‹ L'âme élevée à Dieu [microforme]Chapitre 10 sur 119 · SUR LA FOI · texte numérisé non relu

SUR LA FOI

Dieu nous a fait naître dans le sein de la foi, il nous « il

éclairés de ses vives lumières ; nous l'avons reçue comm qi un précieux héritage de nos ancètres. Nous reconnaisson

que c'est une grâce : mais en avons-nous jamais connu | ce prix et tous les avantages? Car voici ce que la foi est pour jo

nous, el ce que nous pouvons nous dire à nous-mêmes dan: Ur les sentiments de notre juste reconnaissance : OI Je suis dans le sein de la foi, et la foi est pour moi le lien la indissoluble qui m'unit à l'Eglise, la règle invariable qui Pi fixe tous mes doutes, la solide consolation que j'ai dans le: [E peines de cette vie, enfin la pensée salutaire qui me rassu- ne rera au moment de la mort. Foi précieuse, que ne vous doisje pas, si vous êtes pour moi la source de tous ces avantages‘ ré 1 Je suis né dans le sein de la foi, et la foi est pour moi le d'c | lien sacré qui m'unit à l'Eglise : nous ne sommes, en effet. cal {Al liés à l'Eglise qu'autant que nous sommes ses membres; e Lot À nous ne sommes ses membres qu'autant que nous lui somme: rel il unis par la foi; sans elle, nous ne sommes à ses yeux qu'au- Let |! tant de brebis égarées et hors du bercail, autant de membres qu le étrangers et séparés du corps; mais, du moment que la foi bli | nous anime, dès lors nous entrons dans la société des ti- de y dèles, nous appartenons à la nation sainte ; nous sommes au co ll nombre des enfants de Dieu ; nous avons droit à l'héritage dis nil céleste, Que d’autres se glorifient donc d'être més dans les mu À palais des rois, d'être les enfants des grands de la terre: de ‘1 pour moi, mon bonheur sera toujours d'être enfant de l'Eë glise. Pourquoi? Parce que dès lors je suis assuré d'être ur 1 dans la voie du ciel et de marcher dans le chemin du sa- qu I] lul : c'est celui de la foi; il n’en est point d'autre; et tout ue {br autre ne peut conduire qu'au précipice et au dernier des mn malheurs . M Mais, dira-t-on peut-être, il y a hors de la foi tant de de personnes d'ailleurs régulières, intègres, irréprochables; il La

en est qui pratiquent des bonnes œuvres, qui font des prières. ne

ien devant Dieu ur devant lui,

et que, si nous it le plus redou-

oi, il nous à eeue commun econnaisson ais connu li | foi est pour -mêmes dan:

r moi le lien variable qui J'ai dans le:

ui me rassu- 1e vous dois- ‘s avantages pour moi le es, en effet.

nembres: e s lui somme:

yeux qu'aude membres nt que la foi ciélé des fis sommes all à l'héritage és dans les de la terre:

fant de l'Essuré d'être ‘min du satre; et tout dernier des

foi tant de chables: il es prières.

des jeûnes, des aumônes, ete. Tout cela est grand et louable ; inais à tous ces litres ilen manque un essentiel encore, la docilité à la foi: hors de la il n'y a ni mérite, ni salut, ni récompense: œuvres éclatantes, mais œuvres stériles; fruits apparents, mas fruits gatés, En vain done voudrait-on se ulorifier dans ses œuvres, toujours l'Évangile nous dira que celui qui ne croit pas est déjà jugé; toujours l'Apôtre nous annoncera que sans la foi on ne saurait plaire à Dieu; toujours Jésus-Cmrist nous ordonnera de regarder comme un paien et un publicain quiconque n'écoute pas l'Eglise, fûtil d'ailleurs aussi austère que les anachorètes, aussi éclairé que les séraphins.

Quels seront donc la surprise, la douleur, le désespoir de ceux qui, éloignés de la foi et séparés de l'Eglise, iront un jour se présenter devant Dieu, et, croyant avoir amassé des tresors de mérites, paraîtront à ses yeux les mains vides ! Oh! que mon sort est bien différent! Dans la foi animée par la charité, pas un moment qui ne soit compté pour le ciel, pas une action qui ne soit écrite au livre de vie, pas le moindre talent qui ne produise au centuple pour l'éternité. Voici un nouvel avantage aussi précieux.

