on dire, expérimental, que nous montre la maladie, équivaloir à la tristesse, à là honte, à la peur, aux états de dépression; ce ne sont là que des enfants de la fatigue, et le remords n'est décidément pas un fait de providence, puisque les pires criminels ne le connaissent pas, et que des innocents en sont durement tourmentés..
Comme je viens d'écrire ces lignes^ on me met. sous les yeux une image qui vraiment me donne à rêver»
C'est Tenluminure populaire d'un journal à un sou. Elle représente Vacher, le tueur de bergers,, endormi dans sa prison et tourmenté par l'afifreux cauchemar que lui vaut sa conscience bourrelée. La. mort, avec sa faux, tourbillonne autour de sa tête;, aur le disque du soleil, dont l'orient est tout ensanglanté, se profilé la silhouette vengeresse de Téchafaud, et, se levant de toutes parts, innombrableis, le Qou marqué d'une plaie rose, les victimes d'une manie atroce montrent du doigt leur assassin. « En attendant l'expiation suprême, c'est le châtiment qui commence », dit une légende appropriée.
L'artiste qui a sîg^é cette composition tnagiqosD et moi) nous poupsuivons un. mâme bwt, mais par quels moyens di£C^-entsl Je me hasarde, dans des. voies nouvelles, il reste, dans, la tradition.. Quelles
LE GRIME, LE ftfiMOADS £T L^IDfiE DE JUSTICE 71
•que fussesst ses opinions personnelles sur la ves^nsabilité des criminels, son devoir lui a paru être de Tendre celui-là plus odieux encore^ pia« détestable au cœur des foules. Aux méchants .drôles qui demain seront tentés par quelque vilain coup, il crie, avec la sorte d'éloquence que ce public comprend le .mieux : « Voilà la torture intérieure, la terrible hantise qui tenaille sans cesse après qu'on a versé le sang! » Visible à tous les étada^ges, accessible aux plus humbles .bourses, peut-être cette simple image communiquera-t-elle un frisson salutaire à quelque .misérable enfant près de franchir le mauvais pas«
Et que fais-je moi, cependant ? pour un public, il est vrai plus restreint, pour ceux qui jugent Les xsrimes ^ non pour ceux qui les commettent, je «m'attache à dépouiller l'idée de remords de tout son appareil faussement vengeur et justicier; j'ai pris rang parmi ceux qui font choir les illusions, qui convient leurs pareils à regarder en face la plate .ei rude vérité, et je viens renier .à mon tour quelques-uns des mensonges que de tous temps xhi estima commodes pour le gouvernement des J^mmes.. Je fais précisément cette besogne que mon illustre ami, M. Paul Bourg6t,a si éloquemment déplorée et flétrie dans son beau .roman /e Disciple.,
Du dessinateur ou de moi, lequel fait ce qu'ii doit? L'un et l'autre peut-être, et presque tout ne dépendra-t-il pas de la qualité du terrain où toiobera notre semen;ce ?
Sans doute, ce portrait de Vacher en proie au cauchemar peut être moralisateur, — à moins cependant qu'il n'éveille, dans ces cerveaux si étrangement vaniteux de bandits, le sentiment de la mauvaise gloire. Il y en a que tente une publicité si grande, et c'est une célébrité, paraît-il, enviée, que d'avoir son affreux portrait reproduit à tant d'exemplaires.
Assurément, pourvu qu'elle soit vive, la représentation mentale, même grossière, d'un Dieu vengeur auquel on n'échappera pas, est fort capable d'étouffer des impulsions redoutables, encore que l'histoire nous enseigne que les époques de grande foi ne furent pas les moins féroces.
* Mais, d'autre part, ce ne peut être chose méprisable que de crier la vérité. Est-ce imprudent? Non pas, si on la donne à ceux qui en sont dignes, à ceux qui sont mûrs pour l'entendre. S'il faut tout dire, je ne crois pas beaucoup à l'idée engendrant le crime : ce sont nos passions qui nous jettent au mal; on ne voit pas beaucoup de meurtriers par philosophie. Le savoir, l'érudition, l'intelligence des choses, la critique, peuvent conduire au nihilisme théorique, et pratiquement au dilettantisme, à l'impuissance d*agir, mais pas aux paroxysmes. Et puis, comment ne pas comprendre que la vérité est fatale, qu'il y faudra toujours venir, qu'il ne dépendra pas de nous d'en hâter l'heure ou de la retarder, et que c'est elle qui s'imposera? Acceptons-la donc franchement.