MÉDITATION SUR L ENFER
Il est donc vrai, et la loi me l'apprend, que mon âme a été créée à l'image d'un l)ieu, rachetée par le sang d'un Dieu, destinée au bonheur d'un Dieu. Mais ces grandes vérités, quelles réflexions viennenl elles m'ofïrir ? quels sentiments doivent-elles m'inspirer ? Eclairez moi, grand Dieu, Dieu créateur 61 sauveur de mon àme.
I" Quand je considère l'excellence de mon àme dans son origine, quelles idées de grandeur dois je concevoir? mais quand je vois ce qu'elle est devenue par mon infidélité, quels tristes regrets ne doit elle pas exciter en moi ? quel était son éclat quand Dieu l'eut régénérée dans les eaux du baptême ? et dans quel état sera-t-elle quand je la lui rendrai ? Ame créée à l'image de Dieu ; et à quels traits pourra t il encore la reconnaître! Hélas! image défigurée, image déshonorée, image profanée, a-t-elle encore quelques vestiges de son premier éclat, de son ancienne splendeur ? quels traits de ressemblance a t. elle avec Dieu? Dieu est saint, mon àme l'est elle? Dieu est juste, mon àme l'est elle ? Dieu est aimable et parlait, mon àme est défectueuse et imparfaite. Comment Dieu pourrait-il se reconnaître dans elle et y trouver encore son ouvrage? 0 pro-
phète! vous faisiez entendre de lamentables accents sur Jérusalem désolée, ravagée, ensevelie sous ses ruines et privée de son ancienne beauté ; ces accents lamentables, ne dois je pas avec plus de raison les former sur mon âme défigurée aux yeux de son Dieu, et privée de la beauté et de la gloire dont il l'avait revêtue en la formant à sa ressemblance? atjus est imago luvc ? Est ce là encore l'image de Dieu? à peine en reste t-il quelques traits, qui ne servent qu'à faire gémir, en rappelant ce qu'elle élait et ce qu'elle devrait être.
2° Ame rachetée par le sang d'un Dieu. Ame chrétienne, ètes-vous jamais montée en esprit sur le Calvaire ? avez vous considéré le spectacle qu'y présente la foi : la Victime qui s'est immolée, l'Agneau sans tache expirant pour votre salut? C'est pour moi en particulier, devez-vous dire, c'est pour moi que ce grand sacrifice a été offert; c'est pour me racheter qu'un Dieu s'est livré aux souffrances et à la mort; de ma part, me suis je appliqué le prix de cette divine rançon ? en ai je conservé le dépôt dans mon àme ? Quand Dieu me demandera compte de tout ce qu'il a fait pour mon àme, qu'oserai-je lui dire? que pourrai- je lui rendre ? il aura racheté cette àme par l'effusion de son sang, et je l'aurai peut-être de nouveau rendue esclave du monde, esclave du péché, esclave de ses passions. Il aura mis cette àme dans l'heureuse liberté des enfants de Dieu, il l'aura arrachée des mains du démon; et moi, par mes péchés, je l'aurai encore réduite à une servitude bon teuse qui l'avilit ; je l'aurai livrée entre les mains de ses ennemis pour la perdre. Malheur à toi, ville rachetée, disait encore le prophète alarmé à Jérusalem ; Va' tibi, ciritas redempta; parce que tu as
;il>usé de la rédemption, elle se tournera contre toi, lu as abusé des grâces, elles seront ta condamnation; lu n'as pas connu ce temps favorable, ces jours de salul qui se levaient sur loi, ta perle est résolue, et les ennemis ne laisseront pas dans toi pierre sur pierre. Ah ! malheur bien plus grand encore sur une àme coupable qui aura abusé des moyens de salut, el perdu le fruit des mérites d'un Dieu sauveur! Ame infortunée ! ce sang adorable versé pour le racheter s'élèvera et criera vengeance contre toi; la mesure des miséricordes de Dieu deviendra celle de ses vengeances ; et ce qui aurait dû servira ta prédestination et à ton salul deviendra le titre de la condamnation et de ta perte, jusqu'à désirer de n'avoir jamais élé rachetée. Hélas! ù mon Dieu! n'ai je point à craindre un pareil malheur par le peu de soin que j'ai de mon àme, quoique je sache combien cette àme est précieuse à vos yeux, et qu'elle paraisse aux miens comme teintée et arrosée de votre sang adorable? Vous êtes descendu du ciel pour la racheter et pour la sanctifier; serais je assez malheureux pour la sacrifier et la perdre, moi qui n'étais au monde que pour la sauver ?
