‹ L'âme élevée à Dieu, par les réflexions et les sentimens: Pour chaque jour du moisChapitre 7 sur 29 · L*AVE · texte numérisé non relu

L*AVE

veur t dans la pénible et sanglante carrière qae vous avez à fournir ; je marcherai sur vos pas, je vous sui« vrai dans toutes vos démarcties, je prendrai part à toutes vos peines, et je vous conjurerai de m'en appliquer les mérites. C'est pour moi , c'est pour le salut de mon àme que vous souffrez et que vous mourez ; ne permettez pas que je perde le flruit de vos soufArances et de votre mort. Sainte victime, divin modèle , Dieu rédempteur et Sauveur, ayez pitié de mon âme rachetée par votre sang, et rendezla digne d'entrer dans votre cœur. Ainsi soit-iK

JhuS'Chriit se disposant à aller à Jérusalem aux

approches de sa Passion.

Considérons dans Jésus -Christ l'ardeur de son zèle pour la içloire de son Père , et la tendresse de son amour pour nous.

1"* Eece ascendimus Jerosolymam , et Filius homi" nis tradetur et illudetur, et flagellabunt et mierftcient euai. (Marc, x.) Ce sont les paroles que ce Dieu Sauveur adresse à ses Apôtres aux approches de sa Passion. Yoici, mes enfants, le temps de mes souffrances et de ma Passion qui approche; nous allons à Jérusalem , et là le Fils de l'homme sera livré à ses ennemis; il sera outragé, flagellé, et enfin mis à mort.

n voyait, cet adorable Sauveur , que tout visait à son dernier terme et à l'accomplissement entier des oracles. Déjà les scribes et les pharisiens , enveni* mes contre lui , avaient tenu entre eux leur inique conseil ; ils cherchaient le moyen de se saisir de lui, ils craignaient d'exécuter leur projet durant la lète de la Pâque , de peur que le peuple n'excitât quOqw (omuite : iVbn tn dit festo» ne /oriè tu-

Ttultus jfleret in populo (Mattb. xxTi); mais enfin ils étaient résolus de le perdre à quelque prix que ce fût. Jésus-Christ disposait peu à peu ses Apôtres à ce grand événement et à cette séparation si triste pour eux. Mon temps est proche, leur disait-il, tempusmeum propeest(Jo9n. xiii) ; j'ai peu de temps à rester avec vous : Adhuc modicum vobiscum sum; marchez tandis que vous avez la lumière , de peur que les ténèbres ne vous surprennent : Ambulante dùm lueem habeiiSy ne vos tenebrœ comprehendant. ( Joan. XII.) Vous me verrez encore un peu de temps, mais dans peu de temps vous ne me verrez plus : Uodieum » et videbitis me; et iteràm modicum^ et non videbitis me. (Joan xvi.) Que toutes ces annonces devaient être tristes et affligeantes pour les Apôtres !

EnQn il leur déclare positivement que tout est conclu, que sa résolution est prise, et qu'il est déterminé d*aller à Jérusalem pour consommer le grand ouvrage de sa mission. Consummabtmiur omnia quœ scriptasunide Filio hominis. ,(Luc. xviii.)

Mais, adorable Sauveur ! vous ne pouvez ignorer ce qui vous attend à Jérusalem ; vous savez que vos ennemis sont armés , déchaînés , envenimés contre vous; qu'ils ont conjuré votre mort; que Tenvie» la perfidie, la calomnie, tout conspire de concert contre vous ; que les affronts, les injures, les opprobres, tous les tourments vous sont préparés ; vous le savez, ô mon Dieu 1 et cette vue, loin de vous arrêter, vous engage à aller vous-même au-devant des souffrances qui vous y attendent. La gloire de votre Père céleste vous est si à cœur, le salut des âmes vous touche si sensiblement^ votre amour pour nous vous presse si vivemeatf que vous M po\r«^ d^^

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r»r d'offirir cet hoIoCàUste parfait {xyiiîr leQbël le monde étaii eu attebte depuis tant de dièble^

