SUR LA PROVIDENCE
Il y a une Providence ; il faut la reconnaître ; il faut | s’y soumettre ; il faut la seconder.
ans Les ombre, Il y a une Providence: les preuves en éclatent dans et que ne dois A tout ; on les trouve dans Dieu, dans le monde et dans es recon- BA nous-mêmes. Dans Dieu, les lumières de la raison la déure: mai i ages quelles ÊE couvrent dans son ‘essence ; dans le monde, la vue de oute ma vie je cetunivers la rend sensible à nos yeux; dans zous-mê- Le. mes, le sentiment intime nous la démontre. té; hommage k és : ne à
1° Cette vérité essentielle est puisée dans le sein de Dieu même. Il y a un Dieu ; s’il y a un Dieu, ilya un
mon Dieu ! de é de ses divines
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être infiniment parfait; s'il y a un être infiniment par. BA dans!
fait, ilest infiniment sage, il est infiniment bon, il el infiniment puissant. S'il est sage, il doit connaître l’ordre; s’il est bon, il doit aimer l’ordre; s’il est puissant,
il doit établir l’ordre. L'ordre établi est l'effet primitif et B#
immédiat de la Providence ; il y a donc une Providence, S'il y a un Dieu, il est la fin de toutes choses, comme il en est le premier principe. S'il en est la fin dernière, il doit les conduire infailliblement à leur terme : pour les y conduire, il faut choisir et diriger les moyens: choisir les moyens pour la fin, diriger les moyens à la fin, c'est l’effet propre de la Providence. Il ya donc une Providence.
Je demande: Dieu est-il partout ? ou l’immensité at-elle cessé d’être immense ? S'il est partout, partout il voit, il connaît, il agit, il conduit : voir, connaître, agir et conduire en Dieu, qu’est-ce autre chose que la Providence? Ebranler cette vérité, ne serait-ce pas saper le fondement et la base de toutes les autres, et plonger l'univers dans un chaos et dans une confusion plus tristes encore que le néant dontil aététiré? ”
2° Et comment la Providence pourrait-elle échapper aux lumières de notre raison, puisqu'elle se rend comme palpable à nos sens dans la structure de l'univers? Et qui pourra, disait le Prophète, qui pourra faire taire l’admirable concert que les astres forment entre eux sur nos têles : Concentum cœli quis dormire faciet 4)? Quand, dans une nuit tranquille et un air sereiw, je viens à lever les yeux au ciel, et que je vois le spectacle que présente le firmament, le nombre innombrable d'étoiles qui marchent comme en ordre de bataille, rangées sous les éterdards de la Providence qui les conduit ; l'éclat vif et animé de ces astres comme autant de brillantes fleurs parsemées
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* dans le ciel ; la régularité admirablede leurs mouvements.
| A telle heure, tel astre doit paraître, le voilà qui brille; à | tel temps il doit se coucher, il a disparu. La constance et 4 la perpétuité de leur cours ; depuis le commencement L primitif et Providence, P À assoupie pour ne pas entendre la mélodie de cet ineffable L} concert?
du monde, sans interruption et sans intervalle, on les voit commencer el finir leur cours. Et quelle oreille assez
Du ciel portons nos regards sur la terre. Quel nouveau témoignage a la Providence dans cette variété admirable d'objets, de plantes, de fruits, d'animaux dont elle est couverte ! les fleuves, qui, comme autant de veines, arrosent le corps immense de la terre altérée, ces arbres chargés de fruits, ces prairies émaillées de fleurs : que penser de celte constante diversité de saisons? Avec quelle justesse elles partagent l'année, comme si elles l'avaient pesée dans la balance! Ne semble-t-il pas, dit saint Chrysostome, que ce sont comme quatre sœurs qui ont partagé l'héritage de leur père entre elles, et, qui contentes de leur partage, se renferment religieusement dans leurs bornes, et s'accordent à nous faire part tour à tour de leurs dons ? Le printemps ramime la terre, et la couvre d’une aimable verdure. L'’ete dore les campagnes d’une riche moisson. L’automme cueille les fruits dans son abondance. L’hiver en jouit dans le sein du repos. Ce concert est-il moins admirable que celui du ciel ?
Je me transporte enfin sur le bord d'une vaste mer. Quel nouveau théâtre de 11 Providence, dans sa profondeur et son étendue, dans son calme et ses agitations ! Tantôt paisible et tranquille, elle me donne une image de la paix inaltérable de son auteur ; tantôt agitée et en fureur, elle me fait trembler sous sa main redoutable : toujours resserrée dans elle-même, elle me fait adorer les sages dispositions de la Providence qui la contient dans ses bornes. Je vois des flots immenses s’élever, sembla-
bles à de hautes montagnes : trois grains de.poussière ar. Bk rêtent la fureur des flots ; ils viennent se briser sur le ri. vage, et respecter l’ordre que la Providence y a tracé sur lesable : Huc usqué venies (1).
