SIXIÈME LECTURE
Sur l'Immortalité.
et tt a.
Tandis que d'autre part tout nous présente la mort et la dissolution de nos corps formés deterre, de l’autre, tout nous annonce aussi l’immortalité de nos âmes, créées à l’image de Dieu, La foi, la raison, le sentiment intime, le consentement unanime de toutes les nations, tout concourt à établir le précieux avantage de cette immortalité gloricuse. La foi nous l’assure dans tous ses oracles ;
s4 trom
les lumières de la raison peuvent nous en con- qui € vaincre ; le sentiment intime nous fait soupirer argil sans cesse aprés elle ; nous sentons qu'après notre iv mort il subsistera encore quelque chose de nous- cut mêmes ; le consentement comme général et una- valil nime de toutes les nations se réunit en faveur de ses cette vérité fondamentale. dun Comme c’est à des chrétiens qu’on présente ces Jess saintes lectures, ce serait faire tort à leur foi, : Tou que d’entreprendre deleur prouver un article si cho essentiel à la Religion; contentons-nous de leur soil en présenter les précieux avantages, et de les en- de : gager à s’en rendre dignes. ui-
Point de pensée si grande, si féconde, et qui mic
résente la s de terre, imortalité La (oi, la nent unaà établir lité glo- ; oracles ; en consoupirer rés notre de nouslet unaaveur de
sente ces eur foi, rticle si de leur les en-
et qui
nous puisse être si salutaire que la pensée bien méditée de l’immortalité de nos âmes ; elle devien pour nous la source des biens les plus précieux. Elle nousélève dans nos sentiments, elle nous sanctifie dans nos actions, elle nous satisfait dans nos desirs, elle nous console dans toutes nos peines. Entrons dans les grandes vues qu’elle nous présente : rien de plus digne de nous, que de connaitre ce que nous sommes dans l’ordre de la grâce. 1° Elle nous élève dans nos sentiments. Rien de si vrai : le malheur de l’homme vient souvent de ce qu’il nese connait pas, ou de ce qu’il se connait mal ; il ne connait nice qu’il peut, ni ce qu’il attend, souvent mème ni ce qu’il est. Nous nous trompons, quand nous croyons être dans un corps qui est nous-même; non sans doute, ce corps , cet argile n’est point nous, c’est notre prison : ce qui est véritablement nous, c’estnotre âme ; dans elle est notre solide grandeur. O aveuglement déplorable des hommes ! Si on leur demande qui êtesvous? l’un dira: je suis noble, tenant un rang dans le monde ; l’autre, je suis magistrat, assissur les lys ; un autre, je suis roi élevé sur le trône. Tout cela est grand, mais il y a dans vous quelque chose de plus grand encore; vous êtes immortel, voila le plus beau de vos noms, et le plus précieux de vos titres; l'éclat des autres disparait devant celui-ci. Vous êtes immortel : à ce titre, votre premier principe, c’est Dieu; votre modèle, c’est
Re Re Poe 2 D: LA
l’homme-Dicu ; votre occupation, c’est la vertu ; votre vie, c’est la grâce; votre héritage, le ciel ; votre espérance, l'éternité ; votre bonheur, le bonheur de Dicu même. Sous ce point de vue, votre âme vaut plus que tou: les biens du monde : votre dignité est plus grande que celle de tous les rois de la terre: ; et le seul titre d’immortel que vous portez gravé sur le front, vous honore plus que tous les diadèmes qui pourraient l’orner.
Dans la sublimité de ces sentiments, l’homme commence à se connaitre et à se respecter; dès lors il craindra de se déshonorer par l'erreur des vices, de se dégrader par l'esclavage des passions, de s’avilir par la contagion des choses humaines. Immortel comme il est, il prend son essor vers le ciel , il rougit de s’attacher à la terre ; semblable à un grand monarque, qui rougit lorsqu'on le surprend dans desoccupations indignes de lui. Un grand roi ne doit former que de dignes projets dans son esprit, et un homme immortel ne doit concevoir que de nobles desirs dans son cœur,
L'homme mortel mettra doncsa grandeur dans les vanités propres du temps; mais l’âme immortelle, qui voit des atomes où le monde croit voir des colosses, ne mettra sa grandeur que dans son immortalité ; elle n’a qu’à se tenir dans ce sentiment si élevé pour voir passer sous ses pieds la vaine pompe des grandeurs humaines : dès lors l'homme n’a que faire ni de faste pour s'élever,
ni de se CO de 5 Sansi gion et po lors, ( granc sagess 1Mn10 divini s’aim non | mais mais] tout | tome L’i nos :
subli sont notre imm celle:
rieus tique mais
la vertu ; e, le ciel :
w, lebonvue, votre nde : votre is les rois | que vous > plus que r.
l’homme cter; dès rreur des passions, umaines, ssor vers semblaorsqu’on ss de lui.
es proortel ne n cœur, eur dans immoroit voir 1e dans ce senbieds la les lors "élever,
YLEVÉE A DIEU. 87
ni de voile pour se déguiser , ni d’hypocrisie pour se contrefaire ; il n’a qu’à renoncer au mensonge de son orgueil pour être , véritablement grand. Sansrienemprunter au dehors la nature et la religion l’honorent assez pour être grand sans enflure, et pour le paraitre sans affectation ; parce que dès lors, élevé au dessus du monde ct des sens, il devient grand de la grandeur de Dieu même, sage de sa sagesse , équitable de sa justice, immortel de son immortalité ,et, pour ainsi dire , tout divin de sa divinité même. Dans cette vue, l’homme cessera de s'aimer; ou s’il s’aimcencore, il aimera dans lui, nou l’homme terrestre , non l’homme sensuel, mais l’homme spirituel , mais l’homme immortel, mais l’homme céleste : car voilà l’homme; et voilà tout l’homme; le resten’en est quel’ombre, le fantôme et l’image : Æoc est enim omnis homo".
L'idée de l’immorialité nous sanctifie dans toutes nos actions , par la grandeur des vues et la sublimité des motifs qu’elle nous inspire. Que sont cn effet tous les autres motifs pour régler notre conduite , en comparaison de celui de notre immortalité. Non, il n’y a de véritables vertus que celles qui sont fondées sur cette immortalité glorieuse ; les autres feront des dissimulés, des politiques, des hypocrites, des sépulcres blanchis, mais elles ne feront jamais des hommes sages par
1 Eccles. 12.