AMR ELEVEE A 1)1 Kl
l'univers, unissez votre voix à celle de toutes les créatures qui forment cet admirable concerl de louanges à sa gloire : concentum cœli.
3° Ecoutons une voix encore plus éloquente, la voix du sentiment intime qui s'élève dans nous; car ici il n'est poinl besoin de raisonnement : lotit ce ([ue nous avons à craindre, c'est de trop raisonner. Le premier coup d*œil décide en faveur de la Providence. Eh ! qui pourrait se refuser à la simplicité de cette preuve de sentiments? Je vois une famille réglée dans le sein de la paix qui y réside, et je dis : Il y a un chef qui préside. Je vois un état tranquille; les arts, les lois, la justice y dominent, et font respecter leur empire ; et je dis : Il y a un roi qui gouverne. Je vois un troupeau paissant dans d'heureux pâturages, réuni sous la même houlette, à couvert de la dent du loup ravis seur; et je dis : Il y a un pasteur vigilant qui le conduit. Je vois un vaisseau en pleine mer avancer voiles déployées, arriver heureusement au [tort, et je dis sans hésiter : 11 y a un pilote habile qui lient le gouvernail en main. Et en même temps je vois l'univers comme suspendu et balancé dans les airs; et dans cet univers, l'ordre, la beauté, la variété, la régularité, la constance; el on dira : C'esl le hasard. 0 hasard ! que lu es sage! que tu es éclairé! que lu es constant! je dirai presque, que lu es divin! Mais en disant c'est le hasard, pense ton le persuader aux autres ? peut-on se le persuader à soi même? Le sentiment intime du cœur ne réclame I il pas contre le langage trompeur de la bouche ? Et dans combien d'occasions le témoignage intérieur ne nous arrache l il pas comme malgré nous l'aveu de la Providence? Dans un
CINQUIÈME LECTURE (il
danger subit, un accident imprévu, on lève les yeux au ciel : Mon Dieu ! s'écrie-t-on aussitôt. Et pourquoi lever les yeux vers le ciel, si l'œil de la Providence est fermé, pourquoi l'invoquer, si cl le n'a point d'oreilles pour nous entendre?
Ali! mon Dieu! devons nous nous écrier avec le prophète ; oui, sans sortir de moi-même, je trouve les preuves sensibles de la Providence. En vain voudrais je douter et lui résister, elle triomphe de mes doutes et de mes résistances ; et tous mes efforts, devenant inutiles, ne serviraient qu'à graver plus avant ce témoignage dans mon cœur, et à me faire conclure : Il y a donc dans cet univers une intelligence qui préside, un œil qui voit, un bras qui opère, une sagesse qui dirige, une force qui soutient, une éternité qui conserve; c'est-à-dire une Providence qui voit tout, qui préside à tout, qui dispose de tout; il faut donc la reconnaître et l'adorer; il faut s'y soumettre et la seconder. C'est la conclusion de toute âme sage. Toute autre conduite est l'aveuglement le plus déplorable dans l'homme et peut-être la punition de Dieu la plus redoutable.