DOUZIÈME LECTURE
omber ; et * e malheur
Sur la miséricorde de Dieu envers le
pécheur.
. Ja crainte méritée, et s à pécher, non péché.
encore fudont il faut
Que la conduite de Dieu à l’égard du pécheur est admirable! qu’elle est ineffable! et bien di- Æ gne du Père des miséricordes par excellence! Le pécheur fait par son péché trois démarches éga- D, lement funestes : Il s'éloigne de Dieu; étant éloigné , il s’égare de plus en plus; étant égaré, mes larmes. #il persévère souvent dans son égarement. Que es peines en ‘fait le Seigneur envers lui ? trois démarches yant mérité # toutes contraires : il le rappelle avec tendresse plaindre de dans son éloignement ; il le poursuit avec | empressement dans sa fuite; il l’attend avec grâce de la 14 patience dans ses délais, prêt à le recevoir avec er moment . ! bonté dans son retour. Quelle miséricorde ! Tout autre qu’un Dieu en est-il capable ?
Rien de si vrai et en même temps rien de si admirable : à peine le pécheur s'est-il éloigné, que Dieu met out en œuvre pour le rappeler :
d’abord il excite dans son cœur un trouble salutaire qui l’agite, et des remords de conscience qui le déchirent. A ce trouble succèdent les plus vives lumières : il lui représente quelle est l'hor-
ps quelques à cette in- %# s les senti- M vers Dieu, #
reur de sa conduite, le danger terrible de son &
état, et quelles peuvent en être les suites funestes; 4
il lui fait connaitre la vanité d’un plaisir qui passe en un instant, et l’amertume d’un regret
qui sera peut-être éternel ; il rappelle à une âme !
le premier état où elle vivait avant son péché, et où elle vivait si contente ; il lui fait avouer, malgré elle, qu’il s’en fant bien qu’elle trouve dans son péché toute la satisfaction qu’elle s'était flattée d’y trouver. Qui pourrait exprimer le langage secret que la grâce fait entendre au‘pécheur ?
Dieu lui a-t-il fait connaitrele malheur de son état? il n’oublie rien pour l’engager à en sortir : pour cela il veut bien faire lui-même les premières avances, pour en épargner la peine ou la honte au pécheur ; il vient lui-même au devant de lui; ii le rappelle avec bonté; il l’invite avec tendresse , il ne lui refuse pas même le doux nom de fils, pour toucher son cœur, « Fili, prœæbe cor tuum mihi ‘. » Quelle bonté ! Que penserait-on d’un juge qui inviterait le coupable à recevoir sa grâce? mais que penserait-on d’un coupable qui refuserait de la recévoir?
Voilà cependant le portrait du pécheur. Bien M souvent malgré ces tendres invitations il résiste
encore à son Dieu ; il parait même Péviter et le