PRIÈRE A JÉSUS-CHRIST SUR LA CROIX
Sauveur adorable I voici bien des flmes souffrantes qui viennent se présenter au pied de votre croix; c'est la douleur qui les y conduit; soyez touché de rétat d'adliction où elles sont réduites, et de la confiance qu'elles vous témoignent. Non, Dieu de bonté! elles ne vont point chercher leur consolation auprès d'un monde trompeur, elles en ont connu le néant et la vanité ; c*est auprès de vous, qui êtes le véritable consolateur des âmes. Vous les appelez vousmême à vous ; vous daignez les réunir toutes au pied de votre croix ; vous voulez leur ouvrir votre cœur, pour devenir leur asile et leur soutien dans leurs peines ; faites-leur part des grâces dont ce cœur adorable est la source. Ce sont des enfants affligés, des épouses désolées qui viennent se jeter entre les bras du plus tendre des pères, du plus compatissant des époux ; ne permettez pas qu'elles soient venues en vain implorer votre secours ; donnez-leur la patience dans leurs peines, la lumière dans leurs doutes, la force dans leurs tentations, toutes les grâces dont elles ont besoin dans leur état d'épreuves et de souffrances. Elles vous les demandent par les 50uffi*ances mêmes que vous aNex ^wdwxt^^s
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pour elles, par la voix de votre sang précieux et par les mérites de votre mort douloureuse : faites que , si elles participent aux peines et aux amertumes de votre cœur en ce monde, elles puissent avoir part à sfes douceurs et à ses inefifables délices dans l'autre. Ainsi soit-iL
Haiimes fondamentales sar les souffrances.
Tant que nous serons dans cette vallée de larmes, et que nous vivrons dans ce lieu d*exil, nous devon$ nous attendre à des peines et à des afflictions. Chrétiens , nous devons porter la croix de Jésus-Christ ; pécheurs, nous devons subir la peine de notre péché; destinés pour le Ciel, il faut marcher par la voie étroite pour y arriver. Depuis le plus grand monarque jusqu'au dernier des sujets, chacun a ses peines ; souvent même ceux qui paraissent les plus heureux au dehors sont ceux qui dans le fond ont les plus grandes afflictions pour partage.
Dans la nécessité indispensable où nous sommes donc de souffrir en ce monde, Tunique parti qui nous reste est de faire sur la terre un saint usage de nos croix et de les mettre à profit pour le Ciel. Voilà les sentiments que la grâce et la religion nous inspirent; considérons- les, faisons-en la règle de notre conduite, et les croix seront un jour la matière de notre triomphe.
!<" Dans toutes les afflictions, reconnaître d'abord qu'on les a méritées, qu'on se les est attirées par ses pécbés , et qu'on en mètil^T^W di^XÂ^w'^^c;^^»^-
sibles encore, si Dieu nous jugeait dans Ift Hgueur de ^ justice et selon la gratideur de nos offenses.
3** Recourit* aussitôt à Dieu, et lui demander humblement la grâce de prendre nos croix dans son esprit et selon son cddiir. Disons-lUi : Mon Dieu 1 vous Yoyez mes peines , venez à mon aide ; sahs vOtr<B secours, que puis-je, sinon de succomber?
3° Les recevoir en esprit de pénitence pour nos péchés. Cette seule pensée : J'ai mérité l'enfer; un seul péché mortel suffisait pour m'y précipiter à jamais, et j'en ai tant commis! celte seule pensée, disje, hë doit-elle pas nous trouver résignés à toutes nos peines, si par là nous pouvons en éviter d'éternel- ' lest
4** Uiiir toutes les peines qu'on souffre avec celles de Jéâus-Chlrist. Cette union les adoucira , les sanctiPiera , les rendra même légères et consolantes. Je souffre, il est vrai , mais je souffre pour mon Dieu : il souffre avec moi ; j'unis mes soupirs à ses soupirs, mes larmes à ses larmes; quoi de plus consolant quand on a la foi ?
5° Ne demander jamais absolument la délivrance de ses peines, mais uniquement raccomplissement de la volonté de Dieu en tout ; il sait mieux ce qui nous convient que nous-mêmes. Disons avec Jésus- Christ : Ah ! Seigneur, que ce calice si plein d'amertume s'éloigne de moi ; mais ajoutons aussitôt avec lui : Cependant que votre volonté s'accomplisse, et non pas la mienne.
6® Ne jamais fuir lâchement la croix quand Dieu
la présente. On cherche à se soulager, à se déchar-
ger de son poids , et souvent on ne quitte une croix
que pour en liôiivev une autre ^etvcôYo \A\\^ ç<^^^\n\sl.
