‹ L'âme élevée à Dieu, par les réflexions et les sentimens: Pour chaque jour du moisChapitre 23 sur 29 · PRIÈRE AU PIED DE LA CROIX · texte numérisé non relu

PRIÈRE AU PIED DE LA CROIX

Mon état ne me rend pas heureuse, ô ipQfi Dieii{ on ne saurait Têtre en ce moiîde ; si du i^^oin^ il pe rendait sainte, j'^Hrsis de quoi ryje çpnsplgf ^e tout ce qui m'afflige. Vqus voyez mes peipeg;^ f> vpjiç }S céleste époux de nipn âme! vpus les connaissez ^ elles sont sensibles; je rparche pa|ri|nç| yole parsemce d'épines ; je compte mes jours par mes larmes, tout me devient un sujet de douleur , et rien ne contribue à la soulager.

Mespeincs sont d'autant p)us sensibles pour moj^ qi|p je n'ose m'en puyrif à personne j vpng jites le Sjcul , ô mqn Dieu, à qui je puis les fpimpqflifliier : obligée de dévorer eu çecret ijfjes cl]|îgr|f)9^ j'ej) suis quelquefois accablée. Je sens bien, ù pieu (]p bonté ! que ce sont des moyens iJe salu| cjo^ vpus me ménagez, que je ()evrais entrer d^ns yqs yues ^( m'y conformer ; ipais combien de foi^, au cpf^l^raire^ par mes impatiences, mes vivacités, mes pofiuvajses humeurs, n'^i-je pas perdu le mérite de tpqf ! Plu3 sensible à mes |)eine$ qu'pj ij^e^ péç(f^, je n^ n>'opcupe que de pp qui m'afïlige, e( je ne peqsfe pa§ à çp qui pourrait n)e sapçtifier.

Pçfps cette situation, pieu de hon^éj qpc; me festerail'ilj qu^ de t^^ouût i N^>i& ^VW\a.^\?&^\

fS8 L*AHE

mais , hélas ! souvent je voudrais prier , et je ne le puis; l'aflSiction accable mon cœur et absorbe toutes mes pensées, je suisdevant vous sans savoir que vous dire, sans goût et sans sentiment. Parlez-moi donc vous-même, ô vous le vrai consolateur de mon âme ! soutenez-moi au milieu de mes peines : donnez-moi cet esprit de pénitence , de patience , de douceur avec lequel je dois vous les offrir, afin que, si elles font la croix de ma vie, elles deviennent du moins la source de mon salut I

Régnez dans mon cœur, ô mon Dieu I régnez dans ma maison et sur toute ma famille ; faites-y régner la paix ; faites-y régner votre grâce; faites-y régner votre amour; c*est par là que nous espérons de régner éternellement avec vous. Ainsi soit-îl.

HISTOIRE

Sainte Monique peut être regardée comme le modèle des personnes de son état ? Elle avait un mari sujet à bien des défauts; elle eut un fils qui donna dans tous les égarements. Par la prière, la patience, la confiance en Dieu, après bien des soupirs et des larmes, elle eut la consolation de les ramener Tun et l'autre à Dieu. Dans quelque désordre que donnât son mari, elle n'eut jamais avec lui : la moindre brouillerie sur ce sujet; elle attendait I . avec patience que Dieu le ramenât dans les voies ; du salut. Quoiqu'il aimât tendrement son épouse et ' qu'il eût le fonds très-bon, il était emporté au delà : de tout ce qu'on peut dire ; mais elle s'était fait : une loi de ne jamais lui résister dans sa prompti- ^ tude, et de ne lui pas répondre un seul mot. Quand // isiétait emporté mal à propos, eWe aUeiid^W. qjiVi

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fût revenu ; alors elle lui rendait raison de sa conduite avec beaucoup de douceur et de déférence.

