DIX-HUITIÈME LECTURE
Sur l'excellence de la grâce sanctifiante.
Rien de si important , et même de si névessaire pour nous , que de connaitre quelle est l’excellence et le prix de la grâce , et par là même quels soins nous devons avoir de la conserver ,; Si nous avons le bonheur de la posséder.
19 La grâce sanctifiante est le principe de notre élévation à un ordre surnaturel et divin : état sublime , où en vertu de la grâce, nous sommes destinés à une fin surnaturelle, à la possession intime de Dieu, à l’éclat de la lumière de gloire, aux délices de la vision intuitive, c’est à dire destinés à voir Dieu face à face, le posséder en lui-même , à le découvrir, non plus à travers Îles nuages d’une connaissance abstraite et obscure, mais dans la plénitude des splendeurs de sa gloire. Aussi dès que nous possédons cette grâce , de quels titres glorieux ne sommesnous pas honorés ? Dirons-nous qu’en vertu de cette grâce sanctifiante , nous sommes élevés au dessus de nous-mêmes ; qu’elle nous donne un rapport intime avec Dieu ; que des lors nous avons part à l’amitié , à la tendresse même de
Le DÉS mat Rose ds Me nr à qe ns ht à TE se or.
Dieu ? Tout cela est grand et sublime ; mais le prince des sapôtres porte encore plus loin ses pensées et clairé des lumières de cette grâce même dont il fait l'éloge, il s'exprime en des termes qui auraient de quoi nous surprendre , si l'Esprit saint même n’en était le garant et l’auteur. Ilne craint pas d’assurer qu’en vertu de la grâce sanctifiante, nous sommes faits comme participants de la nature divine, divinæ con-
sortes naturæ ' , parce que la grâce sancti- |
fiante forme , en quelque manière , dans nous une nouvelle essence , et nous donne une nouvelle vie ; que ce n’est plus nous qui vivons, mais Dieu même qui vit dans nous. Quelle gloire ! Une faible créature pouvoit-elle espérer d’y être jamais élevée ?
20 Nouveau privilège : la grâce sanctifiante est le titre de notre adoption en qualité d’enfants de Dieu. Mes frères , disait autrefois le disciple bien aimé, voyez, comprenez, admirez quelle est la bonté du Père des miséricordes envers nous , que non seulement nous soyons appelés , mais que nous soyons en effet les enfants de Dieu, ut filii nominemur et simus ?. Jésus- Christ est fils de Dieu par essence, nous le sommes par adoption ; c’est la foi même qui nous l’ap-
1 Petr, 1. —— ? Joan. 3.
; mais le y loin ses tte grâce n des terndre , si Let l’auertu de la s comme inæ con-
2e sancti-
lans nous une nou- | vivons ,
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anctifiante d'enfants e disciple ez quelle es envers appelés , nfants de 1, Jésuse sommes ous l’ap-
prend. O vous tous qui avez le bonheur de posséder la grâce , vous êtes les enfants de Dieu ! L'Esprit saint nous rend ce glorieux témoignage, et nous autorise à donner à Dieu le doux nom de père , în quo clamamus : Abba, Pater !.
Avons-nous jamais bien pénétrér à combien juste titre nous disons souvent à Dieu notre père, Pater? Et lorsque offrant chaque jour l'hommage de nos prières, nous lui avons adressé cette consolante parole, en avons-nous jamais compris tout sens, le et connu toute l’étendue ? Comprenons-la du moins aujourd’hui ; et quand dans la suite nous la lui adresserons , disons-le dans ces doux sentiments, disons-le toujours avec une nouvelle tendresse , Pater, mon Deiu et mon père ; mais en même temps souvenonsnous que le père que nous invoquons est au ciel pour nous apprendre que la terre que nous habitons est pour nous un lieu de pèlerinage et d’exil, que le ciel est notre véritable patrie , que c’est la où nous devons aspirer ; parce qu’un fils doit aspirer à s'unir à son père, pour avoir part à sa gloire et son héritage.
