PRIÈRE TIRÉE DES PSAUMES DE DAVID
Ah! Seigneur, je vous le dis avec le prophète pénitent: Pénétrez nonseulement mon cœur, mais encore ma chair et mes os, des impressions salutaires de votre crainte : Confige timore luo carnes meas (4). Je tremble, à mon Dieu! à la vue de vos jugements redoutables : À judiciis enim luis limui. Pénétre de cette vive crainte, je la porte partout avec moi; je lave de mes pleurs le lieu de mon repos; j'arrose mon pain de mes larmes; mes sens sont troublés au souvenir de mes péchés: mon esprit est alarmé à la pensée de votre indignation et de votre colère. Je marche triste pendant le jour; durant la nuit je fais entendre la voix de mes gémissements. Le sujet de ma ‘rainte et de ma douleur est toujours devant mes yeux. Détournez vos regards de dessus mes égarements. Hélas! si vous les arrêtez sur nos iniquités, qui pourra subsister devant votre face? Seigneur, Dieu des justices, Dieu des vengeances, n’entrez point en jugement avec votre serviteur, parce que nul honme vivant ne
(4) Isa., x1, — (2) Psalm. cx. — (3) Eccli., xx1, — Psaml, cxvur.
sera trouvé inst en votre présence. Faites éclater vos grandes miséri. cordes dans le sein des plus grandes misères, et montrez-vous grand en pardonnant, en sauvant ce que vous auriez pu perdre à jamais.
Après tout, je le sais, Ô mon Dieu! cette crainte ne doit pas être excessive; elle re doit m'ôter ni ma confiance, ni votre amour. Je dois dans votre saint service unir l'une à l'autre, la crainte à la confiance, La crainte arrêtera la présomption, où trop de confiance pourrait me porter, La confiance éloignera la pusillanimité, où trop de crainte pourrait me conduire. L'une et l’autre m'éloigneront de tous les excès et me contiendront dans les justes bornes que demande la véritable sagesse, Je craindra; souverainement de vous offenser; je n'aurai point d'autre crainte en ce monde. Si j'ai le malheur de vous déplaire, je viendrai me jeter avec confiance entre vos bras. Vous ne voulez pas la mort et la perte des p icheurs, mais leur conversion et leur vie. Convertissez-moi, sauvez-mni, et par cette crainte salutaire conduisez-moi à l'amour parfait.
PRATIQUES
4° Je demanderai souvent à Dieu la crainte salutaire de ses jugements.
2 Je rappellerai souvent les terribles vengeances qu'il a exercées sur les pécheurs : quoi de plus capable de me faire trembler pour moi-même!
3° Je me regarderai comme à tout moment en danger de tomber entre les mains d’un Dieu vivant et vengeur.
&o J'animerai les sentiments de cette vive crainte par les sentiments d'un amour filial, Dieu est mon juge, mais Dieu est mon Père,