40 Je suis dans le sein de la foi, et la foi est pour moi la règle invariable qui fixe tous mes doutes, Et en combien d'occasions n'ai-je pas besoin de recourir à elle pour fixer et calmer mes agilations en fait de croyance! Tantôt la raison, toujours curieuse et inquiète, veut sonder les mystères de la religion; à la vue des obscurités, des nuages qui se présentent, elle se voit arrètée à chaque pas; elle se demande pourquoi ceci? comment cela? ces mystères impénétrables semblent l'accabler sous leur poids. Si je n'ai que les lumières de cette faible raison, où en suis-je réduit? Mais, si j'ai recours à la foi, je suis rassuré, le pourquoi et le comment disparaissent. Pourquoi ceci? Parce que Dieu l’a dit. Comment cela? Comme l'Eglise l'enseigne. Tout est dit dans ces deux mots: tout est renfermé dans ces deux oracles,.

2° Tantôt des esprits inquiets et indociles, comme il s'en trouve si souvent dans le monde, viendront me faire des questions sans nombre, élever des difficultés sur des matières épineuses et relevées; tant que je serai réduit à moimème, peut-être ne pourrai-je pleinement les satisfaire. Mais, dans mon insuffisance, je les rappelle à la foi ; et dans deux mots je réponds à tout : Que dit l'Eglise? qu'enseigne la foi? voilà ce que je crois et à quoi je m'en tiens : à Dieu ne plaise que je veuille en savoir davantage !

Encore he sont-ce là que des doutes propres et personnels;

car si dans le sein de l'Eglise même il s'élève des contes- Lations qui divisent les esprits et qui forment des partis différents, si dans ce temps de ténèbres je ne vois que par mes faibles lumières, que deviendrai-je? De part et d'autre on voit des personnes éclairées, on apporte des raisons, on 0ppose des difficultés : à quoi s'en tenir? À la foi, j'en conviens; mais celte foi véritable, où est-clle? Chacun se flatte de lavoir de son côté, et de combattre pour elle, Voilà le moment décisif, je prends mon parti sans retour : l'Eglise, l'Eglise, le corps des pasteurs unis à leur chef, voilà la règle, voilà l'oracle. En vain tout autre, ou parti, ou s:ete. ou cabale, vicndront-ils me tenter; S'ils ne sont pas à l'Église, is ne me sont rien. Grâces iminortelles en soient rendues à la foi; elle a calmé mes agitations , elle à dissipé mes alarmes, elle continue à me favoriser de ses dons.

3° Je suis dans le sein de la foi, et La foi est pour moi la solide consolation que j'ai dans mes peines; car, il faut l’avoucr, il y a des moments dans la vie où la raison pourrait peut-être nous soutenir : mais il y en a certains où l'on à besoin de toute la religion pour ne pas succomber. Il est des accidents si terribles, des événements si funestes, que les consolations ordinaires ne sauraient suffire. En vain, dans l’amertume et l'accablement de cette douleur, une raison toute naturelle viendra-t-elle me rappeler l'instabilité des choses humaines, me dépeindre la vanité des biens de ce monde : tout cela effleure la superficie de mon âme, mais tout cela ne va point jusqu'au cœur. En vain une fermeté stoique et une sagesse de philosophe viendrort-elles me débiter leurs pompeuses maximes, me dire que le sage n’est ébranlé de rien, que l'homme n'est fait que pour se posséder lui-même et dominer les événements de la vie : ah! retirez-vous, fades consolateurs, laissez-moi dévorer en secret ma douleur : elle m'accable, mais elle me plaît; loin de l'adoucir, vous l’aigrissez en y ajoutant le poids d'une consolation onéreuse. En vain des amis fidèles, touchés de mon sort, viendront-ils me consoler en m'assurant qu'ils prennent part à mes maux, qu'ils sont sensibles à mon affliction :

je les écoute extérieurement avec déférence, mais j'écoute

encore plus ma douleur; je ne sais comment, dans toutes leurs paroles, je ne trouve que vide et que sécheresse ; rien ne me touche, et tout me laisse plongé dans l’abîme de cette douleur.

