EFFUSION DE COEUR
Ou sentiments de confiance en Dieu.
J'espère en vous, à mon Dieu! à Dieu saint!
Dieu bon , Dieu puissant, et c’est en vous seul que J'espère ; hors de vous, en qui pourrais-je mettre ma confiance ? Non , je n’espère pas en mes mérites. Hélas ! que suis-je à vos yeux que misère , que péché ? Et ma vie, loin de me rassurer, que peut-elle me présenter, que des sujets de crainte et de défiance ?
Je ne mets pas mon appui dansle monde, je v’ai que trop éprouvé combien il est trompeur et perfide : combien d'âmes ont compté sur lui, et en ont été les victimes ? Le monde , loin de faire des heureux et des saints, que peut-il former que des infortunés et des réprouvés ?
Je n’établirai pas ma confiance dans le secours des hommes. Ah ! malheur à qui s'appuie sur des bras de chair ! faibles mortels ,ils ne peuvent rien pour eux-mêmes ; que pourront-ils pour le bonheur des autres? Ils sont aujourd'hui; et demain ils ne seront plus ; quel secours peut-on attendre de ce qui n’est que cendre et que poussière ?
Ce n'est donc qu’en vous seul que je puis et
nr or go am. 2
que je dois espérer , à mon Dieu ! et dans vous je trouve les motifs solides, les fondements inébranlables de ma confiance.
J'espère en votre miséricorde infinie; j'en ai abusé, je le sais, mais je sais que ses trésors sont inépuisables. Tant de pécheurs, comme moi, en ont abusé, et n’en ont pas été rejetés quand ils sont venus se jeter entre ses bras. Un David homicide, une Magdeleine pécheresse, un Manassès coupable, un Augustin pénitent , seront des monuments éternels de cette miséricorde sans bornes. Hélas ! sielle n’était pasinfinie, ne serionsnous pas tous perdus sans ressource? Dieu de bonté, faites-moi ressentir les effets de cette miséricorde ineffable ; ce n’est qu’en ce monde que vous pouvez l'exercer, après notre mort ce sera le règne de votre seule justice; ayez donc pitié de mon âme , tandis que je respire sur la terre : votre justice aura toute l'éternité pour punir ; pardonnez, tandis qu’il est temps , et montrez en pardonnant que vous êtes grand en bonté , comme vous montrerez en punissant à jamais que vous êtes juste et redoutable dans vos vengeances.
J'espère encore et j'espère tout des mérites
de Jésus-Christ. C’est là le fondement assuré de À
ma confiance. Adorable Sauveur, quand je pense à tout ce que vous avez fait et souffert pour moi,
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des mérites assuré de and je pense pour moi,
comment pourrais-je ne pas espérer en vous ?
Quand je vois que vous êtes descendu du ciel sur la terre pour sauver les pécheurs.
Quand je considère que vous n’avez vécu en ce monde que pour les attirer tous à vous ?
Quand j’entre dans le sein de votre saint temple, et que portant les regards de la foi sur vos autels, je vous y trouve en qualité de victime ; offert chaque jour en sacrifice pour nous.
Quand surtout je monte en esprit sur le calvaire , et que je vois votre sang précieux couler à grand flots sur les pécheurs pour obtenir leur pardon, votre cœur adorable percé et ouvert pour les recevoir, votre dernier soupir élevé vers le ciel pour leur attirer la grâce de la réconciliation avec celle de la pénitence; comment tant de voix et des voix si touchantes n’animeraient-elles pas ma confiance , ne me présenteraient-elles pas un asile contre mes craintes et mes larmes ? Dieu de bonté, sauvez des âmes qui vous ont coûté si cher , et ne perdez pas le fruit de vos souffrances, de votre sang et de votre mort.
