‹ L'âme élevée à Dieu, par les réflexions et les sentimens: Pour chaque jour du moisChapitre 17 sur 29 · ACTE DE CONTRITION · texte numérisé non relu

ACTE DE CONTRITION

Dieu de bonté, j'ai péché ; je vous ai offensé, et le souvenir de mes péchés et de mes offenses m'afflige et m'accable. Souvent je les ai confessés, je les ai détestés, ce me semble, dans toute la sincérité de mon cœur; cependant ils se présentent partout à moi, ils sont toujours présents âmes yeux, et cette vue me jette dans de continuelles alarmes , dans la crainte que mes Confessions n'aient pas été faites avec les dispositions nécessaires. Hélas ! je sais combien mes péchés sont grands; j'ai abusé de vos grâces ; j'ai étoufifé les lumières de ma conscience; j'ai violé votre sainte loi : j'ai mérité l'enfer. Quand je passerais toute ma vie à pleurer amèrement; quand je souffrirais tous les tourments des martyrs; quand je livrerais mon corps au fer et au feu, je ne vous offrirais pas encore la juste satisfaction de mes crimes.

Dieu des miséricordes I que puis-je faire à présent, que de me jeter à vos pieds, implorer votre infinie bonté, vous conjurer d'avoir pitié d'une âme qui vous a coûté si cher, vous offrir les mérites et les souffrances de votre divin F\\s^'ùa\©\ft'i.v£\^\^^

SUR LE CÀLVAIR2. t6l

appliquer dans mes confessions, pour laver cette âme coupable et affligée de toutes ses iniquités. Que ne puis-je les noyer dans mes larmes, les expier dans mon sang ? Ce n*est que par la vertu du vôtre, Dieu Sauveur, quMls peuvent être pardonnes :

accordez-moi une douleur sincère, une douleur amère, un ferme propos, une résolution efficace et constante, qui dure autant que ma vie, et qui m'accompagne jusqu'au dernier soupir.

Peines sur les Communions.

II est bien triste et bien affligeant pour les âmes intérieures, que la participation au sacrement de grâce et d'amour, qui n'a été établi que pour être leur soutien et leur consolation, devienne souvent pour elles une source d'inquiétudes et de perplexités qui les empêchent d'en approcher, ou qui leur causent mille peines, si elles en approchent. Animées du désir d'être à Dieu, souhaitant ardemment de s'unir à lui, elles sont troublées par une infinité de doutes, de craintes et de retours, qui les arrêtent souvent sur leurs pas. Quel avantage ne seraitce pas, si, en respectant dans elles la crainte salu« taire qu'elles doivent avoir de ne pas s'approcher dignement de ce sacrement de vie, et le soin de s'y préparer saintement, on pouvait diminuer et calmer ^inquiétudes qui les agitent, et dissiper les nuages qui les environnent !

Ames fidèles, je vais écouter toutes vos plaintes, daignez écouter mes paroles; et si la grâce vous les présente solides^ rendez-voua-^^^l xfifiXV)^x-N^>^ ^^^

tfift hlàMM

état de goûter les daueeture que le sacrement vous procure. Voici, ce me semble, les lUflftreotes sources de vos peines s^r les communions»

|o Vous dites ; Dieu est si grand , le sacrement est si saint, et nous sommes si fsibles et si imparfiûts: c'est ici le pain des anges ; il faudrait être des anges pour le recevoir; mais nous, htiasi cpie sonunesnous devant Dieu ?

Voilà votre peina : écoutez ma réponse. Je sais que Dieu est souverainement grand , que le sacrement est infiolment saint , que les anges mêmes ne sont pas dignes de le recevoir ; mais, enfin , je demande, est-ce pour les anges que Dieu l'a étabK ? et quand il Ta établi , a-t-il cru qu'il n'y aurait que des anges qui le recevraient ? Il s'attendait bien que la sainteté du sacrement nous engagerait à vivre chrétiennement ; mais enfla il nignorait pas quelle est notre misère et notre faiblesse *, il connaissait le limon dont il nous a formés.

