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de Dieu nous manque ; non, la grâce de Dieu ne nous manque pas, c’est nous qui manquons tous les jours à la grâce : ce que je prélends dire doit suffire pour nous effliger et nous alarmer ; c’est que ces moments de la grâce négligés s'opposent aux desseins dé Dieu ; c'est que d’en abuser, c’est résister à Dieu, c’est rendre notre retour plus difficile, c’est s’exposer à la soustraction des grâces de choix, c’est contrister l’Esprit-Saint dans nos cœurs ; et, pour tout dire en un mot, c’est par là qu'ont commencé la perte et les malheurs de tant d’âmes. Pensez au salut de la vôtre,
Que faut-il donc faire dans un point si essentiel ? 1° Estimer et respecter la grâce, et le moment précieux où elle se présente ; 2° craindre souverainement de lui résister et de la combattre ; 3° demander souvent par:2" à Dieu de cette résistance à la grâce, et promettre de lui être à l'avenir plus fidèle ; 4° demander à Dieu de nous faire expier en ce monde nos infidélités à la grâce ; 5° prendre garde surtout à certains mouvemenis plus marqués et plus précieux de la grâce ; 6° mais en même temps prendre garde aussi de se conduire soi-même; et de se jeter dans des illusions, sous prétexte de vues particulières.
L'ange de iénèbres peut se déguiser en ange de lumière”
et nous égarer au lieu de nous conduire : soyons humbles, soyons fidèles, soyons généreux, Dieu nous conduira par Ja main au terme de notre salut.
HISTOIRE
C’est un trait bien remarquable que celui qui est rapporté dans l’Évangile, Jésus-Christ, voyant la ville de Jérusslem, versa des larmes sur elle. Videns civitatem, flevit super illam (1), Ville infortunée! sé. cria-t-il, si tu avais voulu connaître mes desseins de miséricorde et de bonté sur toi, Si cognovisses quæ ad pacem libi, que de grâces qui l'étaient préparées! Tes ennemis t’auraient redoutée, tes habitants auraient goûté les douceurs de la paix, tu aurais subsisté dans ta gloire et dans ton éclat. Ville ingrate et coupable ! combien de fois ai-je voulu réunir tes enfants dans mon sein comme la poule réunit ses petits sous ses
(1) Luc., xix,
si funeste
Naître homme :
sur la te frez, âm le poids vos pas. \ vous ne:
vos larm heurs; ve hissent, la tristess rent d’ar au monde voix de vi Vos peine.
non point que vous rappelant
(1) Luc, x:
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21°Esx où elle résister \ à Dieu xi être à us faire prendre rqués el ps prense jeter ulières.
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dans l'Édes larmes tunée ! s’é- ‘orde et de Les qui l’éts auraient ire et dans bulu réunir ts sous Ses
ailes, Quoties volui congregare filios tuos! Toujours tu as résisté, et jamais tu n’as voulu te rendre à mes tendres invitations, Et noluisti. Hélas l'en punition de ton infidélité, que de malheurs vont fondre sur toi! tes ennemis t’environneront de tous côtés, Circumdabunt te inimici tui vallo (2) ; ils V'assiégeront de toutes parts, ils désoleront tes campagnes, 118 renverseront tes rempart:, ils égorgeront tes habitants, il ne restera plus dans toi pierre sur pierre, Et non relinquent in te lapidem super de a Et tous ces malheurs l’arriveront parce que tu n'auras pas voulu connaître le temps de mes grâces et les moments de mes miséricordes sur toi, Eo quod non cognoveris lempus visitationis tuæ.
Toutes ces prédictions furent accomplies ; la ruine, la desolation, les malheurs de Jérusalem infidèle, étonnent encore l'univers.
Combiend'âmes dont cette ville coupable est la triste image, et qui, par leurs continuelles résistances à la grâce, attirent sur elles des malheurs d'autant plus grands, qu’ils seront éternels!
Pensez-y bien ; la grâce vous presse; soyez fidèle à la gràce ; rien de si funeste que d’en abuser.
LES SyUFFRANCES.
