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SUR L’ABYSSINIE ET LE TRANSVAAL

On se souvenait pourtant en Abyssinie des relations d’amitié qui avaient été nouées entre le roi Sahlé- Sallassié et le roi Louis-Philippe par l’intermédiaire de Rochet d’Héricourt.

La France passait alors en Éthiopie pour la forte, J a grande, la généreuse nation, Ménélick écrivait à Gambetta pour réclamer son amitié.

Ce ne fut qu’en i883 que la France étendit le territoire d’Obock et qu’il devint colonie, de fait sinon de droit.

On comprit alors quelle importance pouvait avoir pour nous ce coin français, enfoncé aux flancs de l’Afrique, et pouvant détourner à notre profit une partie du commerce que l’Angleterre comptait faire circuler sur sa ligne idéale nord-sud africaine.

Nous avons à l’est, en Asie, une situation commerciale analogue ; le Tonkin nous donne une pénétration vers la Chine, vers le plateau du Yunnan, avec l’espoir de dérivation par voie courte du commerce que les Anglais veulent faire passer d’ouest à est par la ligne Calcutta, Yangtsé, Shanghaï.

Dans le double handicap nous sommes bien placés ; il ne tient qu’à nous de ne pas nous laisser devancer.

Pour ce qui regarde la connexité des intérêts de nos possessions dans l’Abyssinie, nous avons plus d’un défenseur; un convaincu, un apôtre qui sert la cause française avec la ténacité et l’énergie de la foi, j’ai nommé M. Léon Chefneu. Je suis heureux de l’occasion qui m’est offerte de rendre hommage aux services qu’a rendus à son pays ce vaillant Français.

CONFÉRENCE

Qu’il me suffise de vous rappeler que c’est M. Chefneu qui a obtenu pour nous, de l’empereur Ménélick, la concession et le monopole des chemins de fer devant relier ses Etats à la côte ; que c’est lui qui a organisé la compagnie, trouvé les fonds, et mis l’entreprise en train.

Vous pouvez vous rendre compte que c’étaient choses plutôt malaisées; ce n’est pas, hélas! du côté éthiopien que sont venus les principaux obstacles, et M. Ghefneu a parfois eu la douleur de sentir ses efforts combattus par ceux dont il aurait été le plus en droit d’espérer un appui.

Je sais des esprits chagrins qui souriront en entendant ou en lisant ce que je viens de dire. Par ce temps de scepticisme, on aime à chercher les petits côtés des affaires, et il y en a toujours, et on se plaît à paraître ensuite bien informé en dénigrant. On ne s’aperçoit pas que même sous le couvert de l’information, en s’attaquant aux idées généreuses, aux entreprises utiles pour notre pays, c’est au pays qu’on nuit, et ce sont nos ennemis qu’on sert.

Assurément l’établissement du chemin de fer éthiopien n’est pas sans rencontrer de nombreuses difficultés, la construction ne se fait pas comme dans nos pays, lorsqu’on travaille souvent avec 46 degrés à l’ombre, et que l’eau est rare ; les capitaux, en outre, s’ils se dépensent vite, ne font leur entrée dans l’entreprise que très lentement.

Il a quand même ses 5o kilomètres très viables, le petit chemin de fer, il aura bientôt ses ioo kilo-

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mètres, et il ira jusqu’au bout, parce qu’il est poussé par une idée.

Il a déjà franchi un gros obstacle en passant, au kilomètre 20, le ravin de Ghébelé de 160 mètres de large, dont j’ai vu s’élever les piles dans une vraie fournaise. Il est actuellement retardé par l’édification du viaduc de Holl-Holl, de i4o mètres de large. Les travaux seront promptement terminés. La voie est préparée au delà et, l’été prochain, la locomotive sifflera au kilomètre 109.