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t^rtbniâ cètle qiië Jésus-Chrisi nous qfrrë; elle nous vient de sa màih, elle nous conduira dans son cœur.
7^ Rappeler souvent ce que les saints ont souffert poiilr ie diéi; considérer lés uns dans les cachots 9 les Hïiteà ^ùr dés echâfàîiils, les autres au milieu dësbrÀslëts àrdéHts, tàril; de saints pénitents dans le fond des déserts , couverts de ciiices , arrosés de leurs lârmeis, souvéni.de leur sang. Oii*cst-ce que je souffle eh cbiht)arâts6ti dé ce qu'ils ont souffert?
^ Se dïH â Soi-mëttië qu*après toui il n'y a que deux vbiëâ pôiir aller àd Ciel , bu l'innocence , ou la ïpénitetlëé. lA voie dé riniiocehce m'étant fermée, il ne iiié reste (}ue celte dé la pénitence pour me sau- Vër; é'est la seule planche qui peut me conduire au port après lé naufrage ; Dieu me la présente , voudràis-ie la réhisér et me perdre à jamais !
9"* kè pas ée|5éndaht régarder toutes les croix cbttlnië dés pUnitioiià, et ihoiris encore comme des itialhéilrs; eileë sôtit Souvent des grâces spéciales' de DiéU, qui veut nous éprouver, nous purifîer, nous détacher du monde et de nous-mêmes, en un nibt, nous attirer à lui : soiit-ce des peines ou de faveurs î
10* Ne pas tahi parler aux autres de nos peines ; c'est une satisfaction souvent toute naturelle qu'on se procuire. On ne condamne pas une confidence sage k un ami sincère pour ouvrir le cœur; mais le vrai confident de nos peines doit être Dieu. Ne pas même tant s*occuper de ses^afOictions et y trop réOéchir ,* ces réflexions sur nos maux ne servent souvent qu*à les aigirir, et ne les adoucissent jamais ; un acte dé résignation bien sincère vaatcQLvè\ixQ^^^»Q&. réâexioDs inutiles.
SM l'amb
Ifo Penser souvent à la gloire et an bonheur que nos afOiclions peuvent nous procurer dans le Ciel. Durant loule Fétemilé nous bénirons le Seigneur de nous avoir ménagé des croix, sans lesquelles nous nous serions infailliblement perdus. Bien des saints, sans les souffrances, n*auraient été que des réprouvés.
13^ Enfin penser que nos peines finiront un jour, peut-être bientôt. Encore quelques années d épreuves, quelques jours de combats : alors quelle consolation d*aller paraître devant Dieu revêtus des livrées de son Fils et portant sa croix en triomphe I
Au reste, il ne faut pas croire qu'on perdra le mérite de ses peines, parce qu'on y est sensible et qu on en sent le poids. Dieu ne condamne pas la sensibilité, c'est un sentiment naturel; il ne demande pas un cœur insensible, mais un cœur résigné : il ne condamne pas les larmes, il les sanctifie : il pleura lui-même la mort de Lazare, et il demanda à son Père d*être délivré du calice de sa Passion.
Les âmes plus élevées reçoivent leurs peines, non-seulement avec soumission, mais encore avec joie : c'est le sentiment des cœurs généreux, des âmes parfaites. Dieu n'exige pas ces sentiments héroïques de tous; heureux ceux qui sont dans ces saintes dispositions !
Cependant ne jamais demander à Dieu *des croix et des peines, de peur de trop présumer de soi-même. Souvent Dieu accorde plus qu'on MÉ^B^lUe, pour nous faire sentir notre fai- J^ ^hrimer les sentiments de jnoire amour-
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Réunissons tous ces motifs dans un seul, et revenons à notre grand modèle, à Jésus-Christ, chef des prédestinés, et, en cette qualité, l'homme de douleurs. Il a porté la croix , il nous la présente comme à Simon le Cyrénéen ; recevons-la de sa main , portons-la dans son esprit : il Ta consacrée dans sa personne , il Ta sanctiGée par son exemple , il Ta arrosée de son sang , il l'adoucit par sa grâce ; il la récompensera, et il la couronnera dans sa gloire.
le Père de famille affligé.
Un père de famille peut avoir des croix et des peines, ou du côté des affaires temporelles, ou du côté de son épouse et de ses enfants. D'une part, l'administration des choses temporelles peut lui donner bien des sollicitudes et des inquiétudes; le cours des affaires ne va pas comme il le souhaiterait, les projets échouent, les ressources manquent, la fortune ne seconde pas les soins et les désirs : malgré tous les soins, à peine peut-on fournir à tout et soutenir le poids dont on est chargé.
