En toutes choses, autant qu'on le peut, agir en esprit
de foi.
3" Renouveler de temps en temps ses engagements à la foi, et les promesses qu'on lui a faites dans le baptême.
4" Avoir une dévotion, un respect particulier pour les plus petites pratiques de piété consacrées par la foi; avoir de l'eau bénite chez soi ; porter toujours sur soi-même quelque objet de piété; se procurer, autant qu'on le peut, les trésors précieux des indulgences ; honorer les [mages des saints, surtout de celui dont on porte le nom.
5" Détester tout livre, tout discours, toute liaison qui peut le moins du monde altérer les sentiments de la foi. et prier le Seigneur de nous la conserver jusqu'au dernier soupir.
CINQUIEME LECTURE Sur la Providence.
M y a une Providence; il faut la reconnaître; il l'aul s'y soumettre ; il faut la seconder.
11 y a une Providence: les preuves en éclatent
dans tout ; on les trouve dans Dieu, dans le inonde el dans nous mêmes. Dans Dieu, les lumières de la raison la découvrent dans son essence; dans le monde, la vue de cet univers la rend sensible à nos yeux; dans nous-mêmes, le sentiment intime nous la démontre.
1° Cette vérilé essentielle est puisée dans le sein de Dieu même. Il y a un Dieu ; s'il y a un Dieu, il y a un être infiniment parfait; s'il y a un être infini nient parfait, il est infiniment sage, il est infinimenl bon, il est infinimenl puissant. S'il est sage, il doit connaître l'ordre ; s'il est bon, il doit aimer l'ordre ; s'il est puissant, il doit établir l'ordre. L'ordre établi est l'effet primitif et immédiat de la Provi dence ; il y a donc une Providence. S'il y a un Dieu, il est la fin de toutes cboses, comme il est le premier principe. S'il en est la fin dernière, il doit conduire infailliblement toutes cboses à leur terme ; pour les y conduire, il faut choisir et diriger les moyens : choisir les moyens pour la tin, diriger les moyens à la lin, c'esl l'effet propre de la Providence. Il y a donc une Providence.
Je demande : Dieu est-il partout? ou l'immensité a I elle cessé d'être immense? S'il est partout, par tout il voit, il connaît, il agit, il conduit : voir, connaître, agir et conduire en Dieu, qu'est-ce antre chose que* la Providence ? Ebranler cette vérilé, ne serait-ce pas saper le fondement el la base de tons les autres, et plonger l'univers dans un chaos et une confusion plus triste encore que le néant dont il a été tiré ?
2" Et comment la Providence pourrait-elle échapper aux lumières de notre raison, puisqu'elle se i-end comme palpable à nos sens dans la structure
58 l'ami: élevée a dieu
de l'univers? El qui pourra, disait le prophète, qui pourra faire taire l'aimable concert que les astres forment cuire eux sur nos tries? Concertvm cœli quis doniiirr faciet? Quand dans une nuit tranquille et un air serein, je viens à lever les yeux au ciel, je vois le spectacle merveilleux que présente le firma ment, le nombre innombrable d'éloiles qui mar chent comme en ordre de bataille, rangées sous les étendards de la Providence qui les conduit; l'éclat vif et animé de ces astres comme autant de brillantes fleurs parsemées dans le ciel; la régularité admirable de leurs mouvements. A telle heure, tel astre doit paraître, le voilà qui brille; à tel temps il doit se coucher, il a disparu. Depuis le commencement du monde, sans interruption et sans intervalle, on les voit avec la même constance commencer et finir leur cours. Quelle oreille est assez assoupie pour ne pas entendre la mélodie de cet ineffable concert?
Du ciel portons nos regards sur la terre. Quel nouveau témoignage rend à la Providence celle variété admirable d'objets, de plantes, de fruits, d'animaux dont elle esl couverte! Les fleuves divers, qui, comme autant de veines, arrosent le corps immense de la terre altérée, les arbres chargés de fruits, les prairies émaillées de Heurs : que penser de celle constante diversité de saisons? Avec quelle justesse elles partagent l'année, comme si elles l'avaieni pesée dans la balance ! Ne semble l il pas, dit saint Chrysostôme, que ce sont comme quatre sieurs qui ont partagé l'héritage de leur père entre elles, ci qui, contentes de leur partage, se renferment religieusement dans leurs bornes, et s'accordent à nous faire part tour à tour de leurs dons ?
Le printemps ranime la terre, et la couvre d'une aimable verdure. L'été dore les campagnes d'une riche moisson. L'automne cueille les fruits dans son abondance. L'hiver en jouit dans le sein du repos. Ce concert esl il moins admirable que celui du ciel ?
Je me transporte enfin sur le bord d'une vaste mer. Quel nouveau théâtre de la Providence, dans sa profondeur et son étendue, dans son calme et ses agitations! Tantôl paisible el tranquille, elle me donne une image de la paix inaltérable de son auteur; tantôl agitée et en fureur, elle me fait trem bler sous sa main redoutable ; toujours resserrée dans elle-même, elle me l'ait adorer les sages dispositions de la Providence qui la confient dans ses bornes. Je vois les flots immenses s'élever, semblables à de hautes montagnes : trois grains de poussière arrêtent la fureur des flots ; ils viennent se briser sur le rivage, et respecter l'ordre que la Providence y a tracé sur le sable : hue risque vciiii's
0 vous qui refusez à la Providence l'hommage de vos adorations, eh bien! doutez-en, à la bonne heure ; mais auparavant faites taire cet admirable concert qui règne dans les créatures ; éteignez les célestes llainbleaux qu'elle a allumés sur nos tètes ; dites à la nuit de ne plus annoncer le joui-; renversez tout ordre de temps, de saisons, de productions sur la terre ; rompez les digues de la mer ; et, pour dire quelque chose de plus, faites régner dans l'univers le désordre qui règne dans votre cœur, et alors dites, dans la licence effrénée île vos jugements : V a t il une Providence'.' One si au contraire votre raison ne peut en venir là ; si elle VOUS force même à reconnaître une Providence dans
(il