Ainsi , quand il arrivait que d'autres femmes , dont les maris étaient moins emportés que le sien, se plaignaient devant elles de leurs peines, et des colères de leurs époux dont elles portaient souvent encore des marques : Prenez vous-en plutôt à votre langue , leur disait-elle en souriant ; car, ajoutait-elle, il ne convient pas à des épouses de tenir tête à leurs époux, qui doivent être les maîtres.

En récompense de sa patience et de sa douceur. Dieu accorda. enfin à sainte Monique la grâce de voir son mari embrasser la foi, et de la pratiquer ; en sorte qu'il ne lui donna plus aucun sujet de se plaindre de sa conduite. Après la mort de son époux, on peut dire que cette sainte femme devint la servante de tous ceux qui servaient le Seigneur : elle était telle que saint Paul veut que soient toutes les veuves chrétiennes ; dans tous les temps fidèle et exacte à tous ses devoirs. Dans sa jeunesse elle avait rendu à son père et à sa mère tout ce que le respect 1* obligeait de leur rendre ; dans la suite, elle avait gouverné sa famille selon les règles de la piété chrétienne. Ses bonnes œuvres avaient rendu témoignage de sa foi ; son fils égaré avait été durant un temps le fils de ses larmes ; par ses prières il devint sa gloire et sa consolation. Enfin elle termina saintement une vie qui n'avait été qu'un exercice continuel de douceur, de patience, de charité et de toutes les vertus%

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Avis salutaires pour des épouses et des époux.

Il faut qu'entrant dans les vu^ de la Providence sur eux, ils pensent sérieusement devant le $eigneur:

1 " UujB Dieu ne )es a unis par le sacrement sur la terre, que pour les réunir plus intiniement à jamais dans sa gloire ;

2^ Qu'ils doivent s'aider piutueUeiqpDt ^ vivre en chrétieps, et à servir le 3ei§neur (]|an§ |e^f état et selon leur état;

3° Que, devant passer leur vje ensemble, ijs doivent mutuellement supporter leur huinepr-, cof^r patjràleurs peines, tâcher deçereh^fe ce^tp yje heureqse, du moinç éviter de se \^ ]rep4rQ mal: heureuse et poupahle ;

4*» Que le bien de la paix eptre eux ^ aprè^ ^ grâce de Dieu, est préférable à tout atjtre bien, et que, pour la conserver, il faut faire tous les sacrifices qu'elle exigera ; il en coûtera rnoins dQ prendre sur soi que de vivre dans des contestations et des agitations qui feraient d'upe maison une espèce d'enfer;

50 Que l'exemple qu'ils doivent donner à leurs enfants est un des devoirs indispensables de leur état : c'est moins par de bops discours que par une bopne conduite , qu'ils donneront cette édification et ce bon exemple;

^° Enfin qu'ils doivent se séparer un jour, et que chaque jour il faut s'attendre et se préparer à cette séparation; s'ils vivent pn chrétiens, elle ne sera que pour un temps, et la réunion sera éterlïeJJe.

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le Négociant

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Tqqt néj5Qciai<^ yérita^)Iement chf étîep doit établir sQfl commerce sv^- ces troj^ fon(}^ipeq^ :

l«Si|r qpe prqliité mv^olaWe ^«^QsaaçQr^^MÎ^f

2** §W We *PRliWtiqp Pflngtftpte ^ ^ «ffftirpa^

3<> Et plus encore sur le secours des grftces de Dieu.

Pour l'ordinaire, il doit aussi s'attendre à trois ^Q^es;

i? 4 tieaupoqp d'obstacles à ses prqjets;

ff? A be^iicpup d9 vicissitudes dans sa fortune;

2^9 A l^ucoup de dangers pour son salut.

