‹ L'âme élevée à Dieu [microforme]Chapitre 75 sur 119 · TRENTE-UNIÈME LECTURE SUR LA PAIX DE L'AME · texte numérisé non relu

TRENTE-UNIÈME LECTURE SUR LA PAIX DE L'AME

La paix intérieure est l’état d’une âme qui est avec Dieu, qui a le bonheur de vivre dans la grâce et l'amitié de Dieu, qui, sans pouvoir se dire, non plus que l’Apôtre, qu'elle est justifiée devant Dieu, peut cependant se rendre ce doux témoignage , que la conscience ne lui reproche rien; que, s’il fallait mourir et aller paraître devant Dieu, elle espèrerait trouver grâce à ses yeux. La paix véritable est l’état. d'une âme qui évite avec soin toute faute volontaire et délibérée, quelque légère qu’elle paraisse ; qui vit dans une fidélité inviolable à la grâce ; qui craint souverainement de lui résister. de la contrister; qui tâche de retrancher dans elle tout ce qui pourrait être un obstacle à cette paix : si elle a des doutes, elle les éclaircit; si elle a des remords, elle en retranche la cause; si elle a des retours, des inquiétudes et des peines, elle les offre à Dieu dans le sein de la résignation. Ainsi à couvert des doutes, des retours et des peines, elle ne s'occupe qu'à servir le Seigneur, à observer sa sainte

(1) Num., xx.

loi, à se conserver dans la crainte salutaire de ses jugements, et plus encore dans la douce espérance en ses miséricordes.

Voilà la paix véritable : en voilà la source, la base et le: fondements. Or c'est de cette paix que l’on peut dire : Heureuse, mille fois heureuse l’âme quila possède, qui en connaît le prix, qui en conserve la possession! Jugeons-en par les prodiges que cette paix opère dans l’âme, et par les délices ineffables qu’elle fait goûter, mille fois préférables aux plaisirs des sens : Pax Dei, quæ exsuperat omnem sensum (1).

Cette paix entre-t-elle dans l'âme, tous les biens entrent de concert avec elle : l’ordre, le calme, la tranquillité, la joie, la consolation, la douceur: avantages précieux, qui font dire avec le Sage, le Prince pacifique par excellence : Tous les biens me sont venus avec elle : Venerunt mihi omnia bona pariter cum illa (2). On est à Dieu; on vit avec Dieu: on est content dans l'union de son Dieu; ni l'inquiétude ne fait sentir ses agitations, ni les chagrins ne viennent verser leur funeste poison, ni les alarmes ne viennent porter leurs cruelles atteintes. Dans un calme profond des passions, dans une tranquillité immuable de sentiment, l’âme se possède elle-même et se laisse posséder à son Dieu; l'âme est dans la paix, la paix est dans l’âme, l’âme et la paix sont dans Dieu. Pax Dei.

Cette paix est-elle établie dans l'âme, l'âme dès lors devient le véritable règne de Dieu : Reynum Dei intra vos est (3). Dieu veut régner dans une àme, mais il y veut régner en paix. Non, Dieu n’habite point dans l'agitation : Non in commotione Dominus (4). Quand une âme est dans le trouble, c'est comme lorsqu'un Etat est agité par des guerres civiles, et déchiré par des divisions intestines. Le trouble, l’effroi, le fer, le feu, le carnage, y dominent, et avec eux toutes leurs horreurs. Dans un Etat paisible, au contraire, tout est calme, tout est tranquille; les lois y sont observées, les vertus honorées, le peuple heureux, le monarque respecté : celte douce paix devient comme l’âme de cet empire; elle s'insinue dans ses membres pour les animer, et faire couler pagtout la joie et l'abondance avec elle : voilà le règne de Dieu dans une âme; par cette paix elle devient son trône, son séjour, son empire. C’est le trône où il veut se placer; c’est le séjour où il veut habiter; c’est l'empire où il veut résider; toutes ses perfections résident de concert dans cette

(1) Philipp., xxv. — (2) Sap., vu. — (3) Luc., xvu. — (4) Reg., x1x.

âme; gesse, puisse cellen avec € Cet à une vents la ten et de face.

étend airs. !

de cet sur el fonde eaux ( cette ] Dis devie rables ment de l'i homn chan:

ment elle f comn qu'es plus toujo toujo de sa ment et de dans subli mém tion, assie repré repre ses [ sont

s juge- ?S Mmisé-

se et le:

: Heuen con- -en par par les férables em sen-

entrent illité, la EUX, qui ellence :

iomnia 2e Dieu:

étude ne t verser ter leurs ns, dans possède est dans ontj dans

s devient s est (3).

égner en : Non in trouble, s civiles, l’effroi, 1x toutes , tout est , les ver- "especlé :

pire; elle re couler règne de n trône, e placer; à il veut ans cette

Page 1