« Un chemin de fer, a dit lord Dufferin, finit toujours par rapporter; une route coûte toujours. »

« Il est vrai de dire, répète, à la suite du colonel Thys, Grosclaude, dans sa brochure sur les chemins de fer africains, que les chemins de fer coloniaux doivent être considérés non pas seulement comme les collecteurs du commerce existant, mais surtout comme des créateurs du trafic. »

L’Abyssinie a un beau sol, un bon climat. Tôt ou tard elle s’ouvrira à la civilisation, au commerce, à l’industrie.

Ce seront les premiers arrivés qui en draineront la richesse.

Peut-être, chez un peuple en retard de plusieurs siècles sur nous, la transformation économique se fera-t-elle lentement. Quoi qu’il arrive, le premier aboutissement du chemin de fer, le Harrar est un pays superbe d’aspect, de culture et de production.

Le chiffre de son mouvement commercial est déjà un garant de l’intérêt qui sera payé en rémunération

CONFÉRENCE

aux capitaux qui ont été engagés pour le joindre par une voie rapide à la mer.

S’en tenant aux simples données que nous avons, on trouve pour les exportations de Harrar, 12 millions, et pour les importations 6 millions, dont 3 3ooooo francs de café et 1 3oo 000 francs d’ivoire. Si l’on songe que la tonne de marchandise, de la côte à Harrar, coûte actuellement 3oo francs, on comprend aisément quel intérêt les commerçants, quels qu’ils soient, auront à prendre la voie du chemin de fer pour leurs transports.

A côté de l’intérêt commercial, le chemin de fer aura toujours son intérêt politique, intérêt sur lequel Salisburv semble attirer l’attention, lorsqu’il dit à Glascow, le 20 mai 1891, en parlant d’un chemin de fer qui serait établi de la côte au Victoria-Nyanza :

« Je ne sais pas, mais je crois que, quand ce chemin de fer pourra être fait, nous aurons mis fin à l’exportation des esclaves africains, parce qu’il n’empêchera pas seulement, comme je vous l’ai expliqué, le passage des caravanes du Victoria-Nyanza vers l’est, mais il vous mettra en état de commander la vallée du Nil, de sorte que des esclaves ne pourraient passer de là à la mer Rouge. »

Ne retenons que cette phrase : « Il vous mettra en état de commander la vallée du Nil. »

Les Anglais savent aller vite en besogne lorsqu’il s’agit d’œuvres pratiques pour leur bourse et pour l’intérêt de leur pays. Rendons-leur cette justice. Le chemin de fer de Monbasa au Victoria-Nyanza est en grande partie achevé.

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Un voyageur aussi, dont vous saluiez il y a quelques jours l’arrivée, a peut-être, en plantant le drapeau abyssin au sud du lac Rodolphe et en occupant effectivement au nom de Ménélick la région qui entoure le lac, empêché la nouvelle ligne anglaise de créer une menace pour l’empereur dans ses provinces équatoriales, et de drainer dans l’avenir un commerce dont nous sommes en droit d’espérer tirer profit.

Il ne m’appartient pas de vous dire maintenant la belle exploration dont M. de Léontieff nous racontera les péripéties et les profits.

Qu’il me soit permis de vous rappeler que si un Russe a pu mettre en train une entreprise, dont la suite, j'espère, aura lieu de nous contenter, nous autres Français, il a compté plusieurs de nos compatriotes parmi ses collaborateurs, et qu’il a eu ainsi que Ménélick à se louer hautement du zèle, du courage, de l’énergie de nos tirailleurs sénégalais, les frères des précieux auxiliaires de Marchand.

Mon intention n’est pas de faire une conférence sur les chemins de fer africains ; il me faudrait vous parler de celui de Delagoa-Ray, du chemin de fer du Nil, du Transsaharien dont les études vont se poursuivre activement et dont nous souhaitons la construction.

J’en passe et des meilleurs. Je voudrais pourtant vous dire un mot de la construction du chemin de fer du Congo belge.