P'gpe part il arrive souvent qu'on donne toute l'applipation possible au cqurs des affaires; on est fttt^ptjf j^ profiter de toutes les occasions; op se flaUe de pouvoir soutenir son commerce , éUibIJr unn famille , assurer en quelque manière soR fqri'i et, au ipomept où Ton epoit y parver ^ilp^ une perle qop^idérable viept enlever dans i^p instant ]p fpuit des tr^iyaux de plusieurs aq? née§. yoi]f jespeipecide cet état; les dapgersdtt salvit sqpt ^ncpre biei^ plus à craindre. Com? bien d'opç^^ions où i| est exposai, et où , sans pp# grf^ce sppciajp de pipu, pp risque 4e perdre «pu 4Pje en vqplant ^iipver sft fortune 1 Qp'qp négor ci^]:)t qu\ veut yine en pl^rétien preppe dqpp garde j^ c^p 46px éçueiis : pour çel^ qu'il travaille ^vep be^pçqpR d^ssjflpHé et de probité à son ppp^p^erce; i) le doit , QVfi^qqe c'est SPP état : mais qq'il se soqvieppe tfipjours de rprapjp dq VfiV^PgllPî <I«i

dit (fa'ii f f it^ néfsoce ^^^. \\^ ^j^^s^^i!^^;^

L*AXI

pour lui, en Terto duquel il peut gagner, non des biens flraigiles et périssables, mais des trésors célestes, seuls capables d'assurer son bonheur.

En offrant au Seigneur la prière suivante en esprit de foi et de confiance, il pourra attirer les bÂiédictions de Dieu sur son commerce, et trou- Ter une solide consolation dans ses pdneQ.

PRlftBB.

Grand Dieu ! qui nous avez mis au monde pour travailler et pour nous sauver, daignez écouter mes idaintes et e^caucer mes prières. Quand, dans oer-> tains moments de repos, qui sont bien rares pour moi, je puis faire quelque réOexion: Hélas 1 me, dis<je à moi-mtane, quel est mon sort I je suis accablé d'affaires , dévoré de soins , agité de mille inquiétudes. Rien de bien assuré dans mon état, toujours flottant entre l'espérance de quelque succès et la crainte de mille revers ; exposé au malheur des temps, à la mauvaise foi des personnes avec qui je traite, à mille obstacles que je ne puis ni évilor ni prévoir ? Âh I grand Dieu! si je me donnais autant de soins, si je prenais autant de peines pour mon salut que j'en prends pour mes affaires temporelles, je serais un grand saint; mais, hélas! tout occupé des unes, à peine ai-je le temps de respirer pour penser à l'autre ; mes jours passent , l'éternité s'avance, et je ne fais rien pour m*y préparer ; il est temps néanmoins d*y penser; je le sens, je me le dis, je fais souvent là-dessus les plus saintes résolutions, et bientôt quelque affaire /oiprëvue, quelque nouxeWe aSfi&g^^nX.^ ^1^

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sorbe toutes mes pensées et fait disparaître tous mes bons desseins.

Aidez-moi, ô mon Dieu! car enfin je veux me sauver ; en vain aurais-je travaillé avec succès aux affaires de ce monde, si je venais à négliger la seule qui m'intéresse, et qui doit décider de mou bonheur ou de mon malheur éternel.

Voici donc, ô mon Dieu, à quoi je suis fermement résolu avec le secours de votre grâce , que j'implore et que j'espère de votre bonté : c'est au pied de votre croix que je vous le demande.

l*" Je regarderai toujours l'affaire de mon salut comme la première et la plus essentielle que j'aie à traiter en ce monde.

2» Je donnerai tous mes soins à là conduite de mes affaires , et vous en serez toujours le premier motif.

3« J'y travaillerai avec toute la probité et la fidélité que la conscience demande de moi.

4<> Quand il m'arrivera des revers et des pertes, j*adorerai les desseins de votre Providence, etje me soumettrai à ses saintes dispositions.

5<> Je prendrai chaque année quelques jours de loisir pour penser à la grande affaire de mon salut, et pour mettre ordre à Tétat de mon âme et à la préparation à mon éternité.

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