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gnée, dira peut-être : Oai, je vois bien que les fruits que produit l'arbre de la croix sont salutaires, mais il y en a qui sont bien amers ; je m'attends bien à souffrir; mais si Dieu l'avait permis, j'aurais bien désiré toute autre croix que celle que je porte ; elle est bien pesante, toute autre me paraîtrait plus lé* gère.
Erreur, illusion 1 Et ne savez-vous pas, âmes chrétiennes, que l'ordinaire des malades et des affligés, c'est de croire qu'il n'y a point de maladie et d'affliction plus insupportable que la leur? Si Dieu vous avait envoyé d'autres croix, vous vous en plaindriez de même, et celle que vous porteriez alors vous paraîtrait encore la plus pesante de toutes. Le parti le plus sage et le plus sûr pour vous, c'est donc de vous offrir à toutes les peines que la divine Providence jugera vous être plus salutaires. Les croix sont pénibles, il est vrai; mais elles le sont surtout à ceux qui les portent impatiemment ; au lieu que, quand on a su prendre sur soi de les porter en vue de Dieu et pour l'expiation de ses péchés, elles sont adoucies, et cette pensée les rend même consolantes. On trouvera plutôt mille personnes qui se perdront par la voie des prospérités, qu'une seule qui périsse par celle des afflictions. Courage donc et confiance, âmes éprouvées! soyez assurées qu'à travers les nuages de vos épreuves, le divin époux saura bien trouver l'entrée de vos cœurs, et y répandre ses douces consolations par l'onction de sa grâce. Dites-lui souvent ;
Mon Dieu, si vous permettez que je sois tentée, ne permettez pas que je succombe à la tentation : J^/^e nos inducas in tentationem, iJlValWv, N\•^
PRIÈRE A L'AHGE GARDIEN.
Ange tutélaire, qui avez été spécialement chargé du soin de mon ftme, j'invoque avec confiance votre protection contre les ennemis de mon salut : les démons lancent contre moi mille traits, et suscitent mille tentations pour me perdre, obtenez-moi les secours nécessaires pour me sauver ; défendez-moi contre cette foule d'ennemis qui m'attaquent sans cesse; vous connaissez ma faiblesse, soyez touché de mon état ; venez à mon aide, sans quoi je serais en danger de succomber. Je vous demande pardon du peu de reconnaissance que j'ai eu pour les soins que vous m'avez donnés, et du peu d'usage que j'ai fait des grftcesque vous m'avez obtenues; je serai à l'avenir plus fidèle et plus reconnaissant ; j'espère qu'avec le secours de votre protection je pourrai surmonter toutes les tentations, et triompher enfin de mes ennemis : après Dieu, je vous rapporterai tout rhonneur de cette victoire, et je vous en rendrai d'éternelles actions de grâces. Avec cette espérance , je vais prendre un nouveau courage ; si vo\is combattez avec moi et pour moi, tout l'enfer conjuré ne saurait me nuire.
Représentez-vous Jésus-Christ tenté par Tesprit des té« nèbres; demandez son assistance, et espérez le secours de ses grâces; il vous les a méritées sur la croix, offrez-lui la ▼ôlre.
Les sécheresses et les dégoûts dans le service de Dieu et dans les eiercices de piété.
C'est une peine bien commune, et une plainte comme générale parmi les âmes M^\^^%^\Kssfia:^\fc^
il9 t'A»
et affligées; elles disent sans cesse : Je n'ai point de dévotion, point de goût, point de sentiments; je suis devant Dieu comme une âme stupidé ; mon esprit ^égare, mon coeur ne dit rien ; Je vis dans une espèce dindifférence sur mon salut et ma perfection qui me fait trembler.
État d'autant plus pénible, qu'il se répand surtout; la prière, les confessions, les communions, tous les exercices de piété présentent les mêmes sécheres* ses et le même dégoût ; et partout on répète cette plainte amère : Je n'ai point de dévotion.
