‹ L'âme élevée à Dieu par les réflexions et les sentiment pour chaque jour du mois [microforme]Chapitre 52 sur 95 · IT NES · texte numérisé non relu

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que le Tout-Puissant se jouait avec son ouvrage, ludens in orbe terrarum ‘ : mais s'agit-il de former des saints , de disposer les lumières qui éclairent les saints, les occasions qui préparent les saints ? ce n’est plus une main qui se joue avec son ouvrage, c’est un Dieu qui médite, qui souffre, qui donne son sang et sa vie; la sainteté lui paraît mériter tout cela : il fallait toute la sagesse de son conseil pour former un si grand projet, toute la puissance de son bras pour l’exécuter, toute la magnificence de ses trésors pour l'embellir, toute l’effusion de sonsang pour le cimenter et le perfectionner.

C’est le chef-d'œuvre deses mains; c’est en—. core l’objet de ses complaisances. Avez-vous vu mon serviteur Job, disait le Seigneur ? considerasti servum meum Job ?. Grand Dieu ! quand du haut du Ciel vous considériez l'univers, il y avait des savants , des grands , des conquérants, des monarques élevés sur le trône ; et Job était sur son fumier dévoré de la lèpre ; cependant c’est sur ve Job affligé que vous fixiez vos regards de complaisance : tout le reste disparaissait à vos yeux. Oui, une âme sainte, inconnue peut-être dans le monde, ensevelie.

daus l’oubli, voila un spectacle digne de Dieu,

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Juste estimateur de toutes choses , et. qui sait discerner le faux éclat des véritables lumières. Aux yeux de la foi, rien de si grand, de si excellent , et de si digne de Dieu et de nous, que Îa sainteté.

Pénétrez-moi de ce sentiment ,d mon Dieu !

tout le reste disparaîtra à mes yeux, et touchera peu mon cœur, parce que tout le reste n’est rien devant vous.

3e Vérité puisée dans le sein même de nos regrets et de nos penseés. Que faisons-nous pour devenir saints ? Qui êtes-vous ? d’où venez-vous ? où allez-vous ? Qui êtes-vous ? je suis chrétien. D'où venez-vous ! du sein de Dieu. Où allezvous ? à l'éternité. Vous êtes chrétien, vous en avez le nom; en avez-vous les vertus ? Vous allez à l’éternité ; en prenez-vous le chemin ? étranger en cette terre de pélerinage et d’exit, vous souvenez-vous que le ciel est votre patrie ? appelé à l’héritage céleste , tâchez-vous d’attirer la tendresse du père de famille qui vous invite ; vous avez une couronne préparée dans le ciel ; pensez-vous qu’elle se donne au mérite ?

En qualité de chrétiens , il y a dans nous un grand nom , de grands titres , de grandes espérances ; les soutenons-nous par de grands sentiments ? hélas ! tout est grand dans nous, à l’exœeption des mérites et des vertus.

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O mon Dieu ! quel est notre aveuglement !

que faisons-nous pour être saints ? ou plutôt que ne faisons-nous pas pour nous éloigner des voies de la sainteté ? Si on nous disait que pour être saints , il faut prendre une voie toute contraire à celle de l'Evangile, c’est à dire qu’au lieu de la ferveur , du renoncement, de la mortification , de la vigilance , des bonnes œuvres , il faut de la tiédeur , de la dissipation , de la négligenee , de l’oisiveté , de l’amour-propre , n’aurionsnous rien à changer dans nos mœurs ? et sans y rien changer , ne serions-nous pas déjà de grands saints ?

Voilà ce que je dois me dire à moi-même qu’ai-je fait pour devenir saint? où sont les mortifications que j’ai pratiquées , les pénitences que j'ai exercées , les sacrifices que j'ai faits? tant de dissipations dans ma eonduite, tant d’inutilités dans mes oceupations, tant de lâcheté dans mes œuvres, tout cela est-il bien propre àm'’ouvrir les voies de la sainteté , et à m’y conduire ? Encore une fois, que faisons-nous pour devenir saints ? et à quel titre espérons-nous être placés parmi eux ?

4e Vérité. Cependant si nous ne sommes pas saints , que serons-nous un jour ? et de quoi nous servira tout le reste qui nous occupe , qui nous agite , qui nous transporte ? quand nous

voyons les enfants se jouer entr’eux dans des amusements que porte leur âge, nous sommes surpris de les voir s’occuper si sérieusement à des riens ; ce sont des enfants disons-nous : hélas ! à ce prix que d'enfants dans le monde , et dans un âge bien avancé ! car enfin, en comparaison des grands objets que l’éternité et la sainteté nous présentent, les amusements des enfants sontils plus vains que nos occupations prétendues importantes ? Quand est-ce donc que la foi nous dessillera les yeux ? attendons-nous , pour les ouvrir , que la mort vienne les fermer pour tou- Jours ? Nous aurons acquis de grands biens; nous serons parvenus à de grands honneurs ; nous aurons tenu un rang dans le monde ; allons donc avec cela nous présenter au tribunal du souverain Juge , et à ces titres demandons-lui ses récompenses destinées aux saints,

Ah !'qu’on comprendra bien alors la vérité immuable de cet oracle du Sage : vanité des vanités , tout n’est que vanité sur la terre ! Vanité des biens qui périssent, vanité des honneursquiéblouissent ; vanité des plaisirs qui séduisent ; vanité du monde qui trompe ; vanité de la vie qui passe ; vanité de tout homme qui n’est pas saint.

