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LA. PROVINCE DE B A T T A AI RANG 2Ç

l’entrée principale) et 2 000 fusils, dont 200 ou 3oo apportés l’an dernier par les Siamois, et qui sont très probablement les seuls valant quelque chose.

Terminons cette courte description de la ville en disant quelques mots de la mission catholique. — Les Missions étrangères de Paris ont deux Pères qui dépendent de l’évéque de Pnom-penh; l’un, à Battambang même, le Père Bernard ; l’autre le Père Hion, à Ta-ôm(Ta-ôm est une petite chrétienté de 4ôo Annamites à quelques kilomètres en remontant un arroyo, qui se jette dans la rivière de Battambang — rive gauche — un peu plus bas que Bac-Préa). — La maison de la mission à Battambang est propre, bien construite, et fort bien située ; mais la chapelle est par trop rudimentaire; les fondations d’une église plus convenable ont bien été posées , malheureusement les travaux en sont restés là, faute d’argent. — On compte environ 3oo chrétiens à Battambang, presque tous annamites; les Cambodgiens se convertissent, paraît-il, très difficilement.

COMMUNICATIONS DE BATTAMBANG AVEC PNOM-PENH, CIIANTABOUN ET BANGKOK MINES DE BAUR

Trois services postaux relient Battambang au Cambodge et au Siam :

i° Route de Pnom-penh. Une fois par semaine, à la saison des hautes eaux, un paquebot des Messageries fluviales va de Saigon à Bac-Préa en touchant à Pnompenh, Kampong-Tchang , et à l’embouchure des arroyos de Pursat et de Siem-réap. De Bac-Préa une chaloupe à vapeur, le Colibri, porte la poste à Battambang en quatre heures environ. Ce service est absolument supprimé, faute d’eau, de décembre à juin.

2° Route de Chantaboun. — Cette route n’a été parcourue que par un ou deux Européens et ne se trouve portée sur aucune carte, sauf sur celle de Dutreuil de Rhins : encore n’est-elle tracée que par renseignements. Elle est cependant très fréquentée par les indi-

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gènes depuis le développement des mines de Baur, et le courrier déposé à Ghantaboun par les paquebots des fluviales de la ligne Saïgon-Bangkok (une fois tous les quinze jours dans chaque sens) est porté à Baur par un premier coureur, et là remis à un autre coureur pour Baltambang,

Voici quelques renseignements sur cette route; ils m’ont été fournis en grande partie par M. Russel, Allemand établi au Siam depuis de longues années, qui Ta lui-même parcourue. La route se dirige constamment vers le sud-ouest : elle est presque en ligne droite et ne fait qu’un léger détour pour passer à Baur.

Baur est le centre d’une exploitation importante de mines de saphir et de rubis ; les pierres qui en proviennent ne sont pas de première qualité et sont peu estimées en Europe; elles trouvent au contraire aux Indes un écoulement assuré. La population se compose de 4 à 5 ooo Birmans qui travaillent à l’extraction et d’un millier de Laotiens qui se louent comme porteurs. Le concessionnaire est un Birman qui paye annuellement au gouvernement du Siam une somme peu importante en comparaison du revenu considé-rable qu’il en tire.

Le climat de Baur est très malsain et les accès pernicieux y sont fréquents. De plus, la vie y est très chère ; un poulet s’y vend jusqu’à une piastre, somme fabuleuse pour le pays.

Très peu d’Européens ont visité Baur; un seul y réside : c’est un métis anglo-hindou qui y tient une boucherie. La position exacte des mines n’est pas dé-

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terminée : le point marqué Tvéa Ompil sur la carte de la Mission Pavie s’en trouve, paraît-il, assez rapproché ; de plus, le village où réside le fermier est à peu près au tiers de la distance entre Chantaboun et Battambang, sur les premières pentes (versant nord) de la chaîne de collines, au nord de Chantaboun.

En dehors de ce petit district minier, la contrée traversée par la route est presque déserte ; on ne rencontre aucun village important et la forêt règne partout en maîtresse. Il ne faut donc compter que sur Baur pour pouvoir se ravitailler et trouver des vivres.

A signaler, tout à fait au pied des montagnes, un peu avant d’arriver à Baur, un petit village gouverné par un mandarin du nom de Phya-Kampot, lequel n’est autre chose qu’un chef de pirates vivant de brigandages qu’il exerce contre les ouvriers des mines. Terminons en disant que, dans la saison sèche, on peut aller de Battambang à Chantaboun en six jours avec des charrettes à buffles ; pendant la saison des pluies (sauf pour le courrier qui n’a que son sac de lettres comme bagage) la route n’est praticable qu’à dos d’éléphant. Il n’y en a pas à louer à Battambang, le gouverneur étant seul à en posséder et ne les prêtant à personne ; le fermier birman de Baur en possède cinq ou six, mais il les utilise pour ses transports ; on peut donc considérer le voyage comme à peu près impossible de juillet à décembre.

3° Route de Bangkok. Un courrier par semaine. Le voyage peut se faire à cheval ou en charrettes à buffles;

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il faut compter de dix à quinze jours, suivant l’allure. La partie de la route comprise entre Sisaphon et Aranh est à peu près déserte, et l’on reste trois jours sans trouver ni eau ni vivres. De Vatana à Bangkok la route est beaucoup plus suivie et facile. Il y a d’ailleurs à Yatana des mines d’or exploitées avec des capitaux français et dirigées par un ingénieur français, M. Weiss.

Il existe des communications continues par eau depuis Bangkok jusqu’à Battambang pendant la saison des hautes eaux : par le Stung Sisaphon jusqu’à Vatana, d’où l’on peut rejoindre la rivière passant à Kabine et à Pékim. La ligne télégraphique de Bangkok à Battambang suit presque continuellement cette voie. Mais elle est impraticable souvent, par suite de la formation de bancs de sable et surtout de l’envahissement par la végétation du lit des rivières, et il faudrait des mois pour déblayer les passages obstrués. Il est néanmoins certain qu’il y a quinze ou AÛngt ans, c’était la voie ordinairement suivie.

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