3° A me destinée au bonheur d'un Dieu. Telle est son espérance, et le sort qui lui est réservé dans le ciel. La verra ton donc encore, celte àme, s'avilir, se dégrader en s'attachant éperdumentaux faux biens, aux vanités, aux illusions, au néant de ce monde? Mon Dieu ! quand on voit une àme destinée pour le ciel, s'empresser, s'accabler de soins, de fatigues et de travaux pour des biens fragiles et trompeurs; quand on voit une àme avide ne chercher qu'à accumuler, qu'à entasser des trésors périssables ; quand on voit une àme mondaine passer les heures, les
I!)!) L'AME ÉLEVÉE A 1)1 Kl"
j minées entières auprès d'un miroir que lui pré sente sa vanité, tout occupée à parer un corps, orner une idole, finie spirituelle, âme immortelle, doit-on dire, à quoi pensez-vous? de quoi vous occupezvous? tant de soins et de fatigues pour un corps coupable qui doit périr, pâture destinée aux vers, et si peu pour une âme destinée à la possession éternelle d'un Dieu ? devrions nous avoir d'autres soins à cœur, d'autre occupation essentielle en ce monde, que celle de sanctifier notre âme, et de la rendre digne du céleste héritage qui lui est offert ? Cependant, ù mon Dieu ! gu'ai-je fait pour sauver mon âme? et que n'ai je pas fait pour la perdre? Que l'ait mi en effet et comment se conduit on à l'égard de son âme ?
On la néglige, on la déshonore, on l'expose, on la sacrifie, et en conséquence on la perd. On la néglige ; à voir notre négligence, notre indifférence en ce point, ne dirait-on pas que c'est une âme qui nous est étrangère? On la déshonore en la rendant esclave des sens, en la livrant à l'opprobre de mille hou teuses [tassions. On l'expose, on la sacrifie, et à quoi? à un vil intérêt, à une indigne satisfaction, à un plaisir d'un moment. On la jette imprudemment dans les occasions mille fois éprouvées : on la livre à la séduction des dangers trop souvent reconnus : on la conduit sur le bord de l'abîme sans remords et sans crainte : enfin on la perd ; en la perdant on sait que tout est perdu, parce que la perte de l'âme est tout à la fois une perte universelle, une perte éternelle, une perte à jamais irréparable. Où est notre raison? qu'est devenue notre foi? Un Dieu sauveur l'a dit et a voulu le faire entendre à tout l'univers, et je ne l'ai pas encore ni médité ni coin-
SEIZIÈME LECTURE l'.M
pris : De quoi sert à l'homme <le gagner l'univers,
s'il vient malheureusement à perdre son àme? et que pourra t il jamais donner en échange pour celle perle? quiû l prodest homini ! Si une lois cette aine esl perdue, que me restera I il, et de quoi pourra me servir tout le reste? l'amas des trésors, l'éclat des honneurs, la possession de tous les biens périssahles, me dédommageront-ils de la perte éternelle de celle Ame qui m'était confiée ? Deux grandes pen secs m'étonnent, me pénètrent, m'alarment, o mon Dieu ! c'est de considérer, de voir une àme dans le péché, et une àme dans les enfers ; une Ame dans le péché, .couverte de la lèpre du péché, objet d'exécration et d'horreur aux yeux de son Dieu, victime dévouée aux supplices éternels, si elle vient à quitter son corps dans cet état ; mais surtout une Ame dans les enfers, à jamais éloignée de Dieu, condamnée à ne jamais voir l'auteur de son être, livrée aux fureurs de la rage, A l'amertume du désespoir, pouvant et devant se dire A jamais : Je pouvais me sauver et je suis damnée. Or il y a actuellement une infinité d'Ames dans l'horreur de cet état funeste et dans la profondeur de cet abîme désespérant. Hélas ! que serai je moi même un jour, et quel sera le sort de mon Ame dans l'éternité !
