‹ L'âme élevée à Dieu par les réflexions et les sentiment pour chaque jour du mois [microforme]Chapitre 4 sur 95 · LA L · texte numérisé non relu

LA L

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obligation indispensable a crà dans nous avec l’âge ; elle nous est aussi propre que notre être, aussi intime que notre vie, aussi ancienne que notre origine.

Et indépendamment même de cette obligation nécessaire que nous avons apportée au monde en naissant , il en est une autre volontaire que nous avons contractée nous-mêmes au moment de notre baptême par lesengagements sacrés que nous avons pris dans cetheureux jour , par unebouche étrangère, et que nous avons ensuite ratifiés par un consentement libre. Dès lors nous sommes à Dieu, et Dieu peut nous dire plus spécialement que jamais : Vous êtes à moi. Dès lors nous ne portons point de titre dont nous soyons plus obligés de soutenir les droits , de remplir les olbigations, de respecter la dignité, que celui de serviteur de Dieu, Qualité glorieuse, qui nous consacre à jamais à l’Être suprême ; qualité éminente, qui nous élève au dessus du monde et de nous-mêmes ; qualité dominante, que nous devons prendre pour l’âme de toutes nos pensées, le mobile de toutes nos actions, la règle de toute notre conduite; qualité par conséquent, si nous en connaissons tout le prix, que nous devons avoir toujours sous les yeux, toujours présente à l'esprit, toujours gravée dans le cœur ; nous devons la préfére à toutes les autres , la rappeler dans toutes les autres, et sacrifier , s’il le faut , toutes les autres pour elle.

Tels étaient les sentiments du prophète Jonas, Il entre dans un vaisseau pour faire voile pour Tarse en Cilicie : comme il était inconnu , le pilote lui demande : Qui êtes-vous ? quelle est votre profession ? d’où venez-vous ? où allez-vous ? Quod est opus tuum, que terra, quo vadis1 ? Je

suis serviteur de Dieu, dit Jonas ; mon emploi

est de l’honorer et de le servir, Dominum cæli timeo. Paroles admirables , s’écrie un saint Père! on fait à Jonas quatre demandes, et à ces quatre demandes Jonasne fait qu’une seule réponse et par cette seule réponse, il croit satisfaire à tout : Je suis serviteur de Dieu, je crains le Seigneur; comme s’il eût dit, toute ma profession , toutes mes qualités, tous mes titres ne consistent qu’en ce seul point, Dominum timeo. Sentiments nobles! Qu'ils conviennent bien à un chrétien qui connaît l'indispensable nécessité où il est de servir Dieu, et la grandeur de la gloire qu’il trouve dans son service. Serviteur de Dieu, voilà monnom, mon surnom , mes titres, mes espérances ; je ne suis que cela dans le monde : les autres prendront des noms superbes, des titres pompeux. Parmiles hommes; les uns seront “appelés grands, riches, puissants. Parmi les monarques, ceux-là prendront le nom de héros ; de conquérants, de vainqueurs ; je ne le leur envie pas ; pour moi , tous

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ninum coli saint Père ! ces quatre réponse et ire à tout :

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mes titres se réduisent à celui-ci, Serviteur de Dieu. Parmi les vues et les projets que l’on forme, les autres en auront d’élévation, d’ambition , de grandeur , de fortune : toute ma gloire est de servir Dieu ; toute monambition de le bien servir.

Telle est la grandeur d’âme où le service de Dieu nous élève , et la noblesse des sentiments qu'il inspire ; et cela dans quelque état que l'on soit. Dans quelque condition que l’on vive, on peut tenir ce langage, et s'élever à ces sentiments. Fussent-ils dans les états les plus bas dans les conditions les moins relevées , tous peuvent aspirer à cette gloire , et consacrer ainsi l'hommage de leur dépendance, en la relevant par leur dépendance envers Dieu : son service sanctifie tout, élève et consacre tout.

Un chrétien peut servir des maitres sur la terre , son état l'y engage ; mais la vue de Dieu l'y soutient. Un père de famille donnera à ses’ enfants son application, ses soins et sa vigilance; mais placé à la tête de tous, il se souviendra qu’il tient la place de Dieu, il en prendra les sentiments , il en soutiendra les droits. Un fils obéit à son père ; mais dans lui il reconnaît la personne du Père céleste , et il se souvient que son premier père, c’est Dieu. Une épouse est soumise à un époux ; mais dans cet époux , elle honore, elle respecte le céleste Époux de son âme. Un do-

mestique est soumis à son maître, il le doit ; mais dans ce maitre terrestre qu’il voit , il honore le Maître invisible qu’il sert, et cette vue lui adoucit toutes les peines de son état, et lui en présente la récompense. Un sujet sert son roi, son devoir Fr oblige ; il sert les hommes sur la terre; mais il sait qu’il doit et qu’il peut régner un jour dans le ciel avec le Roi même des rois. Quels sentiments ! quelle consolation ! quelle gloire.