D'ailleurs Jésus-Christ même est allé au devant de tous. Quand il invite au festin, qui est Tirnage du banquet céleste , remarquez quels sont ceux qu'il invite ; sont- ce seulement les parfaits, les anges sur la terre , les aigles sublimes qui portent leur vol Jusqu'au ciel? Non, sans doute ; il invite encore les aveugles, les boiteux, les languissants, les malades, ctBcos et claudos , etc. ( Luc. xiv. ) Or ces infirmités tombent-elles dans les intelligences célestes ? Voilà néanmoins ceux qu'il invite ; mais prenez garde : il invite les faibles pour les fortifier, les imparfaits pour les perfectionner, les languissants pour les animer, les malades pour les guérir. La sainteté et la perfection ne sont pas des dispositions essentielles à la communion f elles en sont \e truil; <tls?Wt^\\^\X

iUR tE CALVAIRE. i6S

être saint et parfait, qui oserait en approcher? Tout €8 qu'elle elfge essentiellement , c*est qu'on soit re tMu de la robe nuptiale , c'est-à-dire , exempt de tout péché mortel et de toute affection au péché mortel. Ainsi Ta décidé le condlê de Tl*ente, fondé sur Torade de saint Paul.

S* Je communie, dit une autre , mais je ne profite point de mes communions ; Je suis toujours tiède , toujours languissante, toujours imparfaite; toujours métnes défauts et mêmes misères ; hélAs ! Je tremble sur mes communions ; Je crains de les mal faire et d*en répondre un Jour devant Dieu.

Vous êtes toujours la mémo; et d'abord, croyez* vous qu'en vous éloignant de la communion vous serez meilleure T Votre propre expérience n*a-t-elle pas dû vous apprendre le eon traire ? Mais Je dis plus; oar il ftiut bien savoir qu'il y a dans nous certains défauts de naturel et de caractère qui ne se corrigent presque Jamais entièrement : on coupe les branches, mais la racine reste toujours t une âme paturelle» ment vive et sensible aura toujours quelque vivacité et quelque sensibilité à se reprocher { une Ame vaine et sujette à la vanité et à Tamour-^propre, s'aecusera toujours de quelque vanité, de quelque amour-propre ! c'est la guerre qu'il faut nous déclarer sans cesse à nous-mêmes.

Je dis plus encore : vous êtes toujours la même, eta*estH^6 pas beaucoup que le sacrement voussou^ tienne dans votre faiblesse et vous empêche de tomber entièrement? Environnés comme nous le sooh mes de tant de dangers, sujets à tant de passionSf assaillis de tant de tentations , au milieu de la foufw naise, comme les enfants de Babylone^ n'estnre paa

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un grand eQët de la communion de nous empêcher d'être consumés? Si un homme qui nage contre un torrent, disait : Je vais cesser de fake des efforts puisque je n'avance point : qu'arriverait-il bientôt? ne serait-il pas submergé et enseveli dans les eaux?

Je reviens donc : vous êtes toujours la même, vous seriez pire : vous êtes faible, vous seriez languissante; vous êtes languissante, bientôt vous tomberiez dans un état de mort. Cependant voyezl'état de votre âme; examinez s'il y a dans vous quelque obstacle aux dons de Dieu, quelque résistance à la grâce , et retranchez-la sans délai. A Dieu ne plaise que je veuille vous entretenir dans vos langueurs et dissimuler vos défauts s'ils sont volontaires, réfléchis et fréquents 1 mais d'attendre pour commencer, ou que vous soyez parfaite, ou que la communion vous rende impeccable, ce serait vouloir ne point communier, et se priver à jamais du bonheur ineffable du sacrement. Pourvu que dans chaque communion vous soyez bien résolue d'être plus fidèle, plus attentive sur vous même, du reste vous espérerez de la grâce de Dieu la persévérance pour Tavenir.

Nouvel obstacle qu'on oppose, nouvelle raison qu'on apporte. Si je m'éloigne de la communion, dit-on, c*est par humilité : encore vaut-il mieux ne pas communier que de s'exposer à le faire indignement. Dieu voit mon cœur et mon intention.

C'est par respect, dites-vous; cela est-il bien sûr? Je sais que pour quelques âmes c'est un sentiment vrai et sincère ; mais combien d'autres pour qui ce n'est qu'un prétexte et une illusion I Savez-vous quelle est souvent la vraie raison? c'est qu'on sent ^j'en que la communion fréquente dematAst^W^oii

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se fit plus de violence ; qu'il faudrait faire certains sacrifices, se priver de certaines satisfactions, être plus recueilli > plus mortifié, plus assidu à la prière, et c'est ce qu'on craint, et ce à quoi on ne peut se résoudre ; là-dessus on s'éloigne de la communion, et on dit : C'est par respect; et moi je dirais : C'est prétexte , c'est illusion, c'est tentation. Ame fidèle, défiez- vous-en , humiliez-vous sincèrement devant Dieu, gémissez sur vos fautes, implorez son secours, et allez à lui avec confiance; il aura pitié de votre misère, et vous ouvrira le sein de sa miséricorde pour vous recevoir.