Pour ranimer autant qu'il est en mot ces àmss affligées, f ai trois questions h leur faire tant pour leur instruction que pour leur consolation.
Première question. Je leur demande d'abord t Qu'entendez-vous par dévotion? car il fliut savoir qu'il y a deux sortes de dévotions : une dévotion sensible et de goût, et une dévotion solide et de foi. La dévotion sensible consiste dans les douceurs, les consolations que l'on éprouve quelquefois dans le service de Dieu, dans certaines onctions intérieures qui pénètrent l'âme et la font marcher avec joie dans les voies de Dieu : la dévotion que j'appelle solide et de foi, ne consiste que dans une volonté prompte et déterminée d'être à Dieu, et de mourir plutôt que de l'ofTenser; et cela en tout , dans l'adversité comme dans la prospérité, dans la sécheresse comme dans les consolations. Voilà la dévotion vraie , solide; souvenez- vous-en.
Seconde question. Je demande : Pensez-vous que la dévotion sensible soit nécessaire? Si vous le croyiez, vous seriez dans l'illusion. C'est en effet uno grande erreur de penser que les exercices de
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piété ne plaisent à Dieu que quand ùtk les fait avec joie : la véritable perfection ne consiste point dans rabondance des goûts spirituels, mais dans la détermination de la volonté à renoncer à son amourpropre, S se détacher de toutes les choses créées, à se tenir dans un entier abandon k la volonté de Dieu dans tous les divers événements de la vie. Bien des saints n'ont point eu de consolations sensil)le3 dans le service de Dieu, et ils ont cependant été de grands saints. Sainte Thérèse a passé plus de vingt années dans les aridités et les sécheresses, et sainte TbérèSd a été une des plus fidèles épouses et des plus généreuses amantes de Jésus-Christ.
Troisième question. Croyez-vôuS que cette dévotion Sensible et de goût soit plus méritoire ? autre illusion. Vous mériterez plus devant Dieu dans une heure de sécheresses^ et de peines humblement ac-^ ceptéeS que dans des années entières de consola* tions trop naturellement goûtées. La vraie piété, le solide mérite consistent dans la conformité à la f o« lonté de Dieu, dans l'accomplissement des desseins de Dieu, dans Tabandon à la Providence de Dieu, la persévérance au service de Dieu, dans quelque état d'aridités et de sécheresses que l*on puisse se trouver. C'est là la grande voie que Jésus-Christ même nous a tracée, quand il dit : Toute mon occupation, tout mon désir est d'être soumis à mon Père céleste , et d'accomplir en tout ce qui est de son bon plaisirs QtUB placita sunt et fado semper. ( Joan. m. ) Beau modèle à suivre dans votre conduite, grand motif pour vous rassurer dans vos peines.
Je reviens donc. Vous dites •• 1^ xv' ^\ ^\\&. ^^ "^V votion. Si vous parlez de la dfe\ol\o\i ^'sçv^^^^^^^'
solez-vous , elle D*est pas de nécessité ; elle ne d^ pend pas de vous, Dieu ne la demande pas de vous ; peut-être est-ce un effet de sa bonté de vous soustraire ces goûts sensibles : vous en abuseriez , ils ne serviraient souvent qu'à nourrir votre amour-propre et une vaine complaisance en vous-même ; vous devez vous connaître en ce point, et combien vous auriez à craindre de vous.
Vous n'avez point de consolation : et la méritezvous? Dieu vous la doit-il? N'est-ce pas une assez grande grâce pour vous qu'il vous supporte malgré vos misères? Et au lieu de douceurs ne mériteriez -vous pas des peines encore plus sensibles ?
Vous n'avez point de consolation : et n'avez-vous point commis de faute et d*inGdéIité qui vous en ait rendu indigne? Examinez- vous; rendez- vous justice ; et au lieu de vous plaindre de Dieu, ne vous en prenez qu'à vous-même, et retranchez la cause qui a tari la source.
