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faisant assister au jugement d'un mauvais chrétien, je l'entends lui adresser cette terrible parole : Quid potui facere, et non feci (1)? Venez, chrétien indigne, venez rendre compte a ma justice des bienfaits de ma miséricorde. Ame intidèle , qu'ai-je pu faire pour toi que je n’aie pas fait? Je l'ai fait naître dans le sein de mon Eglise, je l'ai éclairée des lumières de la foi, je Lai comblée de mes erâces, je l'ai rachetée de mon sang, je te préparais une éternité de bonheur : eh était-ce assez pour te marquer ma tendresse ? en était-ce trop peu pour te demander ton cœur? Que devais-je attendre de toi? Malheureux!je voulais être ton Sauveur, et tu m'obliges à te perdre; je l'avais créé pour avoir part à ma gloire, et tu n'auras part qu'à mes anathèmes. Précipité à jamais dans la profondeur des abîmes avec les païens et les idolàtres, toute l'éternité malheureux avec eux, comme eux, et plus qu'eux.
jusqu'à pousser des soupirs de feu, jusqu'à verser des larmes
de sang sur les grâces que tu auras reçues, sur l'abus que tu en auras fait; Lu les compteras, ces grâces; elles seront sans nombre; tu Les regretleras, elles seront irré iparables : tu appelleras ton Dieu, et ce Dieu irrité se derobera à Les Yeux. Tu verras ee qu'il a été pour toi, ce que tu as été contre lui :
lui toujours miséricordieux, toujours compatissant, toujours bon ; et toi toujours rebelle, toujours ingrat, toujours obstiné à te perdre. Ni cette miséricorde qui L'avait prévenu, ni le ciel qui l'était ouvert, ni un enfer dont tu étais menacé, n'ont pu te ramener dans la voie. Réduit à former ce souhait désespérant et à dire éternellement : Oui, il eût mieux valu mille fois pour moi n'être jamais né, n'avoir jamais été éclaire des lumières de la foi, avoir été plongé dans les ténèbres de l'idolàtrie, n'être jamais sorti du néant! du moins ce n'eût été qu'un homme de moins dans le monde; et ce sera un chrétien de plus dans l'enfer. Un chrétien dans l'enfer! quelle horreur et quel monstre! chrétien, et ennemi de Dieu! chrétien, et maudit! chrétien, et réprouvé !
O Dieu sauveur! à Dieu de bonté, qui nous avez appelés à la lumière de la vérité, préservez-nous de ce malheur, e! ne permettez pas que nous en éprouvions les horreurs.
Je le sais, je le sens, voilà à quoi s'expose et à quoi sera réduit tout chrétien qui ne vit pas selon la sainteté de sa for. Ne m'y suis-je pas exposé moi-même en vivant comme J'ai vécu, en déshonorant en moi le caractère et le nom de chretien, en contredisant ma foi par mes ceuvres, en rougissan même souvent de paraître chrétien, en vivant comine si je
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ne l'étais pas? Dieu des miséricordes, ayez pitié de mon ame; recevez mes regrets, el daignez encore ecouter ma prière.
PRIÈRE
C'est par une grâce spéciale, à mon Dieu! que vous m'avez fait chretien; jusqu'à présent, je n'ai connu ni la dignité de mon état, ni la sainteté de mes obligations: je n'ai presque eu de chrétien que le nom et les cräces , il est bien temps que je pense à en prendre la conduite et les sentiments : c'est désormais le grand et unique dessein que je forme, bien resolu à Y travailler jusqu'à Ja tin de ma vie. Je sais à quoi je m'engage, a porter la croix, à mépriser le monde, à mourir à moi-même, à ne craindre que le péché, à n'estimer que la grâce, à n'aimer que la vertu, à ne désirer que le ciel, à ne penser qu à l'éternité, c'est-à-dire à vivre en chrétien, et mourir en saint, pour ressusciter en prédestiné. Telles sont, d mon Dieu’ mes obligations: je m'y engage des ce moment de nouveau, et toute ma vie je vais m'appliquer à les remplir fidelement, génereusement et constamment. Que je serais heureux si je ne m'en étais jamais ecarte !
PRATIQUE
1° Honorer d'un culte spécial le saint dont nous portons le nom, surtout en imitant ses vertus.
2 Le jour de notre baptôme, et quelquefois dans l'année, renouveler les sacrés engagements que nous avons Contractes, et en rappeler les saintes obligations.
3° Former souvent sur nous le signe de la croix; mais le former avec plus de respect : c'est le signe du chrétien, et comme la profession de sa foi,
4° Demander souvent à Dieu la grâce de vivre et de mourir en véritable chrétien, et nous tenir toujours prèts à ce dernier passage.