Mais,ajoute-t-on, ne vaut-il pas mieux ne pas communier que de s'exposer à le faire indignement? J'aimerais autant que l'on dit : Ne vaut-il pas mieux ne point prendre de nourriture que de s'exposer à y trouver un .poison? Voilà l'homme; d'un excès il donne dans l'autre, comme s'il n'y avait pas un milieu. Ne vaut-il pas mieux ne point communier que de faire une communion mauvaise? ni l'un ni l'autre : mettez-vous en état de faire une communion sainte; en y donnant vos soins , espérez tout de la bonté de Dieu.

Bien des âmes auront encore une autre peine sur leurs communions : quand je communie, disent* elles , je n'ai ni dévotion , ni goût , ni sentiment , je tombe dans une sécheresse et une espèce d'indifl'érence qui me fait trembler. J'entre dans votre peine, et je vais y répondre plus au long dans un des articles suivants; car ce point regarde non-seulement la communion , mais tous les autres exercices, et même tout le cours de la vie.

Cependant^ pour vous douiiet «ci ^\!u^tàss!&.^i^

IM L^Attil

ce point e^Matlel quelques mots d*itistructi6ii et de consolation,

1* Examinez si par quelque infidélité vous n^avez point donné lieu à ôét état dlnsenslbilité, et fCtranchet-én la cause.

9f> Dans Vos communions, ne cherchet point les goûts et les consolations; en allant à Dieu, contenu tez-vous de Dieu mètne.

3<< Quand vous ne pourréi rien tiref de Vdtis-mênie et de votre fonds, lisez quelque livre de piété, et of-^ frez dé temps en temps quelques actes.

V Dans toutes vos communions ayez nne lnteti<* tion particulière ; par eiemple , demandeat la vie* toire de telle passion, la patience dans telle épreuve, la grAce d*dne sainte mort ; cette intention pourra filer votre esprit et animer votre éœur.

50 Priez le Seignour d'accepter votre peiiie tnéme comme une préparation à la communion; liriic^ ceptera avec bonté, si vous l'offrez avec résignation.

Après quoi, âme désireuse du bien, calmez vos agitations, prenez garde de vous priver volontaire* ment des grâces de Dieu, et de donner dans lesfnéges que le démon voudrait vous tendre : consultez un directeur sage et éclairé; dites^lui votre état^ ouvrezlui votre cœur , faites-vous régler vos communions j et quand il les aura fixées, obéissez aVec la simpli^ cité des enfants '. allez à Dieu avec humilité sincère et une entière confiance ; elle vous donnera entrée dans son cœur : ce sera une des meilleures dis* positions que Vous puissiez apporter à la grâce dd sacrement.

PRIÈRE

Adorable Jésuât 6 vous , mon e«çfet%tvc^ ^t^o\i

SUR Lfi CALVAIRE. <AT

rôfage! 6 vous la douceur et la vie dtt mou Ame, ma ressource et toute ma consolation dans mes peines , mon unique souverain bien ! j'ai un désir ardent de m'unir à vous et de participer k la grâce ineSkble du sacrement par excellence de votre amour ; mai^ je suis souvent troublé , agité par la crainte de ne pas y apporter les dispositions saintes qu'il eilge de moi ; cette crainte m'arrête et me jette dans les plus vives alarmes, en voyant d'une part toutes les gran-^ deurs que renferme ce sacrement, et de l'autre toutes les misères dont mon cœur est rempli.

Divin époux de mon âme, préparez-vous à vousmême dans moi une demeure qui voua soit agréable ; détruisez dans mon cœur tout ce qui peut déplaire à vos yeux \ détachez-le de tout objet créé ; purifiezle de toutes Ses taches; ornez-le de toutes les ver tus, attachez-le à vous sans retour, ou plutôt transformez -le tellement en vous, que je puisse dire que ce n'est plus moi qui vis, mais vous seul qui vivez en moi.

