DES DEVOIRS DES PARENTS ENVERS LEURS ENFANTS
Combien peu y en a-t-il qui y pensent.
Les parents dans le sein de leur famille tiennent la place de Dieu envers leurs enfants. ils les ont mis au monde, ils doivent les rendre dignes du ciel. C’est Eu que de leur avoir donné une vie mortelle, et souvent misérable : ils doivent les préparer à une vie éternelle et plus digne d'eux, sans quoi ils se rendent responsables devant Dieu, et de leur propre perte, et de celle de leurs enfants. Eh ! quel serait le malheur des parents qui n'auraient mis des enfants au monde que pour donner des réprouvés à l'enfer! Cependant n'est-ce pas là ce qu’on à à se reprocher et à craindre? Tant de parents qui non-seulement laissent leurs enfants manquer d'éducation et d'instruction, mais encore qui ont le malheur de
donner à ces enfants infortunés de mauvais exemples, des occasions de péché, des sujets de scandale par leur déréglement et leur mauvaise conduite !
Parents négligents et indolents dans l'affaire de leur salut : à peine leurs enfants les voient-ils pratiquer quelque exercice de religion et de piété. Offrent-ils à Dieu l'hommage de leurs prières le matin et le soir? fréquentent-ils les sacrements ? sont-ils assidus au service de Dieu et aux devoirs du chrétien ?
Parents colères et emportés, qui ne peuvent parler sans se mettre en feu, sans prononcer des horreurs, sans mettre en crainte, en désordre et en alarme toute une famille. Comment Dieu, qui est le Dieu de la paix, pourrait-il régner au milieu du trouble et de l'agitation ?
Parents déréglés et sans mœurs, rendant témoins leurs enfants de leurs passions , laissant apercevoir leurs désordres. Quels exemples pernicieux pour des enfants déjà trop portés au mal, et si susceptibles des impressions funestes qui favorisent les mauvais peuchants !
Parents avares, intéressés et injustes, qui montrent à leurs enfants une avidité insatiable pour les biens de la terre, qui ne parlent que de richesses et d’acquisitions, qui ne pensent qu'à entasser, qu'à accumuler des trésors périssables. Hélas! qu’amassent -ils souveut sur la tête de leurs enfants, que des trésors de colère !
Parents vindicatifs, remplis d’'amertume et de fiel, qui font couler dans le cœur de leurs enfants le poison de la vengeance dont ils sont enflammés, et qui passe quelquefois de génération en génération dans les familles pour y perpétuer la haine avec ses horreurs. Quel funeste héritage pour des enfants!
Parents quelquefois impies, sans foi et sans religion, qui, au lieu de graver dans le cœur de leurs enfants des sentiments de piété, des principes de religion, détruisent ceux que la gràce leur aurait inspirés, et en forment des libertins déclarés, qui n'auront plus ni foi, ni loi, ni Dieu, ni conscience.
O enfants infortunés , qui ont eu de tels parents! des parents sauvages et barbares auralent-ils été plus cruels ?
Mais, d parents malheureux et coupables, qui donnent à leurs enfants de si funestes exemples ! quel terrible compte n’auront-ils pas à rendre un jour! quel jugement redoutable n’auront-ils pas à subir devant Dieu! N’eût-1l pas en quelque manière mieux valu pour ces enfants qu'on les-eût étouffés dans le berceau, que de les précipiter ainsi dans les enfers ?
On raconte de certaines nations barbares que les parents immolaient leurs enfants à leurs dieux, et les égorgeaient eux-mêmes au pied des autels de ces infâmes divinités. Parents barbares, il est vrai; mais, dans un sens, les parents prétendus chrétiens ne sont-ils pas encore infiniment plus cruels et plus inhumains, lorsque, par leurs mauvais exemples, ils immolent leurs enfants au démon, et en font autant de victimes dévouées à l'éternité malheureuse ?
Terrible pensée, qu’il y ait des parents qui deviennent ainsi comme les meurtriers, les bourreaux de leurs propres enfants, plus cruels mème que les bourreaux, qui n’ôtent qu'une vie
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temporelle, tandis que ces parents coupables ôtent à leurs enfants la vie immortelle, à laquelle ils doivent les conduire et les préparer!