30 C'est le nouveau droit que nous donne la grâce sanctifiante, le droit à l'héritage céleste; car en nous rendant enfants de Dieu, la grâce
\ Rom. 8.
nous rend par là même les héritiers de sa gloire, et les cohéritiers de Jésus-Christ même, cohæredes autem Christi 1, Dans le monde, un père qui aurait un fils digne de lui, ne pourrait sans quelque injustice en adopter d’autres, parce que l’héritage ne peut être partagé entre plusieurs, sans que chacun en souffre dans son partage. Il n’en est pas ainsi de vous, Ô mon Dieu ! vous adoptez tous les hommes pour fils : la multitude des adoptés ne diminuera en rien les trésors du partage. Les trésors célestes de vos grâces sont comme la lumière, ils ne perdent rien à se communiquer : je ne profite pas moins des rayons du soleil, que si j'étais le seul au monde à les recueillir. Que tous les enfants de Dieu ouvrent leur cœur à la grâce, le Père des miséricordes a de quoi les remplir. Tels doivent donc être mes sentiments, en qualité d’enfant de Dieu : en levant les yeux au ciel, en voyant cette gloire, ces trésors, ces délices, ces couronnes, ces sceptres , je puis dire : voila mon partage. Les enfants des hommes auront des héritages dans la région des morts ; le mien est dans la région des vivants : le Père céleste me l’a préparé dans son sein ; la grâce m'en assure la possession,
4° La grâce sanctifiante porte encore plus
1 Rom. 8.
loin sé âme.
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loin ses faveurs, et pour combler notre bonheur, même dès cette vie, elle fait que Dieu vient luimême dans nous et fixe son séjour dans notre âme. En vertu de la grâce sanctifiante il réside dans elle, il la possède par sa présence ; il l’éclaire par sa sagesse , il la soutient par sa puissance ; en sorte que Dieu se trouve dans elle comme un roi dans le sein de son empire , pour y régner; comme un père dans sa famille, pour y présider ; comme un pasteur dans son troupeau, pour le conduire. Notre cœur devient dès lors comme une espèce de paradis vivant , capable d'attirer Dieu sur la terre ; en sorte que , selon la consolante pensée d’un saint Père, si Dieu n'était pas immense , et si par son immensité il ne remplissait pas le ciel et la terre , il quitterait en quelque manière le ciel pour venir dans cette âme , tant elle a de charmes pour lui , tant il a de tendresse pour elle. Tous les biens célestes , toutes les vertus de concert y résident ; la foi avec son flambeau ; l'espérance avec tous ses vœux ; la charité avec toutes ses ardeurs : les esprits bienheureux eux-mêmes se font une gloire d’être avec une âme en grâce; tout le ciel semble être avec elle, parce que Dieu lui-même est dans elle. |
Que si cela est ainsi, si la grâce sanctifiante est la source féconde d’où découlent tant de biens à
0 mm,
la fois : si elle est la précieuse rosée qui répand tant d’influences célestes, la terre promise où naissent tous ces fruits de bénédictions , y a-t-il quelqu’un qui ne soupire après elle, qui n'en admire la beauté , qui n’en desire la possession, qui ne lui donne son estime et son cœur, qui ne la préfère à tous les biens et à tous les trésors de la terre , qui ne la regarde comme le seul et unique bien digne de fixer nos regards, nos vœux , nos desirs et nos cœurs ? Et qu'est-ce en effet que tout le reste sans elle ? Trônes , sceptres , couronnes, sans la grâce, tout retombe dans son néant , et par elle tout est relevé , tout est grand. Voyons cet homme pauvre , abandonné , couvert de haillons : aux yeux du monde c’est un objet de mépris , tout au plus de compassion , or cet homme en apparence si méprisable , s’il a la grâce , est plus grand aux yeux de Dieu que tous les conquérants et les rois de la terre , s'ils en sont privés. Voyons au contraire cet heureux du siècle, ce grand de la terre , selon le monde , tout est grand dans lui, tout ce qui l'environne est éclat ; mais n’a-t-il pas la grâce ? c’est un objet d’indignation aux yeux de Dieu ; il ne le voit qu’avec dédain, il ne le supporte qu'avec horreur. La grâce, la grâce, voila le principe de la véritable grandeur,
En voulons-nous une preuve bien sensible ,
et un
cher :
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et un exemple bien frappant ? Allons le chercher : et où ? Non dans le palais des grands, non sur le trône des rois , non à la tête des armées parmi les conquérants ; mais sur le fu mier du saint homme Job. Avez-vous vu mon serviteur Job , dit le Seigneur , avec une espèce de complaisance ,| considerasti servum meum Job"? Oui, Seigneur, nous l’avons vu ; mais dans quel état ? Couvert d’un horrible ulcère, rongé tout vivant des vers. Eh bien ! cet homme en apparence frappé du ciel, c’est l’homme de ma droite, c’est l’objet de mes complaisances, à qui j'ai confié le soin de ma gloire , qui fait la matière de mon triomphe. À travers les nuages qui l’environnent , je vois briller les rayons de ma grâce. À la vue de cette grâce , le lieu même où il est placé devient une espèce d’autel érigé à E ma gloire; ses vers sont les ministres , bien moins de mes vengeances, que de mes miséricordes ; et Job lui-même est la précieuse victime qui m’est immolée : je la recois des mains de la grâce ; jamais sacrifice plus précieux ne fut offert [à mon cœur. Allez donc, et considérez les grands dans leurs palais , les riches dans leur abondance ; s’ils n’ont pas la grâce , je ne les connais pas , ou je ne les reconnais que pour les