Je sais, d mon Dieu! que pour que mon espérance ne soit pas vaineet présompteuse, Je dois l’animer par mes œuvres et la soutenir par ma correspondance à vos grâces. Vous m'avez créé
sans moi, vous ne me sauverez sans moi ; aussi
suis-je bien résolu de travailler au salut de mon
âme, Animé par ma confianceen votre bonté, je respecterai votre loi sainte ; j’observerai vos commandements; je détesterai mes péchés, je tâcherai deles éxpier par mes larmes; je veillerai sur moi-même, je réprimerai mes passions; je combattrai les funestes penchants de mon cœur ; je serai à l’égard de mon prochain ce que je desire qu’il soit envers mai. Dans ces saintes dispositions que votre grâce m’inspire , j’espère en vous, mon Dieu! Vous êtes mon Créateur, mon Sauveur et mon Père ; j'espère que vous m’accorderez le pardon de mes péchés, quelque grands qu'ils soient; la grandeur même de mes offenses que je déteste , loin de l’ébranler, sera un nouveau motif de m’affermir dans mon espérance. Je vous dirai avec le prophète pénitent : vous aureZ pitié de moi, Dien saint ! parce que mes péchés sont grands : Propitiaberis peccato meo, multum estenim ? parce que plus ils sont grands à vos yeux, plus ils feront éclater votre bonté et triompher votre grâce. J'espère que vous me soutiendrez dans les misères et les épreuves de cette vie, pour en supporter tes peines, pour en essuyer les revers, pout me soumettre avec résignation à toutes les dispositions de votre providence, quelles qu’elles puissent être sur moi; tout ce qui me viendra de votre main paternelle sera recu avec un cœur résigné.
J'espère surtout que vous viendrez à mon aide
au m serez a l’ét besoi:
votre tiers « J’es grâce tre.
Tel, de ma donne:
able à Fait vée da mént n disent ravi.
Fait rien ne homme de l’enf altérer rai étab fundar Fait qu'elle qu’elle
>, je r'esommatrai deles i-même;, es funeségard de vers mOi.
re grâce u! Vous >n Père; on dé mes grandeur in de l’ém’affermir rec le prooù, Dieu ds : Projm ? parce s ils feront grâce.
ns les misèsuppor ter , pour me
signe.
ispositions issént être otre main
, mon aide
au moment de ma mort , que vous ne me délaisserez pas dans les angoisses de ce pa°sage du temps à l'éternité. Ce sera surtout alors que j'aurai besoin de votre assistante, que Je réclamerai votre secours, pour finir ma course dans les seritiers de la sainteté et de la justice.
J'espère enfin que vous m’acorderez votre grâcé en ce monde , et votre gloire en l’autre.
Tels sont les motifs, les fondeinents et les objets de ma confiance , Ô mon Dieu ! Daignez lui donner les caractères qui doivent la rendre agréable à vos yeux.
Faites que mon espérance soit intime et gravée dans le fond de mon cœur ; que non seulement ma bouche , mais tous mes sentiments vous disent : J'espère en vous : {n ie, Domine , speravt.
Faites que mon espérance soit ferine , que rien ne soit capable de l'ébranler. Non, ni les hommes ni le monde , ni toutes les puissances de l'enfer conjurées contre moi, ne pourront altérer les sentiments d’une confiance que j’aurai établie dans le Dieu de mon cœur: non con=
fundar in æternum.
Faites que mon espérance soit constante, qu'elle m'accompagne jusqu’au dernier moment, qu'elle me suive jusqu'au tombenu ; ct lors mé
me que vous me frapperez du coup de la mort, que ma confiance vous consacre mes derniers soupirs, Tels sont les sentiments dans lesquels je desire de vivre et avec lesquels j'espère de mourir.
O mon Dieu! comment , dans cette douce et ferme espérance , ne supporterai-je pas toutes les peines de cette vie mortelle ,à la vue de la vie immortelle qui m'est préparée ?
Comment , dans l’attente des biens suprèmes du ciel, ne me détacherai-je pas des biens périssables du monde ?
Comment, à la vue dela céleste patrie , ne me regarderai-je pas sur la terre comme dans un lieu d’exil ?
Comment ne me ferai-je pas une sainte violence durant quelques jours , pour avoir part aux délices d’une éternité bienheureuse ? Beau ciel , terme de mes desirs, soyez l’unique objet de mes vœux , l’unique desir de mon cœur, lunique occupation de ma vie, et de tous les moments qui me restent à gémir et à soupirer après mon bonheur.
Résolutions.
19 Je mettrai toute ma confiance en Dicu seul, et Jamais elle ne sera confondue,
2,0 les é lants, s’il le Je les ne me gneur point rance, au gra que sc pérer rien n
1 muit, derniers
lesquels spère de
douce et as toutes vue de la
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sainte vioavoir part se ? Beau nique objet cœur, Pubus les mopirer après
n Dicu seul,
LE
29 Dans les peines, les chagrins, les revers les événements les plus tristes et les plus désolants, je redoublerai ma confiance, et j'espérerai, s’il le faut, contre toute espérance.