Allei donC) Dieu Seuteur, siiiTez Taftieuf dtt tèle qui voua déYOfè ; allefe, intioeekit A^eàU, pbûr Stfe conduit à la boucherie ; allet^ Mfnte Victime, ttiùft iinDM)ler pour le salut des hommes coupables ; eltet, médecin charitable^ préparer les remèdes pour guérir les plaies de nos émeS \ AHeK^ tendre pàSteiif ^ VOUS offrir & la mort pour vos Chères brebis; Filsbietiaimé» ailes accomplir les desseins de tôtre Père tAleste, et réparer sa gloire si indignemeùt outriigée ; Dieu rédempteur^ allez parcourir la pénible ëàrHèfè qui s'ouyre i vos yeui, et qui doit être arrôiSée de votre sang. Depuis longtemps vous soupiréiB eprès ces jours de salut pour les hommes, hpf 6s lies mo^* ments douloureux à votre Père céleste. Votre tdèur embrasé l'avait souvent afinoncé à vos ApdtréS t Je dois être baptisé d'un baptême de sang, letir dlsies-vous, baptismo habeo bàptizati (Luc. lit), et blon cœur est sous le pressoir, jusqu'à.ce que ce bapteihe soit accompli) €t quomodd coarctor donee perficiatkr! Je suis presséi je suis dévoré d'un désir ardent de célébrer avec vous cette Pique qui serA TannoAce de mes souffrances et de ma mort t Dêéidehù déii^ deravihoe Patcha mandttcare ifùbiseum. (Luc. XIil)

a* Enfin ce temps est venu, vos désirs vont être remplis , votre cœur satisfait, votre sang versé, et le monde entier va être témoin dil sanglant sacri^ fioe qui doit opérer le grand ouvrage de sarédemp^ tion« Hais nous, pourrons- nous ne pas adtnirér l'amour immense que vous nous témoignez?

Hélas I que serions«^nous devenus, si vous ne vouft étiùE aOdrt qu holocauste pour WMkl ^xs\x^ wiX.

était décidé, notre arrêt était porté, et nous étions à jamais sans ressource { ce n'était que de vous qiie nous pouvions espérer le remède à nos maux, et vous seul pouviez nous soustraire aux rigueurs de la vengeance céleste. Mais à quel prix et par quelle voie nous mettez-vous à couvert de ses traits? Vous nous Tannoncet vous-même en prenant le chemin de Jérusalem , c*ést-à-(iire , du théâtre sanglant de vos souffrances et de votre mort.

Oh i qui pourrait comprendre, qui pourrait exprimer les grandes pensées dont s'occupait alors Jésus- Christ, les grands objets qui s'offraient à son esprit? Il voyait qu'en allant ainsi s^offrir de lui-même, il se chargeait du plus pesant , dû plus accablant , du plus terrible de tous les fardeaux; qu'il allait pren* dre sur lui tout ce que les prophètes avaient annoncéi tout ce que les figures avaient désigné, tbût ce que la malice dé ses ennemis méditait de fûreiir, tout ce que la justice de Dieu exigeait de rigiîeur, tout ce que les péchés des hommes méritaient de tourments 9 tout cela retombait sur lui et venait comme reposer siir sa tête.

Et comment, et de qiiêl œil l'envisàge-t-il? Cèh'sidéroiis , admirons avec quelle tranquillité , quelle paix Jésus-Christ prononce ces paroles et annonce cette sanglante Passion : on dirait que c'est de quelque autre qu'il parle et qu'il prédit les souffrances : son esprit est calme, son cœut résigné, son àme dans une égalité parfaite et inaltérable : dispositions admirables , qui seules pourraient être poiir nous une preuve sensible de sa divinité. Et quel mtre qu'un Dieu peut ainsi prévoir Tavenur et l^ânnoDcer d'ùâé mADi&ite si êipr^âsè ^l ù V^^sà^O

quel autre qu'ur Homme-Dieu peut ainsi envisagei les tourments horribles qu'il est sur le point d'essuyer? quelle autre charité que celle d*un Dieu peut ainsi se livrer à la mort pour les coupables qui l'ont méritée, pour ceux mêmes qui se disposent à le faire mourir ? Dans tout cela ne voyons-nous pas l'excès de la malice des hommes surpassé par un excès plus grand encore de miséricorde dans Dieu 7

Ecce ascendimus. Je médite vos paroles, ô mon adorable Sauveur ! mais si j'ose entrer dans vos sentiihents, que n'aurai-je pas à adorer, à admirer, et plus encore à imiter? et si je ne vous imite pas, que n'y trouverai-je pas pour me condamner?