O mon âme ! la grâce ne vous l’a-t-elle pas dit mille fois ? mille foisla voix de la conscience ne vous l’a-t-elle pas annoncé, qu’un jour viendrait

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que vous seriez détrompée de vos folles erreurs ? Semblable à un homme qui sort d’un profond sommeil , vous serez toute surprise , tout alar— mée de voir tout passer comme un songe : vous avez refusé de le croire durant votre vie , la mort viendra le graver sur les cendres de votre tombeau, et vous arracher malgré vous ce triste, ce dernier et ce funeste aveu qu’il fallait être saint ; et que pour n’avoir pas été saint, on sera éternellement malheureux.

L’arrèt sera porté un jour, peut-être cet arrêt éternel est-il déjà suspendu sur nos têtes, et viendra-t-il bientôt retentir à nos oreilles ; et nous ne pensons pas à en mériter les faveurs , ou à en prévenir les rigueurs ; et il viendra nous surprendre avant que nous ayois mis la première main à ce grand ouvrage de notre sainteté. Elle sera vengée ; et si nous lui avons refusé notre cœur et nos soins dans le temps , elle nous arrachera des regrets et des larmes dans l’éternité.

O mon Dieu ! où en suis-je ? et quel éclat de lumière vient frapper mes yeux, éclairez-les sur mes fautes, de peur qu’ils ne se ferment sur mes malheurs : lasainteté se présente encore à moi; Je vais lui ouvrir mon cœur, lui consacer les jours qui me restent à vivre. Heureux s ’ilm’en reste assez pour commencer, continuer , et finir ce grand ouvrage, qui aurait dû m'occuper durant toute ma vie?

Nous lisons souvent la vie édifiante des saints : nous en sommes touchés, nous les admirons; quand est-ce que nous les imiterons ? Point de famille qui n’ait donné quelque saint au ciel, et où l’on ne puisse dire : nous sommes les enfants des saints. A-t-on conservé le précieux héritage de leurs exemples et de leurs vertus ?

C’étaient des saints, dit-on souvent dans le monde, quand on entend conter leurs grandes actions ; et que prétendons-nous donc être nousmêmes ? voulons-nous n’avoir de part qu'avec les réprouvés? nous voulons vivre selon notre condition, et nous ne pensons pas que la première de toutes , c’est d’être saint.

Serons-nous un jour au nombre des saints ?

chacun de nous a parmi eux une place marquée ; aurons-nous le bonheur de l’occuper un jour ? ou notre infidélité nous en exclura-t-elle à jamais ?

On dit qu’il en coûte pour être saint ; et voudrions-nous nous sanctifier sans qu’il nous en coûtât rien ? -

Il en coûte pour être saint : adorable Sauveur! il faudra donc que vous portiez tout seul le fardeau de la croix ? on craindra de se charger de la moindre partie pour vous l’adoucir : on voudrait

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avoir part à votre gloire, sans en avoir aucune à vos souffrances et à vos douleurs.

PRIERE

Dieu de bonté et de sainteté, en méditant les grands objets que la sainteté nous présente, nous en sommes touchés , pénétrés. Rien de si vrai, nous disons-nous ; si nous pensions à ces grandes vérités, nous serions tous des saints. Mais pourquoi, à mon Dieu! n’y pensons-nous pas ? à quoi pensons-nous dont ? et quand est-ce que nous y penserons ? est-ilrien de plus intéressant pour nous ! Ah ? je le comprends ; si nous rappelions souvent, si nous méditions profondément ces grandes , ces immuables vérités, elles produiraïient dans nous les impressions les plus salutaires, elleséclaireraient nos esprits , elles toucheraient nos cœurs, elles nous détacheraient du monde et de nous-mêmes , elles rectifieraient nos idées ; elles réformeraient notre conduite et nos mœurs ; elles sous convaincraient, nous toucheraient , nous convertiraients; nous serions en effet tous des saints, et le changement admirable qu’elles opéreraient dans nous , vous ferait bénir, 6 Dieu de miséricordes ! au lieu qu’en les éloignant, nous restons toujours plong és dans nos anciennes iisères , au risque de devenir les victimes de vos

vengcances, pour n'avoir pas voulu servir de monument à la grâce.

C’en est donc fait, Ô mon Dieu! je vais me rendre à la sainteté : je l’ai trop longtemps négligée; je vais lui consacrer mon cœur , mes soins, tous les jours de ma vie : à heureux jours! jours précieux, si je les avais tous employés à la sanctification de mon âme! aidez-moi, mon Dieu ! à marcher dans ce chemin qui m’a été jusqu’à présent inconnu ; faites que je ne m'en écarte jamais ; que je ne pense, que je ne travaille, que je ne vive plus que pour devenir saint : c’est la grande grâce et l’unique bonheur que je desire désormais en ce monde ; j'ose encore l’espérer de votre bonté.

PRATIQUES

1° Je commencerai par remplir inviolablement tous les devoirs de mon état. En cela consiste la vraie sainteté.

20 Je me prescrirai chaque jour mes pratiques de piété, et jeles observerai fidèlement.

30 Je ne chercherai point une sainteté d’éclat , mais plutôt une sainteté huinble, et formée au pied de la croix.

4° Je fréquenterai les personnes saintes, et je tâcherai de les imiter. Enfin je me dirai souvent, que je ne suis au monde que pour devenir saint,

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