‹ L'âme élevée à Dieu par les réflexions et les sentiments pour chaque jour du mois [microforme]Chapitre 14 sur 112 · SUR L’IMMORTALITÉ · texte numérisé non relu

SUR L’IMMORTALITÉ

Tandis que d’une part tout nous présente la mort et la dissolution de nos corps formés de terre, de l’antre, tout

2 1 Se I re PO

nous annonce aussi l’immortalité de nos âmes créées} mand l’image de Dieu. La foi, la raison, le sentiment intime Be a le consentement unanime de toutes les nations ; tout con.Blk sure court à établir le précieux avantage de cette immortalit:BM cela ; glorieuse. La foi nous l’assure dans tous ses oracles : le x plus € lumières de la raison peuvent nous en convaincre, le sen. B® Deau timent intime nous fait soupirer sans cesse après elle PA .. nous sentons qu'après notre mort il subsistera encore A quelque chose de nous-mêmes ; le consentement comme Bi °° À général etunanime detoutesles nations se réunit en faveur Es de cette vérité fondamentale. se | Comme c’est à des chrétiens qu’on présente ces saintes se lectures, ce serait faire tort à leur foi que d'entreprendre He el . de leur prouver un article si essentiel à la religion : con- A tentons-nous de leur en présenter les précieux avantages, BE | 0 et de les engager à s’en rendre dignes. L Dai Point de pensée sigrande, si féconde, et qui nous puisse se être si salutaire, que la pensée bien méditée de Pimmorta- po lité de nos âmes: elle devient pour nous la source des BR java: biens les plus précieux. | see Elle nous élève dans nos sentiments, elle nous sanc- EE cor tifie dans nos actions, elle nous satisfait dans nos désirs, blabl elle nous console dans nos peines. Entrons dans les gran- pren des vues qu'elle nous présente. Rien de plus digne de D ke &

nous que de connaître ce que nous sommes dans l'ordre Æ ,nh de la grâce.

1° Elle nous élève dans nos sentiments. Rien de si vrai: |} je

le malheur de l'homme vient de ce qu'il ne se connaît pas, vani! ou de ce qu’ilse connaît mal: ilne connaît nice qu'ilpeut LE 4e : ni ce qu'il attend, souvent même ni ce qu’il est. Nous nous sa © trompons quand nous croyons être dans un corps qui est teni nous-mêmes ; non sans doute, ce corps, cette argile n’est piec point nous, c’est notre prison : ce qui est véritablement D lhc nous, c'est notre âme ; dans elle est notre solide grandeur. R pou

O aveuglement déplorable des hommes! Si on leur de-

ent intime

ent comme iten faveur

e ces saintes treprendre £Ion : conavantages,

nous puisse l’immorta-

Nous sancnos désirs, S les gran-

digne de ans l’ordre

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mande : Qui êtes-vous ? l’un dira : Je suis noble, tenant

Ë un rang dans le monde; l’autre : Je suis magistrat, assis

8 ; fout con. Mt sur les lits ; un autre : Je suis roi, élevé sur le trône. Tout

immortalit: PA ; oracles : Jul

ncre, le sen. M

après elle : D des autresdisparaît devant celui-ci. Vous êtes immortel ;

stera encor, pi à ce titre, votre premier principe, C est Dieu ; votre mo-

! dèle, c'est l’'Homme-Dieu :

cela est grand, mais il y a dans vous quelque chose de

2 plus grand encore : vous êles immortel ; voilà le plus

beau de vos noms, et le plus précieux de vos titres ; l'éclat

votre occupation, c’est la | vertu; votre vie c’est la grâce ; votre héritage, le ciel ; | votre espérance, l'éternité ; votre bonheur, le bonheur de Dieu même. Sous ce point de vue, votre âme vaut plus que tous les biens du monde; votre dignité est plus grande que celle de tous les rois de la terre ; et le seul titre d'immortel que vous portez gravé sur le front vous honore à plus que tous les diadèmes qui pourraient l’orner. Dansla sublimité de cessentiments, l'homme commence à se connaître et à se respecter : dès lors il craindra de se

, À 3 k , Ce , , source des BR déshonorer par l'erreur des vices, de se dégrader par l'es

clavage des passions, de s'avilir par la contagion des choses humaines, Immortel comme il est, il prend son | essor vers le ciel, il rougit de s’atlacher à la terre, semblable à un grand monarque qui rougit lorsqu'on le surprend dans des occupations indignes de lui. Un grand roi ne doit former que de dignes projets dans son esprit ; et un homme immortel ne doit concevoir que de nobles dé-

sirs dans son cœur.