Mais pensée encore plus terrible, qu'il soit vrai de dire qu'il y aura des enfants qui seront damnés par la faute de leurs parents, et qui durant une éternité tout entière haïront, détesteront, maudiront leurs parents, qui auront été l’occasion de leur perte, la cause de leur damnation et de leur malheur?
Combien de parents sont damnés pour n'y avair pas pensé!
Parents, qui que vous soyez, vous devez à vos enfants l'éducation, l'instruction, la correction, le bon exemple, et, selon votre état et vos facultés, un honnête établissement: voilà vos devoirs. Pensez-y bien, et remplissez-les ; sans quoi votre perte éternelle e<t assurée, et peut-être celle de vos enfants avec vous, réduits les uns les autres à vous maudire éternellement, et à aigrir mutuellement vos tourments, votre malheur et votre désespoir.
HISTOIRE
Le pontife Héli avait deux enfants, qui par leurs désordres, leurs injustices, leurs impiétés, déshonoraient son saint ministère, et devenaient pour tout Israël un sujet de plaintes et de scandale.
Le père en fut averti; mais, par une faiblesse extrême et une criminelle complaisance , il n'eut jamais le courage et la force d'y remédier. Enfin Dieu, irrité, lui envoie le prophète Samuel, et lui fait annoncer que bientôt il lui arrivera des malheurs si grands, que tous ceux qui les apprendront en seront eflrayés. En effet, la guerre s'étant allumée entre les Israélites et les Philistins, on en vint à une bataille : c'était là le moment des ven-
eances de Dieu; vingt mille Israélites restèrent sur le champ de bataille,
arche d'alliance tomba entre les mains des ennemis, et les deux fils du pontife, Ophni et Phinées, furent trouvés au nombre des morts, nageant dans leur sang. On en apporte en tremblant la nouvelle au père , qui à cette
triste annonce tombe à \a renverse ; sa cervelle se répand sur le pavé, et il expire à l'instant,
Ainsi périt dans un jour presque toute cette malheureuse famille, en punition de la lâcheté criminelle du père, et de la conduite scandaleuse des enfants.
Pères et mères, pensez-y bien, et apprenez à vos enfants à y penser.
Durant une persécution violente qui s'éleva contre la religion dans le Japon, un père et une mère chrétiens s’attendaient tous les jours au martyre et s’y disposaient par des prières ferventes. Ils avaient un fils encore très-jeune , sur lequel ils étaient extrêmement en peine. Un jour, étant auprès du feu, ils s'entretenaient là-dessus , et se disaient l’un à l'autre : Nous espérons bien, avec la grâce de Dieu, souffrir le martyre pour la religion ; mais, hélas! ce tendre enfant, que deviendra-t-il? aura-t-il la force de soutenir les tourments ? aura-t-il le malheur de succomber et de renoncer à la foi? Durant leur entretien l'enfant faisait semblant de s'amuser et de ne pas les écouter ; en attendant il faisait rougir un fer au feu , et quand 1l fut rougi il le tira et se tee sur la main avec une constance héroïque. Les parents, alarmés, lui demandèrent ce qu'ils faisait et pourquoi il agissait ainsi : Ce que je fais ? leur dit-il avec fermeté : je veux vous montrer qu'avec le secours de Dieu j'aurai assez de courage pour souffrir le martyre avec vous plutôt que de renoncer à ma religion. Les parents, dans l'admiration,
l'embrassent tendrement, fondant en larmes de joie, et rendant grâces à Dieu ordres] de leur avoir donné un tel fils. Ils eurent tous les trois le bonheur d'être # prescr couronnés du martyre. Heureuse récompense des soins de la bonne édu- Euf: cation que les parents avaient donnée à ce cher enfant. et du fruit salutaire 4 et dan que cet enfant avait retiré de leurs soins pour cette éducation sainte! 4 leurs t
Les sentiments de piété sont quelquefois plus vifs et plus ardents leur f chez les nations nouvellement converties que parmi les anciens Enfi