D'une autre part, tantôt des enfants, ou par leur indocilité, ou par leur pente au libertinage, donnent des peines encore plus réelles; on craint que ces défauts naissants ne conduisent encore plus loin; et ces mauvaises dispositions présentes font tout re* douter pour un plus triste avenir. Tantôt encore, par un surcroît d'afflictions, ut\eèçowç»^^^\^«^^^^ être un soutien et une consolaVÀou, ^%%xw^ ^^-
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même le poids des affliction^ ; iipQ bupif^uf |f)(|vi j^, un caractère peij liant, u^ fpT»i|3 4fl P^^IJgeqcp dans l^s affaires, un fonds d'QRiqi^tf^té dans l'ea? prit, un fonds de contri^riété (^^q3 \f^ geqtimeq^i ; dans tout cela grande m^itièr^ ^ ç^erpfif j^ pfiUeppei et souvent à la pousser ^ ))qu(. Çepfsq^aqt toM( f)e peut pas venir d'un côté ; un m^rj qui dqi^ n)^t^^f^I^ ment avoir plus de force d'espipit^ flQJI ai:|$^| ^|xe pl(ifi| en état ^e se possédqr lui-|p6(pe , ^ç f}i$^i(n^ipr, dp laisser tomber bien des choses qui ne tirent pf)^ | conséquence : il doit avoir des attentions et des égards pour une épouse, et d'une compagne que Dieu lui a donnée, ne vouloir pas pp f^if e une esclave. Dans tout cela, je le comprends, Il faudra prendre sur soi. se f{(ire viplepçe, se g^ner, ce çpntrajndre, et fair^ bien d^i| sacrifice^ pepjble^ à I^ natqr^^ mais le bien de ia pa^ix doit (*en)pQft^f §pr \0Mh s^u\ve considération.
Père de famille affligé ! dan^ Ip bçspin pre^s^pt ou vous êtes de secours et de grâces, c*est dans la source même que vous devez les aller pujsef , et ce n'p^t que par la prière que vous poqvez espérpf de 1^ obtenir. Offrez celle-ci de tout votre cœur à l)ieu î ayez une ferpie confiance que^ tpucbé dp vqtre ptat, il exaucera vos demandes, il adoucira votre spft, (^u moins il vous aidera à le rendre plu^ heur^u^ daps le Ciel.
PRIÈRE
Au pied de la croix, du moins en esprit.
Dieu de bonté I vous m'avez pUcé à la tête d'une
famille dont vous m'avez confié ja conduite ; jp tâchQ
de lui donner tous ï^es soins; mais^ m^gcè tou^^.
m^s soins» de combien d'inquiétudes ne suisrje pas comme accablé? L'administration des biens, l'em* barras des affaires, la peine de subvenir à toutf source intarissable d'agitations et de sollicitudes continuelles pour mqi, tous mes jours sont marqués par quelque peine nouvelle; environné de tant di» chagrins, à peine puis-je respirer et goûter un mo*» ment de repos.
Si du moins, au milieu de tant d'embarras et de soins au dehors, je pouvais trouver la tranquillité fit la paix dans Tintérieur de ma famille! mais, hélasl bien loin d'y trouver de la consolation, c'est dans le sein même de celte famille que je trouve la source la plus amère de mes afflictions; elles m'agitent elles me troublent, elles me dévorent. 11 serait naturel qu'en me donnant tous les soins pour les miens, je trouvasse du moins près d'epx un spvitjen et un adoucissement ; j'y trouve, au contriiife, \xi\ surcroît dafflicMons et de peines.
mon Dieu ! vous êtes ]e père cpmmun de tous ; yous^tes le mien et celui de mes enfants; c'est fittprès de vpqs, pt (Jp vqu^ spul, que je Yien3 chercher ma consolation et ma force, inutilement j'espérais If^ trouyep ailleurs : c est donc auprès de vopsef un pied de votr^ croix que je viens déposer les sen^-? ments de \i\on cœur et les peines de mon é^at. S*|) était de vQtrp boq plfljsir dP me délivrer dp ces pe^ nés, qijelles actions de grâces n'anrais-je pas k you^ rendre ! Cependant, si votre volonté en a autrement disposé, qu'elle s'accx)mplisse, et qon pas la mienfiQ.