L'homme mortel mettra donc sa grandeur dans les vanités propres du temps ; mais l’âme immortelle, qui voit

à des atomes où le monde croit voir des colosses, ne mettra

sa grandeur que dans son immortalité ; elle n’a qu’à se tenir dans ce sentiment si élevé, pour voir passer sous ses

} pieds la vaine pompe des grandeurs humaines : dès lors

l’homme n’a que faire, ni de faste pour s’élever, ni de voile pour se déguiser, ni d'hypocrisie pour se contrefaire ; il

n'a qu’à renoncer au mensonge de son orgueil pour être véritablement grand. Sans rien emprunter au dehors, |1 Bi nature et la religion l'honorent assez pour être grand sans D enflure, et pour le paraître sans affectation ; parce que dès MZ lors, élevé au-dessus du monde et des sens, il devient grand de la grandeur de Dieu même, sage de sa sagesse, équitable de sa justice, immortel de son immortalité, et, pour ainsi dire, tout divin de sa divinité même. Dans bu cette vue, l'homme cessera d'aimer, ou, s’il s'aime en- M core, il aimera dans Jui, non l’homme charnel, non È l’homme terrestre, non l’homme sensuel; mais l’homme BF spirituel, mais l’homme immortel, mais l'homme céleste: È car voilà l’homme, et voilà tout l’homme ; le reste n'en est que l'ombre, le fantôme et l’image : hoc est omnis homo (1).

2° L'idée de l’immortalité nous sanctifie dans toutes nos actions, par la grandeur des vues et la sublimité des fi motifs qu’elle nous inspire. Que sont en effet tous les 4

autres motifs pour régler notre conduite, en comparaison BÆ borne de celui de notre immortalité ? Non, il n’y a de véritables BF ternit vertus que celles qui sont fondées sur cette immortalité BF la suc glorieuse ; les autres feront des dissimulés, des politiques, l'éter des hypocrites, des sépulcres blanchis ; mais elles ne fe- aura ront jamais des hommes sages par choix, et vertueux par RN gran principe. On dit quelquefois que les vertus ne sont sou- ff jets, vent que déguisement et dissimulation ; pourquoi ? parce BF saint que ces vertus se bornent au temps, et ne visent pas à à l'ir limmortalité. Souvent la justice n’est qu'une vertn con- sera trainte et forcée ; la main est pure, le cœur ne l’est pas. l'im Le désintéressement n'est qu’ostentation : la modestie sur qu'affectation : cela n’arrive que trop dans cette région de déli ténèbres. Mais élevez l’homme à la région sublime de S l'immortalité : on y respire un air plus pur, et dégagé de U ani

toute contagion ; la vérité y est vérité, y est sincérité, y sou (1) Eccl., xu. | fan

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est sentiment : la main est innocente, et le cœur est sans tache.

Telles sont les vertus en général. Placez-les en particulier dâns chaque condition, dans chaque état; donnez à l'homme l'immortalité pour règle de sa conduite et pour mobile de ses actions; dans chaqu. condition, dans chaque état vous trouverez le vrai sage, le bon roi, le bon magistrat, le bon citoyen, le bon ami, le bon père.

Un roi qui se considère comme immortel regardera ses sujets comme ses enfants, persuadé qu'il doit régner

* un jour, non pas sur eux, mais avec eux dans le ciel: le

magistrat pèsera ses arrêts dans la halance de l'équité, parce qu’il pensera qu'il doit être pesé lui-même dans la balance du sanctuaire. Le négociant mettra la probité pour base de son commerce, parce qu'il se souviendra qu'il y a un négoce encore plus avantageux, en vertu duquel il peut acquérir les trésors d’immortalité même. L’artisan travaillera jour et nuit, s’il le faut ; mais, sans se borner au temps, il meitra son travail à profit pour l’éternité : et quel serait son malheur, si, obligé de vivre à la sueur de son front sur la terre, il allait paraître dans l'éternité les mains vides! lout homme, en un mot, qui aura l’immortalité devant les yeux, n'aura rien que de grand dans ses vues, rien que de juste dans ses projets, rien que de réglé dans ses démarches, rien que de saint dans sa conduite et dans ses actions. Sion pensait à l’immortalité, et qu’on agît dans ses vues, tousles cœurs seraient l’a. le de la vertu; tous les hommes seraient l'image de Dieu ; les lois, la paix, l'équité régneraient sur la terre, et le monde serait l’image d’un paradis de délices.

Si on était bien pénétré de ces grands sentiments, et animé de ces grands motifs, verrait-on ce qu’on voit si souvent dans ce monde, des hommes ne s'estimer, ne se faire valoir que par des avantages purement extérieurs,

par l’amas des richesses, par l'élévation du rang, par l'éclat des parures ? Une âme qui ne s’estime que par là, ne M semble-t-elle pas oublier la grandeur de son être et la | sublimité de ses destinées? Hommes immortels, honorons M nos vertus, et non nos trésors; sachons estimer ce que nous sommes, el non ce que nous avons ; et comprenons qu’il n'est rien de si grand dans l’homme que l’homme MMsi même.

Ce n'est point cependant assez pour nous de concevoir toute la grandeur de notre destination ; l'essentiel est de considérer si nous soutenons la dignité de notre être par Ja sainteté de nos sentiments et de nos actions. Hé ! quel | malheur pour nous, quel crime dans nous, si, étant si grands dans les desseins et les vues de Dieu, nous venions à dégénérer de cette grandeur par la bassesse de nos sentiments et l’indignité de notre conduite ! Ne cessons donc de puiser dans la source abondante que nous ouvre l’im- M mortalité ; elle est inépuisable dans les biens qu’elle nous PMsoler

présente. À sort ?

