‹ L'âme élevée à Dieu par les réflexions et les sentiments pour chaque jour du mois [microforme]Chapitre 12 sur 112 · SUR LA CONDUITE DE LA PROVIDENCE · texte numérisé non relu

SUR LA CONDUITE DE LA PROVIDENCE

L'Ame. Rien de si vrai, Ô mon Dieu ! À s’en tenir ces dehors éclatants que présentent tous vos ouvrages, o est forcé de reconnaître et d’adorer une Providence. Ma permettez-moi, Dieu de bonté, d'ouvrir mon cœur de Æ vant vous, de vous faire part de mes doutes et de me perplexités, de soulager mes peines et mes agitations ul Le vous les communiquant. Quand je jette les yeux sur «lit en vaste univers, à la vue de tout ce qui s'y passe, je cherch se bi celte Providence : elle me paraît avoir disparu ; son écla PR semble s’éclipser. Quand je vois cette distribution s EL de L différente des biens de ce monde, les uns ont tout, «bi :ches les autres n’ont rien; les uns naissent dans l'abondance} ve et prodiguent les trésors, les autres gémissent dans la mi oi sère, et ne se nourrissent que du pain de leurs larmes : leaf ait uns semblent être nés pour être heureux, et les autres h

e d . CA . L] À Junior en naissant, avoir porté écrit sur leur front cet arrêt : Tubs établis seras maudit. Tous cependant sont enfants de cet} heë

Providence. Et comment comprendre cette inégalité sk périrai marquée de conditions parmi eux? Pourquoi celui-il ,, ce roi, et celui-là sujet ? pourquoi celui-ci dominant en

. 1. TAN) maître, et l’autre rampant en esclave? pourquoi étaniMf am tous enfants de Dieu, ne pas les rendre tous égaux; et de- Bi pénibl vant tous aboutir au même terme, ne pas les conduire queles par la même voie ? | norab

IL y a plus encore : non-seulement les biens sont iné- Bi. galement partagés, mais souvent les impies et les mi: à Je seir chants sont privilégiés dans cet étonnant partage; s’il D rail-il

avait quelqu'un à favoriser, sur qui devait, ce semble, Bi tomber la faveur ? et qui ne serait surpris de voir l'impie HE donnant la loi, et le juste forcé de la recevoir ; de trouver R Job sur le fumier, et Achab dans le sein du palais; saint M D, Paul sur un échafaud, et Néron sur le trône ? En consi-

ouvrages, 0 vidence. M:

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dérani ce qu'on voit si souvent dans le monde, l’iniquité riomphante, l'innocence opprimée, le vice dominant, a vertu foulée ; à cette vue, la raison troublée, étonnée,

M'est-elle pas tentée de s’écrier : Où est l'équité? où est la

rovidence? où êtes-vous, à Dieu juste! à Dieu bon et uissant? ranimez ma foi; pardonnez le trouble de mon Isprit, et daignez calmer les agitations de mon âne.

Le Seigneur. Ame de peu de foi, à quel trouble, à

uel excès se livrent vos sentiments égarés! Jusqu'à quand

Mugerez-vous des choses selon vos vues humaines! Je eux bien descendre jusqu’à vous pour vous élever à moi. ous dites en vous-même : Cette inégalité de conditions ft de biens est-elle l’ouvrage de la Providence? les uns riches, et les autres pauvres: les uns souverains, et les autres sujets : les uns maît .. :: les autres esclaves. ais pensez el réfléchissez : das une parfaite égalité de onditions et de biens, le genre humain, la société civile, l'union de ses membres aurait-elle pu subsister ? Qu’on tablisse deux villes, une toute composée de grands et de riches, l’autre de petits et de pauvres ; celle des pauvres périrait bientôt, on le comprend : celle des riches pourrait-

Helle se soutenir ? Et dans cette égalité de fortune et de

4 Es d 1 . , pe ; À :

pénibles et laborieux, et cependant nécessaires, tandis queles autres exerceraient les fonctions tranquilles et ho- | norables ? Qui voudrait, en qualité de laboureur, arroser : la terre de ses sueurs tandis que les autres vivraient dans

à le sein du repos et de la mollesse ? Dans une ville tout se- Le rait-l peuple sans distinction, ou tout magistrat sur les :4 lits? Et dans l'univers tout doit-il obéir, au tout com-

mander? ou, si personne ne commande ni n’obéit, que

} serait-ce que l'univers, qu'une tour de Babel?

