‹ L'âme élevée à Dieu [microforme]Chapitre 50 sur 119 · LS · texte numérisé non relu

LS

es de

lonne es ses

> faitpro-

rtus, 1ême

duit, re la

néil de IS la des

etle | de aint

Jean, l’apôtre de la charité par execllence, lui consacre-t-il toutes les effusions de son cœur : Ut diligatis invicem (1) : Aimez-vous les uns les autres. Aussi saint Paul montre-t-il toutes les ardeurs de son zèle en faveur de cette vertu : Alter alterius onera portate (2) : Aidez -vous' mutuellement. Aussi les premiers fidèles étaient-ils regardés comme n'ayant entre eux qu'un cœur et qu'une àme : Cor unum et anima una (3).

Aussi Jésus-Christ même nous a-t-il intimé le précepte de la charité comme son précepte propre, et celui qu’il a toujours eu à cœur : Hoc est præceptum meum, ut dil' ,atis invicem. Je dis plus, aussi nous l'a-t-il annoncé «mme un précepte nouveau et propre de la nouvelle alliance : Mandatum novum do vobis (4). Mais comment est-ce donc un précepte nouveau ? La charité n’est-elle pis aussi ancienne que le monde même? Il est vrai que la charité, en général et pour le fond, est aussi ancienne que le monde; mais la charité chrétienne, telle que Jésus-Christ l'a ordonnée, est un précepte en effet nouveau, dans l'esprit et la perfection où 1l l'a portée.

D'où il suit que la charité chrétienne est une vertu nouvelle, toute divine, ce terme pris à la lettre, à la rigueur. dans toute sa signification et sa force.

Vertu nouvelle et divine dans son auteur : c'est Jésus- Christ même qui nous l’a enseignée, recommandée, expressément ordonnée comme son précepte propre et particulier : Hoc est prœæceptum meum (>).

Vertu nouvelle et divine dans son objet : c’est Jésus-Christ que nous aimons dans le prochain; et dans la personne du prochain nous considérons la personne de Jésus-Christ même : Quod uni ex minimis meis fecistis, mühi fecistis (6) : Ce que vous ferez au moindre des mieus, vous l'aurez fail à moi-même.

Vertu nouvelle et divine dans son modèle : nous devons nous aimer, mais nous devons nous aimer comme Jésus- Christ nous a aimés, et du mème amour que Jésus-Christ nous a aimés : Diligite invicem sicut et ego dilexi vos (7).

Vertu nouvelle et divine dans son étendue : on disait aux anciens : Vous aimerez votre prochain, et vous haïrez vos ennemis : Dictum est antiquis (8) : et moi, dit Jésus-Christ, je vous ordonne d'aimer vos ennemis mêmes : Eyo autem dico vobis : Diligile inimicos vestros. C'est par là, et ce n’est

(1) Joan., xutt. — (2) Galat., vi. — (3) Act., 1V. — (4) Joan., xint.— (5) Id. — (6) Matth., xv. — (7) Joan., xu1. — (8) Matth., v.

rh

que par là que vous deviendrez les enfants du Père céleste, qui fait pleuvoir sur le juste et l'injuste, et lever son soleil sur les méchants comme sur les bons : Ut sitis filii Patris vestri (1).

Disons donc : Charité chrétienne, vertu si sublime, qu'elle prend sa source dans le cœur de Dieu même; qu'elle consacre tous les sentiments du cœur de l'homme ; que son observation accomplit la loi; que celui en qui la charité réside, réside lui-même dans le sein de Dieu : Qui manet in charitate, in Deo manet (2); et que, comme la charité couvre la multitude des péchés, de même renferme-t-elle l’assemblage et l’accomplissement de toutes les vertus : Qui diligit, legem implevit (3).

Mais aussi vertu tellement nécessaire, que sans elle la religion ne couronne aucune vertu ; tellement nécessaire, qu’elle fait le caractère propre et distinctif du véritable chrétien, du disciple de Jésus-Christ d'avec celui qui ne l'est pas : In hoc cognoscent homines quia discipuli mei estis, si dilexeritis invicem (4); tellement nécessaire, que, de même que celui qui a la charité demeure dans Dieu et a le principe de vie, aussi celui qui est hors de la charité est hors de Dieu est dans un état de mort et de damnation : Qui non diligit manet in morte (5) : en un mot, vertu tellement nécessaire, que quand on viendrail à opérer des miracles, à transporter les montagnes, à livrer son corps aux tourments, aux tyrans, à la mort, si on n'a pas la charité, on n’est rien devant Dieu, ou l’on n’est qu’un objet de colère, frappé de tous ses anathèmes, et exposé à toute la rigueur de ses vengeances : Charitutem autem non habeam, nihil sum (6).

Avons-nous jamais bien compris ce que c'est que la charité chrétienne aux yeux de Dieu et dans les vues de la foi? Nous en connaissons à présent l'excellence toute divine : nous en comprenons la nécessité absolue et indispensable. Il est temps de considérer quels en sont et en doivent être les vrais caractères.

Les voici, pris sur le modèle de Jésus-Christ même, tracés de sa main et comme scellés de son sang : Diligite invicem sicut ego dileæi vos : Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés moi-même.

(4) Matth., v.— (2) Joan., 1v.— (3) Rom., xt. — (4) Joan., xiu. — (5) Jd. — (6) L Cor., xuu.

Lac avoir | motif; dans 5 et rep

Mor douce que te vertu

Page 1