L'AMOUR DE DIEU
Pensez-y bien toute votre vie,
Nous ne sommes en ce monde que pour servir et pour aimer Dieu : il ne nous a donné un cœur capable d'aimer que pour lui en consacrer toutes les affections ; il ne nous a donné une vie et un temps à passer sur la terre que pour mériler, en l'aimant en ce monde, de l’aimer et de le posséder à jamais dans l’autre. |
Dieu nous a expressément commandé de l’aimer. Vous aimerez le Seigneur, nous dit-il, de tout votre esprit, de tout votre cœur, de toute votre âme, de toutes vos forces, Diliges Dominum eæ toto corde tuo, etc. (1). Mon Dieu! s’écrie saint Augustin, fallait-il donc nous faire un préceple dé vous aimer, el des menaces si nous ne vous aimons pas? Ne suffisait-il pas de nous permettre de vous aimer? et n'est-ce pas là pour nous la plus grande des grâces el le plus grand des bonheurs ?
Dieu est infiniment digne de notre amour : tout ce qui est capable de toucher, de gagner, d’atlirer les cœurs, Dieu le possède et nous le présente; bonté suprême, beauté souveraine, miséricorde sans bornes, amabilité lafinie, océan immense de toutes les perfections adorables, source ineffable de {ous les biens, que peut-on désirer qu'on ne trouve dans Dieu e! qui n'engage à l'aimer?
(1) Deut., vi.
Amour divin, vertu aimable, elle présente toutes les délices; vertusublime, elle nous élève au-dessus de nousmêmes, elle nous associe avec les intelligences célestes ; vertu universelle, elle renferme toutes les autres, elle les relève, les ennoblit et les perfectionne ; vertu céleste, Jésus-Christ même est venu apporter du ciel ce feu sacré sur la terre, et il ne désire que d'en embraser tous les cœurs ; vertu divine, elle nous transporte en quelque manière dans le sein de Dieu même, pour vivre de sa vie, pour être heureux un jour de son propre bonheur.
Mais surtout vertu absolument, et essentiellement, et
“indispensablement nécessaire pour le salut éternel. Si nous n'aimons pas Dieu, nous sommes éloignés de sa grâce, éloignés de son règne, éloignés de son cœur. Si nous n’aimons pas Dieu, nous n'avons aucun bien, aucur mérite, aucune vertu digne de récomperise. Si nous n’aimons pas Dieu, quand nous posséderions tous les biens tous les trésors, les sceptres, les couronnes, le monde entier, sans cet amour nous ne possédons rien.
Si rous n’aimons pas Dieu, nous n’entrerons jamais dans le ciel, jamais nous n’aurons de part parmi les élus.
Si nous n’aimons pas Dieu, jamais nous n’aurons d’autre partage que l'enfer et l'éternité malheureuse, dans l'abime de tous les malheurs, de toutes les horreurs et de tous les tourments.
Ainsi, ou aimer Dieu en cette vie, ou être à jamais malheureux dans l’autre ; ou brûler des flammes del'amour divin sur la terre, ou être à jamais consumés des flammes vengeresses du feu de l'enfer ; il n’est point de milieu pour nous. Si nows vivons, si nous mourons dans l'amour de Dieu, nous sommes assurés de la possession éternelle de tous les biens ; si nous vivons, si nous mourons sans ce saint amour, nous tombons dans le centre et le comble de tous les malheurs.
O hommes ! qui que nous soyons qui vivons sur la terre,
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allumé. Et que prétendez-vous avec cet appareil ? lui dit-on. — Je vou-
aimons Dieu, il est notre créateur, notre sauveur, notre roi, notre père, notre ami, notre tout; sans lui tout le resle ne nous est rien. Aimons Dieu, c’est notre devoir, notre mérile, notre bonheur, notre gloire ; quoi de plus grand que d’aimer un Dieu ? quoi de plus heureux que d’en être aimé ? |
Aimons Dieu ! aimons-le de tout notre cœur ; qui estce qui mérite mieux toutes nos affections que celui qui en est le premier principe et qui doit en être la fin dernière ?