De sorte que, bien loin que cette inégakité de condi-

tions et de biens soit opposée à la Providence, c’est au

contraire, parce qu’il y a une Providence qu'il doit avoir une inégalité de conditions et de biens. Il était 4 ressort de cetle sagesse qui embrasse tout d’unir les hon mes entre eux par les liens de la subordination et de hf dépendance, afin que, l'heureux consolant l’affligé, 1 riche secourant le pauvre, :e pauvre et l’affligé, le “rich et l’heureux, unissent leurs voix pour célébrer de concert les louanges de la Providence qui les gouverne.

L’'Ame. Mais enfin, d mon Dieu, en supposant la nc cessité des conditions inêégales, pourquoi du moins, danshif cetle inégalité, ne pas privilégier les justes préferable.h ment aux impies? Pourquoi ne, pas confier aux bons eh dépôt de l’autorité et des richesses, dont ils auraient fai un si saint usage, au lieu de les donner aux hommes inf justes, qui en abusent et qui les déshonorent ? :

Le Seigneur. Reconnaissez encore ici les vues de ma Providence dans celles de ma sagesse. Pourquoi refuser les biens de la terre aux justes? afin qu'ils ne cessent park d’être justes. Dans l'abondance, ils s’élèveraient et ils sh : pervertiraient. Parce que par là je veux exercer leur vertu Bi 40 J et augmenter leur couronne. Job me rend plus de gloire ous a sur son fumier que tous les rois sur le trône. Mais, d’une Bi ET autre part, pourquoi accorder aux pécheurs les biens de M VOUS ce monde ? Pour en montrer le néant et la vanité ; puis- M blasp

que je les donne même à mes ennemis, poùr les engager, les attirer à moi par l'attrait des faveurs temporelles, Bi mert auxquelles ils sont plus sensibles, pour leur donner le B& YO'S moyen d'expier leurs péchés, s'ils en veulent faire un Be SUR meilleur usage. Pourquoi encore ? Pour récompenser le Bi men peu de bien qu’ils font sur la terre. Je récompense leurs Pa le dé vertus naturelles par des biens naturels : c’est ainsi que bi justi je donnai autrefois l'empire de l'univers aux Romains, RS en récompense des vertus morales qu’ils pratiquèrent. Bi de -

Cependant la conduite de ma providence n’est pas en | =

ce point toujours uniforme. Elle ne refuse pas toujours

Ex

es biens de la terre aux justes. Il y aurait à craindre qu’on he pensâl que ces biens ne sont pas mon ouvrage, puisque je ne les donnerais jamais à ceux qui me servent. Ile ne les accorde pas toujours aux pécheurs ; ce serait engager les autres à le devenir, quand ils verraïent que, our être heureux, il suffit d’être impie. Ma providence n dispose autrement, et, par le sage tempérament qu’elle garde envers les uns et les autres, elle les conient tous dans les justes bornes qu’elle leur prescrit, et sous les voiles impénélr ables du secret qu'elle se réserve. L'Ame. J'adore vos desseins, d mon Dieu ! Mais me aux bons | Mipermettez-vous de vous .ouvrir encore mon cœur sur auraient fai mes peines personnelles, et sur la conduite de votre prohommes in. j vidence dans la circonstance particulière où je suis ? Je ? Min'ai rien oublié, ce semble, pour me rendre cette provivues de maldence favorable et propice, et elle s’éclipse à mes yeux. quoi refuser PJ'ai fait choix d’un état, et jy suis malheureux : j'entree cessent pahprends des affaires après avoir prié, fait prier, et elles ient et ils sc Pie échouent. Aucun de mes projets ne me réussit ; il suffit er leur vertw{Rtque j'entreprenne une chose pour la voir manquer : us de gloire Mi tout se tourne contre moi ; des amis m’abandonnent, des Mais, d’une R ennemis me poursuivent: vous-même, mon Dieu ! les biens de M vous semblez me délaisser. Hélas ! sije ne craignais de anité ; puis. MM blasphémer, je dirais : Où est la Providence ? |