Mais la foi vient-elle à mon secours, et me fait-elle entrevoir que mon affliction peut contribuer à ma félicité, que cette affliction entre dans l'économie de mon salut, que la

des contess partis difque par mes d'autre on ns, ON Op- |, j'en con- ‘un se flatte le, Voilà le ir: l'Eglise, ‘là la règle, :cte. ou caà l'Eglise, rendues à la es alarmes,

pour moi la il faut l’aon pourrail 1s où l'on à er. Il est des Les, que Îles vain, dans une raison labilité des iens de ce âme, mais ne fermeté t-elles me

sage n’est r se posséle : ah! rer en secret ît; loin de

"une conés de mon u'ils prenaffliction :

is J'écoute ans toutes resse ; rien l'abîme de

t-elle enlicité, que ut, que la

L'AME ÉLENEE A DIEU. 31

souree de mes larmes peut devenir la source de mon bonheur: la foi me dit-elle que par mes afflictions je puis expier mes péchés, apaiser la colère de Dieu, mériter une place parmi les élus; cette foi vient-elle me présenter un Dieu élevé sur la croix pour modèle, ouvrir le ciel à mes yeux pour récompense de mes travaux, me montrer une elernite bienheureuse pour terme de mes malheurs : ah! dès lors mon cœur commence à s'ouvrir à la palience, mon espril se prète aux réflexions salutaires; ma douleur me paraîl moins amère; peu s'en faut qu'elle ne me devienne précieuse, O foi puissante et divine! il n'appartient qu'à vous d'opérer ces prodiges; vous me présentez un Dieu mourant, je l'adore; vous m'offrez la croix, je l'embrasse; vous me montrez une éternité, je l'espère. I ne fallait rien moins que vous pour calmer les flots agités de cet océan de douleurs; mais, à votre vue, il me paraît changé en torrents de délices.

4 Achevez done votre ouvrage, foi salutaire ; et. après avoir été ma consolation dans mes peines durant cette vie. soyez encore la solide pensée qui me rassurera au moment de la mort. Elle le fera; et c'est même surtout alors qu'elle nous fera goûter ses précieux avantages.

Je meurs daus la foi, se dira une âme fidèle, j'expire dans le sein de l'Eglise; mes derniers moments lui seront consacrés, etmes derniers soupirs seront rendus entre ses mains. Recevez, foi divine, l'hommage que je vous rends; puissé-je par là expier les outrages que je vous ai faits! Du moins je reconnais que vous êtes la seule voie du salut et le seul chemin qui puisse nous conduire à Dieu. Que cet aveu d'un mourant vous est glorieux! mais en même temps qu'il est doux pour moi!

L'Eglise elle-même croit cette pensée si consolante pour l'homme à sa dernière heure, et si capable de toucher le cœur de Dieu, que, dans les prières qu'elle lui adresse pour le mourant, elle rappelle la foi dont il a fait profession durant sa vie. Dieu des miséricordes, lui dit-elle dans les sentiments de sa confiance, voilà une âme qui va paraître devant vous : elle a bien des sujets de redouter ce terrible passage; mais enfin Souvenez-vous que, dans le fort même de ses égarements, elle à toujours conservé la foi. Trinité adorable! Père, Fils, Saint-Esprit, elle a toujours confessé votre saint nom : c'est cette foi qu'elle vous présente avec ses regre!s; soyez touché et recevez-la dans le sein de votre miséricorde. Sortez donc, âme chrétienne, ajoute l'Eglise, comme rassurée ; allez, vos péchés vous accuseront, mais

LM votre foi plaidera pour vous et sollicitera en votre faveur :

LA c'est le dernier et le plus précieux gage qu'elle puisse vous al (Na) donner de sa tendresse. Elle nous le donnera un jour, si el Li durant notre vie nous lui sommes fidèles, si nous en con- àt

à servons les sentiments, et si nous nous conduisons selon ol

ses saintes maximes.

MÉOITATION SUR LE MÊME SUJET

11 C'est un bonheur ineffable pour nous, à mon Dieu! d'être El nés dans le sein de la foi; mais ce n'est pas assez de con- | naître et de goûter ce bonheur; nous avons contracté avec

ki i elle des engagements. Ils consistent en quatre différents & I} hommages qu’elle exige de nous : hommage de soumission “ 1e qui nous la fasse écouter avec docilité; hommage d'affection qu If qui nous la fasse aimer avec tendresse; hommage de zèle

ll pour en défendre les intérêts avec ardeur: hommage d'ac- d': il tion qui nous la fasse honorer par nos œuvres. Lct Dieu saint, auteur et consommateur de la foi, qui avez bo