Un grand patriote lui aussi, un grand colonisateur un grand homme dont l’humanité devrait s’honorer, parce qu’il comprend la civilisation autrement qu’en

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envoyant des bombes à des assaillants en légitime défense ou d’ironiques plum-puddings à des compatriotes décimés pour satisfaire des combinaisons financières, le colonel Thys, conçut l’idée de relier par un chemin de fer le bassin fluvial du Congo belge à la mer.

Les premiers fonds s’élevèrent à 3ooooo francs. Cette somme avait été obtenue par Thys d’amis qu’il allait en quelque sorte mendier.

Le capital peu à peu s’augmenta, les travaux commençèrent. Un jour, on se trouva sans le sou avec un million de déficit.

Actuellement, le chemin de fer est terminé : le trafic est de ioio854i fr. 09 pour l’exercice 98-99, alors qu’il n’était que de 3416698 fr. 37 en 97. Les actions qui étaient de 700 francs en 97 valent aujourd’hui 2 4 1 2 fr. 5o, et Thys se trouve à la tête de compagnies, pour l’exploitation du Congo belge, représentant un capital de plus de 90 millions.

Il a réussi et son pays lui en esta juste titre reconnaissant. Son succès a été dû à sa foi, et à la confiance qu’eut en lui et en son œuvre le roi des Belges qui s’engagea personnellement pour plus de dix millions. De la confiance et de la persévérance du roi des Belges la nation française est capable.

Messieurs, je voulais vous entretenir exclusivement de questions coloniales, et je me vois obligé de toucher à la politique. Bassurez-vous, elle restera tout extérieure, et je ne ferai d’ailleurs que l’effleurer.

Lorsque nos relations avec l’Abyssinie se resserré-

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rcnt, nous eûmes l’idée (j'ai le droit de dire nous) que nos intérêts pouvaient concorder avec ceux de Ménélickpour opposer comme un fait accompli un obstacle pacifique à la marche des Anglais allant du Caire vers le sud.

Le projet choyé par le président Carnot ne fut pas abandonné à sa mort. Mais, par un concours de circonstances qu’il n’appartient pas de discuter ici, il se trouva que l’appui gouvernemental français fut très faible en ce qui regardait la pénétration abyssine. Une sorte de fatalité a semblé peser sur toutes les entreprises françaises ayant l’Egypte ou le Nil pour but. Le traité qui ratifia l’abandon de Fachoda et même celui du Bahr-el-Ghazal, en dépit de certains espoirs dont on nous avait leurrés, ne touche pas la politique de l’empereur Ménélick ; il pourrait tout au plus modifier la nature de la partie que nous avions engagée avec lui, les enjeux n’étant plus les mêmes. La force des choses ou la faiblesse de la diplomatie devaient nous induire à nous occuper désormais moins directement de ce qui se passerait dans la vallée du Nil.

Les événements qui se déroulent dans les républiques sud-africaines grandissent l’importance du facteur abyssin et bouleversent si bien le statu quo africain que nous sommes en droit de nous demander si nous ne devons pas, du côté éthiopien, reprendre certaines conversations interrompues.

L’Abyssinie est à un tournant de l’histoire, puisque c’est le mot à la mode, tant au point de vue de la religion qu’à celui de la civilisation. Elle n’a pas

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besoin de tuteur. Elle peut aimer des amis que lie avec elle une communauté d’intérêts. Puisque certains périls, qui pouvaient l’engager à une grande réserve et à une grande prudence, se trouvent de longtemps écartés d’elle, sans qu’hélas ! nous y soyons pour rien, elle se trouve plus dégagée, plus libre pour écouter nos propositions. Le champ est retourné, il faut ensemencer. Je suis sûr que si le colonel Marchand, qui a su montrer durant son expédition de telles qualités de diplomate, était consulté sur le langage à tenir à Addis-Ababa, il ne se trouverait pas en peine de répondre.