Dans vous, quelle promptitude à vous rendre et à vous soumettre aux ordres de votre Père céleste I Du moment que le temps qu'il a marqué dans les conseils de sa Providence est arrivé, vous vous disposez à obéir, à exécuter ; surgite^ eamus ( Matth. xxvi), dites-vous à l'instant , allons sans différer, et que cette promptitude fasse connaître à l'univers l'amour que j*ai pour mon Père, ut sciât mundus quia diligo Patrem. (Joan. xni. ) Et moi, mon Dieu ! quand pour vous et pour votre amour il me faut faire quelque sacrifice, ai-je cette fidélité prompte à me présenter, à remplir vos desseins, à seconder vos vues, à exécuter vos volontés adorables ? mon cœur, dit-il généreusement avec vous, surgite, eamus^ allons où Dieu nous appelle? Hélas! je tremble, j'hésite, je balance, je diffère toujours, la nature gémit, les forces me manquent ; au lieu de marcher avec courage, je m'arrête dès les premiers pas, et ma làcbeié me rend indigne de vous faire le moindre des sacriûceSm

SXm t.B tiALVÀIKE. 17

Dans vous, ô mon Sauveur i quelle charité tendre i regard de vos chers disciples I vous avez voulu les prévenir sur votre Passion, et sur tout ce qui allait arriver à Jérusalem dans ces jours de ténèbres, afin qu'à la vue de ces événements si tristes et si extraordinaires, ils ne fussent point étonnés et surpris ; vous les prévenez, vous les animez, vous les consolez, quoique vous prévoyiez qu'ils vous donneront bien peu de consolation à vous-même. Ai-je ces sentiments à regard de. mon prochain? suis-je disposé à prévenur les autres dans leurs besoins, à les soulager dans leurs maux, à les consoler dans leurs peines? Hélas! au lieu de ces saintes dispositions, combien de fois n'ai- je pas envers eux des dispositions toutes contraires, d'éloignement, d'indifférence, d'insensibilité, peut-être d'envie, de jalousie, de vengeance et de haine! Est-ce là l'exemple que vous me donnez ?

Dans vous surtout, ô mon Dieu! quel amour, quelle bonté envers nous, jusqu'à vous offrir en sacrifice pour nous ! Vous nous voyiez tous plongés dans un abtme de maux si profond, qu'il n'y avait qu'une main supérieure qui pût nous en retirer; touché de nos malheurs, vous vous rendez vousmême, tout innocent que vous êtes, la victime pour les coupables; vous allez au-devant de la justice divine pour arrêter son bras levé contre nous ; vous m'aviez en vue moi-même, ô Dieu de bonté ! et votre charité s'étendait jusqu'à moi.

Hais, en vous disposant ainsi à souffrir et i mourir pour moi, ô mon divin Rédempteur! quelle obligation ne m'imposez-vous pas de vous suivre^ de marcher sur vos traces^ de prendre nos s^uVm^t^s».

16 t'kÊà

de éÂtti^tfr & tMi peines, àô géffilf âor ttlès t^èèbés qui ted bât éabdéés ; de îeôoimâltré, dô béfitr Vos ineffables bontés , d'unir môme mon âacrificô àli Srdtré, et d*etre prêt k m'immoler pôur vôtte gloire

tsMimé yoiis Àlie2 vous immoler iK>ur mon ààiut ?

PlUËRS.

le rti dit 9 mon AdôTAblé Sauteur i et f t «tiis résolu^ je tAis Vdili suitre, tous aceompAgtier de cœur et d'esprit^ et m*iinir à vous dans toutes les démarches que tous ferez \ Je tais déplorer le malheur que j'ai eii de vous offenser, et de contribuer par mes censés à toutes Vo^ douleuri^. ié désirerais TOUS dire àTec saint Pierre : Seqûaf te quùcufn-ffïïè ier(è. (llatth< %yûi. ) Non Je ne vous quitterai jamais d'un moment \ mats je craint de mÀnquef bientôt de courage et dô constanée ôomme cet Apôtre , et de vous abandonner dès les premiers paj; Âidea^moi^ mon Dieu S à vous Sùivi*e ; SoUtene2 ma faiblesse^ et attifei^md après tous, trahe mé pôst t0. (Gant* u)

Édair^ inOn éÈptil^ fàitôs-moi comprendre lôs grandes vérités qné votre Passion me présenté ; tôtl* diet mon coàur^ et rendez-le sensible aux doUleùiKi que^ vous âlle^ essuyer *^ péiiétreii: mon Ame d'une componction salutaire^ inondez^la des torrents d'A^ mertume où tous allez être plongé, et faites que^ puisque j'Ai eu tAnt de part àut péehés qui ont cAu^ se votre mort, j'aie aussi Une pArt spéciale à lA ré« demptién abondAnte qu'elle Aôus présente^

SUR LE CALTAIRB. 19

la Passia» de Jésuê-Chriii considérée eommê mjfêière

et comme sûcrifice»

La pftttkHi de f é0!i6-Cbf ist peut «bre côAéiÂètée où comme mystère, ou eommê sacrifice. Mystëlre adorable, au-deâsiië de toute intéltlgence créée ; tacriâce saAglàAt^ seul digue de la majesté i^oûveraine de Dieuk Gonridérene-la d'abord sous le premier point de vue»

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