chrétiens. Dans nn pays des missions étrangères se trouvait une î de dé famille chrétienne distinguée parmi les autres; le père et la mère + honoré vivaient en saints, uniquement occupés des devoirs de leur état et * faire du soin de leur salut. Tous les jours ils faisaient une lecture de # Enfe | piété à leur famille assemblée: un de leurs enfants, âgé de cinqa + Dieu; L six ans, avait entendu la lecture des souffrances de Jésus-Christ, ! et de 14 | et en avait été tellement touché, que, dans le désir de l’imiteret quoi n | de souffrir quelque chose pour son amour, il allait tous les jours À Enf | nu-pieds marcher sur des orties, et se mettre les pieds touten £ parent sang ; outre cela il avait fait une petite couronne d’épines aiguës, À unisere et durant la nuit il la mettait sur son chevet, et appliquait sa tête la trist sur cette couronne en l'honneur de celle de Jésus-Christ. Les pa- ! mort : rents s'en apercurent enfin, et l'empêéchèrent de continuer: ils 1 Sont comprirent bien que Dieu avait des vues spéciales sur cet enfant £ drés e | de bénédiction. En effet, dès qu’il fut en âge, il entra dans l'état |! leur te ecclésiastique, et, ayant été fait prêtre, il se consacra aux tra- | lesse, vaux des missions étrangères, y opéra des prodiges, et termina + qui fo enfin sa carrière dans ce saint exercice. prune Les réflexions ne peuvent étre ici que bien consolantes. Heureux à dote les parents qui ont sujet de les faire ! | impréc D TN RES SU TENE : e bien g ‘ Non, !
DES DEVOIRS DES ENFANTS D ENVERS LEURS PARENTS. fois ; les siè Comme les parents ont des obligations contractées envers leurs timen | enfants, les enfants ont à leur tour, à l'égard de leurs parents, Heu | des devoirs à remplir et des fautes à éviter. Après Y pensent -ils ? | jent le in RES | comm Peut-être n’est-il rien dans l’Ecriture sainte de si expressément leur j( recommandé que l’accomplissement des devoirs des enfants envers Le | leurs parents. Ils en ont reçu la vie, le premier, le plus grand des Hlar biens naturels : que ne leur doivent-ils pas de reconnaissance et les ar de sentiments! Mais, hélas! que n'ont pas bien souvent à souf- Cet frir les parents de la part de leurs enfants ! Quand ces enfants vin- sein 0 rent au monde, les parents se félicitaient et s’en faisaient un mère sujet de joie : ah! s'ils avaient pu prévoir ce que seraient un jour etàs ces enfants, au lieu de s’en réjouir, que de soupirs n’auraient-ils | quin pas poussés, et de combien de larmes n’auraient-ils pas arrosé leur semb berceau ! et l'é.
Enfants indociles, qui manquent d’obéissance et de soumission | Dans envers leurs parents; rebelles à leur volonté, méprisant leurs concc
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Es secouant le joug de la dépendance que la loi de Dieu leur rescrit.
F Eufants paresseux, ennemis du travail, plongés dans l'oisiveté et dans l’indolence, ne se rendant capables de rien, tandis que leurs parents sont souvent obligés à gagner leur vie à la sueur de leur front.
Enfants débauchés, qui, se plongeant dans toutes sortes de vices, de désordres et de passions, déshonorent leurs parents en se déshonorant eux-mêmes, et qui par leur vie déréglée s’exposent à faire une fin encore plus malheureuse.
Enfants libertins, qui n’ont ni piété, ni religion, ni crainte de Dieu; livrés aux mauvaises compagnies capables de les pervertir et de les précipiter dans tous les excès et tous les malheurs; car de quoi n’est-on pas capable quand on quitte Dieu!
Enfants ingrats, barbares et dénaturés, qui refusent à leurs parents les secours nécessaires dans leur vieillesse et dans leur misère; qui les laissent souffrir, manquer de tout, et trainer dans la tristesse et le deuil un reste de vie plus insupportunle que la mort même.