Vous excuserez, messieurs, la forme énigmatique de mon langage sur un sujet aussi délicat. Je souhaite seulement que les rébus se résolvent, et que les événements ou la volonté de nos gouvernants se chargent de vous apprendre une vérité claire, limpide, profitable aux droits et aux intérêts de la France en Afrique.

« Maintenant, me demanderez -vous peut-être, qu’avons-nous à faire, nous autres commerçants, en Abyssinie ? Devons-nous y chercher des débouchés ? »

Je vous répondrai avec la même franchise avec laquelle j’ai toujours parlé : actuellement, il n’y a place sur les plateaux éthiopiens que pour un très petit nombre de commerçants, que pour des gens très expérimentés, et ayant une grande connaissance du pays et de ses habitants. Pour pouvoir faire pratiquement des affaires en Abyssinie, le nouveau venu se heurtera à beaucoup de difficultés, La première est

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un sentiment de défiance éveillé chez un peuple effrayé par une invasion trop rapide et trop subite d’étrangers qui se disent tous venus pour le soutenir.

A chacun son œuvre ; laissez le temps, et aussi certains agents de civilisation qui vont lentement mais sûrement, faire la leur. Ils vous prépareront le terrain et vous convieront à la récolte.

Elle sera belle ; mais elle n’est pas encore mûre.

Après avoir essayé de vous montrer la place importante qui devait être attribuée à l’Abyssinie, en Afrique, dans l’avenir commercial et dans le présent politique, je serais mal venu de paraître vouloir ensuite la diminuer à vos yeux. Telle n’est pas mon intention ; mais il faut simplement mettre les choses en leur place.

Lorsque, en partant pour l’Ethiopie, je recevais un millier de demandes de compatriotes désireux de me suivre, je ne pouvais m’empêcher de penser avec un certain serrement de cœur que nous avions des colonies ; que l’Algérie, la Tunisie et plus loin Madagascar, et plus loin encore llndo-Chine, les plateaux fertiles de l’Annam et le riche delta du Tonkin, offraient à leur activité le plus beau et le plus vaste champ d’exploitation qui pût être souhaité.

On peut diviser les gens qui veulent partir au loin en trois catégories.

Je mettrai dans la première les esprits débordant d’activité, ou souvent d’imagination qui désirent avoir des aventures.

Ceux-là n’ont qu à s’engager dans l’infanterie de

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marine. Au bout de quelques années, ils trouveront peut-être les aventures trop fréquentes à leur gré.

La seconde catégorie comprendra les gens qui veulent faire un court séjour dans les colonies, pensant que la distance de leur déplacement leur vaudra une fortune rapide.

Ces ambitieux de l’or, ces tempéraments de joueurs, feraient mieux de rester chez eux. Leur place n’est pas ✓ dans des pays où la rémunération du travail demande

encore une plus grande somme d’énergie, de persévérance, de courage que chez nous.

Je vois enfin, parmi les élus de la troisième catégorie, les vrais commerçants, les vrais industriels, les vrais agriculteurs qui se sentent le courage et la ténacité nécessaires pour entreprendre le métier de colon.

Ces hommes d’élite, qui emportent dans leur cœur l’image du foyer, savent en travaillant au loin sur un sol français créer, à côté de la plus grande France, la plus grande patrie ; je les salue avec respect.

Dignes frères de héros qui leur ont ouvert la voie par la conquête, ils parachèvent par le travail l’œuvre de leurs aînés.

Messieurs, je suis heureux de l’occasion qui me permet de parler ainsi au milieu d’industriels et de commerçants.

Il faut qu’en France le commerce soit honoré et estimé ; il faut que les commerçants soient en estime au même degré que ceux qui sont entrés dans les carrières libérales.

Je lisais ces temps-ci un livre que je me permets

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de recommander particulièrement à votre attention : A quoi tient l'infériorité du commerce français ? par M. G. Aubert.