Le Seigneur. Arrêtez, àme fidèle, vous vous livrez à l’a-

unir les hom ation et de ko l'affligé, 1 @ igé, le riche er de concert ne.

osant la ne.

moins, dansbi s préférable. R

es engager,

emporelles, mertume de vos regrets, vous souffrez, vous gémissez, donner Je BR vous êtes étonnée de souffrir ; mais savez-vous quels sont

nt faire un KM sur vous les desseins de la Providence ? Attendez les mo-

npenser le Re ments et le temps : et quand ce temps finira, vous verrez

»ense leurs PA le dénoûment de tout ; le voile sera tiré, la Providence se | ainsi que justifiera à vos yeux. Îl est vrai, si vous étiez pour tou- Romains, B jours sur la terre, et que vous n’eussiez rien à espérer au

delà, vous auriez sujet de vous étonner, de vous affliger ;

uèrent.

mais quand vous viendrez à penser que si votre Dieu

"est pas en toujours vous à mise au monde, ce n’est pas pour toujours : que

la terre n’est pour vous qu'ua lieu de pèlerinage et d'exil un séjour et un temps d'épreuves ; que vous y passeruh}

un certain nombre de jours, après lesquels un nouwi

ordre de choses se manifestera à vos yeux, et distribuer la récompense ou la peine, selon les mérites et les démé/2

être essuyées, comme si vos vertuset vos épreuves de

cond ses 5 ecour< ans VO

‘Midera rites ; dans ce point de vue, pourrez-vous encore révoque ii

en doute la Providence, core si vos travaux devaienP? être stériles, comme si vos ,rmes ne devaient jamai M

ondui failli e bon

vaient être saus récompense ? et ne devez-vous pas dire

au contraire, à vous-même : Oui, s’il y a une Providence il doit en être ainsi. Il faut que le voyageur éprouve l«Ù rigueurs du pèlerinage pour goûter les délices du terme:

il faut que l'or soit purifié dans le feu pour en sortir plu

pur et plus éclatant : il faut que le grain pourrisse dans ki

terre, afin de le faire germer pour le ciel au centuple ; ill

faut enfin, pour moissonner dans la joie, avoir sem dans les larmes.

Après tout, hommes mortels, sachez que, malgré tou

vos efforts et toutes vos recherches, il y aura toujours pourb}

vous des mystères impénétrables dans ma providence; el

si, portant vos vues au delà des bornes, vous continuez iË

demander en tout pourquoiet comment, craignez d’en-

tendre s'élever sur vous la voix de l’oracle : Qui scrutator b

est majestalis, opprimetur a glorid (1).

Ame présomptueuse, gémis de ta présomption, et ap-

prends à adorer les sages dispositions de la Providence, È

et non àles pénétrer : âme criminelle, tremble sous h

Que 1 %: sonder ons-n0 et que V pertes ?

noir qu a votre

gauriez d'ailleu inutiles 2 d'éloig qu'elle: des ma

O Pr giette € verain

conna

vez fo condu

En D vine

moi, metti des |

main de Dieu, et crains que la Providence, pour se venger, Bi

ne t’abandonne à l’'égarement de tes voies. Et vous, âme

humble et fidèle, adorez les desseins de Dieu, respectez ses EN

ténèbres, etconcluez dans les sentiments d’une foi humble:

il ya une Providence, il faut la reconnaître : il y a une |

Providence, il faut s’y soumettre. Tâchez même de la (1) Prov., xxv.

nage et d'exil us Y passerght ls un nouv/ ti et distribue s el les démi M core révoque M aux devaien À | vaient jamai M

econder, et ajoutez vos efforts, vos soins, votre vigilance, ses saintes dispositions. Vous ne pouvez rien sans le ecours de la grâce de Dieu, mais Dieu ne fera pas tout ans votre correspondance à sa grâce : Aidez-vous, il vous idera ; efforcez-vous, il vous soutiendra ; marchez, il vous onduira par la main ; et ainsi conduite vous arriverez failliblement au terme où sa providence vous a préparé e bonheur et la récompense.

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