O vous qui refusez à la Providence l'hommage de vos ! adorations, eh bien ! doutez-en, à la bonne heure ; mais au- #4 paravant faites taire cet admirableconcert qui règne dans * 4; les créatures : éteignez les célestes flambeaux qu’elle à allumés sur nos têtes ; dites à la nuit de ne plus annoncer | le jour ; renversez tout ordre de temps, de saisons, de productions sur la terre : rompez les digues de la mer; et, pour dire quelque chose de plus, faites régner dans l'univers le désordre qui règne dans votre cœur ; et alors dites, dans la licence effrénée de vos jugements : Y a-t-il une Providence ? Que si, au contraire, votre raison ne t pou peut en venir là; si elle vous force même à reconnaître B&;denc. une Providence dans l’univers; unissez votre voix à Moreil celle de toutes les créatures qui forment cet admirable PA Ah! concert de louanges à sa gloire : Concentum cœli. D bhèle ;
3. Écoutons une voix encore plus éloquente, la voix du Eyes ser sentiment intime qui s'élève dans nous ; car iciil n'estpas Etr et | besoin de raisonnement ; tout ce que nous avons à Birésista craindre, c’est de trop raisonner. Le premier coup d'œil Mviraie décide en faveur de la Providence. Eh ! qui pourrait se cœur, refuser à la simplicité de cette preuve de sentiments! Je DS vers 1 vois unefamille réglée dans le sein de la paix qui'y réside, bras
et je dis : Il y a un chef qui préside. Je vois un état tran- LE soutie quille ; les arts, les lois, la justice y dominent, et font viden respecter leur empire ; et je dis: Il y a un roi quigou- LS tout; verne. Je vois un troupeau paissant dans d’heureux pâtu- | mett rages, réuni sous la même houlette, à couvert de la { sage. dent du loup ravisseur ; et je dis : Il y a un pasteur vi- BE dépl
gilant qui le conduit. Je vois un vaisseau en pleine mer avancer à voiles déployées, arriver heureusement au
(1) Job, xxxvur.
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poussière ar. M 6rt: et je dis sans hésiter : Il y a un pilote habile qui er sur le ri. Mont le gouvernail en main. Et en même temps je vois “l'univers comme suspendu et balancé dans les airs; et UBans cet univers, l’ordre, la beauté, la variété, la régula- Mité, la constance : et on dira : C’est le hasard. O hasard! ue tu es sage ! que tu es éclairé ! que tuces constant ! je jrais presque, que lu es divin ! Mais en disant : C’est le jasard, pense-t-on le persuader aux autres ! peut-on se le persuader à soi-même ! Le sentiment intime du cœur ne Jéclame-t-il pas contre le langage trompeur de la bouche ! à Æt dans combien d'occasions le témoignage intérieur ne égner dans Bhous arrache-t-il pas, comme malgré nous, l’aveu de la ar ; et alors Bbrovidence ! Dansun danger subit, un accident imprévu, ts: V at-il Mn lève les yeux au ciel : Mon Dieu ! s’écrie-t-on aussitôt.
us annoncer saisons, de de la mer:
FHISOn: Ne t pourquoi lever les yeux vers le ciel, si l’œil de la Proreconnaitre BK; dence est fermé ? pourquoi l'invoquer, si elle n'a point tre voix à Moreilles pour nous entendre !
admirable LA Ah! mon Dieu, devons-nous nous écrier avec le Pro- EE 2phèle; oui, sans sortir de moi-même, je trouve les preu- , Ja Tome du PEVes sensibles de la Providence. En vain voudrais-je douil n eStpas ter et lui résister, elle triomphe de mes doules et de mes S äVONS à résistances : et Lous mes efforts devenant inutiles, ne sercoup d'œil Myiraient qu'à graver plus avant ce témoignage dans mon
ourrait se À
L cœur, et à me faire conclure : Il y a donc dans cet uniiments ! Je
vers une intelligence qui préside, un æil qui voit, un
ny réside, D bras qui opère, une sagesse qui dirige, une force qui état tran- D soutient, une éternité qui conserve ; c’est-à-dire une Proat, et font D vidence qui voit tout, qui préside à tout ; qui dispose de QUI SOU- BE tout; il faut doncla reconnaîlre et l'adorer; il faut s’y soueux pälu- BP mettre et la seconder. C'est la conclusion de tout homme vert de la BE sage. Toute autre conduite est l’aveuglement le plus asleur vi- PE déplorable dans l’homme et peut-être la punition de Dieu leine mer la plus redoutable.
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AME ÉLEV,