Aimons Dieu dans tout, avant lout, par-dessus tout, préférablement à tout ; aimons Dieu, et n’aimons que Dieu, ou tout dans Dieu et toujours moins que Dieu, aimons Dieu, et en l’aimant ne désirons d’autre récompense que de l'aimer toujours davantage.
0 heureux le cœur qui aime son Dieu ! 11 fait en ce monde ce que les saints feront éternellement dans le Ciel. Oh ! malheur à l'âme qui n'aime pas Dieu ! Son état approche de celui des réprouvés dans l'enfer.
Diligam te, Domine (1). Que je vous aime, à mon Dieu, le désir de mon cœur, le centre de mon repos, le terme de mes espérances ! Que je vous aime, à mon Dieu ! mais que je vous aime d’un amour tendre, d’un amour sincère, d'unamour efficace, d’umamour désintéressé, d’un amour k constant, de l'amour domi wous-même vous nous aimez ! que je vous aime en & monde, pour vous aimer plus parfaitement et éternellement dans l’autre !
Ainsi soit-il.
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Pensez-y bien : aimons Dieu, et ne vivons que pour Dieu.
HISTOIRES
Le beau spectacle, le grand modèle que présenta autrefois une femme | à Alexandrie! Elle parut un jour dans la place publique de cette grande ville, tenant d’une main un vase rempli d’eau et de l'autre un flambeau
(1) Psalm., xvir.
drais, répondit-elle, avec ce flambeau embraser tout le ciel, avec cette eau éteindre tous les feux de l'enfer, afin que désormais on n’aimât plus Dieu, ni par l'espérance des récompenses, ni par la crainte des peines, mais purement et uniquement pour lui-même, et pour ses perfections adorables.
Beaux sentiments, et bien dignes d’une grande âme, qui connaît ce que c’est que Dieu, et combien il mérite par lui-même toutes les affections de nos cœurs !
On raconte des Japonais que, quand on leur annonçait l'Évangile, qu’on les instruisait des grandeurs, des beautés, des amabilités infinies de Dieu ; quand surtout on leur apprenait les grands mystères de la religion, tout ce que Dieu a fait pour les hommes, un Dieu naissant, un Dieu souffrant, un Dieu mourant pour leur amour et pour le salut : Oh! qu’il est grand! s’écriaient-ils, dans leurs doux transports, qu'il est grand, qu'il est bon et aimable, le Dieu des chrétiens ! Mais quand ensuite on leur ajoutait qu’il y avait un cominandement exprès d’aimer Dieu, et des menaces si on ne l’aime pas, ils étaient surpris, et ne pourvaient revenir de leur étonnement. Eh quoi ! disaient-1ls, quoi ! à des hommes raisunnabies un précepte d'aimer Dieu, qui nous a tant aimés | et n'est-ce pas le plus grand des bonheurs de l’aimer, et le plus grand des malheurs de ne pas l’aimer ? Quoi ! les chrétiens ne sont-ils pas toujours aux pieds des autels de leur Dieu, tout penétrés de ses bontes, tout embrasés de son saint amour ? Mais quand ils venaient à apprendre qu’il y avait des chrétiens qui non-seuiement n’aimaient pas Dieu, inais qui l'offensaient, qui l’outrageaient : O peuple injuste ! à cœurs ingrats ! barbares ! s’écriaient-ils avec indignation ; est-il donc possihle que des chrétiens soient capables de ces hürreurs ? et dans quelle terre maudite habitent donc ces hommes sans cœur et sans sentiments ?
Chrétiens ! nous ne méritons que trop ces justes reproches; et un jour ces peuples éloignés de nous, ces nations étrangères, appelées en témoignage contrenous, nous accuseront, nous condamneront devant Dieu.
Pensons-y ; le précepte de l’amour divin est le premier, le plus essentiel des préceptes, c'est l’aecomplissement de toute la lui.
Pensons-y, et faisous en ce monde, autant qu'il est en nous, ce que les Saints font dans le Ciel, ce que nous espérons faire dans l’étermié ; aimons Dieu de tout notre cœur.
Triste pensée ! peut-être jusqu’à présent n’avons-nous pas encore aimé Dieu d’une manière digne de Dieu ! Consacrons du moins le reste de notre vie à ce saint amour.
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