‹ L'âme élevée à Dieu [microforme]Chapitre 57 sur 119 · DS M · texte numérisé non relu

DS M

son divin maître, il vous était sincèrement attaché; mille fois il a protesté qu'il mourrait plutôt que de vous abandonner. Il serait fidèle si le respect humain n'entrait dans son cœur. N'êtes-vous pas disciple de cet homme? lui dit-on; et qui? Une servante. C'en est assez; le respect humain lui ferme la bouche, et il ne l'ouvre qu'au mensonge, au parjure, au blasphème. Reconnaissance, tendresse, confiance, tout est sacrifié.

Hélas! je le vois en frémissant, en tremblant : le plus grand, le plus horrible, le plus exécrable des crimes qui Jamais ait élé commis, qui pourra jamais se commettre, le déicide, la mort d'un Dieu, le respect humain n'en a-t-il pas été en partie la source et la cause! Pilate reconnait l'innocence de l'Homme-Dieu; il déclare qu'il n’a point trouvé en lui de cause de mort; le peuple s'élève en tumulte, Pilate insiste encore, et dit qu’il ne veut point tremper ses mains dans le sang innocent. Mais le respect humain vientil au secours, laisse-t-on entrevoir à ce juge inique qu'il va déplaire à César : ah! c'en est fait, à celte parole Pilate se rend ; cette crainte l'emporte sur toute considération; le respect humain à dicté la sentence; la haine, la fureur, vont l’exécuter. Agneau sans tache! vous êtes immolé, votre sang ruisselle à grands flots sur la terre : l'homicide, le parricide, le déicide, effets funestes! suites affreuses ! quelle en est en partie la source ? Un làâche, un indigne, un détestable respect humain.

Je frémis, à mon Dieu! A quels crimes, à quels excès, à quelles horreurs ne conduit-il pas tous les jours une âme basse qui s’en laisse dominer! Laisse-t-il quelque sentiment d'honneur, quelque trace de crainte de Dieu, quelque vestige de religion et de loi? Et à qui sacrifie-t-on, immolet-on ainsi son honneur, sa conscience et sa foi? À une infâäme idole du respect humain, qui ne mériterait que mépris et indignation. Mon Dieu! mon Dieu! peut-on sans gémir, sans étre afiligé, voir lant d'âmes se laisser entraîner, le monde vous arracher lant de précieuses victimes, le respect humain étouffer tant de bons sentiments, avilir, dégrader le caractère sacré de chrétien ? Et nous, fléchirons-nous toujours les genoux devant cette idole? et laisserons-nous avilir notre religion, qui devrait mille fois l'avoir brisée et renversée pour s'élever sur ses ruines ?

Mon Dieu! je déplore, je déteste le respect humain dans les autres, et mille fois j'ai eu le malheur de m'y laisser moi-même entraîner. Que n'’ai-je pas à me reprocher en ce point! combien dois-je paraître coupable à vos yeux! Pour

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ne pas déplaire aux hommes, je vous ai souvent déplu; j'ai négligé le bien que j'approuvais, j'ai fait le mal que je détestais ; j'ai paru ce que je n'élais pas; j'ai craint de paraître ce que j'étais; j'ai osé paraître impie. et j'ai rougi de paraitre chrétien: J'ai rendu mes propres sentiments, ma liberté, ma conscience, ma religion esclaves des sentiments, des idées, des caprices, souvent méme des passions des autres. Je suis chrétien, et je rougis de mon Dieu, et je n'ose paraître lui appartenir : quelle indignité! quelle horreur ! Ai-je done oublié qu’on ne peut servir deux maîtres, et que celui qui n'est pas pour Dieu est contre Dieu ?

L'AME ELENÉE A DIEU,

PRIÈRE

Ah! Seigneur, c'en est fait, je vais secouer ce joug mdigne et honteux. Assez et trop longtemps j'ai gémi sous l'esclavage du monde, sous la servitude du respect huniain : j'en sentais le poids: 11 me paraissait accablant, et je n'osais m'y soustraire et m'en affranchir, Non, mon Dieu, quoi qu'il m'en puisse arriver, je ne trahirai plus mon devoir et mes sentiments en vous renonçant devant les hommes. Mais que dis-je? me suffit-il de ne pas vous renoncer”? Je veux hautement me déclarer pour vous, et me aire gloire de votre service. Je le dois pour la juste réparation de mes làchetés, et peut-être de mes scaidales; je le dois pour l'honneur de votre sainte loi. 1l le faut, malgré toutes les considérations humaines, malgré tous les discours, les railleries , les censures du monde; il le faut aux dépens de ma fortune, de mes intérêts, et même de ma vie. Que les hommes me désapprouvent, peu m'importe, pourvu que je sois à vous, Si le monde me condamne, il vous a condamné : le disciple n'est pas au - dessus du maître. Recevez mes regrets; agréez mes résolutions : soutenez mon courage. Je m'arrache au monde pour me jeter entre vos ALEX si j'ai tout à craindre de ma faiblesse, je dois tout espérer de votre Jonte.

PRATIQUES

4e Se souvenir qu'on porte le signe du chrétien gravé sur le front, et qu'il doit être encore plus gravé dans le cœur. ve

20 Quand on est en danger d'être entrainé par le respect humain, s'imaginer qu'on est dans l'occasion de faire la profession de sa foi,

3° Penser que ceux qui doivent rougir, ce sont ceux qui font le mal, et non ceux qui pratiquent le bien. | |

&° Dans les premières occasions qu'on aura, se déclarer ouvertement et sans craindre ; on aura plus de force et plus de grèce dans la suite pour se soutenir. | |

5e Dans les fencontres où l'on serait plus dangereusement tenté par le respect humain, se rappeler la terrible menace de Jésus-Christ : «Je rougirai devant mon Père de ceux qui auront rougi de moi devant les

hommes. »

L'AME ÉLENÉE A DIEU.

crain tèle mèê dace pour vrai lem mal

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