Vous n'avez point de dévotion ni de goût dans la piété : Prenez garde de tomber dans le défaut dont parle saint François de Sales : vous cherchez les consolations de Dieu, au lieu de chercher le Dieu des consolations.
Enfin vous n'avez point de goût et de consolation : peut-être par cet état de peine et de privation Dieu vous prépare-t-il quelque grande grâce; il vous humilie, en attendant, et vous tient dans votre néant, afin que, quand cette grâce vous sera accordée , vous ne soyez pas tenté de vous l'approprier, de vous en glorifier, mais que vous en rendiez toute la gloire a celui qui en est Tunique source.
Cependant^ dans votre état àe souSt«5\c^ et de
sécheresse, il ne vous sera pas défendu de demander à Dieu quelque consolation; mais demandez-la, non comme une chose absolument nécessaire pour son service , mais comme une grâce pour vous ai« der, pour vous animer , pour vous soutenir dans votre faiblesse et dans vos dégoûts , de peur que vous ne tombiez dans l'abattement et la défaillance. Car enûn^ il est vrai , j'en conviens avec vous , c'est une situation bien triste et bien affligeante pour la nature, que cet état de sécheresse, d'aridité, de privation de toute consolation sensible dans le service de Dieu. Il n'y a que les âmes qui marchent dans cette voie qui sachent ce qu'il en coûte, et ce qu'il y a à souffrir : c'est là proprement le crucifiement et le martyre de l'àme. Après tout, il faut boire le calice quand Dieu le présente ; ne cherchonsnous que des douceurs dans son saint service? Heureux encore qu'il veuille bien nous souffrir en sa présence, et jeter sur nous quelques regards de compassion ! Recevons donc la lumière et la consolation quand il nous en favorise, sans nous y attacher trop humainement. Quand «il nous conduit dans la nuit sombre des aridités, des sécheresses , laissons-nous conduire dans cette nuit, et souffrons amoureusement les angoisses de cette agonie. Les eussions nous méritées par nos infidélités, c'est une punition salutaire que nous offriFons à Dieu, et qu'il daignera accepter en expiation de nos fautes et de nos négligences. Si nous aimons Dieu, cette pensée doit nous tenir lieu de toute consolation.
PRIÈRE
/>dii5 Je triste état d'aridité àb «i^Yiet^e»^ ^^\ ^
tIÉ VÉn
ràte ttAn% ittié pdii^Jé toiià cUre, 6 mtilk Mfeu? A peinÀ <M6-je lerer let yeuxters toite, depéurde tooi trôuyer irrité contre moi. Sans goût^ étais bào* tfam^ éiti8 ardeur, hélas! qodile prière poisse tàiré et qnels seotiinetis ifoiâ^Je yodeofitHr,* ituè dan^ utte ëhtftite continuelle de toiirf dériaire, an tteb de tôoe iMorer? Permettet dit nioins, Died dé lionté, cpie je tous oft^la pHèrè et les sentiments du prophète ûcd&iltil denmi Tôtaâ, et qne je vouir diéè ateelM t
NèprùfMbt M àfluiti taâietSpirifûm àikehmi Émtm éé m^Mti à fàè. (i%aliin: l;) Ne me rejètëé ^ de fotta préseflce^ et hé tne privez pas de Tàssistanee dé fdtre divin Esprit : je Faorais mérité ipér Inea m* fidélités; bien aaihtt mai« ayez pitié a*une âiitie c[dl est Poilvragie de toir mains et le prix de votre jâhg. Adorable Sadtéiirt AmlÉ Pespèee de délaissé^ nient oH vous avez été réduit sûr la cfoit, vous avez eu recours à votre Père céleste, et vous avez été étàucé; f ai recourra vous daûs mes peines, j'espère que Vous ne me délaisserez pas: Vous ne voyez en moi que de gtandes mfsëres; elles en sont plus dignes de votre graïide miséricorde. Cest mon unique asile; je tn*y jette âvec conflariôe; receveî-moi, consolê2-inoi, et l^uvez-nioi. Ainsi soit-11.