) daigné m'éclairer de ses divines lumières, accordez-moi la Lai grace de bien connaître mes engagements envers elle, et tir

plus encore la fidelité avec laquelle je dois inviolablement oc les remplir. Le

40 Hommage de soumission. Et quels doivent en être les de sacrés caractères? Soumission humble et docile, c’est le par- ma tage des véritables enfants de l'Eglise : la foi l'exige d’une m':

manière si indispensable et si absolue, que, si quelqu'un de vient à la lui refuser et à s'en départir, elle le méconnaît, etc

elle le condamne, et s'arme contre lui de tous ses anathè- le mes. Dès lors ce n’est plus pour elle qu’une brebis indocile : voi malheur à elle si, ainsi égarée, elle tombe sous la dent du rec loupravisseur! dès lors ce n’est plus qu'une pierre d’achop- sée pement et de scandale, qui ne peut trouver place dans l’é- aut difice de la céleste Jérusalem ; dès lors ce n'est plus que pas

somme un membre pourri qu'il faut retrancher, de peur le qu'il ne communique sa contagion. pèt fl | Soumission ferme et inébranlable jusqu'au point de tout do: LL sacrifier, de tout soufrir, de tout perdre plutôt que de perdre sec À la foi, plutôt même que de s'exposer à la perdre : biens, da (il honneurs, santé, liberté, vie même, tout cela est précieux ; vol mais si tout cela se trouve en compromis avec la foi, tout ce

cela doit céder à la foi, et, s’il le faut, sur les débris de tout el

cela doit s'élever la foi triomphante.

re faveur :

Uisse VOUS un jour, si us en consons selon

ieu ! d’être ez de contracté avec » différents SOUMISSION d'affection ige de zèle mage d'ac-

il, qui avez dez-moi la ers elle, et lablement

en être les est le par- Kige d'une quelqu'un éconnaît, *s anathèindocile :

la dent du d’achopdans l’éplus que , de peur

nt de tout de perdre e: biens, précieux ; à foi, tout is de tout

Soumission surtout intérieure et de cœur : c'est sur cet autel que nous devons offrir cet hommage à la foi, Quand elle commande, elle a droit aux secrètes pensées de notre àme et aux sentiments intimes de notre cœur. Mais une obéissance extérieure, un silence plein d'égard et de déférence, ne sufliraient pas. Non. ils ne sauraient suffire à la foi; ce ne serait lui donner que la main, et elle demande le cœur, Foi divine! Eglise sainte! que ma main droite soit retranchée si elle trace jamais des caractères que mon esprit démente; que ma langue desséchée s'attache pour toujours à mon palais si jamais elle prononce des paroles que mon cœur désavoue : ma religion m'enseigne à parler, et non à déguiser ; ma foi m'apprend à mourir, et non à mentir. Une foi qui m'autoriserait à un tel déguisement n'aurait jamais de part qu'à mes anathèmes : Allez, lui dirais-je; vous n'êtes point une foi chrétienne. la probité paienne vaut plus que vous.

20 Nouvel hommage que nous devons à la foi. hommage d'affection qui nous la fasse aimer avec tendresse, L'Eglise est notre mere; en ce point le cœur parle sans que la bouche s'explique. À cette aimable qualité de mère, Eglise sainte, pourrais-je vous méconnaître? Et à combien de titres mérilez-vous ce doux nom! c'est vous qui m'avez engendré en Jésus-Christ; vous m'avez fait naître dans votre sein; vous m'avez reeu entre vos bras, vous m'avez nourri de votre lait: dans ima faim. vous m'avez rassasié de la manne céleste et du païa des anges; dans ma soif, vous m'avez désaliéré par le breuvage d'immortalité dans le sang de l'Agneau : me favorisant ainsi de vos dons dès l'enfance , et comblant ensuite vos bienfaits d'âge en âge ; me montrant le chemin du salut, me conduisant par la main dans les voies de Dieu: me rappelant avec bonté, si je m'égarais ; me recevant avec tendresse, si je revenais. Que de prières adressées au Seigneur pour moi! Que de sacritices offerts sur ses autels! que de secours préparés pour le ciel! Vous ne bornez pas là vos faveurs : comme c'est dans votre sein que j'ai eu le bonheur de naître, c’est encore entre vos bras que j’espère rendre le dernier soupir : c’est par vos mains que je dois être présenté au Père des miséricordes : c'est par votre secours et à l’aide de vos grâces que j'espère une entrée dans sa gloire. Et à qui donnerais-je ma tendresse, si je vous la refusais? Justice, reconnaissance, intérêt, ne sontce pas autant de voix éloquentes qui sollicitent pour vous et me demandent mon cœur! Je vous le consacre, et tous ses sentiments, pour toujours : je vous dois toute ma ten-

dresse : mais à quelles marques pourrais-Jje vous la témoigner ?