Résolutions et prières. — Ah ! je dis avec le prophète: Ecce nunc cœpi ; je dis dans toute l'étendue de mes regrets et pour le reste de mes jours : Volo salvare animant meam. C'en est fait, l'illusion a cessé, l'aveuglement est fini ; je veux penser au salut de mon àme. Jusqu'à présent je l'ai négligée, je l'ai abandonnée, je l'ai profanée, je l'ai sacrifiée; je n'en connaissais ni la grandeur, ni le prix, ni la destinée. J'ai donné mes soins à tout le reste, qui ne m'était rien : mon àme seule a été oubliée.
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la seule qui méritai et demandât tous mes soins. Hélas! si Dieu m'avait pris clans un certain temps, si Dieu m'avait appelé à lui dans certains moments, danscpiel état auraitelle paru à ses yeux ! quel serait à présent son sort ou plutôt son malheur! rolo salcare: oui, je veux dès ce moment travailler au salut de mon Ame; c'est la seule chose qui m'intéresse en ce monde : de quoi me servira tout le reste au dernier moment? ma vie passe, mes jouis s'écoulent, mon terme s'avance, le temps qui me reste est peut-être bien court; fùt-il encore plus long, le sera-t-il assez pour réparer tant de temps perdu, tant de grâces violées, tant de péchés commis"? Comme le prophète pénitent, je veux tenir mon âme entre mes mains, toujours prêt à la rendre à Dieu quand il me la demandera, toujours prêt à lui dire: Voilà mon âme, ô mon Dieu! vous me l'avez donnée, je la remets entre vos mains, je la recommande à vos miséricordes: In manu* tuas, etc. Je veux penser au salut de mon âme ; mais y penser sérieusement, y penser efficacement, y penser constamment, y penser dans le temps; l'éternité ne suffirait pas pour en déplorer le malheur et la perte. Elle peut encore être à vous, cette âme, ô mon Dieu, puisque je respire, elle peut encore vous aimer. Ranimez la lueur de ce céleste flambeau. Mon Dieu! faites-nous connaître la dignité de notre âme, le soin que nous devons lui donner ; faites que nous comprenions qu'elle vient de vous, qu'elle doit vivre de vous, qu'elle doit régner à jamais dans vous.
Pratiques. — 1° Honorer notre âme, comme nous présentant l'image d'un Dieu.
2" Respecter notre âme, comme teinte du sang de Jésus- Christ.
3° Cultiver notre âme, comme destinée à un bonheur éternel.
4° Nous dire sans cesse à nous-mêmes: J'ai une âme, et je veux la sauver.
.'»" Faire de temps en temps la recommandation de notre âme à Dieu, comme pour le moment de la mort.
6° En lin penser souvent, et se souvenir sans cesse que, si l'on perd son àme, tout est perdu pour toujours; au contraire, si on a le bonheur de la sauver, son bonheur est à jamais assuré parmi les élus.
Sur la manière de se sanctifier dans son état et selon son état.
11 faut convenir que c'est une idée bien fausse que celle que le monde se forme de la sainteté, en la représentant comme quelque chose de dur, d'austère, et d'impraticable, où il est à peine permis d'aspirer. On s'imagine que la vie des personnes de piété est toujours absorbée par une noire mélancolie; que leur visage est toujours couvert de nuages sombres, que leur cœur ne s'ouvre jamais à la joie, que jamais des jours sereins et tranquilles ne se montrent à eux ; idée fausse, injuste, que la raison n'a jamais dictée, que la vérité désavoue, que l'amour-propre s'est formée lui-même pour avoir un prétexte d'abandonner la sainteté, en se la représentant comme au dessus de ses forces. Non, la sainteté n'est point telle qu'on se l'imagine, toujours sauvage et enfoncée dans les forêts, toujours sanglante et hérissée d'épines, toujours triste et couverte de cendres et de cilice; elle se trouve dans les villes comme dans les déserts, sur le trône comme dans l'obscurité et la poussière, et souvent elle n'est pas moins couverte de pourpre que de haillons.