1 Job, 1.
frapper d’anathème. Job sur son fumier est plus grand à mes yeux que les rois élevés sur le trône ; Job couvert d’une lèpre est plus cher à mon cœur que les rois couverts de la pourpre.
O grâce céleste ! si vous êtes le digne objet des complaisances de Dieu même , quelle place devez-vous tenir dans l’idée et l’estime des hommes ?
Eclairé de vos divines lumières, je comprends, Ô mon Dieu! que la grâce sanctifiante est tout à la fois le bien le plus précieux , le bien le plus nécessaire , et cependant le bien le plus exposé. Quels soins ne dois-je donc pas lui donner pour la conserver ? Ah! que c’est avec juste raison que vous nous dites par la bouche du Sage ; conservez avec soin votre cœur, et dans votre cœur le précieux trésor de la grâce : omni custodia serva cor tuum 1. Mais hélas ! que pourront tous mes soins si vous ne les soutenez de votre secours ?
MÉDITATION
Sur le méme sujet.
10 Conserver la grâce avec soin, parce qu’elle est pour nous le bien le plus précieux. Le soin
* Prov, 4,
à Die
Qu’av solati û larme
Ce
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ligne objet uelle place e des hom-
comprends; e est tout à jien le plus lus exposé.
ionner pour juste raison Sage ; convotre cœur ni custodia ourront tous
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parce qu’elle eux. Le soin
qu’on a de se conserver la possession d’un bien, doit être proportionné à la grandeur du bien qu'on possède ; et à mesure que le bien est plus grand, le soin doit être aussi plus ardent : or qu'est-ce que la grâce pour nous ? C’est un bien , c’est le premier des biens , c’est le plusgrand des biens, c'est le plus solide des biens, et à proprement parler , c’est même le seul et unique bien, puisque la grâce devient pour nous la source de tout autre bien. Et de quels biens cette grâce ne devient-elle pas pour nous la source féconde ? Excellence de la grâce ; quoi de si grand ? Richesses de la grâce ; quoi de plus précieux ? mais surtout délices de la grâce; quoi de plus doux et de plus consolant ? La paix de l’âme , la tranquillité de la conscience , le repos du cœur, cette sainte confiance en Dieu ; ces moments de consolation qui donnent un avaut-goût des délices célestes ?
Ames justes , âmes fidèles dont j'envie lesort , n'est-ce pas ce que vous avez éprouvé dans ces moments heureux où vous avez pensé à revenir à Dieu , où vous êtes rentrées dans sa grâce ? Qu'’avez-vous éprouvé, que douceur, que consolation et que paix? Si vous avez versé des larmes , qu’étoient-ce que des larmes de joie ? Ce jour n’a-t-il pas été le plus heureux de vos
Prov,
jours ? La grâce n'a-t-elle pas été pour vous cette terre délicieuse d’où découle le lait et le miel ? le bien de la grâce ne vous a-t-il pas tenu lieu de tout autre bien ?