Sont-ce des enfants, ou des monstres, que ces parents ont engendrés et mis au monde? Ils croyaient trouver dans eux l'objet de leur tendresse, la consolation de leur vie, le soutien de leur vieillesse, et ils n’ont trouvé que des vipères qui déchirent leur sein et qui font le malheur de leur vie, la ruine de leur ivriune, l'opprobre de leurs familles; qui, par leurs désordres et leur mauvaise conduite, engagent et forcent en quelque manière ces parents désolés et comme désespérés à lancer sur leurs propres enfants des imprécations, des malédictions, des horreurs. Le mal serait déjà bien grand; mais un abime en creuse un autre encore plus profond. Non, rien de si capable d'attirer sur les enfants la malédiction de Dieu même, et les malédictions les plus terribles, que leur manque de ‘respect envers leurs parents, Le Seigneur les en a menacés mille fois; et quels funestes exemples tous les âges, tous les états, tous les siècles n’en ont-ils pas présentés à l’univers, étonné de ces chàtiments redoutables!
Heureux les parents chrétiens qui ont des enfants dignes d’eux! Après leur avoir donné une éducation chrétienne, ils en recueillent les heureux fruits dans une tranquille vieillesse ; ils se voient conne renaitre dans leurs enfants, qui sont leur consolation et
eur joie..
Le beat tableau que David nous retrace d'une heureuse famille ! 1] la représente rangée autour d'une table frugale , où il semble que les anges s'invitent à la considérer avec joie.
Cette famille est composée d’un père qui n’a point d'autre dessein que de servir Dieu et de le voir servir dans sa maison; d'une mère qui n’a point en ce monde d'autre joie que de plaire à Dieu et à son mari, et de voir croitre en grâce et en sagesse ses enfants, qui n'ont entre eux qu’un cœur et qu’une âme, toujours unis ensemble par une heureuse conformité de sentiments que la nature et l'éducation ont fait naître, et qui croit tous les jours avec l'âge. Dans le sein de cette famille règnent la paix, la tranquillité, la concorde, et plus encore la piété et la crainte de Dieu, Mille béné-
dictions se répandent sur elle, et sont comme le gage du bonheur que Dieu leur prépare à tous, quand ils seront un jour réunis dans le ciel pour ne se séparer jamais.
Pensez-y, enfants et parents. Votre maison sera l'image du paradis, st elle est formée sur ce grand modèle.
Pour attirer sur eux des bénédictions abondantes, les enfants doivent remplir leurs obligations envers leurs parents; ils leur doivent le respect, l’obéissance, l’affection , la reconnaissance, et, dans leurs besoins, les secours nécessaires pour leur subsistance, selon leurs moyens. A ce prix, ils seront les enfants de Dieu même, etils auront part à ses récompenses,
Histoire d'un mauvais fils et d'un mauvais père.
Le père le plus criminel et le plus malheureux qui fut peut-être jamais avait un fils aussi méchant que lui ; plongés l'un et l'autre dans tous les crimes, 1ls se précipitaient dans tous les malheurs. Le fils, désobéissant, indocile, était colére, violent, emporté jusqu'à la fureur ; tous les jours ils étaient dans des disputes, des querelles, des violences continuelles , lançant l'un contre l'autre toutes sortes de malédictions. Un jour que le père, déjà avancé en âge, voulut reprendre son fils et lui reprocher sa mauvaise conduite , ce fils malheureux , dans un excès de fureur, se jette sur son père, le renverse par terre , et le prenant par les cheveux, le traine le long des degrés pour le mettre hors de la maison. Quand il fut arrivé àun ceriain point le père, élevant la voix : Arrête, malheurenx, lui dit-il, arrête : je n'ai pas trainé mon père plus loin quand j'étais à ton âge. Ce père coupable reconnut a ce moment la justice et la vengeance de Dieu, qui permettait que son fils lui fit le mème traitement que lui-même avait fait autrefois à son père.
O jugements de Dieu, que vous êtes terribles! mais, à enfants dénaturés, que vous êtes coupables! Apprenez à respecter vos pères, quelque coupables qu'ils puissent être. Je sais que des excès aussi horribles que ceux-là n'arrivent que parmi des gens sans sentiments et d'un certain état; mais dans les conditions même les plus élevées, si les excès des enfants ne sont pas si grands au dehors, combien d’autres désordres où ils tombent, moins sensibles aux yeux des hommes, et peut-être, dans le fond, aussi criminels aux yeux de Dieu !