Ah ! si j'étais bien pénétré de ces âentimentâ et assuré de ces saintes dispositions, avec quel empressement, quelle joie , quelle ardeur n'approchérais' je pas de ce divin sacrement, de cette source de vie f Dieu de bonté , vous êtes le Dieu de la pail ; jô vous demande instamment cette paix de mon âme quand je dois m'approcher de vous. Non, mon Dieu, je ne vous demande pas les douceurs et les consolations que les âmes ferventes goûtent dans la participation de vos saints mystères; je ne VOUi^ demande que d'être délivrée du trouble et des agitations dont je suis saisi to'tùoxûi^tiX. ^^\<b\^t^aj^ i vous recevoir et à m'unit k vows, ÇA^^ti^sèÇ!^.^^

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mon Dieul que vos desseins de providence s'accomplissent sur moi : si mes peines doivent contribuer à votre gloire, je m'y résigne de tout mon cœur, dans l'espérance que vous me soutiendrez, et que ma résignation sera elle-même une disposition sainte à la grâce du sacrement que je dois recevoir,

' La veille de votre commanion faites une station au pied de la croix ; demandez à Jésus-Christ de vous ouvrir son cœur, et de préparer le vôtre*

Les distractions dans la Prière.

Il en est des distractions dans la prière comme des sécheresses dans le service de Dieu; tout le monde y est sujet, tout le monde s'en plaint. Quelle foule, en effet, de distractions n'essuie-t-on pas dans ses prières, et souvent des distractions les plus extraordinaires, les plus bizarres , disons-le, les plus extravagantes I il suffira qu'on veuille un peu se recueillir devant Dieu, et le prier un peu attentivement, pour être assailli de cette multitude de distractions, qui ne laissent pas un moment de relâche : souvent môme les actions les plus saintes, où Ton voudrait être plus à soi et à Dieu, les examens, les oraisons, les communions, sont celles où Ton est le plus exposé à ces distractions, et plus tourmenté de leurs cruelles attaques; en sorte que la prière, qui devrait être notre ressource et notre âsjJe, devient notre tourment par les combats conijnuels qu'il faut essuyer.

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Ame chrétienne ! voilà les peines ; il serait bien consolant de pouvoir donner le remède. Mais d'abord considérez bien si vous n'êtes point vous-même le premier sujet à réformer; examinez soigneusement devant Dieu si vous ne donnez point occasion à vos distractions, et si vous n'en êtes pas la première cause ; car si durant la journée vous vous livrez à la dissipation, si vous ne vous occupez que d'inutilités et de vanités , si vous n'avez aucun soin de vous recueillir, si vous 'donnez trop de liberté à vos sens, si vous remplissez votre ima« gination de mille objets étrangers et frivoles, svous contristez l'Esprit saint par des fautes réfléi chies et des infidélités volontaires ; dans cette disposition, je n'aurais point de consolation à vous donner, et vous n'auriez pas sujet d'en attendre de Dieu. Mais si je parle à des âmes qui désirent de tout leur cœur s'unir intimement à Dieu, s'entretenir saintement avec Dieu, faire de la prière leur occupation, leur asile, leurs plus chères délices, et qui cependant, malgré leurs désirs et tous leurs eflbrts, sont sans cesse troublées, inquiètes, agitées de mille distractions qui, malgré elles, se présentent çans cesse à leur esprit, égarent leur imagination, occupent presque tout le temps qu'elles voudraient consacrer à la prière, et par là leur en ravissent toute la douceur; ces âmes, je le comprends, ont besoin de consolation. Si je ne puis la leur donner tout entière, du moins leur donnerai-je quelques avis salutaires qui pourront la leur procurer, et par là adoucir leur peine, et même la sanctifier.

Que faut-U donc faire au «!a\b\. &«& ^^^^^^^^

dans la prière? Trois choses : l^MprdfMif avec soin ; ft les combattre avec constance; 3^ enfin les supporter avec soumission et résignation^ A ce prix, ou l*on évitera les distractions, ou les distractions ne nuiront jamais devant Dieu. Entrons dans le détail.

V Les prévenir avec soin, c*est-à->dir6, éviter eè qui peut leur donner occasion, se tenir pluâ recueilli durant la journée, faire des retours fréquents sur sot-méme, lie pas se livrer avéô trop d'ardeur au soin dôa choses temporelles, réprimer l'empire dea g^nêj ranimer Tesprît de foi, se mettre en la prè^ âence de la majesté suprême de Dieu, et se dire comme Abraham '. Je vais parler & un Dieu infini*^ ment grand, inflniment saint, moi qui ne auia que ûendreet poussière, etc. Ces grandes pensées rem-» pliront, pénétreront Fâme de grands sentiments, la tiendront dans une attention respectueuse de^ vant Dieu^ et par là pourront prévenir ou éloigner les distractions, qui ne trouveront pas une entrée si libre dans un esprit pénétré de ces grands objets^

S^ Mais, dira-t-on, si^ avec ces saintes dispositions à la prière, les distractions ne laissent pas de nous assaillir, que faut^il faire! Les combattre et leur résister.