30 Mes fautes mêmes et mes péchés, dès que je les déplore, m'humilieront, m'affligeront, mais ne me décourageront point : je craindrai le Seigneur, mais j’espérerai en lui ; l'espérance n’ôte point la crainte ; la crainte n’altère point l'espérance, l’une et l’autre contribuent de concert au grand ouvrage de notre salut.
4° Je soutiendrai ma confiance par la pratique solide des bonnes œuvres. Je dois tout espérer de Dieu pour mon salut, mais je ne dois rien négliger moi-même pour me sauver.
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des
VINGTIÈME LECTURE. salu
Sur la charité chrétienne. dé
| tres
C’est ici la vertu propre, et comine le vrai ca- célél ractère de la religion ; la charité en est la base, fidél le soutien, l’ornement : elle en renferme l'esprit, pôtr elle en inspire les sentiments. cre-!
Vertu aimable ; elle fait le lien des cœurs, les liga charmes de la société , les délices et les douceurs Auss de la vie. de s Vertu sublime ; elle élève nos cœurs elle nous rius donne entrée dans le cœur de Dieu même, elle y Auss puise toutes ses affections. comi
préc e pre , hoc cem.
comi nouve Mais La ch
monc
Vertu consolante; quels biens, quels avantages ne fait-elle pas goûter, par la paix, l’union, la concorde qu’elle produit ?
Vertu féconde; elle devient le germe de toutes les vertus, qui marchent comme sous ses étendards; elle est même l’accomplissement de toute la loi.
Vertu céleste; elle nous vient du ciel ; elle nous y conduit ; elle nous en rend commeles citoyens, et nous en assure la possession.
Mais surtout, vertu absolument et indispensablement nécessaire , si nous, voulons être chrétiens, prendre l'esprit de l'Evangile, ètre au nombre
1 Jo
e vrai Cat la base, re l'esprit,
cœurs, les . douceurs
, elle nous ême, elle y
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e de toutes is ses étennt de toute
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des enfants de Dieu. Sans la charité, point de salut : le manque de charité est une des plus grandes marques de réprobation.
Aussi que ne nous ont pas annoncé les Apôtres sur cette grande vertu ? quels éloges pour la célébrer ! quel soin de la recommander! quelle fidélité à la pratiquer ! Aussi saint Jean, l'Apôtre par excellence de la charité, lui consacre-t-il toutes les effusions de son cœur : Ut di— ligatés invicem ‘. Aimez-vous les uns les autres. Aussi saint Paul montre-t-il toutes les ardeurs de son zèle en faveur de cette vertu, Alter alterius onera portate. Aidez-vous mutuellement ?, Aussi les premiers fidèles étaient-ils regardés comme n'ayant entre eux qu’un cœur et une âme, cor unum et anima una.
Aussi Jésus-Christ même nous a-t-il intimé le précepte de la charité comme son précepte propre , et celui qu’il a toujours eu plus à cœur, hoc est præceptum meum ut déligatis invicem. Je dis plus, aussi nous la-t-il annoncé comme un précepte nouveau et propre de la nouvelle alliance, mandaltum novum do vobis ‘. Mais comment est-ce donc un précepte nouveau ? La charité n’est-elle pas aussi ancienne que le monde même ? Il est vrai que la charité en gé-
! Joan. 13 — ? Galat. 6,— 5 Act. 4. — Joan. 13.
312 L'AME néral et pour le fond est aussi ancienne que le monde , mais la charité chrétienne , telle que Jésus-Christ l’a ordonnée , est un précepte en effet nouveau , dans l'esprit et la perfection où il l’a portée.
D'où il s'ensuit que la charité chrétienne est une vertu nouvelle , toute divine, ce terme pris à la lettre , à la rigueur, dans toute sa signification et sa force.
Vertu nouvelle et divine dans son auteur :
c'est Jésus-Christ même qui nous l’a enseignée, recommandée , expressément ordonnée ,comme son précepte propre et particulier : hoc est præceptum meum !. |
Vertu nouvelle et divine dans son objet: c’est Jésus-Christ que nous aimons dans le prochain, et
dans la personne du prochain nous considéronsla personne de Jésus-Christ même : quod uni ex minimis meis fecistis , mihi feristis * : Ce que vous ferez au moindre des miens, vous l’aurez fait à moi-même.