Les Scrupules.
Les âmes Scrupuleuses ont autant besoin d'instruction que de consolation; ce n'est pième que dans une instruction salutaire qu'elles trouveront utàê iolide ooiiaoiatioa^ et eOes Vi Uwl^vcq^i vw-
SUR LS ÇAiVAIRE. 169
failliblemeot) si eUes s'y rendent dodlea; c'est à quoi on ne saurait trop souvent et trop fortement les exhorter.
Les scrupules peuvent venir de trois sources différentes; oç du côté de Dieu^ et ce sont des épreu* ves auxquelles il faut se soumettra ; ou du côté du dén^on, et ce sont des tentations dont il faut se do* fier; ou de nôtre part, âe nous-mêmes, d'un fonds de caractère timide, pénible, mélancolique^ ombrageui) dont il faut s'humilier, en tâchant néanmoins de îe réformer.
Les scrupules peuvent avoir les plus tristes effets, si on n'a pas soin d'en arrêter le cours, et d'en pré* venir les suites funestes.
ils jettent dans le trouble par les jténèbres qu'ils répandent dans l'âme.
Us jettent dans l'abattement par les combats continuels qu'ils font essuyer.
Ils jettent dans les illusions, si on suit les fausses idées qu'ils présentent.
Us jettent dans là détiance, parce qu'on se croit alors comme abandonné de Dieu.
Enfin, ils peuvent conduire à une espèce de "désespoir, parce qu'on croit qu'il n'y a plus de salut à espérer.
De quelque part que viennent les scrupules, voici les sages avis éi les règles sûres de conduite que donne un Père spirituel, éclairé ^t expérimenté, aux âmes qui sont attaquées de cette maladie.^
Première règle. U faut choisir un directeur habile^ expérimenté , et dont les sëi\timeul^ sur la foi soient connus; niais prendre garde qu'il ne ^it pas luimème trop scrupuleio. GQmowaV tB^sjbràiàkV^'^
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maladie dont il est Iqi-mème attdnt et dont il ne connaît pas les remèdes?
Seconde règle. Quand on a choisi ce sage conducteur, il faut lui obéir aveuglément, en regardant dans lui la personne de Jésus-Christ même. On ne saurait pécher en lui obéissant, parce que, s'il y avait de la faute, ce serait pour celui qoi a donné ' ravis, et non pour celui qui le suit
TraUième règle. Gén^lement parlant, les ponsonnes scrupuleuses, dans le doute si elles ont péché ou non, doivent décider en leur faveut, parce que, pour Tordinaire, le trouble où elles sont ne leur laisse pas assez de liberté pour bien réOéchir en ce moment. Elles doivent juger d*elles-mâaie» par leurs dispositions babitudles , et non par le iai»ment présent
Quatrième règle. Les scrupuleux ne sont point obligés à la rigueur de se confesser de tous les péchés qui leur fout de la peine, à moins qu'ils ne soient assurés de trois choses jusqu'à en pouvoir jurer, l» qu'ils ont commis ce péché ; 2» qu'ils l'ont commis avec une volonté pleine et entière, et dans la persuasion que la faute était considérable; 3» qu'ils ne l'ont jamais confessé. Cest l'avis des théologiens les plus éclairés.
Cinquième règle. Us ne doivent guère, sans l'avis de leur confesseur, penser à faire des confessions générales, qui communément né serviraient qu'à les embarrasser davantage, à leur fournir de nouvelles matières de scrupules, et d'une peine les jeter dans une autre plus grande.
Sixième règle. Quand les personnes scrupuleuses se préparât à leur confesskm, <âtea tub ^rà^\i\.
employer à leur examen qu'autant de temps que leur directeur leur en a prescrit ; elles doivent plus s'appliquer à former de bonnes résolutions qu*à faire de longs examens.
