SUR L’EXERCICE ET LA DIGNITÉ DE NOTRE AME
Ame créée à l’image d’un Dieu, âme rachetée par le sang d’un Dieu, âme destinée au bonheur d'un Dieu :
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voilà son origine, son prix et sa fin. Apprenons à connaitre ce que “est que notre âme, c’est-à-dire, apprenons à l’estimer, à la respecter, à la sanctifier, en un mot, à la sauver. C’est là l'homme, c’est là tout l'homme : Hoc est enim omnis homo,
1° Ame créée à l’image d’un Dieu. Quand je considère ce vaste univers et tous les êtres qui le composent, je me vois environné d'une infinité d'objets, de créatures, de productions. Tous me présentent quelque chose de grand; daus tous je trouve comme l’empreinte de la Divinité et des caractères tracés de la main de Dieu. Le soleil me présente un rayon de sa gloire, la terre une image de sa stabilité, la mer une idéede son immensité et de la profondeur de son être. Tout cela est grand et digne de Dieu ; mais en tout cela je ne trouve encore rien qui me présente dignement son image. Je con-idère encore parmi les ombres et les nuages de tant d'êtres divers ; j’aperçois une créature intelligente, douée de raison, capable de sentiment et de vie, l’âme de l’homme : Ah ! me dis-je à moimême avec transport, la voilà, cette image vivante de Dieu que je cherchais. C’est dans moi-mêine que je la trouve ; dans elle je vois comme ébauchés tous les traits des perfections adorables de Dieu : de sa beauté, de sa bonté, de sa vie, de son être. Aussi Dieu, en la créant, a dit en luimême : Formons l’homme à notre ressemblance : Ad imaginem et similitudinem nostram. Voilà le miroir ; considérons la fidélité de l’image. Dieu est vivant, et notre âme vivante ; Dieu intelligent, et notre âme intelligente ; Dieu esprit, et notre âme spirituelle ; Dieu éternel, et notre âme immortelle. Non, notre âme n’est pas seulement l'ouvrage de Dieu, la créature de Dieu; elle est son image, le rayon de sa gloire, l'émanalion de son être. Encore n'est-ce là que la beauté naturelle de l'âme, commune aux pécheurs et aux justes ; que serait-ce, si on pouvait montrer la beauté de cette âme dans l'ordre surnaturel de
la grâce, possédant le précieux trésor de la grâce, revêtue de toutes les splendeurs de la grâce ? beauté si grande que tout l'éclat du soleil et des astres s’éclipse auprès d'elle. Une âme est-elle en grâce avec Dieu, Dieu s’unit à elle, Dieu réside dans elle ; la beauté même de Dieu se communique à elle : dès lors cette âme est riche des richesses mêmes de Dieu, sainte de la sainteté de Dieu, juste de la justice de Dieu ; et, selon l'oracle de l'Esprit-Saint, participant en quelque manière à la nature de Dieu: Divinæ consortesnaturæ. Quelle dignité, quelle grandeur que celle d’une âme portant ainsi dans elle les traits de la ressemblance divine ! Qu'elle n’oublie jamais l'excellence de son être, la grandeur de son origine, et qu'elle la soutiènne par la grandeur de ses sentiments.
20 Ame rachetée par le sang d’un Dieu. O âme ! s’écrie un Père de l'Église dans un saint{transport ; Ô àme ! élèvetoi au-dessus de la terre et des sens : O anima / erige te. Et vous, Ô homme ! voulez-vous comprendre quelle est l'excellence et le prix de votre âme ? Interrogez un Dieu rédempteur, considérez ses travaux, ses sueurs, ses plaies, ses tourments, son sang et sa mort : Tanta vales ; voilà le prix de votre âme, voilà ce qu’elle a coûté et ce qu’elle vautaux yeux de Dieu même. Interrogez un Dieu souffrant, un Dieu agonisant, un Dieu expirant. Dieu saint ! que nous marquent ces plaies dont vous êtes couvert, ces larmes que vous versez, et ce sang dont vous êles tout inondé ? Il nous répondra par la voix même de ce sang qui s'élève vers le ciel, non point comme celui d’Abel pour solliciter la vengeance, mais comme le sang de l’Agneau. pour obtenir le pardon ; il nous dira que c’est là le prix et la rançon de notre âme, et qu'à ses yeux elle a été jugée digne d'être rachetée à ce prix : T'anti vales.
De sorte que (pensée qui étonne la foi), de sorte que, dans les idées et les conseils de Dieu même, non-seulement notre âme est le prix de son sang et de sa vie ; mais