Vertu nouvelle et divine dans son modèle :
nous devons nous aimer , mais nous devons nous aimer comme Jésus-Christ nous a aimés , et du mêmé amour que Jésus-Christ nous a aimés :
diligite invicem , sicut ct ego dilexi vos.
me Joan. 13. --°? Matth. 23. 3 Joan. 12.
Ve
on di chain antiqt ordon dico :
par là enfant et Pin comme Disc sublim Dieu r du cœu plit la réside in cha charité renfer de tot plevit Mais sans el tellema propre ciple
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Vertu nouvelle et divine dans son étendue :
on disait aux anciens, vous aimerez votre prochain , et vous haïrez vos ennemis , dictum est antiquis ! : et moi, dit Jésus-Christ , je vous ordonne d'aimer vos ennemis mêmes , ego autem dico vobis : diligite inimicos vestros. C’est par là et ce n’estque par là que vous deviendrez les enfants du Pere céleste, qui fait pleuvoir sur le juste et l’injuste, et lever son soleil sur les méchants comme sur les bons, ut sitis filii patris vestri*.
Disons donc, charité chrétienne, vertu si sublime qu’elle prend sa source dans le cœur de Dieu même, qu’elle consacre tous les sentiments du cœur de l’homme, que son observation accomplit la loi; que celui en qui la charité réside, réside lui-même dans le sein de Dieu : qui manet in charitate , in Deo manet * ; et que comme la charité couvre la multitude des péchés, de même renferme-t-elle l'assemblage et l’accomplissement de toutes les vertus: qui diligit , legem implevit *.
Mais aussi vertu tellement nécessaire , que sans elle la religion ne couronne aucune vertu ; tellement nécessaire , qu’elle fait le caractère propre et distinctif du véritable chrétien, du disciple de Jésus-Christ, d'avec celui qui ne les
1 Matt. 5. — 2 Ibid 5. —3 Joan. 4. — * Rom. 13.
pas : in hoc cognoscent homines quia discépuli mei estis , si dileæerilis invicem , tellement nécessaire , que de même que celui qui a la charité , demeure dans Dieu , et a le principe de vie , aussi celui qui est hors de la charité , est hors de Dieu et dans un état de mort et de damnation , qui non diligit manet in morte ? ; en un mot, vertu tellement nécessaire, que quand on en viendrait à opérer des miracles , à transporter les montagnes, à livrer son corps aux tourments, aux tyrans, à la mort, si on n’a pas la charité , on n’est rien devant Dieu, ou l’on n’est qu’un objet de colère, frappé de tous ses anathèmes et exposé à toute la rigueur des vengeances : charitatem autem si non habeam, nihil sum .
Avons-nous jamais bien compris ce que c’est que la charité chrétienne aux yeux de Dieu et dans les vues de la foi? Nous en connaissons à présent l'excellence toute divine ; nous en comprenons la nécessité abolue et indispensable. Il est temps de considérer quels en sont et en doivent être les vrais caractères.
Les voici , pris sur le modèle de Jésus-Christ même , tracés de sa main , et comme scellés de son sang : diligite invicem, sicut ego dilexi
1 Joan, 13. — ? 1. Joan, 3. — * 1, Cor. 13.
since surn dan:
sans prou M cœu!
entra appr vertu
dire, et en souve huma tueus
disctpuli tellement a la chaincipe de rité , est rt et de morte ?; que quand , atranscorps aux si on n’a Dieu, ou jé de tous gueur des habeam ,
que c’est e Dieu et naissons à en comusable. Il et en doi-
us-Christ scellés de go dileæi
vos. Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés moi-même.
MÉDITATION Sur les Caractères de la Charité.
La charité chrétienne , pour être véritable et sincère, doit avoit trois caractères sacrés; charité surnaturelle dans son motif ; charité universelle dans son objet, charité efficace dans ses œuvres : sans cela elle est inconnue à la religion , et réprouvée de Dieu même.
Mon Dieu ! Dieu des miséricordes , dont le cœur n’est que douceur et que bonté , dont les entrailles ne sont que charité et que tendresse , apprenez-moi à connaître ct à pratiquer une vertu qui est la vertu propre de vos enfants.