Septième règle. Quand elles sortent du tribunal, eUes ne doivent pas s*arrêter à examiner si elles ont tout dit, si dles ont suffisamment tout expliqué, si le confesseur les a bien entendues et comprises : tout cela autant de temps perdu, de réflexions inutiles, c^ nouveaux embarras. Qu'elles laissent tout entre les mains de Dieu, sans s'en occuper davantage en aucune manière.
* Huitième règle. De même, les personnes scrupu- 'leoses ne doivent jamais beaucoup s'arrêter sur les mauvaises pensées qu'elles ont eues, sous prétexte d*etaminer si elles y ont pris quelque complaisance ou non; cela ne sert qu'à imprimer plus fortement les objets dans Tespritet dans l'imagination, ce qui est très-dangereux pour elles. J'en dis autant des premiers mouvements qui s'élèvent dans nous, et qui ne sont point libres ; d'ailleurs, il faut bien distinguer le sentiment du consentement; le consentement serait péché, le sentiment ne Test pas.
Neuvième règle. Elles doivent assez ordinairement s'interdire la lecture des livres qui traitent des matières terribles ou embarrassantes, telles que sont la rigueur des jugements de Dieu, le petit nombre des élus, les qualités de la contrition, etc. ; elles doivent au contraire beaucoup lire les livres qui parlent de l'amour de Dieu, de sa bonté et de sa miséricorde, et autres semblables, capables d'animer leur conGance et dissiper leurs sombres nuages.
Au reste, toutes ces rëgYes n^ «icyciX. ^^\^nsxV^
1M VàWE
scrupuleux de bonne foi, et qon poav eoi|X qui, pressés pas les remords de leurs conscience, traitent de scrupules des peines tris-bien fondées, sans consulter autre chose que leurs lumières fiausses et trompeuses qui le^ égarent
Enfin ce n'est point aux scrupuleux à juger «-ils sont scrupuleux; ils n'en sont pas capables} ils doivent s'en rapporter aux sentiments de leur coih fesseur, a'en tenir à ses décisions, et, une foia déci<* dées, ne plus revenir sur le même objet
En donnant ces ^ages règles aux àme^scrupuleuses, je pense avoir en quelque manière contribué à leur consolation. J'ajouterai cependant encore eb leur faveur quelques qouvpaux motifs capal]?as<^âbfF /^^ les tranquilliser, ou du moins de les soutenir ^f^^^ . leurs peines.
19 Si elles les offrent à Dieu, elles leur donnent le moyen d'expier leurs péchés;
20 Elles les tiennent dans rburnilité et la défiance d'elles-mêmes;
S'' Elles les obligent de recourir souv ent à Dieu et à la prière ;
4'' Elles détachent des plaisirs, des amusements, et de toutes les choses de la terre. Comment goûterait-on quelque douceur au dehors , quand on est intérieurement dévoré de ses peines ?
50 Elles leur font pratiquer beaucoup de vertus, et offrir à Dieu bien des sacrifices.
Consolez-vous donc, âmes affligées par les scrupules ; mais soyez dociles, soyez soumises, ayez la simplicité des enfants : vous avez dû comprendre, par une triste expérience, que vous n'êtes pas assez éclairée^ pour vous conduire NO\xarm^TnfiA*^«»^^nL
SUR LE GALVàIKB. 187
donc assez sages pour vous laisser conduire. Après tout, soyez bien ' assurées que, sî vous sortez de cette voie de soumission, jamais, jamais vous ne guérirez de vos maux, d'autant plus coupables que vous aurez refusé le sûr et unique moyen de guérison qu'on voua pré$entai|;.
Au reste, il y a quelquefois des âmes qui se font des scrupules sur des choses très-légères, souvent sur des riens, et qui ne se feront nul scrupule sur des choses essentielles et de conséquence, qui mériteraiffH; bien plus d'attention et de délicatesse de conscience. S'il y a une illusion à craindre, c'est sito^aÉgl; celle-là, d'autant plus dangereuse même, ^'f^^BMrtt difficile de ramener ces âmes de leur er*
i PRIÈRE.
