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radation de leur raison. Mille fois plus à plaindre que ces aveugles à qui la nature a refusé la lumière, hommes dégradés, chrétiens prévaricateurs, ils ont un esprit, et il est captif; ils ont un cœur, et il est esclave; ils ont une raison. etelle est avilie ; ils ont des lumières, et elles sont étouflées; ils ont une âme, et elle est rampante. Servitude honteuse, que la raison désapprouve, que le sentiment naturel désavoue, que la foi condamne, que le monde réprouve, que le paganisme même déteste.
Juste jugement de Dieu, qui permet que ces hommes lirés au respect humain se dégradent devant les hommes mêmes, cherchant à attirer leur estime, et qu’en voulant secouer le joug doux et léger du Seigneur ils tombent sous un autre joug mille fois plus pesant et plus accablant.
Sortons enfin d’un pareil esclavage; rompons ces fers et brisons ces chaînes. Enfants de Dieu, affranchissons- nous de l'esclavage des hommes: troplongtemps nous avons gémi sous la tyrannie du respect humain; observons la loi du Seisneur avec la sainte liberté que la religion nous inspire. Que sont et que peuvent les hommes pour nous? Quand un jour nous seron: devant Dieu, les hommes viendront-ils nous mettre à couvert des rigueurs inexorables de sa justice. Souvenons-nous que nous ne sommes comptables de notre conscience qu'à Dieu. Que les hommes me condamnent, peu m'importe, pourvu que Dieu soit pour moi. Si Deus pro nobis, quis contra nos (1)?
MÉDITATION SUR LE MÊME SUJET
Quelle horreur n'aurais-je pas du respect humain, si je le considérais avec les yeux de la foi! Ne dirais-je pas avec vérilé que le respect humain, par les indignes sentiments qu'il inspire et les funestes effets qu'il produit, est une espèce d'apostasie dans le chrétien, et qu'il devient une sorte de persécution dans le christianisme? Quelle horreur cette seule idée en doit-elle inspirer ! |
O mon Dieu! éclairez- moi de vos divines lumières pour le connaître, et armez-moi d'un ferme courage pour lui résister.
4) Rom., vis.
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PREMIER POINT
Le respect humain, par les indignes sentiments qu'il inspire, devient une espèce d’apostasie dans la foi. Donner à Dieu une préférence absolue sur la créature; élever à Dieu dans son cœur un trône au-dessus de toutes les créatures: sacrifier à Dieu, s'il est nécessaire, tout intérêt, toute considération, tout attachement à la créature; faire une profession ouverte et déclarée de la religion, en remplir tidèlement, généreusement les devoirs, c'est l'exercice propre de la religion, c'est l'acte le plus essentiel à la foi, c'est mème, dans la pratique, toute la religion et la foi.
Ainsi, par une conduite foule contraire, comparer la créature à Dieu; donner, dans la pratique, la préférence à la créature sur Dieu; sacrifier à la créature le service, les intérêts, la gloire de Dieu, c’est à ses yeux une véritable défection et une indigne apostasie de la foi. Et n'est-ce pas là cependant ce que fait dans une àme le respect humain. à la honte de la religion?
L'un côté, à mon Dieu, vous nous faites connaître vos volontés, vous nous intimez vos ordres; d’un autre côté, le monde, les libertins en éloignent. D'un côté, vous nous promettez votre grâce et votre amitié si nous obéissons; d’un autre, Les hommes, les impies nous menacent de leurs railleries et de leurs censures si nous sommes fidèles.
Nous voilà donc dans la nécessité indispensable de prendre parti entre l’un et l’autre, de nous déclarer ou pour lun ou pour l’autre; et nous, par une lâche complaisance, une fausse honte, une crainte servile, nous préférons la vue des créatures à la vôtre; nous choisissons de vous débplaire. plutôt que de déplaire aux hommes; nous aimons mieux encourir votre disgrâce et votre colère que de nous exposer à la censure, aux discours des hommes. N'est-ce pas là donner en eflet une préférence indigne aux créatures sur le Créateur? et par là même n'est-ce pas, dans la pratique. tomber dans une véritable apostasie de la foi?
Hélas! pour peu qu'il nous reste de religion, nous rougissons , nous frémissons lorsque nous lisons ou que nous entendons raconter les outrages que faisaient à leur foi ces premiers chrétiens làches et indignes qui, à la honte de leur baptême, renonçaient à leur religion pour éviter les tourments, et préféraient une vie périssable à une mort glorieuse. Nous avons raison de ies condamner; leur conduite était en eflet bien indigne et bien criminelle; mais l’apostasie du
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respect humain n'est-elle pas, dans un sens. encore plus criminelle et plus détestable à vos yeux, à mon Dieu? Ces infortunés déshonoraient la foi, trahissaient leur religion, ilest vrai: mais enfin ils la renonçaient au milieu des tourments, dans l'horreur des supplices : leurs corps étaient déchirés, leurs membres ensanglantés, et ils pouvaient dire, et ils disaient en effet, quand touchés de Dieu 1ls venaient demander pardon à l'Eglise: Je suis un perfide et un pécheur, je le confesse et je le déplore; mais l'horreur des tourments n'a fait succomber; Ja faiblesse de la chair n'a pu seconder l'ardeur du courage : j'ai péché, je viens solliciter le pardon. sentiments touchants! Que si, malgré les excuses plausibles que donnaient ces infortunés les larmes aux yeux, l'Eglise ne laissait pas de les traiter avec tant de rigueur, parce qu'en ellet ils avaient déshonoré leur foi, de quel œil, à mon Dieu! devez-vous me regarder lorsque, par une indigne et funeste complaisance pour les hommes, je renonce aux devoirs de ma religion? Quel opprobre pour elle! quel scandale pour les fidèles! Or c'est cet opprobre que j'ai causé, c'est ce scandale que j'ai donné toutes les fois que je me suis laissé dominer par le respect humain, toutes les fois que j'ai rougi du nom de chrétien, toutes les fois que, par une lâche complaisance j'ai violé la sainteté de la loi. Puis-je assez gémir sur moi-même, et devant le Seigneur assez amèrement déplorer ma conduite ?
SECOND POINT
Il y a encore plus, à mon Dieu! et par les funestes effets que produit le respect humain, on peut ajouter qu'il est une vraie et funeste persécution suscitée dans l'Eglise pour sa destruction, que le respect humain a succédé aux Néron, aux Dioclétien, et à tous ces monstres suscités par l'enfer contre la religion pour la détruire et l'anéantir.
Persécution du respect humain, mille fois encore plus terrible , plus funeste et plus dangereuse que ne fut jamais celle de ces premiers tyrans! Ces premières persécutions étaient suscitées par des païens ; celle du respect humain est suscitée par des chrétiens mêmes. Les premiers persécuteurs ne s'en prenaient qu'au corps; le respect humain attaque les âmes : Les tyrans faisaient des martyrs: le respect humain fait des apostats. Funestes effets du respect humain! Quels tristes et lamentables exemples n'en avonsnous pas, Ô mon Dieu! et de quelle crainte salutaire ne dois-je pas en ètre pénétré! Saint Pierre vous aimait comme 5"