PREMIER POINT
Charité surnaturelle dans son motif : c’est à dire, qu’il faut aimer son prochain pour Dieu, et en vue de Dieu. On aime le prochain : mais souvent d’un amour naturel et par des motif tout humains. De là , que de charités fausses, défectueuses , rejetées de Dieu !
On aime quelqu'un , parce qu'il a avec nous une certaine conformité d'humeur et de caractère , parce qu’il plait , parce qu’il amuse, pa:ce qu’il nous fait du bien , parce qu’on en attend, et qu’il peut nous en faire. Ce n’est point aimer en chrétien ;un honnète païen peut aimer ainsi, et porter jusque là les sentiments de son cœur.
Disciples de Jésus-Christ , soyons ses imitateurs, et prenons des sentiments plus dignes de lui. Comprenons la différence essentielle , l'intervalle immense qu’il y a entre charité et sympathie, entre charité et incliuation naturelle, entre charité et reconnaissance , entre charité et intérêt, entre charité et politique , entre charité et liaison de chair et de sang. Soyons bien convaincus que . Jamais nous n’aimerons notre prochain en chrétiens , tant que dans le prochain nous aimerons autre chose que Dieu , et en vue de Dieu ; c’est à dire, tant que dans la personne du prochain, nous ne verrons pas la personne de Jésus-Christ même, . de qui notre charité doit émaner comme de son principe, et à qui elle doit tendre comme à sa fin.
Vous nous avez aimés , adorable Sauveur !
mais comment , et de quel amour? Vous nous avez aimés d’un amour tout surnaturel et divin. Nul motif ne vous intéresse pour nous, que votre seule bonté et la gloire de votre Pere céleste. C’est le divin modele que vous nous proposez ;
et n vent n’av relle dent notre nos |; u’ent com} de ré dre v
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CC ous | carace, pa-ce attend , jt aimer ainsi, et n cœur.
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aimerons u; c'est prochain, us-Christ r comme comme à
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que votre » céleste.
r'uposez ;
et nous , bien éloignés de ce grand modéle, souvent ou nous manquons de charité , on nous n'avons qu'une charité tout humaine, toute naturelle, toute profane. Mille motifs indignes dégradent nos sentiments ; mille vues terrestres altèrent notre charité. Nous nous cherchons en tout, dans nos goûts, nos inclinations, nos intérêts : vous u’entrez pour rien dans nos affections. Quelle récompense pouvons-nous en attendre ? Et au lieu de récompenses ne devons-nous pas souvent craindre vos châtiments.
SECOND POINT
Charité universelle dans son objet. Notre charité doit s’étendre à tous, sans exception de personne , parce que tous sont renfermés sous le nom et la qualité de prochain. Rien de si vaste et en même temps rien desi borné que le cœur humain, Il porte ses affections sur mille objets étrangers , et souvent dangereux, et il les refuse aux objets qui devraient lui êtrechers et respectables. Dans les vues de la religion , nous devrions considérer ce vaste univers comme la maison de Dieu, tous les hommes comme une grande famille , dont Dieu est le père et dont nous sommes tous les enfants : et dès lors nous aimer tous en Dieu ; notre Père commun. De là,
318 L'AMÉ quelle union dans les cœurs ! quelle paix, quelle concorde régnerait dans le monde!
Mais qü’arrive-teil ? 6 mon Dleu! c’est qu’on n'a qu'une charité resserrée , bornéc à un certain nombre , à un certain choix de personnes : totit le reste devient étranger et indifférent.
On dit : mais comment aimet tout le monde ?
On a souvent à vivre avec des personnes si peu aimables , si peu raisonnables , remplies de tant de défauts. C’est un homme ou vif et inquiet , ou colere et emporté , ou bizarre et capricieux ; le moyen de l'aimer , quand à peine on peut le supporter ? On dit : c'est un mauvais caractère , ua mauvais cœur , sans sentiment , sans retour; c'est une personne d’une humeur si pénible , si difficile , si extraordinaire ! non , un ange ne tiendrait pas avec elle. Que ne dit-on pas pour autoriser le manque de charité envers certaines personnes ?