Mes scrupules sont mon tourment, 6 mon Dieu ? Si ces peines me viennent comme une épreuve, de votre part, je dois m'y résigner, quelque affligean* tes qu'elles soient ; mais si je me les suis attirées par mes infidélités et ma négligence, je dois m'en corri» ger et les réformer. Pour calmer mes agitations j'ai pris bien des moyens, j'ai cherché bien des conseils, et je vois enfin que j'ai négligé le seul qui pouvait me guérir et devenir efficace; c'était de me sou^mettre aveuglément à celui qui me tient votre plaoê, et de suivre ses avis avec la docilité et la simplicité des enfants; je le ferai désormais, et j'espère de votre grâce que par cette soumission et cette obéissant* ce je pourrai trouver la paix de mon âme; que si vous en disposez autrement, je me résigne à votre saiute volonté^ qui m» U«udr% Wqml à!^ ^^\!âi^^^^
iSS L'AME
VOUS n'en avez pas eu d'autre sur la croix que Tacoomplissement de la volonté de votre Père céleste
Peines snr les misères dont cette vie est
remplie.
11 faut convenir que tout le cours de notre vie est rempli de bien des misères et de bien dfes sujets de douleurs ; de quelque côté que nous nous envisagions, et sous quelque point de vue que iq^s nous considérions, nous nous trouvons enviroroé»^ et comme investis de ces objets de tristesse §1 d'afflictions qui ne peuvent que nous faire gémir, tant que nous serons dans ce lieu d'exil et dans cette vallée de larmes.
Dans nos esprits, quel fonds déplorable d'ignorance, de doutes, d'erreurs, de perplexités ! vivant sans cesse au milieu des nuages, sans savoir souvent où mettre nos pas avec assurance, et marchant toujours en tremblant de peur de nous égarer, et, en nous égarant, de nous perdre.
Dans notre cœur, agités, déchirés, tyrannisés à tous les instants par mille passions diffcrentes, mille affections vicieuses, mille funestes penchants qui nous livrent de concert mille combats; obligés nous-mêmes de combattre sans cesse contre elles, c'est-à-dire, contre nous-mêmes et contre notre cœur, de peur que les sentiments de ce cœur naturellement dépravé ne nous échappent et ne nous arrachent quelque consentement crLniinel avi^ olw
jets dangereux qui se présentent pour nous séduire.
Dans notre corps, que d'infirmités, que de maladies, que de langueurs auxquelles nous sommes sujets ! La constitution la plus forte, la santé en apparence la mieux affermie, a-t-elle jamais rien de bien assuré ? A combien de revers et de vicissitudes n'est-elle pas sujette 1 et si une fois elle a été altérée que de peines pour la rétablir 1 Les remèdes mêmes que nous prenons pour nous guérir ou pour nous conserver ne forment-ils pas un assujettissement presque aussi pénible que les maladies et les infirmités mêmes ?
Dans toute notre vie, combien d'autres misères capables d'altérer la sérénité, la tranquillité de nos jours I La seule incertitude de Theurede notre mort n'est-elle pas capable de jeter l'amertume et le poison sur tous les plaisirs? Si cependant il y a, et il peut y avoir des plaisirs en ce monde, comment les goûter au milieu des craintes continuelles où nous sommes sans cesse, de tant d'événements tristes, de tant d'accidents funestes qui peuvent arriver, et qui deviennent tous les jours plus communs dans le monde ? Eh ! de quoi entend-on parler de nos jours, que de ces événements extraordinaires et inattendus? revers de fortune, calamités, morts subites, tant d'autres calamités qui, comme un torrent, inondent nos cœurs et y répandent leur amertume.
Voilà donc toute votre vie condamnée aux gémissements et aux larmes : si la raison et la religion venant au secours , ne nous ptèsfc\\V.«c^ ^'^ Y^sjnts moyens capables de wovxs soxiVfôwvt^ ^5^^^^^^
f M ' L'An
ra Vamértume de notre sort, oa plutdt le ec»nble de nos mtibenrs ?