L’auteur, passant en revue les différentes causes de la décadence de notre commerce, telles que le manque de crédit et la timidité des capitaux, insiste tout particulièrement sur la supériorité que donne aux Allemands et aux Anglais leur éducation commerciale, commencée dès un très jeune âge.

En Angleterre et en Allemagne, le métier de commerçant est commencé plus tôt que chez nous, est plus répandu, et est plus respecté jusque dans la plus haute société.

En France, on a une trop grande tendance à se lancer dans les professions libérales et gouvernemen taies, qui se trouvent plus que débordées.

Il y a pléthore de médecins, d’avocats, de fonction naires.

Ce n’est pas que je n’honore les carrières dites libérales, qui contribuent à donner à notre pays ce bon renom d’intelligence et de civilisation dont nous nous enorgueillissons ajuste titre.

Mais on ne se nourrit pas que de livres. Ce qui est vrai pour les particuliers l’est aussi pour l’Etat : Mens sana in corpore sano. On oublie souvent que le corps a besoin d’hygiène.

L’habitude du recours à l’Etat nous vaut, pour les individus dont l’énergie personnelle est déjà faible, l’annihilation d’une force qui se trouvait à l’état latent et qu’il eût fallu développer ; pour les actifs et les

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indépendants la création d’entraves qui les empêchent de donner la mesure de leur valeur.

Les Chinois qui, dit-on, sont les premiers commerçants du monde, si forts, jouissent d’une grande liberté commerciale individuelle. Un code né des nécessités de l’intérêt commun et appuyé par la force du droit d’association régit leurs rapports d’affaires souvent mieux que ne pourrait faire une intervention de l’Etat.

Depuis quelques minutes, je m’aperçois que je ne fais que formuler des critiques sur notre propre compte. C’est une habitude que nous avons de dire du mal de nous-mêmes et de ce qui se passe chez nous.

Il faut assurément voir ses défauts ; mais il ne faut pas non plus ne voir qu’eux. La lumière, le soleil, la gaieté poussent au travail ; quand on désespère de soi-même, on n’est plus bon à rien. Allez au loin, voyagez, sortez de France pour pouvoir y revenir et vous rendre compte que c’est le plus beau pays du monde. Et nous devons être fiers de notre patrie. Il faut croire en elle ; on ne fait rien sans la foi.

Ayons foi dans l’avenir ; préparons-le avec sagesse, mais aussi avec confiance. La race française a des qualités qui étonnent le monde.

Lorsque la grande ombre de l’Empereur sur le rocher de Sainte-Hélène voit passer les convois anglais qui se rendent au Cap, il sait qu’ils vont essuyer le feu des canons des vieux Français Joubert et Cronier, prêts à donner leur vie pour l’indépendance de leur pays.

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Race généreuse, race des Dupleix, race des Montcalm, race toujours jeune, la vieille France t’anime et te vivifie sans cesse.

Ah! on peut rire de nous, on peut nous plaindre parfois, nous avons nos ridicules, nous avons presque tous des opinions différentes, nous ne nous entendons jamais. Que l’heure du danger sonne pour la patrie, il n’y a plus qu’un drapeau, qu’un cœur ; vous le sentez si bien dans votre poitrine. Cette union qui serre nos rangs en face de l’ennemi, nous devons la trouver en temps de paix. Pour le bien de la patrie, nous devons répudier les discordes stériles, et unir nos efforts communs dans l’intérêt de tous.

C’est parce que vous êtes des hommes de travail, que vous sentez, loin des inutiles et sombres maximes négatives, loin des regrets superflus, loin des songes creux, la nécessité des pratiques positives ; c’est parce que je suis sûr de ne trouver maintenant qu’un écho parmi vous, que je vous demande simplement, en vous quittant, de redire avec moi : « Vive la France d’hier ! Yive la France de demain! Yive la France!

L’ INSURRECTION DES ROXERS

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