Tout celaautant de prétextes, autant d'illusions que la charité réprouve et condamne. On ne demande pas pour le prochain une affection sensible ; qui ne dépend pas de nous ; mais une charité solide et réelle, qu'inspire la religion. Dans ce sens, nous devons aimer notre prochain, et dans notre prochain , tous les hommes, malgré leurs défauts, leurs imperfections ; leurs vices
mêmes , gré nosr Voyor cherchor Dieu, l'ir et on no:
tous sont par le s: aimer tot a uu qu même qu O mor
à craindr rité ? Pui ments que qui Je n’a lité, peu Je borne les autres ctelles m mandez ,.
aimer , et haïr. Estfait un pr etsi univ cœur , Ô | charité à !
Vos main prix de ve
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c’est a un son
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peu e tant t, ou x 5 le eut le tére , etour'; e, si re ne y pour taines
usions Dn ne n setie cha- Dans in, et algré vices
mêmes , comme Jesus-Christ nous a aimés, malgré nos misères et nos défauts.
Voyons, considérons parmi tous les hommes, cherchons-en un qui ne soit pas l'ouvrage de Dieu, l'image de Dieu, le prix du sang d’un Dieu, et on nous permet de ne pas l'aimer; mais si tous sont en effet l'ouvrage de Dieu, et rachetés par le sang de Jésus-Christ, nous devons les aimer tous, sans en excepter un seul ; et s’il y en a un que nou: exceptions, c’est Jésus-Christ même que nous exceptons.
O mon Dieu ! sur ce principe, que n’ai-je pas à craindre et à me reprocher à l'égard de la charité ? Puis-je même appeler de ce nom les senti: ments que j'ai eus envers tant de personnes pour qui je n’ai que de l'indifférence et de l’insensibilité, peut-être de l’éloignement et de l’aversion ? Je borne mon cœur à certaines personnes, les autres n’y ont point de part : vous les aimez, etelles me sont étrangères ; vous me les recommandez , et je les délaisse; vous m’ordonnez de les aimer , et je crois beaucoup faire de ne point les haïr. Est-ce donc là la charité dont vous m'avez fait un précepte si positif dans son obligation, etsi universel dans son étendue ? Dilatez mon cœur , à mon Dieu ! ouvrez les entraïlles de ma charité à tous les hommes, qui sont l'ouvrage de vos mains, l’objet de votre miséricorde , et le prix de votre sang adorable,
F2. à ombres
solide.
L’AME TROISIÈME POINT
Charité surtout efficace dans ses œuvres. Si la charité consistait en paroles, jamais siècle si charitable que le nôtre; jamais tant de promesses, de démonstrations d’amitié, d’offres de service, de protestations d’attachement et de zèle, en un mot , de charité apparente ; et cependant le pauvre souffre, le malade gémit, l’affligé soupire. On le sait , on le voit , et on l’abandonne à sou sort ; et on dit qu’on aime son prochain , et qu’on a de la charité. Non, la charité ne consiste point dans les paroles, mais dans les effets. Il en est de la charité comme de la foi : sans les œuvres, foi morte , et charité morte.
Formons dans nous une charité bienfaisante, qui se montre par les effets, qui fasse parler non seulement les discours, mais les actions, non seulement les offres, mais les services ; et s’il le faut, les sacrifices. Ainsi Jésus-Christ nous a aimés : ainsi rous ordonne-t-il de nous aimer. Il y a des pauvres, soulageons-les ; il y a des malades , assistons-les , il y a des affligés, consolonsles ; il y a des ignorants, instruisons-les ; en un mot , il y a des œuvres de miséricorde, pratiquons-les, En cela consiste la charité véritable et
ENT ces Cœ dénatr présen sent pl aux m ger :
Sou et disc nous, puiser
O0 c êtes PI êtes P quée n le lien les jou aux di aux co ments , contre les fam les état vous u terre c mes de
vres. Si siècle si messes , service , , en un L le paupire. On Di SOri ; ’on a de int dans est de la res, foi
faisante, ler non s, non et s’il le
nous à
aimer.
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ÉLEVÉE A DIEU. 521 ÀAyons une charité compatissante; loin de nous ces cœurs durs, ces cœurs insensibles, ces cœurs dénaturés. Il faut, selon le grand modele que présente saint Paul, gémir avec ceux qui gémissent pleurer avec ceux qui pleurent, prendre part aux misères des autres, y compatir et les soulager : quis infirmatur, et ego non infirmor '?