Mais les combattre et leur résister avec promptitude, et, dès qu'on s'en aperçoit, s'armer contre elles et contre leurs attaques, ne pas leur donner le temps de s'insinuer et de s'enraciner dans l'es-> prit; car alors le combat serait bien plus grand, et i) serait bien plus difficile de s'en délivrer. Mfâù le» oombatlte avec gènèroâl^, V^^ndiT^ Hiwe

soi; faire ses efforts pour ramener l'imagination égarée et la remettre dans la Toie ; car, si Ton s0 laisse aller à sa lâcheté et à sa négligence, infailliblement on sera emporté, et les distractloris prendront l'empire sur la raison.

Enfin les combattre avec constance et ne pas né lasser du combat. Nos ennemis ne se lassent pas de nous attaquer; nous, ne nous lassons pas de leur résister : une sainte persévérance est un gage assuré de la victoire.

Cependant ce combat ne doit pas être soutenu par une contention trop laborieuse d'esprit, et pair des efforts violents dont Tàme serait accablée, maii avec paix, humilité, et une fidélité amoureuse.

S^ Enfin si, malgré les efforts raisonnables et le combat généreux, Dieu permet que les distractions persévèrent et reviennent sans cesse & la charge sans qu'on puisse s'en délivrer, alors il faut les supporter avec soumission et les offrir avec patience. Dieu le permet, ou comme des punitions paternelles de nos infidélités, ou comme des épreu* ves salutaires de notre amour. Ainsi a-t-il traité plusieurs saints, qui, durant leurs prières, ont été livrés aux plus rudes assauts, se sont résignés à là volonté de Dieu, et cependant ne se sont Jamais désistés de cet exercice de piété, espérant que leur constance et leur persévérance leur tiendraient lieu de mérite.

Ames éprouvées etafiligées dans vos prières, consolez-vous donc; si vous êtes fidèles à suivre ces trois avis salutaires, soyez assurées que toutes les distractions et tous leurs assauts redoublés hé sauraient porter aucune alteiul^ ^\^ i^wxVsX.^ ^ >s^

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mérite de vosprières. Je displus ;bien loin de lesren» dre moins méritoires devant Dieu, elles lesrendront même plus agréables à'ses yeux, par les combats que vous aurez livrés et les épreuves que vous aurez soutenues ; et vous verrez un jour que cette prière où vous aurez été obligées de toujours combattre, où vous aurez peut-être cru perdre votre temps et ne rien mériter, aura été plus agréable à Dieu, et plus salutaire pour vous que telle autre prière, où comblées de douceurs et inondées de délices, vous aurez pensé être comme élevées au troisième cieL Hélas! Seigneur, disait un jour sainte Thérèse où, étiez-vous. quand dans ma prière les distractions continuelles me faisaient pousser de si tristes gémissements ? J*étais au milieu de votre cœur, lui répondit le Seigneur ; je vous soutenais dans vos combats, et je préparais votre couronne.

Unissez- vous à Jésus-Christ priant dans le jardin des Oliviers; cette union sanctifiera votre prière et adoucira vos peines.

PRIÈRE

Ah! Seigneur, que vos paroles adressées à cette grande sainte sont bien capables de nous animer, de nous consoler, et de nous faire tout espérer de votre bonté au milieu de toutes nos épreuves et de toutes nos peines ; je prierai donc avec une nouvelle fidélité, une nouvelle constance et une nouvelle ardeur. La persévérance assure enfin la victoire. Mais que puis-je sans vous. Dieu de bonté? Fixez vous-même la légèreté de mon imagination, arrêtez les égarements de mon esprit, occupez vous seul toutes les puissances àe mon tev^ , v.o\i^ \^^

SUR LE CALTAIRV. 17S

sentiments de mon cœur, et faites que« comme dans ma prière je ne dois chercher que vous, je ne trouve en effet que vous, et que tout autre objet disparaisse à mes yeux.

Les Tentaflons.