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0 Israël ! disait autrefois le prophète à son peuple, ne pensez pas que la loi sainte que Dieu vous impose soit éloignée de vous, et. au-dessus de vos forces. Non, pour l'observer, il ne faut ni errer dans les déserts, ni grimper sur les montagnes, ni passer au delà des mers : vous le pouvez sans sortir de votre patrie, sans renoncer à vos biens, sans prodiguer et exposer votre vie ; Dieu qui connaît votre faiblesse, l'a mise à votre portée ; elle ne. se fera jamais chercher longtemps, si vous la cherchez avec sincérité.
Mais enfin en quoi consiste donc la sainteté, et que faut-il faire pour être saint ? 0 hommes formés pour le ciel, voulez vous apprendre à devenir saints, et connaître la voie qui conduit à la sainteté? Ah ! si l'on disait aux personnes du monde: voulez-vous apprendre le moyen de devenir riches, de vous rendre heureux sur la terre? avec quelle joie n'apprendrait-on pas cette nouvelle ? avec quelle avidité ne prêterait on pas une oreille attentive ? J'ai quel que chose de plus grand à annoncer, c'est le moyen d'être saints, c'est-à-dire d'être riches, d'être heureux pour le ciel : et ce moyen est d'autant plus cou solant, qu'il est plus assuré et plus infaillible. Car enfin, que faut-il pour être véritablement saint? Le voici dans deux mots : il ne s'agit que de remplir fidèlementles devoirs de votre état; les connaissez vous, vous êtes savant ; les remplissez-vous, vous êtes saint; Dieu ne demande que cela de vous. La raison essentielle et fondamentale, c'est qu'en effet tous les états ont été établis par la Providence ; et la Providence, ayant réglé les états, devait donner les moyens de s'y sanctifier : ces moyens de sanctitica tion devaient être à la portée de tout le inonde, dans tous les états. Or quels moyens plus assurés,
plus à la portée de tout le monde, dans chaque état, que l'accomplissement des devoirs mêmes de cet état? doue, l'accomplissement de ces devoirs devait être le moyeu infaillible pour y être saint. Ce que je dis, je le dis à tous, s'écrie le Sauveur : omnibus dico.
Ainsi, grands du monde, voulez vous être saints? ne vous enflez pas de votre élévation ; elle vous rendrait odieux : images de Dieu sur la terre, ne faites sentir votre grandeur que par vos bienfaits; vous ne serez grands que pour être saints.
Magistrats, destinés à rendre la justice et à dérider du sort tles hommes, tenez toujours en main la balance égale ; que jamais l'intérêt ni la prévention ne la fassent pencher. Souvenez-vous que vos arrêts et vos motifs seront pesés un jour dans la balance du sanctuaire.
Négociants occupés de votre commerce, que la probité en soit la base, le crédit en sera le soutien. N'enviez pas les grandes fortunes ; elles sont quelquefois suspectes de grandes prévarications, et toujours sujettes à de grands revers.
Artisans réduits à un travail constant et pénible, ne le commencez jamais sans l'offrir à Dieu, pour attirer ses bénédictions. Jésus -Christ même travailla sur la terre; quel modèle pour sanctifier vos actions ! quel motif pour adoucir vos travaux !
Pères de famille, voulez-vous être saints ? élevez vos enfants dans la crainte de Dieu ; laissez leur du moins ce précieux héritage ; il vaut mieux que celui des trésors.
Mères chrétiennes, ne vous faites pas de la sainteté une idée éclatante et extraordinaire : veillez sur vos domestiques, ayez l'œil sur le détail d'un
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ménage et d'une famille; ne croyez pas ces soins indignes de vous :1a femme forte n'avait pas d'autres occupations ; cependant l'Esprit-Saint en a fait l'éloge, et c'est sous la noble simplicité de ses traits qu'il la représente.