Enfants, pensez-y; Dieu vous attend, et vous jugera.
L'histoire nous rapporte un trait bien remarquabie en ce point. Un père chrétien n'avait rien oublié pour donner une bonne éducation à son fils : bons exemples, instructions saintes, avis salutaires, tout avait été employé ; mais le mauvais naturel et les passions criminelles avaient dominé le fils, qui causait tous les jours de nouveaux chagrins en donnant dans de nouveaux désordres. Ce père infortuné apprit de manière à ne pouvoir eu douter que son fils dénaturé avait formé ie projet détestable de l'assassiner , pour jouir plus tôt de son héritage et vivre en liberté. Pénétré de douleur et voulant faire un dernier effort pour toucher ce cœur barbare, il dit un jour à son tils : Mon fils, voulez -vous venir vous promener avec moi? vous me ferez plaisir de m’accompagner. Le fils y consent, peut-être pour exécuter son détestable dessein. Le pere le mèneinsensiblement dans un endroit écarté; et assez avant dans une forêt. Alors s’arrêtant tout à coup : Mon fils, lui dit-il, j'ai appris, et je suis assuré que vous avez pris la résolution de m'assassiner : malgré les sujets de plainte que j'ai contre vous, vous êtes mon fils, et je vous aime encore; j'ai voulu vous donner une dernière marque de ma
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bonheur ; tendresse. Je vous ai conduit dans cette forêt, et dans un endroit écarté ais dans où nous serons sans témoins, et où l'on ne pourra avoir aucune connaissance de votre crime, Alors, tirant un poignard qu'il avait caché: Voilà, lui dit-il. voilà un poignard; contentez votre passion; exécutez votre cou-
lu para- k pable projet: mettez-moi à mort, puisque vous l'avez résolu; du moins. | en mourant ici, je vous sauverai des mains de la justice humaine : ce sera ; là la dernière preuve de ma tendresse pour vous; et, dans mon extrême enfants douleur, j'aurai du moins la consolation de vous sauver la vie tandis que ils leur vous me l'ôterez. Le fils, touché, étonné, ne pouvait contenir ses sounce, et, pirs; fondant en larmes, il se jette aux genoux de son père , lui demande stance , Ë mille fois pardon de son crime, lui proteste devant Dieu qu'il changera de | même : conduite envers le meilleur et le plus tendre des pères. Il tint parole; des : ce moment il donna à ce tendre père autant de consolation et de joie qu'il lui avait causé d'amertume et de chagrins. Ici que de réflexions se présentent aux peres et aux enfants!
e jamais | us les | sant, in- , ?
jours ils L'AMOUR DE DIEU.
T AN | Pensez-y bien toute votre vie.
MA tas b: Nous ne sommes en ce monde que pour servir et pour aimer ons de Ÿ Dieu; il ne nous a donné un cœur capable d'aimer que pour luien ain point . consacrer toutes les affections; 11 ne nous a donné une vie et un n'ai pas : temps à passer sur la terre que pour mériter, en l’aimant en ce "econnut ; monde, de l'aimer et de le posséder à jamais dans l’autre. | son fils ; Dieu nous a expressément commandé de l'aimer : Vous aimerez ores le Seigneur, nous dit-il, de tout votre esprit, de tout votre cœur, enfants À de toute votre âme, de toutes vos forces : Diliges Dominum ex s pères, ; toto corde tuo, etc. (1). « Mon Dieu! s’écrie saint Augustin, fallait- S AUSSi : il donc nous faire un précepte de vous aimer, et des menaces si senti- nous ne vous aimions pas? Ne suffisait-il pe de nous joe de es plus Ë vous aimer? et n'est-ce pas là pour nous la plus grande des grâces lehors, |! et le plus grand des bonheurs ? »
es aux Dieu est infiniment digne de notre amour: tout ce qui est caels aux pable de toucher, de gagner, d'attirer les cœurs, Dieu le possède et nous le présente : bonté suprème, beauté souveraine, miséri-
corde sans bornes, amabilités infinies, océan immense de toutes les perfections adorables, source ineffable de tous les biens, que peut-on désirer qu'on ne trouve dans Dicu et qui n'engage à l'aimer?
