CONCLUSION
Il est temps à présent de fixer le fruit de nos réflexions, et de nous mettre en état de profiter des grâces que Dieu nous a accordées. Pour cela réglons les sentiments et les pratiques, c'est-à-dire, voyons quels sont les sentiments que nous devons prendre, et les pratiques que nous pourrons observer.
Les sentiments que ces considérations ont dû nous inspirer envers Jésus-Christ, consistent surtout dans ces trois points : la reconnaissance, l'amoun et limitation ; la reconnaissance pour ses bienfaits, Tamour de ses perfections, l'imitation de ses vertus.
Premier sentiment. La reconnaissance envers cet adorable Sauveur. Que n'a-t-il pas fait et souffert pour nous? Il s'est rendu victime pour notre salut, il a expié nos péchés, il nous a réconciliés avec son Père céleste, il nous a délivrés de la tyrannie du démon, il nous a rétablis dans nos droits à l'héritage céleste, enfin il nous a donné ses mérites, son sang et sa vie. Fut-il jamais de reconnaissance si légitime et si bien fondée? Disons donc avec le Prophète : Quid retribuam Domino pro omnibtis quœ retribuit mihi? (Ps. cxv.) Que pourrai-je rendre à mon divin Sauveur, pour tous les bienfaits dont il m'a comblé? et les sentiments de la plus juste, de la plus vive, de la plus tendre reconnaissance, quelque grands qu'ils soient, égaleront-ils jamais la grandeur de ses bienfaits?
Secoful MmUmeni. L'amour eaNet^ i^\>s^^V0N^«
Un Dieu qui nous a aimés de Tamour le plus tendre, le plus ardent, le plus généreux, à combien de titres nemérite-t-il pas noirs amoart Dieu Sauveur, vous m'avez donné votre cœur, pourrais-je vous refuser le mien ? vous m'avez consacré vos mérites, votre sang, votre vie, pourraîs-Je ne pas vous consacrer ma tendresse et mes affections t Dieu d'amottr^ je n'ose assurer que je vous aime ; mais ce que je puis aasurer, e'ast que je désire de vous aimer de tout pion cœur et de toutes mes forces; c*est que je dé* mande vôtre saint amour préférablement à tous les trésors; c'est que j'espère de vous aimer éternellement, comme Tunique objet digne d'dtre infiniment et à jamais aimé. Ah 1 doiaje m'écrier aveâ l^Apôtre embrasé d'amour, que celui qui n'aime pas le Seigneur Jésus soit anathème : Qui non amat D&mimnfi Jesam Chrisium^ mnaihema sit. (Gai. xviii.)
Tr<nsième sentiment. Cependant ne nous bornons pas à des sentiments stériles envers Jésus-Christ. A la vive reconnaissance de ses bienfaits et à l'amour ardent de ses perfections ajoutons Timitatton solide de ses vertus. 11 les a fait toutes éclater dans sa per^ sonne durant sa Passion; retraçons-les dans notre conduite; mais, parmi ces vertus, imitons surtout celles dont il a donné des exemples si touchants, si frappants dans sa Passion.
!• Son humilité : il Ta portée jusqu'à s'anéantir lui-même pour nous : Exinanivit semetipswn. (Philip. II.)
20 Son obéissance : il s'est rendu obéissant jusqu'à la mort, et à la mort de la croix, faoius oMHens ti^ gtie ad mortem.
9» Sa patJMo» t on Taceuse de mille crimes^^ 6n
SUR L9 CiLVATBE. Ig)
roatrage en toutes Ie$ manières, Qt il garde w profond ailence ; Je$us mtem tacebatp (Htatth. xxvi.)
Jtf" Sa douceur ; toutes sortes de cruautés sout exercées envers lui par ses ennemis et par ses bour<^ reaux» et & l'égard de ses bourreaux et de ses enné»* mis^ il ne montra jamais que la douceur de l'agneau : Sicut ovis ad occisionem ducetur. (tsai. |«iii,)
h'* Sa charité» jusqu'à outrir son cœur et donner le nom d'ami à celui qui vient le trahir : Amice, aà gnid venisti? (Matth. xxvi«) Jusqu'à prier et demander grâce pour ceux-mémes qui le fout mourir : Pater, dimitte HHs. (Luc xxiii.)
ô*» Sa tendresse envers sa divine Mère, qu'il recommande à son disciple bien-aimé, et dans la personne duquel il nous l'a donnée à nous-mêmes pour JAèreiFili, ecce Mater tua. (Joan. xix.)
7"" Son abandon* sa résignation entière entré lès bras de son Père, a qui il offre ses derniers soupirs en remettant son âme entre ses mains : In maniis ttms commendo spiritum meum. (Luc, xxiii.)
80 Sa persévérance jusqu'au dernier moment où les desseins de son Père sont accomplis, et le grand ouvrage du salut des hommes entièrement cohsdnimé : Consummaium est. (JoanxixO
PRIËRB.
Telles sont les grandes, les sublimes vertus que je dois imiter dans vous, ô mon adorable Sau*^ veuri C'est surtout par limitation solide et la pratique constante de ces vertus que je vous marquerai ma reconnaissance , que je vous témoignerai mon amour; et œ sera là en môme temps le fruit salutaire que je tirerai de cea eoY)^<^'^%&^'^\^^;^
is» l'amb
que, après tout, toute la religion consiste à imiter celui que nous adorons : Summa religionis^ imitari quem colimus. (S. August.) Ainsi me rendrai-je conforme k vous en qualité de modèle par excellence de tous les prédestinés; ainsi aurai-je, comme je l'espère, dès cette vie même, le gage de ma prédestination étemelle; quos prœscivit et prœdestinavii conformes Jieri imaginis Filii sut. (Rom. viii.)