AFFECTIONS ET PRIÈRES
Quand est-ce donc, Ô Dieu immortel ! à Roi des siècles ! quand estce que le rayon de cette immortalité viendra briller à nos yeux ? quand est-ce que le beau jour de cette immortalité se lèvera sur nous?
quand est-ce que notre immortalité viendra nous recevoir dans son Ri sein ? [Il viendra, ce moment heureux, il se lèvera ce beau jour : en at- de la tendant cet instant désiré, animons-nous, soutenons-nous par la dou- nifi ceur de cette espérance. Environnés des nuages du temps, souvenons- BE 8 , nous que les splendeurs de l'éternité doivent être notre partage. Nous fe la sai vivons sur la terre, n’oublions pas que nous sommes faits pour le ciel; ES des s nous gémissons dans le lieu du pèlerinage, la céleste patrie nous attend; 9 r nous sommes encore sur la mer orageuse du monde, nous entrerons Î# espel
enfin daus le port assuré. Dans cette vue, détachons- nousde tout, con- fi ce q solons-nous de tout. S'il nous arrive des croix, ne nous en affligeons EN tre.
pas, elles finiront. Si nous avons des biens, ne nous y attachons pas, BA T il faudra tout quitter. Et que quittons-nous en quittant ce monde? Vous ® seul, à Éternel ! vous seule, à immortalité glorieuse ! attirerez mesre- B® Chri
\t:3 gards, fixerez mes vœux, contenterez mes désirs; je vous les consacre Pa. dès ce moment, pour ne pas les profaner en les livrant aux biens pé- En rissables. Formé pour le ciel, qu’est-ce pour moi que la terre ? Destiné à l'éternité, le temps doit-il m'occuper ? et quand Dieu m’appelle à l’immortalité, le monde pourrait-il m’arrêter un instant P O immortalité !
sple:
de | Jésu
que ne puis-je dans ce moment m'’élever au-dessus de ce monde, où je Eif qui ne fais que mourir, et, porté sur les ailes de l’amour divin, m'envoler leqt dan
(1) Ascendamus post illum, etiam per passiones nostras, St, Au- À gust., Serm, 176. (
SEPTIÈME LECTURE. 65 l’a fait qu'ai. M ortalité ! | [M ont immen- |}.
le dirai-je ? #4
dans ton sein pour y vivre à jamais de la vie véritable, de la vie de Dieu même!
PRATIQUE
1o Dans les infirmités et maladies du corps, penser qu'il n’est pas seront con- immortel, et que, devant finir un jour, il n’est pas surprenant qu’il 14 souffre et dépérisse.
re du cœur!" 2 Dans les tentations et les passions, se souvenir que l'âme est imdes bornes LF ” mortelle, et qu’il ne faut pas la dégrader et la déshonorer par la conta- . À gion des vices.
u dignes de 4 $ 30 Dans les consolations et les afflictions de la vie, se dire : Tout a agir dans \ finira, et qu'ainsi il ne faut ni s'attacher aux unes ni se laisser abattre N) par les autres.
elle fixera M : 40 Se défier des discours et s’armer contre les maximes qu’on enes : dès lors M tend débiter contre l'immortalité de nos armes : laisser ébranler sa foi avare sera Be en ce point, c’est s’exposer à la perdre entièrement dans tout.
qu'ils trou- Mi s véritables
8 1 quand est- | SUR L'EXCELLENCE ET LA DIGNITÉ DU CHRÉTIEN. à nos yeux? |!
era sur nous ? voir dans son !
jour:enat- Ÿ
Rien de si grand, dans les vues de Dieu et aux yeux de la foi, qu’un véritable chrétien. Jugeons-en par la ma- - dr b5 gnificence des titres dont le christianisme l’honore, par artage. Nous ME la sainteté du modèle qu’il lui présente, par l'élévation re LE des sentiments qu’il lui inspire, et par la grandeur des us entreron, MS espérances qu'il lui propose. A ces traits, connaissons de tout, con- ce que nous sommes, ou du moins ce que nous devons en affligeons être.
A ME 1e 1° Qu'est-ce qu’un chrétien? C’est un disciple de Jésus- Christ, éclairé des lumières de la foi, nourri dans les
onde? Vous erez mes reles consacr ; 1 . RE bn splendeurs de l'Évangile, instruit des vérités immuables rre ? Destiné de la religion. Grâce ineflable ! titre glorieux ! c’est de pelle à l'im- Jésus-Christ même que nous l'avons hérité ; c’est lui onde, oùje ff qui nous l’a mérité el acheté au prix de son sang, dans , m'envoler BE lequel nous avons été régénérés en même temps que re dans les eaux sacrées du baptême.
Qu'est-ce qu’un chrétien ? — Un membre de Jésus-
s, St,
Christ. Tous les chrétiens ne sont plus qu'un corps, ” chré! dont Jésus-Christ est le chef, et dont ils doivent être hi d. che, les membres vivants de la vie d’un Dieu, puisque les Ji | press membres doivent vivre de la vie du chef. Membres de À } s'il ee Jésus-Christ : et dès lors nous sommes par excellence (RE lui r le temple de Dieu, non-seulement d?ns nos âmes, qui 8 PTess par la grâce de la régénération, sont le trône de l’Esprit-} + Saint ; mais nos corps mêmes, selen i'oracle de saint Paul, sont le temple vivant du même Esprit-Saint : tem- bs plum sunt Spiritüs Sancts (1). À tous ces titres ajoutons Eh celui dont saint Pierre honore tous les chrétiens, en les be appelant, tantôt un sacerdoce royal, tantôt une nation sainte, tantôt un peuple d'acquisition, glorieuse conquête acquise à Jésus-Christ au prix de son sang. Quels ; litres ! quel sacré caractère ! Si les chrétiens savaient ce BN santé qu'ils sont, vivraient-ils comme ils vivent ? verrait-on MM foi !" d’autres chrétiens que dessaints ? qroire
2e Qu'est-ce qu’un chrétien, et que doit-il être ? Un 9 ME homme formé sur les maximes de l'Évangile et sur le Pi Palen
modèle de Jésus-Christ même. Aussi les chrétiens for. MN Prise més sur ce grand modèle, qu’ont-ils été, et quels hom- hi | El mes ont-ils présentés à l'univers ? Des hommes nou- Bi de se veaux, et jusqu'alors inconnus au monde, les vrais sages, D C©U! dont les paiens n’ont jamais connu que le nom ; dans eux Le on admirait l’assemblage glorieux de toutes les vertus: Ph Te fidélité dans les discours, sincérité dans les sentiments, EN droiture dans la conduite, modeclie sans affectation, éléva- Ré . s tion sans enflure, humilité sans bassesse; n’ayant des pas- s : soins que pour lescombattre, des plaisirs que pour lessanc- Eh re tifier, des devoirs que pour les remplir ; aimant le bien J# °° et ne le connaissant que pour le pratiquer ; méprisant PE les éloges, et ne sachant que les mériter ; craignant fsf te de paraître presque autant que de pécher, et craignant } : de pécher bien plus encore que de mourir. Voilà le A
(1) I Cor., vi.
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