Naître, souffrir et mourir, voilà l’histoire de tout homme venant au monde. Qu'est-ce, hélas ! que nôtre vie sur la terre, qu’une souffrance continuelle? Vous souffrez, âme affligée ; depuis longtemps vous gémissez sous le poids de vos souffrances; les chagrins naissent sous vos pas. Vous marchez par un chemin parsemé de croix; vous ne vous nourrissez que d'un pain détrempé dans vos larmes ; vous ne comptez vos jours que par vos malheurs; vos parents vous abandonnent, vos amis vous trahissent, vos projets échouent, vos jours se passent dans la tristesse et le deuil ; chaque moment voit croître le torrent d’amertume qui vous inonde, vous semblez n'être au monde que pour souffrir ; vous souffrez; j'entends la voix de vos plaintes et de vos soupirs ; j'entre en part de vos peines, je suis touché de votre douleur, je vous plains, non point précisément parce.que vous souffrez, mais parce que vous ne savez pas meltre à profit vos souffrances, en rappelant les grands motifs de consolation que voire re-
(1) Luc, x1x,
ligion et volre raison vous présentent. Pensez-y; vous pleurez sur vos affliclions ; hélas! avez-vous pleuré sur vos pleurs?
Vous souffrez, et vous vous plaignez; considérez ce qu’un Dieu a souffert pour vous; et à la vue de sa croix, de son sang et de ses douleurs, voyez si vous avez sujet de vous plaindre.
Vous avez péché, et par vos péchés vous avez mérité l'enfer : si Dieu vous avait enlevé de ce monde dans un certain temps, vous seriez plongé dans des feux élernels : et vous vous plaignez de quelque affliction passagère,
Vous souffrez, et les saints, que n’ont-ils pas souffert? | Vos peines sont-elles comparables à leurs sacrifices? comme eux vous désirez d’être saint, et vous ne voulez rien souffrir avec eux pour le devenir.
Vous souffrez; par vos souffrances vous pouvez expier | vos péchés, attirer les miséricordes de Dieu, mériter le ciel : dès lors vos souffrances, dans les vues de Dieu, ne sont-elles pas des grâces, et des grâces bien précieuses? y'a-t-il un autre chemin pour aller au ciel, que celui des croix ?
Vous souffrez; et vous vous inquiétez, vous vous plaignez, vous êles lenté de murmurer.
Mais par vos inquiétudes adoucissez-vous vos souffrances ? ne voyez-vous pas que vous ne faites que les aigrir,en perdre le mérile devant Dieu, vous rendre indigne de ses grâces el de son secours, peul-être même vous attirer de nouvelles disgrâces et de nouveaux malheurs?
Enfin vous souffrez ; mais voudriez-vous n'avoir rien à mettre au pied de la croix de votre Sauveur? Vous y trouverez son sang ; est-ce trop d'y mêler vos larines ?
Hommes pécheurs et coupables ! remontons à la source du mal, rentrons en nous-mêmes, el voyons ce que nous méritons devant Dieu ; reconnaissons que, si nous soul frons, ce sont nos péchés qui ont altiré nos souflrances;
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et loin d'éclater en plaintes, loin d’accuser le Ciel de rigueur, lescréatures d'injustice, la fortune d’aveuglement, ne nous en prenons qu'à nous-mêmes el à nos péchés, C'est là le funeste flambeau qui a allumé la colère de Dieu et le feu de ses vengeances ; c'est là le poison mortel qui, se répandant sur la terre, a produit l’affliction dans les âmes, l'amertume dans les cœurs, la désolation dans les familles, la ruine dans les provinces, la décadence dans les empires. Dieu se dresse un tribunal de vengeance sur la lerre, d’où il exerce ses jugements redoutables sur les homnies pécheurs, soit pour punir les désordres, soit pour arrêler les scandales, soit pour ramener les prévaricateurs à l'observation de sa loi.
Ouvrons donc les yenx sur nos malheurs ; et loin de les impuler, en païens, comme nous faisons souvent, au hasard aveugle, à la malice de nos ennemis, à notre mauvais sort, à je ne sais quelle fatalité que nous appelons notre mauvaise éloile, remontons plus haut; allons au principe du mal, voyons le bras de Dieu justement armé contre nous : nous avons péché, et il nous a affligés ; nous avons abandonné sa loi, et il nous a abandonnés à nos calamités ; nous avons méprisé ses miséricordes, et il nous a livrés aux rigueurs de sa justice. Nos misères augmentent, parce que nos iniquilés se multipiient ; nous devenons tous les jours plus malheureux, parce que nous devenons tous les jours plus coupables. Les fléaux de Dieu ne sont point arrêtés, ni ses trésors de colère épuisés; sa main est encore levée contrenous, Sedadhüc manusejusextenta{{). Voulons-nous donc faire cesser nos misères? renonçons à nos crimes, déplorons nos iniquités, humilions-nous sous la main de Dieu, et baisons la main qui nous frappe ; alors le Ciel irrité s’apaisera, le Dieu vengeur calmera sa colère, et les nuages sombres, qui annonçaient les foudres et les éclairs pour nous perdre, se résoudront en une
(1) Isuie, v.