Re
la part de Dieu mème , non licet ! ; non il ne vous .est point permis de faire cette action , d'entretenir cette liaison ; de dire cette parole , de vous arrêter à cette pensée. Ne lisez pas ce livre, il est dangereux; ne fréquentez pas cette personne; elle est suspecte; ne vous exposez pas à cette occasion, elle vous sera funeste; ce procès est injuste, cs contrat est usuraire , ce profit est illégitime. Si malgré les avis de notre conscience, nous allons en avant , à l’instant elle s’élève contre nous, elle se récrie : quid fecisti®? qu’ayezvous fait ?. vousavez péché; vous avez offensé votre Dieu; vous aveztransgressé sa loi, encouru sa disgrâce ; objet de sa colère, vous vous êtes exposé à toute la rigueur de sa justice et de ses vengeances. Ainsi David coupable entend une voix qui lui reproche son crime et le présente sans cesse à ses yeux; peccatum meum contra me est semper 3. Ainsi homicide Caïn senttoute ? horreur desonattentat. Ainsi major est iniquitas mea ainsi le perfide Judas entend la voix du sang x sis a livré, peccavi tradens sanguinem justum ‘.
Ainsi tout pécheur est-il comptable de sa conduite à sa conscience : arrêtez-vous, lui dit-elle,
‘ Matth, 14. ? 2. Reg. 3. * Psal, 50, ‘ Genes. 4. * Matth. 27,
Æclai
’êt
!; non il ne ‘action, d'ente parole , de ez pas ce livre, as cette pe exposez pas à ste; ce procès , ce profit est re conscience, le s'élève consti?P qu'ayezz offensé votre encouru sa diss êtes exposé à es vengeances,.
oix qui lui rens cesse à ses emper ÿ. Ainsi esonattentat.
> perfide Judas > PeCCavi tra-
ble de sa con- , lui dit-elle,
, * Genes. 4,
ÉLEVÉE A DIEU. 39 Mous ctes sur le bord de l’abime, la loi le défend us peine de mort, vous en répondrez devant ieu. Non, jamais il n’y aurait de péché si jamais An y avait de résistance à la voix intérieure de la @nscience.
A 3° Elle nous juge. A l'instant que le péché Gi commis contre Dieu , l'arrêt de notre con- Micnce est porté contre nous. Vous avez péché, us méritez l'enfer; si vous mourez dans cetétat, Mus êtes damné ; le moment de la mort comence à exécuter la sentence. Dans cette voix de la “nscience, Dieu, souverain Juge , a faitentendre Mvoix et porté son jugement : la conscience n'en ñ que l’instrument et l'organe; elle prononce ) son nom, et juge sous son autorité souveraine. West en ce sens que l’on dit que nous sommes Mus-mêmes nos premiers juges, et que le premier Mibunal où nous- sommes cités, c’est celui de Dtre conscience , sans que nous puissions ni en iter la présence , ni en suspecter l’équité, ni éluder les arrêts. Jugement équitable! jugebent formidable ! jugement sans appel! la seule Jénitence peut en arrêter le cours et l’effet; d’aunt plus que notre conscience , en portant le Muigement sur nous , devient en même temps un + t rend un témoignage
moin contre nous, 4 “autant plus terrible , qu’il est intime , qu'il est Zchairé, qu'ilest personnel. Ah ! qu’il est triste: ‘être condamné par soi-même , et de n'avoir
4o L'AME
rien à opposer à cette condanination ! et qu'opposer en effet, quand notre propre conscience est tout à la fois accusateur, juge et témoin?