Et puis-je moi-même, à mon Dieu! sans en
être touché et pénétré, me rappeler cet heureux moment , où éciairé de votre grâce j'eus le bon-
heur de me rendre à vous? Mais pourrais-je, sans l’ingratitude la plus monstrueuse, m’exposer
à perdre le précieux dépôt de votre grâce après {| lavoir recouvrée? et ne me rendrais-je pas à ! jamais indigne de vos dons et de votre cœur ? À
20 Conserver la grâce avec soin, parce que À la grâce est pour moi le bien le plus nécessaire. | De quoi me serviraient tous les autres biens sans celui de la grâce ? Et avec celui de la grâce que ! sont pour moi tons les autres biens? Avec la grâce ! Je puis tout, et j’ai tout. Sans la grâce de Dieu, je | n'ai rien, je ne puis rien, et je ne suis rien; | eussé-je tous les autres trésors, sans la grâce je vis | dans la plus triste indigence ; eussé-je tous les À plaisirs , toutes les joies de la terre, sans la grâce | puis-je les goûter? Bien si nécessaire, que sans | la grâce jamais je ne pourrai rien mériter pour | le ciel : toutes mes actions seront stériles , toutes À mes œuvres mortes, tous mes talents enfouis, tous ! mes pas seraient perdus et hors de la voie. Sans # la grâce jamais je n'aurai entrée dans le ciel , À
ct } reu
les gràc anti que ne n tre à défig à tan de VO Héla:
c’est et qu surto de la fauds vois] fleuve mêm rons pour Me qu'ils grâce
ur vous cette t le miel ? le enu lieu de
jeu! sans en cet heureux
j'eus le bonpourrais-Je ,
e, m’exposer
e grâce après
rais-je pas à | votre cœur ?
n, parce que À us nécessaire. | res biens sans | la grâce que !
Avecla grâce !
e de Dieu, je | e suis rien; | la grâce je vis | é-je tous les à sans la grâce | re, que Sans } mériter pour | ériles , toutes | enfouis, tous !
la voie. Sans # dans le ciel, #
et je ne pourrai être qu'éternellement malheureux.
Aussi que n’ont pas fait, que n’ont pas souflert les saints pour rappeler ou pour conserver cette grâce ? Solitaires et anachorètes, que faites-vous dans les déserts et ensevelis tout vivants dans les autres et les cavernes ? Ah ! me dites-vous, c’est que nous portions un trésor, et nous le portions dans des vases fragiles ; la solitude la plus retirée ne nousa pas paru un asile trop assuré pour le mettre à couvert. Saints pénitents que je vois pâles, défigurés, languissants, pourquoi vous livrerainsi à tant de pénitences et de rigueurs ? L’air retentit de vos sanglots, la terre est arrosée de vos larmes. Hélas ! me répondez vous du fond de vos antres, c'est que nous connaissions le prix de la grâce, et que nous craignions notre fragilité. Et vous surtout, iuvincibles martyrs, glorieux athlètes de la foi, pourquoi paraissez-vous sur les échafauds, au milieu des brasiers ardents ? Pourquoi vois-je vos membres déchirés et nageant dans des fleuves de sang? Vous me répondez par la voix même de ce sang; nous mourons, nous mourons avec joic, et nous donnerions mille vies pour conserver la vie de la grâce,
Mon Dieu, que ces sentiments son grands !
qu'ils sont desirables ! sont-ce les miens ? La grâce me les avait inspiréss les ai-je gravés et
conservés dans mon cœur ? O que ceux-là sont heureux, d mon Dieu ! qui n’ont jamais perdu le précieux trésor de la grâce !'quel bonheur ! ce précieux trésor n’est-il pas préférable à tous les trésors de la terre ? Que de regrets, que de larmes ils se sont épargnés durant la vie ! que d’alarmes au moment dela mort !