A assez

MÉDITATION ne.

SUR LE MÊME SUJET. mort

La pensée de l’immortalité saintement méditée nous 1 1% procure les plus précieux avantages ; elle vient à notre À ctern secours pour adoucir l'amertume de toutes nos peines, JM douc pour remplir toute l'étendue de nos désirs. por Ranimez donc nos sentiments, à mon Dieu ! élevez-les [5 °t!° jusqu’à vous, transportez-les dans le sein de cette im- | La mortalité glorieuse où vous nous appelez : elle est au- À dessus de nos pensées; mais elle n’est pas au-dessus de [T° nos espérances. …etnc : ces C

PREMIER POINT. ‘Be

La pensée de l’immortalité nous console dans toutes 1 deu

nos peines, quelque grandes, quelque sensibles qu’elles

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ang, par lé.

Le par là, ne M

1 être et la s, honorons ner ce que omprenons e l’homme

e concevoir ntiel est de re être par Hé ! quel si, étant si US venions Je nos senssons donc uvre l’imx’elle nous

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puissentêtre. Etdans combien de tristes occasionsn'avonsnous pas besoin de nous rappeler cette salutaire pensée W dans lecours de cette vie périssable et mortelle ! Qu'’est- 4 ce, hélas ! que notre vie, qu'une suite d’afflictions et de 21 calamités ? L'homme, disait Job, a peu de jours à il passer sur la terre, et ce peu de jours est rempli de mi- MU sères : Homo brevi vivens tempore repletur multis mise- “ris (1). Tous leshommes marchent par un chemin par- W semé de croix et d'épines et souvent arrosé de leurs lar- = mes. La vie de l’homme est quelque chose de plus qu’une ! guerre continuelle : militia est (2) ; c’est une suite non 2 interrompue de chagrins, d'inquiétudes, d'ennuis, de dégoûts, d'amertumes ; c'est un tissu de maux, un flux et reflux continuel de vicissitudes et de changements qui, comme autant de flots agités, se succèdent les uns aux au-

M tres pour nous inonder, souvent même pour nous accabler. D Si dans ce déluge de maux nous n'avions pour nous con- 20 soler dans la vie que la vie elle-même, quel serait notre M sort ? Nos yeux auraient-ils assez de larmes, et nos cœurs Q assez de soupirs pour déplorer nos malheurs ? Mais aussi, quand au milieu des misères de cette vie, qui n’est qu’une mort continuelle, l’immortalité vient se présenter à nos yeux, et faire briller le céleste flambeau des splendeurs éternelles, quoi de plus capable que ce point de vue d’adoucir le poids de nos maux, de tempérer l’amertume de nos regrets? Que nous importe, après tout que, durant

} cette vie, nous soyons heureux ou malheureux, riches ou pauvres, grands ou petits, sains ou malades, s’il est vrai

| de dire que cette vie n’est pour nous qu’un passage, et M que l’immortalité doit être notre partage, notre héritage et notre séjour pour toujours ? O mon âme ! éclairée par A ces grandes et immuables vérités, élevons nos pensées, animons nos cœurs et nos sentiments, soutenons la grandeur de nos maux par la grandeur de nos espérances.

(1) Job, x1v — (2) Job, vir.

de n( chose } que

Nous avons un espace de temps à souffrir, et l’éternité à pour nous consoler. Ce sont ici les ténèbres d’une longue M nuit ; le jour de l’éternité doit lui succéder : et quandhi, Ê Atos de ce grand jour viendra enfin à paraître, alors À tous les nuages seront dissipés, tous les travaux seront couronnés, toutes les larmes seront essuyées : la sérénité 28 renaîtra dans nos sentiments, la joie régnera dansnoscœun ?* et y fera régner une paix inaltérable. Souffrons donc, | s’il le faut, mon âme! pleurons, gémissons sur la terre, |" Nous sommes dans la vallée de larmes et le lieu d’exil: R#

mais souvenons-nous de la céleste patrie : nous semonsh#t quo dans les pleurs, mais nous moissonnerons dans la joie: Bi il so nous passerons par le fer et le feu, mais nous arriverons MS sirerë au lieu de rafraîchissement : encore quelques années d'é-M V preuves et quelques jours de combats, et tout va finir À félici et changer. Déjà les saints tiennent la couronne comme M rives suspendue sur nous ; portons nos regards vers le ciel; MR gloire l’irmmortalité nous dédommagera ua jour de tous les, sont maux et de toutes les afflictions de la terre. C’est donc à les Jus cet heureux terme que vous nous appelez, mon Dieu! la B où sein

pensée de notre immortalité nous l'annonce et nous Yh | faits

prépare. 1 dégo D Voy SECOND POINT.

NN bonl

Douce et salutaire pensée, qui par un nouvel avantage M épui vient combler tous nos désirs et remplir toute l'étendue E# de v de nos vœux ! Il faut, à mon Dieu ! que le cœur de l’hom- EN rais(

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