Tout le monde est sujet à des tentations ; les âmes saintes elles-mêmes n'en sont pas à couvert ; un saint Paul, un saint Antoine, un saint François de Sales> et tant d'autres y ont été exposés, et en ont ressenti les tristes atteintes. Il y a telle âme qui passe sa vie à combattre contre ses tentations, tou« jours aux prises avec elles, toujours assaillie de toutes parts.

On éprouve des tentations en tout genre et sur toutes sortes d'objets : tentations contre la foi, tentations contre la Providence, tentations contre la charité, tentatiohs plus dangereuses encore contre la pureté. Une âme ainsi attaquée de tous côtés, sans cesse livrée à mille assauts réitérés, exposée à mille traits différents , ne sait quelquefois que devenir et où se réfugier : elle combat, elle résiste, elle s'arme et se met en défense ; elle craint de ne pas toujours résister avec assez de promptitude et de force ; elle craint dene pouvoir soutenir un corn* bat si long et si dangereux ; elle craint enfin de succomber, de perdre en un moment le fruit de tous ses combats, et que la violence du torrent ne rentratne malgré ses efforts et sa résistance; quelquefois même les attaques sont si vives ^l ^v hv^« lentes, qu'elle doute si eu eS^l A\^^\^««!*i%^^^

le cœar n*a point été ébranlé, du mdini par quelque demi-consentonent.

Voici les gages conseils qu'on peut lui donner, et dont elle peut faire la règle de sa conduite.

l"" Le mal n'est pas d'être tenté, mais de succomber à la tentation ; Tétat de tentation n'est pas un état de péché, mais de peinef Qm9 ces ftmes affligées se rassurent donc en se résignant à la volonté de Dieu, et que du reite eUea espèrent tout de sa bonté) leur conQince soutiendra leur faiMease.

9" Quelquefois même Dieu permet que les âmes les plus saintea éprouvent les tentations les plus violentes et les plus humiliantes ; il s'en sert pour purifier leur vertu, pour exoiter leur vigilance, pour leur faire sentir leur néant, et les engager à

recourir à lui avec plus d'ardeur.

S<> Ames affligées , soyez surtout bien assurées que Dieu sait jusqu'oà va la faiblesse humaine , et qu'il modérera tellement les tentations^ qu'elles p'iront jamais au delà de vos forces ; cela est de foi. Représentee-vous une tendre mare qui, approchant son enfant du feu pendant rhiver^ met souvent la main entre deux, de crainte qu'il ne se brûle; voilà l'image de Dieu et sa conduite envers nous.

4'' On peut même dire de certaines tentations comme de certaines mauvaises pensées, il est à propos de les laisser tomber sans s'en alarmer, sans trop les examiner, sans vouloir les combattre de front, mais les mépriser et aller son chemin, en se recommandante Dieu. Quand quelqu'un frappe à la porte, si on ne répond rien, après avoir inutilement heurté longtemps^ il se lasse^ il se retire, et laisse en

i^ En supposant les sages précautions que nous venons de remarquer, et si votre confesseur en est d'avis, il ne serait point nécessaire dans vos confessions de vous accuser de ces tentations, du moins d'entrer dans un certain détail; il sufDrait de dire en général la situation de votre âme et de ses c6mbats, surtout à un confesseur qui connaît votre état et vos peines ordinaires,

De même ces tentations, dès qu'elles vous déplaisent et que vous les combattez, ne doivent point vous empêcher d'approcher de la sainte table ^ car en cet état, agissant moins que souffrant, et ne sentant nul plaisir , mais beaucoup de peine, ce que vous souffrez malgré vous ne peut être pour vous que matière de mérite, et non de péché.

Enfin, ftmes tentées, évitez, autant que vous le pourrez, les tentations^; quand vous ne pourrez les éviter, combattez généreusement; mais n'entrez jamais qu'avec Dieu dans le combat : invoquez souvent son secours en combattant, et donnez-lui toujours l'honneur de la victoire ; au reste, quand vous l'avez remportée , ne vous croyez pas en assurance, veillez sur vous-mêmes, et craignez une nouvelle attaque qui pourrait vous renverser, si vous n'étiez sur vos gardes.

On peut encore ajouter que pour bien des flmes c'est un avantage pour elles d'être tentées; si leurs tentations sont pour elles une source de peines , elles sont aussi une occasion de mérites : après tout, la terre ne produit guère de bons fruits qu'elle n'ait été travaillée, et qu'elle n'ait auparavant souffert toutes les rigueurs de l'hiver.

Vue âme qui n'est pas encore ^\i\XV;i^\sl^vX \^^*^

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