30 Enfin conserver la grâce avec soin , parce qu'elle est exposée à mille ennemis etàa mille
dangers. La grâce est un miroir, le moindre souf- |
fle peut en ternir l’éclat : c’est une fleur que le moindre vent peut abattre et flétrir; c’est un
germe précieux, un trop grand air peut l’étouffer :
et le faire périr. Mais d’ailleurs de combien d’ennemis n’est-elle pas assaillie? et quels efforts ne font-ils pas pour nous la ravir ? Hors de nous, au-
tour de nous, au dedans de nous, tout conspire |
sa perte : hors de nous, les démons qui en lions rugissants , cherchent sans cesse une proie
pour la dévorer ; autour de nous, un monde À
pervers qui par mille objets dangereux veut nous séduire et nous pervertir; dansnous, mille passions violentes, ennemis domestiques et plus
redoutables, toujours soulevés, toujours con-
jurés, toujours acharnés contre nous et contre la grâce,
O don de Dieu ! 6 grâce précieuse ! comment vous soutiendrez-vous environnée de tant d’en-
nemi
une t assid salut de vs Q moye qu'on bien c point No de not point ménag nous al
À presqu
O mon cle ser enfant:
somme notre :
cieuses grâce ?
moyen:
pirent mais st
Non
il n’est
eux-la sont mais perdu onheur ! ce à tous les que de larque d’alar-
soin , parce setàa mille oindre soufleur que le r; c’est un
ut l’étouffer ‘
mbien d’en-
ls efforts ne !
e nous, auout conspire ns qui en > une proie un monde rereux veut nous, mille es et plus jours conet contre la
! comment tant d’en-
nemis ? comment pourrez-vous subsister dans une terre si étrangère , à moins que par des soins assidus , une vigilance continuelle, une crainte salutaire, une sainte frayeur , nous ne tächions de vous garantir et de vous préserver ?
Que faut-il donc faire, à mon Dieu! et quels moyens faut-il prendre pour la conserver ? Ce qu’on fait tous les jours dans le monde pour un bien qu'on estime et qui est précieux : car en ce point le monde mème peut servir de modele.
Nous -mêmes, pour la conservation de nos biens de notre santé, de notre vie, que ne faisons-nous point ? Jamais assez de soins, de précautions , de ménagements. À la moindre incommodité, nous nous alarmons ; au moindre mal, nous ne sommes
1 presque plus à nous. Pourquoi ? Il s’agit de la vie.
O mon Dieu ! jusques à quand les enfants du siècle seront-ils plus sages et plus éclairés que les enfants de lumière ? Eh quoi ! aveugles que nous sommes ! nos biens , nos fortunes , notre santé, notre vie , nous sont-elles plus chères , plus précieuses que la grâce de Dieu, que la vie de la grâce? Ah! prenons pour la conserver tous Îles moyens que la sagesse, la raison, la foi nous inspirent; humilité, vigilance, retraite, prière ; mais sur toutes choses , la fuite des occasions. Non, je le comprends, je le sens, à mon Dieu il n’est point de vertu si bien établie, point de ré-
ns "me.
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solution si forte et si efficace qui tienne longtemps contre certaines occasions dangereuses. En vain me rassurerais-je sur la sincérité de mes sentiments
sur la fermeté de mes propos ; si je m’expose, Je succomberai ; si je me Jette dans l’occasion,
l’occasion me perdra : je dois regarder mes pas- M sions comme un flambeau mal éteint qui fume }
encore, et qui à la moindre occasion peut se rallumér et causer un nouvel incendie. Fuyons,
prions, et tremblons ; c'est l’unique moyen de per- È
sévérer et de nous sauver.
Ce que je puis medire, dans les sentiments de
la foi, ce que je dois à jamais graver dansmon cœur c’est que la grâce est un si grand bien, que quand
dans une balance nous mettrions tous les biens de B ce monde, les honneurs et tout leur éclat , les R richesses et tous leurs trésors, les plaisirs et tous R leurs attraits; tout cela mis en parallèle avec la R
grâce , disparaît devant elle, et s’éclipse par son éclat.
La grâce est un si grand bien, qu’à propre-# ment parler, c’est le seul dont la possession :
mérite nos vœuxet nos soins, dont la perte mérite nos regretset nos larmes.
La grâcé est un si grand bien, que c’est l’uni-
que trésor que nous possédions en ce monde et }
qui nous restera quand nous en sortirons.
La grâce est un si grand bien, que quand pour
l’acq sacril notre notre nous mais :
prései et lais ser de La préde:
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Un Di voilà s sa réct Enfi de si ] devant avons | sera fai suré ; s pour nc
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l’occasion, * er mes pas- À it qui fume
peut se rale. Fuyons,