Mais non , la raison senle ne sufOra ' pas pour nous consoler; c^t' dans le âefn àe la ret^on oue nous devons puiser ces eaux safutair^ capables de fournir M rafralchisfcnoiraii à nos oosurs desséchés.
' Allons donc les puiser dans cette source saloti^re (pli nous est outerte, et entrons dans les dispositions 06 Dieu Teut nous conduire par ces misères soutenues de sa grâce. Considérons en détail toutes ces peines pour en supporter les rigueurs et en sanctifier les effets. *
f Nous nous plaignons, nous gémissonâ sur n* gnorance, les doutes, les erreurs, les perplexités de notre esprit j elles sont tristes, elles sontafBigern* tes, il est vrai, dans la crainte des illusions et des égarements où elles peuvent nous porter ; mais rassurons-nous. Dès que nous aurons un soin raisonnable de nous instruire, et qu'après cette instruction raisonnable nous agirons de l)onne foi et dans la droiture de notre conscience, ces nuages d'esprit ne sauraient nous nuire et nous rendre coupables devant Dieu. Ces ténèbres sont une triste suite du péché de notre origine; mais elles ne sauraient alors former des péchés personnels pour nous : Dieu nous Juge selon nos lumières, et il a pitié de notre misère.
^ Notre cœur est agité de mille passions, sujet à
mille affections déréglées ; elles sont dans nous là
matière de nos combats et peuvent devenir la
source de nos mérites ; elles sont Texercice pénible
des vertuêf mais non la sour^ voVonUit^ âÂavtoe««
SUR LE GALVAIRE. ifl
II faut résister, il faut combattre, il faut vaincre, mais nous avons des grftces pour remporter la mor, toire ; le Dieu des armées combat avec nous contc<9 nos passions, et nous aide à les soumettra et à l9f^ dominer; après tout, tant qu-avec }a gcftce POHK tiendrons notre cœur entre nos maîps, tout 1-(^«k conjuré ne saurait nous nuire ; nos ennemis pwt vent nous assaillir et se présenter à la porte de j^ç^ tre cœur ; mais ils ne sauraient y entrer que nom; ne le voulions ; combattons généreusement, et Dieu, malgré notre faiblesse, affermira notre cœur, et nous fera sortir victorieux du combat.
30 Les infirmités, les maladies qui affligent le corps, sont Tapanage de notre mortalité : o'est la maison de boue qui dépérit ; c'est la terre, Fargile qui se ressent de son origine ; c'est la prison qui commence à s'ouvrir pour mettre Tàme dam la liberté des enfants de Dieu. Il faut nous attend^ i souffrir pour mourir; souffrons patiemment les infirmités du corps qui peuvent servir à donner de la force et de la consistance à l'âme; quand la prison sera détruite^ Tâme libre prendra son essor et B^eii** volera dans le sein du céleste époux, oii il n^y aura plus pour elle ni infirmité, ni douleur, ni soupir, neqttè luctus, neque dolor erit ultra; le corps mor« tel revêtu de l'immortalité, après avoir causé i l'âme ses peines, prendra part à ses glorieux privi«» léges.
40 Pour les tristes événements, les funestes acci« dents qui peuvent arriver dans la vie, il faut s^ . préparer sagement par la soumission, mais ne paa | les anticiper par une fausse crainte et une pré« voyance téméraire ; ils sont eT\\.T^V^\CMi&a^^\Âafi^ .
«M L*AinB
et non dans les nôtres. Pourquoi aller tourmenter notre esprit et navrer notre cœur par la prévoyance d'événements qui n'arriveront peut-être jamais? ou s'ils arrivent, ce Dieu de bonté ne les permettra jamais que pour un bien, et les proportionnera tou> jours à l'excès de notre misère, et plus encore à la grandeur de sa miséricorde.' Laissons donc Tavenir entre ses mains, et jetons-nous avec une pleine et entière confiance dans son cœur.