3° Ayons du zèle pour elle : voilà le gage le plus assuré que nous pourrons lui donner, et qu'elle recevra avec plus de joie. Du zèle pour la foi? un chrétien pourrait-il en manquer? Nous croyons en avoir, nous nous en flattons; mais l'avons - nous en eflet? Jugeons-nous nous-mêmes : en voici les marques. O mon Dieu! quel examen, ou quel jugement vais-je ici subir! Ah! Seigneur, nous sommes fidèles et chrétiens de nom : le sommes-nous de conduite e! de mœurs ?

Notre foi a des commandements, elle a des lois, elle à des pratiques. Ces commandements, les remplissons-nous”? ces lois, les respectons - nous? ces pratiques, les observonsnous? Voilà le zèle : pouvons-nous nous flatter d'en être animés? Notre foi a des intérêts : les avons-nous à cœur? Si elle à des succès, y prenons-nous part pour nous en réjouir? Si elle fait des pertes, y sommes-nous sensibles pour nous en affliger? Voilà le zèle, et le seul qu'elle canonise. Sur toutes ces choses chacun doit répondre pour soi : mais pour moi que puis-je répondre, qu'en me condamnant? Notre foi à des ennemis à craindre, des persécutions à essuyer, des combats à soutenir; nous le savons : de quels sentiments sommes-nous touchés? Le zèle de la maison de Dieu dévore-t-il notre cœur comme celui du prophète? Parlons-nous, agissons-nous, vivons-nous pour elle ? Que si notre état ne nous permet pas de parler, de raisonner pour la foi, car il ne conviendrait pas à tous de le faire, du moins prions-nous pour elle? Prions-nous pour sa conservation? Prions-nous pour ses défenseurs? Prions-nous pour ses enfants? Prions-nous pour ses ennemis ? Comme Moïse, levons-nous les mains au ciel tandis que les Josués combattent pour elle? Sans essuyer leurs travaux, nous aurions part aux dépouiiles! et combien de fois l'homme qui prie, comme l’homme qui obéit, a-t-il remporté des victoires? 0 foi divine! vous le trouviez autrefois dans les premiers tidèles, ce zèle ardent; ils vous l'offraient dans le témoignage de leur sang : qu’ai-je fait jusqu'à présent pour vous le témoigner? Du moins dans la suite travaillerai-je à le ramener dans mon cœur; mon insensibilité, mon indifférence passée n'est-elle pas un motif bien pressant pour m'y engager ?

4 Un dernier hommage bien précieux que nous devons à la foi, c'est l'hommage de nos œuvres. La foi et les œuvres doivent toujours être unies ensemble et marcher de concert:

s us PS ?

Reis SL =

Jus la témoi-

» plus assuré vra avec plus urrait-il en en flattons :

Jus - MÊMES :

en, ou quel ous sommes e conduite et

s lois, elle à ISSONns-nous ?

ss observonster d'en être ous à CŒUT ?

nous en réensibles pour Ile canonise.

ur SOi : Mmäis ondamnant? ersécutions à ps : de quels la maison de ophète? Parelle ? Que si isonner pour

le faire, du r Sa Conser- 1s-nous pour pmme Moïse, sués combat- )ous aurions me qui prie,

victoires ? O les premiers ns le témoi-

t pour vous erai-je à le mon indifféant pour m'}

ous devons et les œuvres de concert:

les œuvres sans la foi sont des œuvres stériles, et la foi sans les œuvres est une foi morie. L'arbre se connaît par ses fruits, disait le Sauveur, et le chretien se connaît par ses œuvres. Sans qu'on nous interroge, nos actions doivent dire quelle est notre religion. Nous ne portons pas notre foi écrite sur notre front; mais nous devons l'annoncer par nos mœurs, et la rendre respectable par notre conduite et par des œuvres qui répondent de la foi, qui honorent la foi, qui conservent et entretiennent la foi. Amour de Dicu, détachement de nous-mêmes, charité pour nos frères, éducation mutuelle : tel est le glorieux témoignage que nous devons à la foi, si la foi vit dans nous. Mais que serait-ce, à mon Dieu, si, au lieu de ces œuvres qui doivent soutenir, honorer, conserver ma foi par mes œuvres mêmes, je la contredisais, je la déshonorais, je l'exposais, et par une suite trop naturelle je la perdais ?