Je vous demande donc instamment deux choses essentielles à mon salut; la première, c'est le secotfrs dont j'at besoin pour svppot\i^iV.^\iV^V;ib^ss(Q(.
m VAMS
de mon état ; la seconde, c'est de les prendre dans votre esprit. Puisque tous voulez que je sois affligé, ne permettez pas que je perde le mérite de mes afflictions. Je les reçois de votre main, je vous les offre en esprit de pénitence et de résignation ; j'espère qu'avec le secours de votre grâce, je porterai le fardeau que vous mimposez, et que, si je ne suis pas heureux en ce monde, du moins, par les afflictions mômes de cette vie, vous me préparerez au bonheur de l'autre. Ainsi soit-il.
HISTOIRE
Sage conduite éFun père qui, par sa douceur, sa prudencCf sa patience, eut la consolation de ramener un JUs de ses égarements et de ses excès.
Un père chrétien n'avait rien oublié pour donner une bonne éducation à son fils : bons exemples , instructions saintes, avis salutaires, tout avait été employé; mais le mauvais naturel et les passions criminelles avaient dominé le fils, qui causait tous les jours de nouveaux chagrins en donnant dans de nouveaux désordres. Ce père infortuné apprit, de manière à ne pouvoir en douter, que ce fils dénaturé avait formé le projet détestable de l'assassiner pour jouir plus tôt de son héritage, et vivre en liberté. Pénétré de douleur, et voulant faire un dernier effort pour toucher ce cœur barbare, il dit un jour à son fils : Mon fils, voulez-vous venir vous promener avec moi? Le fils y consent, peut-être pour exécuter son détestable dessein. Le père le mène insensiblement dans un endroit écarté, et assez avancé dans une forêt. Mors, s'arTèlawX. \.o\iV. k
coup : Mon fils, lui dit-il, j'ai appris et je suis assuré que vous avez pris la résolution de m'assassiner. Malgré les sujets de plainte que j'ai contre vous» TOUS êtes mon fils, et je vous aime encore; j'ai voulu vous donner une dernière marque de ma tendresse ; je vous ai conduit dans cette forêt et dans un endroit écarté, où nous serons sans témoins, et où on ne pourra avoir aucune connaissance de votre crime. Alors, tirant un poignard qu'il avait caché : Mon fils, lui dit-il, voilà un poignard, contentez votre passion, exécutez votre coupable projet, mettez-moi à mort, puisque vous l'avez résolu ; du moins, en mourant ici, je vous sauverai des mains de la justice humaine ; ce sera là la dernière preuve de ma tendresse pour vous, et dans mon extrême douleur, j'aurai du moins la consolation devons sauver la vie, tandis que vous me l'ôterez. Le fils, touché, étonné, ne pouvait contenir ses soupirs: fondant en larmes, il se jette aux genoux de son père, lui demande mille fois pardon de son crime, lui proteste devant Dieu qu1i changera de conduite envers le meilleur et le plus tendre des pères. Il tint parole, et dès ce moment il donna à ce tendre père autant de consolation et de joie qu'il lui avait causé d'amertume et do chagrins. Ici, que de réOexions se présentent aux pères et aux enfants !
L'Epouse affligée.
.Une mère, dans le sein de sa famille, ne manquera pas de croix^ ai elle veut vem^Wt «»& ^<^\^\t%.v.^
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8ppay|s,o«?jeVéçQutep4S; Us^ffif ««'t»^ iP prQ- Pf)^ pour qtf il 9oi( qpntred|t ; quelquefois i^0{ne
filia p'o^ représenter le bipn, ^e peur 4e pro4uire un ptiis gr^pd mul : m tftchftpf 4q rippner se§ }ii|entiop^ ^ tpm, ellp n>R|is 1# çppsol^tiqp de cûpjpptêr ep rien. Prepapt, ^utapl qu'il est eq p)!^, 10% voies 4e la patience et 4e }a dpuceur, eile pe dit rjpp, elle gémit en secret, elle Qr4pppe k ?4 gangue de ae taire, mais le cœur n'en souffre pas moins.
Que devenir dans cette situation? La première chose qu'elle doit faire, c'est de demander au Seigneur ses grâces, et 4^tre fi4èle k y correspondre. En second lieu, bien assurée que devant Dieu la première déyotipp ser^ tppjpprs if 4é¥9yQR 4H f^.^* vo/r, elle ne doit xm pég^^BP^ ^ Ç^Ssà^^ ^
SUR LE CALVAIRE. fff
é^at , ensuite femettre toqt entre |e$ i|)aii)S| d^ Diau, et attendre le reste du secours d0sagriMf Eu trQjsième lieu, être bien persuadée q^'§^p i^'i que les voips 4e la douceur pour apn^n^r jps ghosen au point qu'elle désirerait ; tpute ftutre voie o« servirait qu*à lûgrir le mpl et à le rOQdl^Q in^^ rable.