Que reste-t-il done, si ce n’est que notre conscience prenne et exerce encore contre nous la qualité de. vengeur ? Ministre terrible , et plus formidable encore que tous les autres , elle nous punit : Dieu lui confie les intérêts de sa justice et de sa vengeance; et en combien de manières n’exerce-t-elle pas cette redoutable fonction envers le pécheur après son péché; par ces remords cuisants qui l’accablent, ce ver rongeur qui le déchire, cette syndérèse eoutinuelle qui le poursuit, ces craintes, ces frayeurs, ces larmes continuelles dans lesquelles il vit ? Si la moindre maladie, la moindre infirmité survient, la mort à l'instant | se présente à ses yeux si le tonnerre gronde, sila terre tremble , s’ilarrive quelque accident imprévu , il croit à tous les moments voir le bras de Dieu levé et les abimes ouverts. Hélas ! faut-il au pécheur de peine plus terrible, de bourreau plus cruel, de vengeur plus inexorable que sa propre conscience qui l’agite et qui letourmente? fallut-il autre chose pour tourmenter David , que Pombre sanglante d” Urie, qui se présentait partout à lui? fallut-il autre chose pour consterner l’impie Balthazar, que la vue de cette main qui sortait de la muraille , et qui traçait son arrêt ? #allut-il autre chose à Antiochus, que l’image
tion ! et qu'op- > conscience est émoin ?
que notre con.
contre nous la rible, et plus tres , elle nous de sa justice et 1 de manières e fonction enar ces remords igeur qui le déjui le poursuit, mes continueldre maladie, ort à l'instant
e gronde, sila
cident impréir le bras: de Hélas ! faut-il de bourreau le que sa pro-
rmente? fal-
David , que résentait parir consterner ette main qui it son arrêt ?
que l’image
JA
gubre du temple de Jérusalem qu’il avait proné? Pourquoi cela, si ce n’est parce que la opscience outragée et vengeresse leur rappelait ns cesse le souvenir de leurs crimes, et faisait rvir ee souvenir à leur suppliceet à sa vengeance ? Que s’il y a des pécheurs qui n’éprouvent pas. Mes peines intérieures, hélas } ne peut-on pas Aire qu'ils n'en sont que plus à plaindre et plus Malheureux ? et si leur état est une punition de Dieu, un abandon de Dieu , une malédiction de Mieu , est-il de vengeance plus terrible , d’état Mus funeste? et qu'annonce-t-il ; qu’une condamtion, une réprobation éternelle comme déjà nsommée ?
} Écoutons la voix de notre conscience , n’étoufpns pas-ses remords, redoutons ses arrêts, Mpaisons ses cris ? c’est l’unique moyen de rappe- Ær le calme , et de rentrer dans le sein de la
aix. : .
MÉDITATION
Sur les agitations de la conscience.
Quel est le malheur de l’homme, à mon Dieu, orsque, engagé par l'attrait de la passion, il vient
M se livrer au péché! le trouble, le remords, la Mirayeur s'emparent de lui ; le trouble l’agite,
le remords le déchire , la frayeur le consterne.
La L’AME
Quel tourment ! c’est pourtant un tourment salutaire.
Dieu de bonté , Dieu des lumières, faites que je comprenne tout le malheur d'une conscience dans cet état, afin que je ne m’expose jamais à en ressentir les cruelles atteintes.
‘PREMIER POINT
Quand la grâce s'éloigne d’une âme, la paix s'éloigne avec elle ; le trouble vient prendre sa place, le désordre succède à l’instant; les ténèbres épaisses répandues sur la face de toute l'Egypte , triste image d’une conscience troublée, mille pensées différentes s'élèvent dans elle , mille réflexions opposées viennent l’agiter tour à tour la vue du péché où elle est tambée, l'éloignement de la grâce qu’elle a perdue, la difficulté du retour par la pénitence ; de combien de sentiments opposés n’est-elle pas combattue ? la mer en fureur et agitée de ses flots a-t-elle à essuyer des mouvements plus contraires ? en vain ce cœur agité tà che-t-il de calmer son trouble , en se livrantaà la dissipation au dehors. Les conversations, les amusements, les spectacles pourront bien pour quelque temps émousser la pointe desa douleur : mais ce n’est que pour faire dans la suite des blessures plus profondes dans l’âme. Bientôt, rentrant malgré lui en lui-même , le pécheur encore plus
tourment sa-
res, faites que ne conscience se jamais à en
âme, la paix t prendre sa ; les ténèbres ate l'Egypte , ublée , mille ‘elle , mille r tour à tour ‘éloignement Ité du retour ntiments oper en fureur des mouveeur agité tà livrant à la ns, les amupour queluleur : mais es blessures » rentrant ncore plus
ité , est obligé de boire le calice d’amertume
Msqu'à la lie ; disparaissez donc, paix intérieure,
Mont on a goûté les douceurs ; dissipez-vous ,
Manquillité de l’âme , préférable au plaisir des
ns ; éclipsez-vous pour toujours , moment heu- Pux, qui donniez un avant-goût des délices céles- Es : de tout cela il ne reste au pécheur que le Huvenir de vous avoir goûté , et leregret de vous Aoir perdu, peut-être à jamais.