Amour divin, vertu aimable, elle présente toutes les délices ; vertu sublime, elle nous élève au-dessus de nous-mêmes, elle nous associe avec les intelligences célestes; vertu universelle, elle renferme toutes les autres, et les relève, les ennoblit et les perfectionne ; vertu céleste, Jésus - Christ même est venu apporter du ciel ce feu sacré sur la terre, et il ne désire que d'en embraser tous les cœurs; vertu divine, elle nous transporte en quelque manière dans le sein de Dieu même, pour vivre de sa vie, pour être heureux un jour de son propre bonheur.
Mais surtout vertu absolument, essentiellement et indispensa- | dit-il blement nécessaire pour le salut éternel. Si nous n’aimons pas fils, el | Dieu, nous sommes éloignés de sa grâce, éloignés de son règne,
de ma (1) Deut., vr.
éloignés de son cœur; si nous n’aimons pas Dieu, nous n'avons aucun bien, aucun mérite, aucune vertu digne de récompense ; si nous n’aimons pas Dieu, quand nous possèderions tous les biens, tous les trésors, les sceptres, les couronnes, le monde entier, sans cet amour nous ne possédons rien.
Si nous n’aimons pas Dieu, nous n'entrerons jamais dans le ciel, jamais nous n’aurons de part parmi les élus.
Si nous n’aimons pas Dieu, jamais nous n'aurons d'autre partage que l’enfer et l'éternité malheureuse, dans l’abime de tous les malheurs, de toutes les horreurs et de tous les tourments.
Ainsi, ou aimer Dieu en cette vie, ou être à jamais malheureux dans l’autre; ou brüler des flammes de l'amour divin sur la terre, ou être à jamais consumé des flammes vengeresses du feu de l’enfer, il n'est point de milieu pour nous : si nous vivons, si nous mourons dans l’amour de Dieu, nous somines assurés de la possession éternelle de tous les biens ; si nous vivons,si nous mourons sans ce saint amour, nous tombons dans le centre et le comble de tous les malheurs.
O hommes ! qui que nous soyons, qui vivons sur la terre, aimons Dieu : il est notre Créateur, notre Sauveur, notre Roi, notre Père, notre ami, notre tout; sans lui, tout le reste ne nous est rien. Aimons Dieu, c'est notre devoir, notre mérite, notre bonheur, notre gloire : quoi de plus grand que d'aimer un Dieu? quoi de plus heureux que d'en être aimé ?
Aimons Dieu, aimons-le de tout notre cœur: qui est-ce qui mérite mieux toutes nos affections que Celui qui en est le premier principe et qui doit en être la fin dernière?
Aimons Dieu dans tout, avant tout, par-dessus tout, préférablement à tout; aimons Dieu, et n’aimons que Dieu, ou tout en Dieu, et toujours moins que Dieu; aimons Dieu, et en l’aimant ne désirons d'autre récompense que de l'aimer toujours davantage.
O heureux le cœur qui aime son Dieu: il fait en ce monde ce que les saints feront éternellement dans le ciel.O malheur à l’âme jus JenEe pas Dieu! son état approche de celui des réprouvés dans
enfer.
Diligam te, Domine (1). Que je vous aime, Ô mon Dieu, le désir de mon cœur, le centre de mon corps, le terme de mes espérances! Que je vous aime, d mon Dieu! mais que je vous aime d’un amour tendre, d’un amour sincère, d’un amour efficace, d’un amour désintéressé, d'un amour constant, de l'amour dont vousmême vous nous aimez; que je vous aime en ce monde,pour vous aimer plus parfaitement et éternellement dans l’autre. Ainsi soit-il.
Pensons-y bien : aimons Dieu, et ne vivons que pour Dieu.
HISTOIRES
Le beau spectacle, le grand modèle que présenta autrefois une femme à Alexandrie ! Elle parut un jour dans la place publique de cette grande ville tenant d'une main un vase rempli d'eau , et de l'autre un flambeau allumé. Et que prétendez - vous avec cet appareil? lui dit-on. Je voudrais, répondit-elle, avec ce flambeau embraser tout le ciel, avec cette eau éteindre
(1) Psalm. xvir,
ne Jus lie A