Ab ! si on connaissait bien le Maître que l’on sert en servant le Seigneur , comment le servirait-on ? combien estimerait-on la gloire de le servir ? La langue aurait-elle assez d'expressions, le cœur assez de sentiments , la vie assez de durée pour les lui consacrer ? Avec quels soins, quelle fidélité, quel zèle , quel empressement , quelle aracur ne lui dévouerait-on pas ses services? Soin assidu à connaître ses volontés adora— bles ; fidélitéinviolable à lesaccomplir au moment où elle sont connues ; zèle à s’intéresser à tout ce qui est de sa gloire ? empr'èssement à aller au devant même de ses souhaits ; ardeur et courage à surmonter toutes les difficultés , à vaincre tous les obstacles, à faire tous les sacrifices. Est-ce ainsi que nous avons servi le Seigneur ? Et à la place de ce soin, de cette fidélité, de ce zèle, de cet empressement , de cette ardeur , de ces généreux sentiments, qu’avons-nous souvent montré que lâcheté, qu'inconstance, que- négli--

e doit ; mais il honore le ue lui adout lui en préson roi, son sur la terre; gner un jour rois. Quels uelle gloire.

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gence, que tiédeur , que langueur? Ne devonsnous pasavoir honte de le servir ainsi ?

O mon Dieu ! que vous êtes un bon maitre !

mais que vous avez de méchants serviteurs !

Les grands veulent être servis par des grands, et Dieu veut être servi par des saints. À cetitre,

* pouvons-nous nous dire ses serviteurs? Ames

lâches, ou quittons-en le nom, ou prenons-en les

« sentiments: rougissons du moins de notre con- | duite, et réparons-la en rendant à Dieu de plus à dignes hommages.

Vous avez , encore, Ô mon Dieu ! des ser vi-

: teurs fidèles et dignes de vous : je ne me conten- | terai pas d’envier leur bonheur, je tâcherai

d’imiter leurs exemples.

MÉDITATION

Sur le méme sujet.

En vous servant, d mon Dieu! nous avons le bonheur de servir le meilleur des maitres ; ne devons-nous donc pas vous servir avec une sainte Joie? Eh ! quoi de plus capable de nous engager à vous sertir avec cette joie sainte, que les effusions ineffables de votre bonté pour nous? Nous les méditerons , nous les admirerons ; et si jusqu’à présent elles ont échappé à nos esprits, dans la

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suite elles seront à jamais gravées dans nos cœurs.

Prosterné en votre présence, Ô mon Dieu!

c’est le desir que je concois en ce moment, et la grâce que je vous demande pour toute ma vie.

19 Bonté de Dieu à nous combler de bienfaits. Dieu semble n’être riche que pour nous enrichir de ses dons. Que de grâces, que de faveurs ne verse-t-il pas chaque jour sur nous! Que de lumières pour nous éclairer ? que de grâces peur nous toucher ! que de secours pour nous sanctifier ! Ya-t-il un moment dans notre vie qui ne soit marqué par quelque bienfait ? Et après toutes les grâces dont il nousa comblés, si ses grâces n'étaient pas inépuisables, y en aurait-il encore dans ses trésors ? Ce qu’il y a de plus admirable, ô mon Dieu! c’est que vous nous comblez de bienfaits, quoique nous en soyons indignes, quoique nous soyons ingrats, quoique vous prévoyiez que nous en abuserons et que nous les tournerons contre vous. Notre ingratitude ne ferme point votre main libérale , notre cœur ingrat n’épuise point les sentiments de votre cœur tout divin.

20 Bonté de Dieu à supporter nos défauts ; et combien n’en trouve-t-il pas dans nous? Quel fonds inépuisable de négligences, d’infidélités, de lâchetés, de manquements, de misères ! Si nous le prions , avec quelle tiédeur ? si nous le suivons, avec quelle lenteur ? si nous le servons, avec quelle langueur ? Il voit , il supporte, il patiente ,

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