Et faudrait-il s'étonner, si en contredisant, en déshonorant, en exposant ainsi notre foi, nous venions enfin à la perdre? Et n'est-ce pas l'exposer que de nous exposer dans les occasions où nous savons qu'elle risque tout; de former des liaisons «vec des personnes suspectes; d'écouter des discours dangereux en prétant l'oreille au serpent séducteur ; de se livrer à des lectures profanes et criminelles, capables de porter le poison également dans l'esprit et dans le eœur; de vouloir parler de tout, juger de tout, décider sur tout? Plaignons - nous après cela que nous avons des tentations contre la foi! et comment cette foi subsisterait-elle dans nous quand nous prenons tous les moyens pour la perdre? Pensez-vous, disait autrefois le Sauveur du monde, que quand le Fils de l'homme viendra un jour iltrouvera encore de la foi sur la terre? Hélas! adorable Sauveur, sans attendre même la fin du monde, si vous veniez à présent, en trouveriez- vous beaucoup parmi nous? Ah! ne nous enlevez pas ce sacré dépôt, n’éleignez pas ce céleste flambeau; ne nous privez pas de cette précieuse portion de votre héritage ; punissez-nous, nous le méritons; mais ne portez pas la punition jusqu'à éloigner de nous votre divin Esprit, et à nous soustraire les lumières et le don de la foi. Ne projicias me a facie tua, et Spiritum sanctum tuum ne auferas a me (1).

(1) Psalm. ce.

360 L'AME ÉLENÉE A DIEU.

PRIÈRE

Quelles actions de grâces n'ai-je pas à vous rendre, à mon Dieu! de m'avoir fait naître dans le sein de la foi, de m'avoir éclairé de ses divines lumières préférablement à tant d'autres qui gémissent dans les ombres de la mort! Qu'ai-je fait pour mériter une telle faveur? et que ne dois-je pas faire pour en témoigner ma juste, ma vive, mon éternelle reconnaissance ? Je comprends tout fe bonheur que cette foi me procure ; mais je sens aussi ce qu'elle demande, et quels sont les hommages qu'elle a droit d'exiger de moi; je vous les offre dés à présent, et toute ma vie je tächerai de vous les rendre en son nom et par son secours.

Hommage de soumission, je la respecterai avec docilité; hommage d'affection, je l'aimerai avec tendresse; hommage de zèle, je n'oublierai rien pour en défendre les intérêts avec ardeur ; hommage d'action, toute ma vie je m'efforcerai de l'honorer par mes œuvres. Oui, je tàcherai de l'honorer en tout. Je la ferai régner dans mon cœur et dans ma conduite; elle sera l'âme de mes sentiments et de mes actions; je jugerai des choses selon les vues de la foi; mes pensées, mes projets seront animés de cet esprit de foi. Conservez la dans moi, à mon Dieu! afin que durant ma vie elle soit la règle de mes mœurs, et qu'a ma mort elle puisse recevoir mes derniers OUPS: remettre mon âme entre vos mains, et l'introduire dans le sein des élus.

PRATIQUE

je Faire souvent des actes de foi, et en renouveler les sentiments devant ieu.

2° En toutes choses, autant qu'on le peut, agir en esprit de foi.

3° Renouveler de temps en temps ses engagements à la foi et les promesses qu'on lui a faites dans le baptême.

&o Avoir une dévotion, un respect particulier pour les petites pratiques de piété consacrées par la foi; avoir de l'eau bénite chez soi, porter toujours sur soi-même quelque monument de piété; se procurer autant qu'on e peut les trésors précieux des indulgences; honorer les images des saints, surtout de celui dont on porte le nom.

“° Détester tout livre, tout discours, toute liaison qui peut le moins du monde altérer les sentiments de la foi; et prier le Seigneur de nous la conserver jusqu'au dernier soupir.

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