Enfants, ayez pour vos parents le respect, la soumission, la tendresse; ce n'est qu'à ces marques qu'on peut vous reconnaître pour enfants de Dieu.
Filles chrétiennes, voulez vous être saintes? conservez les bienséances de votre sexe et de votre état, c'est-à-dire que la pudeur repose sur votre front, que la discrétion dicte toutes vos paroles, que la retenue dirige tous vos regards, que la modestie soit votre plus bel ornement : tels sont les véritables avantages selon Dieu et selon le monde.
Domestiques, car la sainteté se communique à tous, souvenez vous que Jésus Christ a servi ses apôtres lui-même; servez donc vos maîtres avec exactitude et fidélité sur la terre : à ce prix, vous régnerez un jour dans le ciel.
Enfin, chrétiens, qui que vous soyez, vous ne pouvez être que dans un de ces deux états: ou dans la prospérité, ou dans l'affliction ; êtes vous dans la prospérité, je n'ai que ce seul mot à vous dire : déliez vous de votre état; il est dangereux, parce que d'ordinaire l'état de prospérité n'est pas celui qui forme les saints : pour vous qui gémissez dans l'affliction, votre état est triste et pénible, il est vrai ; mais quand je considère le ciel, je vois que tous les saints ont marché dans ce chemin; c'est donc le chemin du ciel ; marchez y avec résignation, baisez la main qui vous frappe, Offrez vos peines en esprit de pénitence pour vos péchés : vous voilà saints, un four vous serez heureux.
Puisse donc ce sentiment être éternellement gravé
dans nos cœurs ! Que faut il faire pour arrivera la sainteté ? remplir les devoirs de l'état. Et quand je dis devoirs, j'entends les devoirs même les plus ordinaires et les plus communs, ceux que nous avons tous les jours sous nos yeux et entre nos mains : être bon père, bon ami, bon citoyen, bon parent ; c'est-à-dire que pour être saint il faudrait souvent ne l'aire que ce que nous faisons, mais le faire tout autrement : continuer notre emploi, notre négoce, notre travail, nos prières, nos confessions, nos communions, en un mot, nos actions ordinaires; mais remplir notre emploi avec plus de fidélité, faire notre négoce avec plus de probité, notre travail avec plus d'assiduité, nos prières avec plus d'attention, nos confessions avec plus de douleur, nos communions avec plus de ferveur, toutes nos actions avec plus d'ordre, d'exactitude, de pureté d'intention : voilà ce qui fait les saints, et les grands saints. En quoi nous sommes bien coupables et bien à plaindre, de ce qu'ayant un moyen si aisé de le devenir, nous le négligeons, c'està dire qu'ayant des trésors entre les mains, nous les laissons éebapper, au basard de les perdre à jamais.
Elevons donc nos vues et nos sentiments : et dans quelque état que nous puissions être, consacrons nous à la sainteté, et travaillons sans délai à devenir saints.
Mais saints en tout, et dans toutes les circonstances, et dans tous les temps.
Saints dans nos pensées, et que notre esprit n'en conçoive que de dignes de Dieu.
Saints dans nos affections, et que notre cœur,
fait pour Dieu, soit fermé à toute affection trop humaine.
Saints dans nos actions : que la grâce en soit le principe, et que la piété en soit la me.
Saints dans toutes nos démarches : que toujours elles soient dirigées dans les sentiers de la justice.
Saints dans l'intérieur des maisons, pour y faire régner l'ordre, la concorde et la paix ; et saints au dehors, pour y porter l'édification et le bon exemple.
Saints dans le mariage et dans le célibat.
Saints dans l'abondance et dans la disette ; saints dans la consolation et dans les épreuves ; saints dans les maladies et dans la santé ; saints à la vie et saints à la mort ; saints dans le temps et saints dans l'éternité. C'est l'heureux terme qui doit tous nous réunir un jour avec les saints.