‹ L'âme élevée à Dieu par les réflexions et les sentiments pour chaque jour du mois [microforme]Chapitre 107 sur 112 · HISTOIRE D'UN MAUVAIS FILS ET D'UN MAUVAIS PÈRE · texte numérisé non relu

HISTOIRE D'UN MAUVAIS FILS ET D'UN MAUVAIS PÈRE

Le père le plus criminel et le plus malheureux qui fût peut-être jamais avait un fils aussi méchant que lui: plongés l’un et l’autre dans tous les crimes, ils se précipitaient dans tous les malheurs. Le fils désobéissant, indocile, était colère, violent, emporté jusqu’à la fureur :

tous les jours ils étaient dans des disputes, des querelles, des violences continuelleé, en lançant l’un contre l’autre toutes surtes de malédictions, Un jour que le père, déjà avancé en âge, voulut reprendre son fs, et lui reprocher sa mauvaise conduite, ce tils malheu:eux, dans un excès de fureur, se jette sur son père, le renverse par terre, et le prenant par les cheveux, le traîne le long des degrés pour le mettre hors de la maison, Quand il fut arrivé à un certain point, le père élevant la voix : Arrête, malheureux. lui dit-il, arrête ; je n'ai pas trainé mon père plus loin, quand j'étais àton âge. Ge père coupable reconnut à ce moment la justiceet la vengeance de Divu, qui permettait que son fils lui fit le mème traitement que lui-même avait fait autrefois à son père.

0 jugements de Dieu, que vous êtes terribles! mais, Ô enfants dénalurés, que vous êtes coupables! apprenez à respecter vos pères, quelque coupables qu'ils puissent être. Je sais que des excès aussi horribles que ceux-là n'arrivent que parmi des gens sans sentiments et d'un certain état, mais dans les conditions même les plus relevées, si les excès des enfants ne sont pas si grands au dehors, combien d'autres désordres où ils tombent, moins sensibles aux yeux des hommes, et peut-être, dans le fond, aussi criminels aux yeux de Dieu!

Eufants, pensez-y : Dieu vous attend, et vous jugera.

L'histoire nous rapporte un trait bien remarquable en ce point. Un père chrétien n’avait rien oublié pour donner une bonne éducation à son fils : bons exemples, instructions saintes, à vis salutaires, tout avait été employé; mais le mauvais naturel et les passions criminelles ava'ent dominé le fils, qui causait tous les jours de nouveaux chagrins en donnant dans de nouveaux désordres. Ce père infortuné apprit, de manière à ne pouvoir en douter, que son fils dénaturé avait formé le projet détestable de l’assassiner, pour jouir plutôt de son héritage et vivre en liberté. Pénétré de douleur, et voulant faire un dernier effort pour toucher ce cœur barbare, il dit un jour à son fils : Monfis, voulez-vous venir vous promener avec moi? vous me ferez plaisir de n’accompagner. Le fils y consent, peut-être pour exécuter son detestable dessein. Le père le mène insensibleinent dans un endroit écarté, et assez avant dans une forêt. Alors s’arrétant tout à coup : Mon fils, lui dit-il, j'ai appris, et je suis assuré que vous avez pris la résolution de m'assassiner, malgré les sujets de plainte que j’ai contre vous, vous êtes mon fils, et je vous aime encore ; j'ai voulu vous donner une dernière marque de ma tendresse. Je vous ai conduit dans cette forêt, et dans un endroit écarté où nous serons sans lemoins, etoùon ne pourra avoir aucune connaissance de votre crime, Alors, tirant un poignard qu’il avait caché : Voilà, lui dit-il, voilà un poignard ; contentez vutre passion, exécutez votre coupable projet, mettez-moi à mort, puisque vous l’avez résolu; du moins, en mourant ici, je vous sauverai des

mains d tendresse la conso!

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mains de la justice humaine : ce sera là la dernière preuve de ma tendresse pour vous; et, dans mon extrême douleur j'aurai du moins la consolation de vous sauver la vie, tandis que vous me l’ûterez, Le fils touché, étonné, ne pouvait contenir ses soupirs ; fondant en larmes, il se jette aux genoux de son père, lui demande mille fois pardon de son crime, lui proteste devant Dieu qu’il changera de conduite envers le meilleur et le plus tendre des pères. Il tint parole ; dès ce moment il donna à ce tendre père autant de consolation et de joie qu'il lui avait causé d’amertume et de chazrins. Ici que de réflexions se présentent aux pères et aux enfants !

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