& Mille fois je l’ai éprouvé , Ô mon Dieu ! mille is J'ai dit avec le Prophète, quare tristis es ima mea"? Ô mon âme ! pourquoi vous plonz-vous dans cette tristesse ? Mais hélas ! devaischercher d’autre cause de ce trouble intérieur Mie mes infidélités envers Vous , et mes résistances votre grâce ? Qui jamais , en vous résistant , M vous déplaisant, a goûté la paix ; et une con- Æience qui est criminelle, peut-elle être jamais une Monscience tranquille! son péchéîhe sera-t-il pas | pu jours dans elle comme un trait vengeur qui Æmpoisonnera à jamais son repos et tousses plai-
Mrs!et ne se dira-t-elle pas toujours que tant
Qu'elle sera coupable , elle sera malheureuse ? SECOND POINT.
C'est ainsi qu'au trouble succède bientôt le
1 Psal. 42,
remords , sans qu’il soit permis au pécheur de de s’en mettre à couvert, Qu'’ai-je fait ? voilà la première pensée qui s'élève dans l’âme après le péché. Ah! malheureux, qu’ai-je fait ? j’ai offensé mon Dieu, j'ai perdu le trésor de sa grâce ; j'ai sacrifié mon droit à l'héritage céleste ; j’ai préféré le plaisir d’un moment à une éternité bienheureuse ! qu'ai-je fait ?
Avant que le péché sait commis, la passion qui domine enivre tellement de son poison , qu'elle Ôte presque toute réflexion ; mais la passion une fois satisfaite, se ralentit , et laisse la raison plus tranquille : la raison , plus tranqui!le , rentre en
elle-même, voit l'horreur du péché excite la voix *
des remords ; et la voixides remords excitée, qui pourrait exprimer le langage secret que la conscience fait entendre au pécheur? remords d’autant plus amer , -qu’il rappelle l’heureux état où l’on vivait avantle péché ; et tout ne contribuet-il pas à le rappeler ? la vue de ces personnes vertueuses que l’on fréquentait et dont on craint la présence ; la solennité de cette fête ; où l’on s’approchait des sacrements , et dont on s'éloigne la vue de cet oratoire , de cette image d’un Dieu crucifié , aux pieds duquel on allait répandre son cœur : dans tout cela reconnaissons la voix de la conscience qui parle , et qui le fait d'une manière d’autant plus sensible et plus vive , qu’elle parle dans nous malgré nous , et contre nous, Et ne
au pécheur de > fait ? voilà la l’âme après le ait ? j’ai offensé sa grâce ; j'ai este ; j’ai prééternité bien-
la passion qui oison , qu’elle la passion une la raison plus ile , rentre en
excite la voix ‘*
s excitée, qui et que la conemords d’aureux état où de covtribuees personnes lont on craint êtes; où l’on on s’éloigne re d’un Dieu répandre son la voix de la une manière qu’elle parle nous, Et ne
HDous l’aviez-vous pas annoncé, Ô mon Dieu !
Au'un jour notre péché s’éleverait contre nous près que nous nous serions élevés contre vous Aue ce péché serait bientôt suivi du remords , et Mue ce remords serait un glaive de douleur qui MBercerait notre âme etla plongerait dans la plus Wive amertume ? Malheureux ! fallait-il acheter si ‘her un repentir ?
Æ O mon Dieu ! quel état que celui d'une âme insi livrée à amertume de ses remords! a-t-elle moment de tranquillité ? goûte-t-elle un ins- Mint de paix ? ce remords n'est-il pas toujours à M porte du cœur pour le déchirer ? Hélas ! que homme est à plaindre ? qwil est malheureux, Auand il trouve dans lui la cause de son maleur, et qu’il porte en lui-même le poison funeste i le déchire !