Souvenons-nous que nous sommes chrétiens et disciples d’un Dieu souffrant ct mourant pour nous, C’est au pied de la croix que nous devons puiser nos sentiments, et animer notre charité.
O charité ! aimable et sublime vertu, que vous êtes précieuse aux yeux de Dieu! mais que vous êtes peu connue parmi les hommes, peu pratiquée même parmi les chrétiens ! Vous deviez être le lien des cœurs, le centre de la paix; et tous les jours les chrétiens sont en butte aux divisions, aux dissensions , aux altercations , aux vivacités, aux colères, aux emportements, aux ressentiments, aux animosités , aux rancunes. Les cœurs contre les cœurs , les parents contre les parents, les familles contre les familles, les états contre les états. O charité ! dans quelle contrée trouverezvous un asile si le christianisme même est une terre comme étrangère pour vous ? Tous les hommes devraient vivre entre eux comme autant de
frères d’un père commun, pour s’aider , s’édifier, se sanctifier mutuellement ; et ils ne vivent ensemble que pour s'inquiéter, s’agiter , se déchirer les uns les autres, et par là même pour se damner et se perdre. La société troublée , l'union altérée, la robe de Jésus-Christ déchirée, tristes et funestes effets de la charité outragée et comme bannie.
Adorable Sauveur! était-ce pour céla que vous étiez venu sur la terre? Père commun, vous vouliez porter tous vos enfants daus votre cœur. Charitable pasteur, vous vouliez réunir toutes vos brebis dans un même bercail. Divine victime, vous vous étiez immolée ; dévouée à la mort pour nous donner à tous la vie de la charité, la vie de Ja grâce. Que nous sommes éloignés de vos vues ; à nos sentiments pouvez-vous nous reconnaitre pour vos enfants ?
Hommes formés à l’image d’un Dieu , aimonsnous les uns les autres ; mais aimons-nous sincerement et de cœur. Que les sentiments en disent plus que tous les discours. Aimons-nous efficacement, et témoignons dans les occasions notre amour par les œuvres. Aimons-nous universellement, et ne faisons point d’odieuse acception de personnes, Chrétiens, enfants de Dieu, aimonsnous dans le cœur du Père commun. Ne vivons pas entre nous comme étrangers, comme inidifférents, comme ennemis sur la terre. Laissons
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ssons
les divisions , les dissensions aux infideles, aux païens , à ceux qui ne connaissent pas le royaume de Dieu.
Aimons-nous comme Jésus-Christ nous a aimés, comme les saints s'aiment dans le ciel. Destinés à nous aimer , à nous réunir à jamais dans Dieu, aimons-nous dès à présent pour lui et dans lui.
Aimons-nous en ce monde, pour nous aimer à jamais dans l’autre,
PRIÈRE
Tels sont, à mon Dieu, les sentiments que je prendrai désormais envers mon prochain. Allumez le feu de cette charité dans mon cœur , et consacrez-en par votre grâce toutes les affec— tions.
PRATIQUES
19 Promettre à Dieu de ne jamais dire et laisser volontairement échapper aucune parole qui puisse blesser et affliger le prochain.
20 Quand on dira ou fera quelque chose qui nous afflige et nous blesse , ne jamais nous plaindre; maisignorer et laisser tout tomber.
30 Aimer à rendre service aux autres, quand
on le peut. N’aitendre pas même qu’on nous le demande ; mais prévenir et aller au devant, surtout envers les personnes de qui nous avons quelque sujet de nous plaindre.
4° Nous corriger des défauts qui: peuvent être un sujet d'inquiétude et de peine pour les autres, et plus encore un sujet de mauvaise édification et de mauvais exemple.
bo Nous souvenir toujours que Jésus-Christ mème réside dans la personne du prochain, qui dès lors nous deviendra respectable.
Enfin , rappeler souvent ce que nous avons dit , que comme la charité est le caractère des élus et des enfants de Dieu, le manque de cha-
rité est une des plus grandes marques de réprobation.
N mine nère donn et ce Chac passi Pa ilye qui F périe resso Cette carac grâce Ce perso carac
nous le levant , avons
peuvent Jour les auvaise
s-Christ
in, qui
S avons ère des de cha- > répro-