TROISIÈME POINT AIS
Age # #4 Cependant le malheur n’est pas à son comble. Putre le remords qui déchire à présent le pécheür, My aunavenir terrible qui l’attendet qui lemenace; M de quel sentiment peut-il être pénétré à la vue le cetteimmense carritre que l’avenir lui présente? ’ai péché, se dit-il à lui-même, et par là j'ai Mérite l'enfer : maïs si je venais à mourir dans Æct état, quel serait mon sort. Cependant je puis mourir à chaque instant , et chaque jour peut
être le dernier de ma vie. Hélas! ce terrible jour
ne commence-t-il point à se lever sur moi, pour 4
m’envelopper dans ses tristes nuages ? Mais si je venais à être enlévé par une mort subite et imprévue ; si quelque accident funeste venait me surprendre : ces accidents sont-ils rares , et ne
deviennent-ils pas tous les jours plus fréquents;
n’entend-on pas dire que tels et tels ont été enlevés de ce monde sansavoir eu le moment, de se reconnaître ? Et pourquoi, à mou Dieu ! mettezvous ces exemples devant mes yeux, si ce n’est pour les ouvrir au danger , et pour m'avertir de lé prévenir , de peur d’être enveloppé dans le même malheur effrayé du même anathème? combien de fois en ai-je été touché , alarmé ?
Ainsi s’accomplit à la lettre la terrible menace que Dieu fait au pécheur , vous craindrez, lui dit-il , et vouscraindreznuit et jour : fémebis die ac nocte : lematin.vous direz dans votre frayeur ; qui me donnéra.de vivre jusqu’au soir ? et le soir\ vous vous écrierez: qui me donnera de revoir demain la lumière ? mane dies, quis mihi det vespere ? vespere autem, quis mihi det mane'?
Voix terrible de la conscience, jusqu’où ne te fais-tu pas entendre ? dans les palaisdes grands,
sur le trône des rois , à la tête des armées, dans WE àilh le tumulte des villes , dans la solitude des cam- #%# Ja v
1 Deuter. 28.
chac est rt
: terrible jour
ur moi, pour M
Ru.
ss ? Mais si je subite et imte venait me rares , el ne
us fréquents;
ont été enlenoment, de se ieu ! mettez- » Si ce n’est m'avertir de loppé dans le thème? commé ?
ible menace aindrez, lui : timebis die re frayeur ; soir P et le donnera de
>» quis mihi det mane'?
qu’où ne te les grands,
nées , dans À
» des cam-
Fes DE:
ne
YLEVÉF A DIEU.
pagnes , partout elle fait entendre ses cris vengeurs, et partout elle fait le tourment des pécheurs. Mais quelle affreuse situation que celle d’une âme ainsi alarmée! Quoi ! être dans unétat
% où l’on peut , où l’on doit se dire à soi-même : si je
viens à mourir dans cet état , je suis perdu , “et à l'instant où je meurs , je tombe dans le sein d'une éternité malheureuse ; je deviens l’objet
de la colère de Dieu ; je n’ai plus pour partage
{ qu’un affreux désespoir. Quel état ! quel tour- 1 ment !
C'est cependant un tourment salutaire : le
"malheur serait bien plus grand , sile maladeétait
insensible àson mal. Rien de si triste , 6 mon âme !
Wet cependant rien de si vrai; dans l’état où # vous êtes, c’est pour vous le plus grand des 4 biens , d’être agitée de remords; et à combien
1 de titres nédevez-vous pas regarder ce remords + comme un bienvéritable ? C’estinn bien , puis-
qu’il a un râpport si essentiel au salut : e’est le
# premier des biens , puisque la conversion doit commencer park , si elle commence jamais; c'est + le plus nécessaire des biens , puisque sans lui il
n’y aura jamais de conversion ; c'est le plus solide des biens , puisqu'il ne peut être sujet à illusion , et qu'il ne tend qu’à rappeler. dans la voie; c'est leplus précieux des biens, puisque chaque remords salutaire que nous avons , nous est mérité par autant de gouttes du sang de Jésus-
San ve.S atin trucs Sn rime 2
ae Rs
SE um Sr tt
RE er RE EE EEE
Christ ; c'est même quelquefois le seul bien , * parce que le pécheur n’a quelquefois d’autre grâce que celle des remords et de la prière, ayant fermé l'entrée de son cœur à toute autre grâce.